Centrafrique: premières attaques rebelles aux environs de Bangui

(AFP)

La première attaque des rebelles aux abords de la capitale centrafricaine Bangui depuis le début de leur offensive contre le président fraîchement réélu Faustin Archange Touadéra a été repoussée, faisant un mort chez les Casques bleus et au moins une dizaine parmi les assaillants.

Il s'agit des premiers affrontements aux portes de Bangui depuis que six des principaux groupes armés qui contrôlent deux tiers de la Centrafrique depuis le début de la guerre civile il y a huit ans, ont annoncé la formation en décembre d'une coalition et lancé une offensive pour empêcher la réélection de M. Touadéra.

Ce dernier a été déclaré le 4 janvier vainqueur du scrutin du 27 décembre, très contesté par l'opposition, pour lequel seulement un peu moins d'un électeur inscrit sur deux a pu voter en raison de l'insécurité hors de Bangui.

Les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) menaient, jusqu'alors, des attaques sporadiques généralement repoussées par les quelque 12.000 Casques bleus de la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), appuyés par d'importants contingents lourdement armés de militaires rwandais et de paramilitaires russes débarqués à la rescousse du gouvernement et de son armée.

A respectivement 9 et 12 km du centre de la capitale, à l'aube, des brigades de l'armée "ont été attaquées simultanément mais, grâce à la bravoure de nos forces et les appuis bilatéraux, nous avons pu repousser les assaillants qui sont en débandade actuellement", a assuré le ministre de l'Intérieur Henri Wanzet Linguissara.

"L'attaque a été repoussée par les Casques bleus, conjointement avec les forces armées centrafricaines", a déclaré Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca.

"Plusieurs rebelles ont été capturés, plus d'une dizaine ont été tués", a souligné Abdoulaziz Fall. Le Premier ministre Firmin Ngrebada évoque pour sa part sur sa page Facebook un bilan provisoire de "30 assaillants tués" et "5 capturés" sans préciser s'il concerne Bangui ou l'ensemble du territoire. La Minusca, elle, "déplore la perte d'un Casque bleu" rwandais.

- Réunion du Conseil de sécurité -

Sur le marché PK12 où a eu lieu l'offensive, les commerçants avaient fermé boutique. Forces régulières, paramilitaires russes et Casques bleus étaient présents en nombre, avec plusieurs blindés.

Un pickup de l'armée centrafricaine pointait son canon vers la colline, où se cachaient encore des rebelles ont affirmé à l'AFP les militaires présents.

A 15h00 GMT, des tirs sporadiques retentissaient encore dans plusieurs quartiers de la capitale. Le gouvernement a évoqué des "opérations de ratissage" et des hélicoptères sont engagés contre les rebelles dissimulés dans les collines, selon plusieurs sources humanitaires.

"Ce que les rebelles ont compris, c'est que la communauté internationale mesure la crise en Centrafrique à partir de ce qu'il se passe à Bangui. C'est pourquoi ils mènent des actions dans la périphérie immédiate de Bangui, pas pour prendre Bangui qui est très défendue, mais pour montrer que Touadéra ne contrôle plus rien ou pas grand-chose", a expliqué à l'AFP Roland Marchal, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris.

"Les rebelles mènent une guerre des nerfs", estime de son côté Thierry Vircoulon, spécialiste de l'Afrique centrale à l'Institut français des relations internationales (Ifri). "Ils peuvent faire de la guérilla urbaine et espèrent qu'à la longue ils prendront Bangui".

Cette attaque intervient le jour où le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir, à la demande de la France, sur la Centrafrique avec à l'ordre du jour la présence de troupes étrangères et de mercenaires dans ce pays et l'embargo sur les armes, en vigueur depuis le début de la guerre civile.

Pour les élections, l'ONU avait pris la décision plutôt rare de renforcer pour deux mois sa force de paix avec 300 Casques bleus rwandais prélevés sur son contingent déployé au Soudan du Sud. Le Conseil de sécurité devra à court terme décider de les retirer ou de les maintenir.

Cette réunion survient après deux nouvelles attaques menées durant le week-end contre des villes éloignées de Bangui et qui ont donné lieu à de violents combats. Il s'agit de Bouar, cinquième ville du pays, à 340 km au nord-ouest de la capitale mais sur un axe routier crucial pour son ravitaillement et de Grimari, à 300 km au nord-est de Bangui.

Une deuxième session du Conseil de sécurité, qui doit se tenir le 19 ou le 21 janvier, a été demandée par la Centrafrique "en urgence" pour évoquer la situation sécuritaire dans une lettre datée du 5 janvier à laquelle l'AFP a eu accès.

