Inde: élections locales sous le signe du coronavirus au Bihar

(AFP)

Des élections locales débutent mercredi dans l'Etat du Bihar (Nord de l'Inde), peuplé de 125 millions d'habitants ce qui en fait l'un des principaux scrutins organisés dans le monde depuis le début de la pandémie.

La campagne effrénée a fait oublier toute distanciation sociale dans les meetings rivaux qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes et où presque aucun masque n'était visible.

Il s'agit des premières élections en Inde depuis le strict confinement, imposé en mars par le Premier ministre Narendra Modi, qui a soudainement privé de travail et de ressources des millions de travailleurs migrants, souvent originaires du Bihar. Beaucoup ont mis des jours voire des semaines pour regagner leur village à pied depuis les grandes villes.

Le vote est prévu en trois phases: celle de mercredi, puis les 3 et 7 novembre, avec comptage des voix le 10 novembre.

Le Bihar, l'un des Etats les plus pauvres du pays, est dirigé depuis plus de dix ans par une coalition entre le parti nationaliste hindou de M. Modi, le Bharatiya Janata Party (BJP), et le parti régional Janta Dal United (JDU).

- Mécontentement -

Mais les sondages pointent un mécontentement envers les responsables sortants, en particulier le chef de l'exécutif local -- ministre en chef --, Nitish Kumar (JDU), au pouvoir durant la plupart des quinze dernières années. Il se voit reprocher de n'avoir pas fait assez contre la pauvreté.

L'impopularité de M. Kumar s'est accentuée pendant le confinement avec le retour de centaines de milliers de travailleurs se retrouvant au chômage.

"Il y a eu un manque de développement total depuis les quinze dernières années sous le ministre en chef" , explique à l'AFP, Mohan Guruswamy, du cercle de réflexion Centre for Policy Alternatives.

L'emploi comme le coût de la vie constituent des thèmes majeurs du scrutin. Le gouvernement national s'efforce même de contrôler le prix des oignons, denrée de base de la cuisine indienne, touché par une pénurie après de fortes pluies qui ont endommagé les récoltes.

Dans l'opposition, la formation régionale Rashtriya Janata Dal (RJD), qui reste marquée par les accusations de corruption, est alliée au parti du Congrès et promet de soutenir la jeunesse sans emploi et créer des milliers de nouveaux emplois de fonctionnaires locaux.

La coalition au pouvoir au Bihar compte beaucoup sur la popularité persistante de M. Modi dans l'Etat. Il a organisé plusieurs meetings et promis d'accélérer des projets de développement si elle conserve le pouvoir.

La ministre des Finances de M. Modi, Nirmala Sitharaman, a promis pour sa part lors d'un meeting que "chacun au Bihar obtiendra un vaccin gratuit" contre le coronavirus en cas de victoire de la coalition.

Les résultats du scrutin restent incertains, dit à l'AFP le stratège politique Amitabh Tiwari, car les électeurs doivent faire la part entre leur déception envers M. Kumar et leur désir d'élire un gouvernement local soutenu par le BJP, dans un climat de dépendance croissante envers l'aide nationale pour affronter les conséquences du coronavirus.

str-bb-tw-grk/lch/cn

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Inde: élections locales sous le signe du coronavirus au Bihar

Le 28 octobre 2020 à05:21

Des élections locales débutent mercredi dans l'Etat du Bihar (Nord de l'Inde), peuplé de 125 millions d'habitants ce qui en fait l'un des principaux scrutins organisés dans le monde depuis le début de la pandémie.

La campagne effrénée a fait oublier toute distanciation sociale dans les meetings rivaux qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes et où presque aucun masque n'était visible.

Il s'agit des premières élections en Inde depuis le strict confinement, imposé en mars par le Premier ministre Narendra Modi, qui a soudainement privé de travail et de ressources des millions de travailleurs migrants, souvent originaires du Bihar. Beaucoup ont mis des jours voire des semaines pour regagner leur village à pied depuis les grandes villes.

Le vote est prévu en trois phases: celle de mercredi, puis les 3 et 7 novembre, avec comptage des voix le 10 novembre.

Le Bihar, l'un des Etats les plus pauvres du pays, est dirigé depuis plus de dix ans par une coalition entre le parti nationaliste hindou de M. Modi, le Bharatiya Janata Party (BJP), et le parti régional Janta Dal United (JDU).

- Mécontentement -

Mais les sondages pointent un mécontentement envers les responsables sortants, en particulier le chef de l'exécutif local -- ministre en chef --, Nitish Kumar (JDU), au pouvoir durant la plupart des quinze dernières années. Il se voit reprocher de n'avoir pas fait assez contre la pauvreté.

L'impopularité de M. Kumar s'est accentuée pendant le confinement avec le retour de centaines de milliers de travailleurs se retrouvant au chômage.

"Il y a eu un manque de développement total depuis les quinze dernières années sous le ministre en chef" , explique à l'AFP, Mohan Guruswamy, du cercle de réflexion Centre for Policy Alternatives.

L'emploi comme le coût de la vie constituent des thèmes majeurs du scrutin. Le gouvernement national s'efforce même de contrôler le prix des oignons, denrée de base de la cuisine indienne, touché par une pénurie après de fortes pluies qui ont endommagé les récoltes.

Dans l'opposition, la formation régionale Rashtriya Janata Dal (RJD), qui reste marquée par les accusations de corruption, est alliée au parti du Congrès et promet de soutenir la jeunesse sans emploi et créer des milliers de nouveaux emplois de fonctionnaires locaux.

La coalition au pouvoir au Bihar compte beaucoup sur la popularité persistante de M. Modi dans l'Etat. Il a organisé plusieurs meetings et promis d'accélérer des projets de développement si elle conserve le pouvoir.

La ministre des Finances de M. Modi, Nirmala Sitharaman, a promis pour sa part lors d'un meeting que "chacun au Bihar obtiendra un vaccin gratuit" contre le coronavirus en cas de victoire de la coalition.

Les résultats du scrutin restent incertains, dit à l'AFP le stratège politique Amitabh Tiwari, car les électeurs doivent faire la part entre leur déception envers M. Kumar et leur désir d'élire un gouvernement local soutenu par le BJP, dans un climat de dépendance croissante envers l'aide nationale pour affronter les conséquences du coronavirus.

str-bb-tw-grk/lch/cn

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