Londres présente son budget face à l'"urgence économique" née du Covid-19

(AFP)

Le Chancelier de l'Echiquier britannique Rishi Sunak a dévoilé mercredi son plan budgétaire face à l'"urgence économique" au Royaume-Uni dans la foulée de la pandémie de coronavirus et avant que le Brexit ne devienne pleinement effectif au 1er janvier.

Dans un discours au Parlement, Rishi Sunak a dévoilé les prévisions officielles selon lesquelles le Royaume-Uni va subir une chute inédite de 11,3% de son produit intérieur brut en 2020 avant un rebond de 5,5% l'an prochain et 6,6% en 2022.

Il s'agit de la pire contraction de l'économie britannique en plus de 300 ans et il faudra attendre fin 2022 pour que l'économie retrouve ses niveaux d'avant la crise sanitaire.

"Les dégâts économiques vont probablement durer sur le long terme", a averti le ministre, en présentant un vaste plan de dépenses.

Le déficit public devrait bondir à 394 milliards de livres pour l'année budgétaire en cours, soit 19% du PIB, à cause d'efforts sans précédent pour soutenir l'emploi face au choc de la pandémie.

Face à ces dépenses colossales, la dette britannique dépasse depuis quelques mois les 2.000 milliards de livres.

Rishi Sunak s'appuie sur les prévisions de l'organisme public OBR (Office for Budget Responsibility), selon lesquelles le taux de chômage va atteindre son pic au deuxième trimestre de 2021 à 7,5%, soit 2,6 millions de personnes.

Si le cabinet de conseil EY et le centre de réflexion CEBR jugent ces prévisions pessimistes, le cabinet Deloitte estime quant à lui que "ce serait une réussite remarquable si le chômage ne montait que jusqu'à 7,5%, beaucoup moins qu'attendu en juillet et moins que pendant n'importe quelle récession majeure des cent dernières années".

Rishi Sunak a confirmé de nouvelles mesures de soutien à l'emploi, notamment un mécanisme intitulé "nouveau départ" qui prévoit 2,9 milliards de livres sur trois ans pour aider "plus d'un million de personnes au chômage à chercher du travail".

Le Chancelier va prolonger jusqu'à fin mars un programme d'apprentissage qui permet aux employeurs de toucher 2.000 livres pour chaque nouvel apprenti embauché, pour lutter contre le chômage.

Au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d'Europe avec plus de 55.000 morts du Covid-19, et l'un des plus durement frappés économiquement sur le Vieux continent, la pandémie a ravagé l'aviation, le tourisme, la distribution, la restauration, les lieux de vie nocturne ou encore les salles de gym.

- "Douche froide" -

Le gouvernement a déjà déboursé autour de 280 milliards de livres pour aider l'économie, dont une partie pour le dispositif de chômage partiel prolongé jusqu'à mars 2021, a poursuivi le jeune ministre de 40 ans.

"Il faut des mesures désespérées pour des temps désespérés", commente Susannah Streeter, analyste de Hargreaves Lansdown.

"Des décisions difficiles à avaler comme la hausse des impôts ont été repoussées à plus tard (...) car le Chancelier pense que l'économie n'est pas en mesure de les absorber pour le moment", ajoute-t-elle.

Rishi Sunak, membre du parti conservateur qui se veut le héraut de l'orthodoxie budgétaire, s'est refusé à évoquer de futures hausses d'impôts ou baisses de dépenses publiques afin de restaurer l'équilibre des finances de l'Etat.

- Situation intenable -

Il a toutefois affirmé que "cette situation n'est clairement pas tenable" et confirmé un gel des salaires dans la fonction publique, à l'exception des travailleurs du service national de santé (NHS), en première ligne dans la lutte contre la pandémie.

Le Royaume-Uni va en outre réduire fortement son aide au développement l'année prochaine à 0,5% de son PIB contre 0,7% habituellement, ce qui a déclenché un flot de critiques, notamment de la part de la Prix Nobel de la Paix Malala Yousafzai.

Outre la protection des emplois et 3 milliards de livres de plus pour le NHS, le ministre a annoncé 254 millions de livres pour prendre en charge les sans-abris, dont le nombre s'est envolé depuis le début de la pandémie.

Enfin, il a dévoilé le lancement d'un nouveau fonds de "rééquilibrage" régional doté de 4 milliards de livres pour investir dans les infrastructures des régions les plus défavorisées, l'une des grandes promesses de campagne du Premier ministre Boris Johnson.

Alors que la période de transition post-Brexit se termine le 31 décembre, les milieux d'affaires s'inquiètent de l'absence de progrès tangibles dans les négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l'UE.

Sans accord, le régime de l'OMC s'imposera avec le retour de droits de douane qui seraient dévastateurs pour de nombreuses industries.

Selon l'OBR, un "no deal" coûterait 2% de PIB en 2021.