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Centrafrique: premières attaques rebelles aux environs de Bangui

Le 13 janvier 2021 à20:30

La première attaque des rebelles aux abords de la capitale centrafricaine Bangui depuis le début de leur offensive contre le président fraîchement réélu Faustin Archange Touadéra a été repoussée, faisant un mort chez les Casques bleus et au moins une dizaine parmi les assaillants.

Il s'agit des premiers affrontements aux portes de Bangui depuis que six des principaux groupes armés qui contrôlent deux tiers de la Centrafrique depuis le début de la guerre civile il y a huit ans, ont annoncé la formation en décembre d'une coalition et lancé une offensive pour empêcher la réélection de M. Touadéra.

Ce dernier a été déclaré le 4 janvier vainqueur du scrutin du 27 décembre, très contesté par l'opposition, pour lequel seulement un peu moins d'un électeur inscrit sur deux a pu voter en raison de l'insécurité hors de Bangui.

Les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) menaient, jusqu'alors, des attaques sporadiques généralement repoussées par les quelque 12.000 Casques bleus de la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), appuyés par d'importants contingents lourdement armés de militaires rwandais et de paramilitaires russes débarqués à la rescousse du gouvernement et de son armée.

A respectivement 9 et 12 km du centre de la capitale, à l'aube, des brigades de l'armée "ont été attaquées simultanément mais, grâce à la bravoure de nos forces et les appuis bilatéraux, nous avons pu repousser les assaillants qui sont en débandade actuellement", a assuré le ministre de l'Intérieur Henri Wanzet Linguissara.

"L'attaque a été repoussée par les Casques bleus, conjointement avec les forces armées centrafricaines", a déclaré Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca.

"Plusieurs rebelles ont été capturés, plus d'une dizaine ont été tués", a souligné Abdoulaziz Fall. Le Premier ministre Firmin Ngrebada évoque pour sa part sur sa page Facebook un bilan provisoire de "30 assaillants tués" et "5 capturés" sans préciser s'il concerne Bangui ou l'ensemble du territoire. La Minusca, elle, "déplore la perte d'un Casque bleu" rwandais.

- Réunion du Conseil de sécurité -

Sur le marché PK12 où a eu lieu l'offensive, les commerçants avaient fermé boutique. Forces régulières, paramilitaires russes et Casques bleus étaient présents en nombre, avec plusieurs blindés.

Un pickup de l'armée centrafricaine pointait son canon vers la colline, où se cachaient encore des rebelles ont affirmé à l'AFP les militaires présents.

A 15h00 GMT, des tirs sporadiques retentissaient encore dans plusieurs quartiers de la capitale. Le gouvernement a évoqué des "opérations de ratissage" et des hélicoptères sont engagés contre les rebelles dissimulés dans les collines, selon plusieurs sources humanitaires.

"Ce que les rebelles ont compris, c'est que la communauté internationale mesure la crise en Centrafrique à partir de ce qu'il se passe à Bangui. C'est pourquoi ils mènent des actions dans la périphérie immédiate de Bangui, pas pour prendre Bangui qui est très défendue, mais pour montrer que Touadéra ne contrôle plus rien ou pas grand-chose", a expliqué à l'AFP Roland Marchal, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris.

"Les rebelles mènent une guerre des nerfs", estime de son côté Thierry Vircoulon, spécialiste de l'Afrique centrale à l'Institut français des relations internationales (Ifri). "Ils peuvent faire de la guérilla urbaine et espèrent qu'à la longue ils prendront Bangui".

Cette attaque intervient le jour où le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir, à la demande de la France, sur la Centrafrique avec à l'ordre du jour la présence de troupes étrangères et de mercenaires dans ce pays et l'embargo sur les armes, en vigueur depuis le début de la guerre civile.

Pour les élections, l'ONU avait pris la décision plutôt rare de renforcer pour deux mois sa force de paix avec 300 Casques bleus rwandais prélevés sur son contingent déployé au Soudan du Sud. Le Conseil de sécurité devra à court terme décider de les retirer ou de les maintenir.

Cette réunion survient après deux nouvelles attaques menées durant le week-end contre des villes éloignées de Bangui et qui ont donné lieu à de violents combats. Il s'agit de Bouar, cinquième ville du pays, à 340 km au nord-ouest de la capitale mais sur un axe routier crucial pour son ravitaillement et de Grimari, à 300 km au nord-est de Bangui.

Une deuxième session du Conseil de sécurité, qui doit se tenir le 19 ou le 21 janvier, a été demandée par la Centrafrique "en urgence" pour évoquer la situation sécuritaire dans une lettre datée du 5 janvier à laquelle l'AFP a eu accès.

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