Financement des PME en Afrique: ce que les Etats sont appelés à faire

Les Etats africains sont appelés à offrir des garanties de crédit pour les entreprises et améliorer leurs infrastructures. L’intégration régionale est également une urgence pour agrandir les marchés.

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Le 14 novembre 2019 à 12:00

Modifié le 20 novembre 2019 à 12:33

Lors de sa 12ème édition, le forum MEDays a consacré, le mercredi 13 novembre à Tanger, un panel au financement des PME et au soutien de l’entrepreneuriat en Afrique. Plusieurs intervenants ont proposé des recommandations pour faciliter le financement du secteur privé africain.

Les PME africaines demeurent confrontées à plusieurs défis financiers qui freinent leur croissance. Cela a pour conséquence directe la fragmentation de l’économie africaine qui réalise à peine un PIB d’environ 2.500 milliards de dollars, soit l’équivalent de la production économique d’un pays comme la France.

 « Il y a beaucoup d’argent, mais pas assez de financement »

Le crédit bancaire est souvent inaccessible, car jugé « trop cher » et soumis à des conditions draconiennes. L’instabilité et la fragilité des marchés en Afrique contraignent les banques à octroyer des prêts à des taux d’intérêt qui peuvent atteindre jusqu’à 17% et à exiger beaucoup de garanties.

Quant aux marchés boursiers, leur taille très réduite ne leur permet pas d’apporter un appui à l’investissement. Ceux-ci ne financent que 20% de l’économie africaine, contre 100% en Europe. « Mis à part l’Afrique du Sud, les bourses des autres pays africains sont en mort clinique. Elles ne financement pas l’économie », a déclaré Said Ibrahimi, directeur général de Casa Finance City.

Les Etats sont donc appelés à offrir des garanties de crédit aux banques pour promouvoir et faciliter l’accès aux emprunts pour les entreprises.

Certaines initiatives de financement, comme l'Africa Investment Forum, se développent toutefois de manière impressionnante en Afrique. L'édition de cette année à Johannesburg a généré des intentions d'investissement fermes pour 52 projets, totalisant 40,1 milliards de dollars d'investissement.

Réussir l’intégration régionale est une urgence

L’intégration régionale doit permettre aux entreprises d’avoir accès à des marchés de taille significative. Accéder à de grands marchés signifie plus de gains, et donc plus de facilités d’accès au financement.

L’intégration régionale permettra également de réduire les disparités économiques entre les pays africains. Aujourd’hui, 8 pays africains cumulent 60% de la richesse produite sur le continent.

« Les infrastructures d’abord, l’innovation après »

Les pouvoirs publics sont également appelés à assurer un meilleur accès aux services publics en renforçant leurs infrastructures. L’investissement public en infrastructures est un facteur d’amélioration de l’investissement privé.

« Peut-être qu’aujourd’hui, on parle plus de technologie et d’innovation, et pas beaucoup d’infrastructures. Mais ça ne sert à rien de développer des projets innovants alors qu’environ la moitié de la population africaine n’a pas accès à l’électricité », a expliqué Etienne Giros, président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique.  

En effet, le continent africain abrite 1/5 de la population mondiale, mais ses besoins énergétiques représentent seulement 4% de la consommation d’énergie dans le monde. Dans son édition du 13 novembre, The Economist a décrit l’Afrique comme « le cœur de l’obscurité », en indiquant que le continent pourrait ne pas atteindre les objectifs de développement durable des Nations unies à l’horizon de 2030.

Financement des PME en Afrique: ce que les Etats sont appelés à faire

Le 14 novembre 2019 à12:25

Modifié le 20 novembre 2019 à 12:33

Les Etats africains sont appelés à offrir des garanties de crédit pour les entreprises et améliorer leurs infrastructures. L’intégration régionale est également une urgence pour agrandir les marchés.

Lors de sa 12ème édition, le forum MEDays a consacré, le mercredi 13 novembre à Tanger, un panel au financement des PME et au soutien de l’entrepreneuriat en Afrique. Plusieurs intervenants ont proposé des recommandations pour faciliter le financement du secteur privé africain.

Les PME africaines demeurent confrontées à plusieurs défis financiers qui freinent leur croissance. Cela a pour conséquence directe la fragmentation de l’économie africaine qui réalise à peine un PIB d’environ 2.500 milliards de dollars, soit l’équivalent de la production économique d’un pays comme la France.

 « Il y a beaucoup d’argent, mais pas assez de financement »

Le crédit bancaire est souvent inaccessible, car jugé « trop cher » et soumis à des conditions draconiennes. L’instabilité et la fragilité des marchés en Afrique contraignent les banques à octroyer des prêts à des taux d’intérêt qui peuvent atteindre jusqu’à 17% et à exiger beaucoup de garanties.

Quant aux marchés boursiers, leur taille très réduite ne leur permet pas d’apporter un appui à l’investissement. Ceux-ci ne financent que 20% de l’économie africaine, contre 100% en Europe. « Mis à part l’Afrique du Sud, les bourses des autres pays africains sont en mort clinique. Elles ne financement pas l’économie », a déclaré Said Ibrahimi, directeur général de Casa Finance City.

Les Etats sont donc appelés à offrir des garanties de crédit aux banques pour promouvoir et faciliter l’accès aux emprunts pour les entreprises.

Certaines initiatives de financement, comme l'Africa Investment Forum, se développent toutefois de manière impressionnante en Afrique. L'édition de cette année à Johannesburg a généré des intentions d'investissement fermes pour 52 projets, totalisant 40,1 milliards de dollars d'investissement.

Réussir l’intégration régionale est une urgence

L’intégration régionale doit permettre aux entreprises d’avoir accès à des marchés de taille significative. Accéder à de grands marchés signifie plus de gains, et donc plus de facilités d’accès au financement.

L’intégration régionale permettra également de réduire les disparités économiques entre les pays africains. Aujourd’hui, 8 pays africains cumulent 60% de la richesse produite sur le continent.

« Les infrastructures d’abord, l’innovation après »

Les pouvoirs publics sont également appelés à assurer un meilleur accès aux services publics en renforçant leurs infrastructures. L’investissement public en infrastructures est un facteur d’amélioration de l’investissement privé.

« Peut-être qu’aujourd’hui, on parle plus de technologie et d’innovation, et pas beaucoup d’infrastructures. Mais ça ne sert à rien de développer des projets innovants alors qu’environ la moitié de la population africaine n’a pas accès à l’électricité », a expliqué Etienne Giros, président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique.  

En effet, le continent africain abrite 1/5 de la population mondiale, mais ses besoins énergétiques représentent seulement 4% de la consommation d’énergie dans le monde. Dans son édition du 13 novembre, The Economist a décrit l’Afrique comme « le cœur de l’obscurité », en indiquant que le continent pourrait ne pas atteindre les objectifs de développement durable des Nations unies à l’horizon de 2030.

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