Quoi de neuf ?
Rendez-vous Partenaires
(AFP)

Londres présente son budget face à l'"urgence économique" née du Covid-19

Le 25 novembre 2020 à17:29

Le Chancelier de l'Echiquier britannique Rishi Sunak a dévoilé mercredi son plan budgétaire face à l'"urgence économique" au Royaume-Uni dans la foulée de la pandémie de coronavirus et avant que le Brexit ne devienne pleinement effectif au 1er janvier.

Dans un discours au Parlement, Rishi Sunak a dévoilé les prévisions officielles selon lesquelles le Royaume-Uni va subir une chute inédite de 11,3% de son produit intérieur brut en 2020 avant un rebond de 5,5% l'an prochain et 6,6% en 2022.

Il s'agit de la pire contraction de l'économie britannique en plus de 300 ans et il faudra attendre fin 2022 pour que l'économie retrouve ses niveaux d'avant la crise sanitaire.

"Les dégâts économiques vont probablement durer sur le long terme", a averti le ministre, en présentant un vaste plan de dépenses.

Le déficit public devrait bondir à 394 milliards de livres pour l'année budgétaire en cours, soit 19% du PIB, à cause d'efforts sans précédent pour soutenir l'emploi face au choc de la pandémie.

Face à ces dépenses colossales, la dette britannique dépasse depuis quelques mois les 2.000 milliards de livres.

Rishi Sunak s'appuie sur les prévisions de l'organisme public OBR (Office for Budget Responsibility), selon lesquelles le taux de chômage va atteindre son pic au deuxième trimestre de 2021 à 7,5%, soit 2,6 millions de personnes.

Si le cabinet de conseil EY et le centre de réflexion CEBR jugent ces prévisions pessimistes, le cabinet Deloitte estime quant à lui que "ce serait une réussite remarquable si le chômage ne montait que jusqu'à 7,5%, beaucoup moins qu'attendu en juillet et moins que pendant n'importe quelle récession majeure des cent dernières années".

Rishi Sunak a confirmé de nouvelles mesures de soutien à l'emploi, notamment un mécanisme intitulé "nouveau départ" qui prévoit 2,9 milliards de livres sur trois ans pour aider "plus d'un million de personnes au chômage à chercher du travail".

Le Chancelier va prolonger jusqu'à fin mars un programme d'apprentissage qui permet aux employeurs de toucher 2.000 livres pour chaque nouvel apprenti embauché, pour lutter contre le chômage.

Au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d'Europe avec plus de 55.000 morts du Covid-19, et l'un des plus durement frappés économiquement sur le Vieux continent, la pandémie a ravagé l'aviation, le tourisme, la distribution, la restauration, les lieux de vie nocturne ou encore les salles de gym.

- "Douche froide" -

Le gouvernement a déjà déboursé autour de 280 milliards de livres pour aider l'économie, dont une partie pour le dispositif de chômage partiel prolongé jusqu'à mars 2021, a poursuivi le jeune ministre de 40 ans.

"Il faut des mesures désespérées pour des temps désespérés", commente Susannah Streeter, analyste de Hargreaves Lansdown.

"Des décisions difficiles à avaler comme la hausse des impôts ont été repoussées à plus tard (...) car le Chancelier pense que l'économie n'est pas en mesure de les absorber pour le moment", ajoute-t-elle.

Rishi Sunak, membre du parti conservateur qui se veut le héraut de l'orthodoxie budgétaire, s'est refusé à évoquer de futures hausses d'impôts ou baisses de dépenses publiques afin de restaurer l'équilibre des finances de l'Etat.

- Situation intenable -

Il a toutefois affirmé que "cette situation n'est clairement pas tenable" et confirmé un gel des salaires dans la fonction publique, à l'exception des travailleurs du service national de santé (NHS), en première ligne dans la lutte contre la pandémie.

Le Royaume-Uni va en outre réduire fortement son aide au développement l'année prochaine à 0,5% de son PIB contre 0,7% habituellement, ce qui a déclenché un flot de critiques, notamment de la part de la Prix Nobel de la Paix Malala Yousafzai.

Outre la protection des emplois et 3 milliards de livres de plus pour le NHS, le ministre a annoncé 254 millions de livres pour prendre en charge les sans-abris, dont le nombre s'est envolé depuis le début de la pandémie.

Enfin, il a dévoilé le lancement d'un nouveau fonds de "rééquilibrage" régional doté de 4 milliards de livres pour investir dans les infrastructures des régions les plus défavorisées, l'une des grandes promesses de campagne du Premier ministre Boris Johnson.

Alors que la période de transition post-Brexit se termine le 31 décembre, les milieux d'affaires s'inquiètent de l'absence de progrès tangibles dans les négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l'UE.

Sans accord, le régime de l'OMC s'imposera avec le retour de droits de douane qui seraient dévastateurs pour de nombreuses industries.

Selon l'OBR, un "no deal" coûterait 2% de PIB en 2021.

Quoi de neuf ?

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.