Le salut de la SNCF passera par la résurrection du TGV, estime Farandou

(AFP)

"Pour que le groupe aille bien, il faut que le TGV aille mieux": Le redressement de la SNCF, à qui le Covid-19 pourrait faire perdre près de 5 milliards d'euros cette année, passera par la relance de son train fétiche, assure son PDG Jean-Pierre Farandou.

"Nous sommes en négatif cette année. Nous allons finir l'année en perte importante", a indiqué M. Farandou mercredi devant la commission de l'aménagement du territoire du Sénat, où il était auditionné pour le renouvellement de son mandat.

"Je rappelle qu'au premier semestre, ce qui donne une idée au milieu de l'année, nous étions en résultat net à -2,5 milliards" d'euros (la SNCF avait précisément fait état d'une perte nette de 2,39 milliards). "On ne sera pas loin de faire x2", a-t-il précisé.

Près de 5 milliard de perte en 2020, donc, quand bien même M. Farandou a tenu à dire que son calcul était encore "une estimation un peu rapide".

"Je n'aurais pas dit ça avant le confinement numéro 2", a ajouté le dirigeant, qui espérait "un second semestre moins mauvais" que le premier.

L'année 2021 sera encore difficile. Mais le groupe public n'a pour autant "pas encore" abandonné ses objectifs d'équilibre financier en 2022, a noté M. Farandou quelques dizaines de minutes plus tard lors d'une seconde audition devant la commission du développement durable de l'Assemblée nationale.

"Derrière, l'enjeu, c'est la maîtrise du ferroviaire pour le pays, quand même", a-t-il remarqué. "On a envie de se battre pour faire en sorte qu'on arrive à réduire le coût du ferroviaire pour le pays, pour les contribuables."

"La clef, ça sera le retour du TGV" dont la SNCF tire d'habitude l'essentiel de ses marges de manoeuvre financières, a avancé M. Farandou. La fréquentation y est descendue à 1% de la normale lors du premier confinement et est actuellement inférieure à 15%, a-t-il rappelé.

- "Prix psychologique maximum" -

"Si on a la chance que cette épidémie ne se termine pas trop tard et si les Français ont envie de reprendre le train, si ça repart fort, ça peut nous sauver. Le TGV qui nous met dans la difficulté peut nous sauver s'il repart", a-t-il estimé.

Le PDG de la SNCF note à ce propos qu'une partie de la clientèle d'affaires ne devrait pas revenir pour cause d'essor des téléconférences. On pourrait en conséquence passer de trois à deux voitures de première classe dans les rames. Il va donc falloir mettre le paquet sur la (re)conquête de la clientèle loisirs.

"Il faut qu'on retrouve des prix accessibles mêmes au dernier moment" dans les TGV, a-t-il relevé, disant être "assez favorable à une espèce de prix psychologique maximum", au moins en seconde classe. La nouvelle grille tarifaire sera lancée à l'été 2021.

"Je souhaite des politiques commerciales beaucoup plus conquérantes", notamment à destination des seniors, a-t-il lancé.

A destination des parlementaires et du gouvernement, Jean-Pierre Farandou a aussi remarqué que les TGV payaient des péages particulièrement élevés (les droits de passage versés à SNCF Réseau) et a remis en question la taxe qui pèse sur eux pour financer les Intercités, que l'exécutif entend ouvrir à la concurrence.

Sommé de faire des cessions pour combler en partie les déficits, M. Farandou a confirmé que le groupe public avait mis en vente le loueur de wagons Ermewa, qu'il estime à 2,5 milliards d'euros.

Le groupe réfléchit à la cession des 50% qu'il détient dans le loueur de locomotives Akiem, mais aucune décision n'a encore été prise, a-t-il ajouté.

Pas question en revanche de céder Geodis et Keolis, les filiales de logistique et de transports publics du groupe SNCF qui "sont au cœur de la stratégie de l'entreprise", a-t-il souligné.

M. Farandou, qui dirige la SNCF depuis novembre 2019, doit être à nouveau nommé PDG, conséquence de la transformation du groupe public en société anonyme au 1er janvier. Le processus a pris du retard, la pandémie ayant empêché l'élection des administrateurs représentants du personnel au printemps.

Les commissions de l'aménagement du territoire et du développement durable de l'Assemblée nationale et du Sénat l'entendaient mercredi pour valider sa nomination, ce qu'elles ont fait à l'unanimité des suffrages exprimés.

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Le salut de la SNCF passera par la résurrection du TGV, estime Farandou

Le 02 décembre 2020 à18:57

"Pour que le groupe aille bien, il faut que le TGV aille mieux": Le redressement de la SNCF, à qui le Covid-19 pourrait faire perdre près de 5 milliards d'euros cette année, passera par la relance de son train fétiche, assure son PDG Jean-Pierre Farandou.

"Nous sommes en négatif cette année. Nous allons finir l'année en perte importante", a indiqué M. Farandou mercredi devant la commission de l'aménagement du territoire du Sénat, où il était auditionné pour le renouvellement de son mandat.

"Je rappelle qu'au premier semestre, ce qui donne une idée au milieu de l'année, nous étions en résultat net à -2,5 milliards" d'euros (la SNCF avait précisément fait état d'une perte nette de 2,39 milliards). "On ne sera pas loin de faire x2", a-t-il précisé.

Près de 5 milliard de perte en 2020, donc, quand bien même M. Farandou a tenu à dire que son calcul était encore "une estimation un peu rapide".

"Je n'aurais pas dit ça avant le confinement numéro 2", a ajouté le dirigeant, qui espérait "un second semestre moins mauvais" que le premier.

L'année 2021 sera encore difficile. Mais le groupe public n'a pour autant "pas encore" abandonné ses objectifs d'équilibre financier en 2022, a noté M. Farandou quelques dizaines de minutes plus tard lors d'une seconde audition devant la commission du développement durable de l'Assemblée nationale.

"Derrière, l'enjeu, c'est la maîtrise du ferroviaire pour le pays, quand même", a-t-il remarqué. "On a envie de se battre pour faire en sorte qu'on arrive à réduire le coût du ferroviaire pour le pays, pour les contribuables."

"La clef, ça sera le retour du TGV" dont la SNCF tire d'habitude l'essentiel de ses marges de manoeuvre financières, a avancé M. Farandou. La fréquentation y est descendue à 1% de la normale lors du premier confinement et est actuellement inférieure à 15%, a-t-il rappelé.

- "Prix psychologique maximum" -

"Si on a la chance que cette épidémie ne se termine pas trop tard et si les Français ont envie de reprendre le train, si ça repart fort, ça peut nous sauver. Le TGV qui nous met dans la difficulté peut nous sauver s'il repart", a-t-il estimé.

Le PDG de la SNCF note à ce propos qu'une partie de la clientèle d'affaires ne devrait pas revenir pour cause d'essor des téléconférences. On pourrait en conséquence passer de trois à deux voitures de première classe dans les rames. Il va donc falloir mettre le paquet sur la (re)conquête de la clientèle loisirs.

"Il faut qu'on retrouve des prix accessibles mêmes au dernier moment" dans les TGV, a-t-il relevé, disant être "assez favorable à une espèce de prix psychologique maximum", au moins en seconde classe. La nouvelle grille tarifaire sera lancée à l'été 2021.

"Je souhaite des politiques commerciales beaucoup plus conquérantes", notamment à destination des seniors, a-t-il lancé.

A destination des parlementaires et du gouvernement, Jean-Pierre Farandou a aussi remarqué que les TGV payaient des péages particulièrement élevés (les droits de passage versés à SNCF Réseau) et a remis en question la taxe qui pèse sur eux pour financer les Intercités, que l'exécutif entend ouvrir à la concurrence.

Sommé de faire des cessions pour combler en partie les déficits, M. Farandou a confirmé que le groupe public avait mis en vente le loueur de wagons Ermewa, qu'il estime à 2,5 milliards d'euros.

Le groupe réfléchit à la cession des 50% qu'il détient dans le loueur de locomotives Akiem, mais aucune décision n'a encore été prise, a-t-il ajouté.

Pas question en revanche de céder Geodis et Keolis, les filiales de logistique et de transports publics du groupe SNCF qui "sont au cœur de la stratégie de l'entreprise", a-t-il souligné.

M. Farandou, qui dirige la SNCF depuis novembre 2019, doit être à nouveau nommé PDG, conséquence de la transformation du groupe public en société anonyme au 1er janvier. Le processus a pris du retard, la pandémie ayant empêché l'élection des administrateurs représentants du personnel au printemps.

Les commissions de l'aménagement du territoire et du développement durable de l'Assemblée nationale et du Sénat l'entendaient mercredi pour valider sa nomination, ce qu'elles ont fait à l'unanimité des suffrages exprimés.

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