Financement: Les premiers retours sur le programme Intelaka

Le programme Intelaka est opérationnel depuis une dizaine de jours. S'il est tôt pour faire un bilan chiffré, les premiers retours font état d'un engouement avéré pour le programme et montrent la nécessité de communiquer davantage. 

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Financement  : Voici les premiers retours sur le programme Intelaka

Le 12 février 2020 à 16:41

Modifié le 13 février 2020 à 10:05

Le programme intégré d'appui et de financement des entreprises, Intelaka, est opérationnel depuis le mardi 4 février dans le réseau bancaire.

Pour rappel, ce programme offre des conditions de financement avantageuses pour encourager l’entrepreneuriat et la création d’emploi.

Un financement qui peut aller jusqu’à 1,2 million de DH, avec un taux fixe de 2% HT pour l’urbain et 1,75% HT pour le rural, garantis par la CCG à hauteur de 80%. Les bénéficiaires sont les entrepreneurs qui veulent créer leur entreprise ou ayant une entreprise qui n’a pas plus de 5 ans et un chiffre d’affaires qui ne dépasse pas 10 MDH. 

La demande est au rendez-vous

Moins de 10 jours plus tard, ce mercredi 12 février 2020, plusieurs sources bancaires assurent à Médias24 que "l’engouement est là" et "que les flux de demandeurs a été au rendez-vous" dès le premier jour.

Il est difficile de quantifier cet engouement si tôt. Nous aurons plus de visibilité quand le programme bouclera son premier mois, étant donné que les banques sont tenues de produire un reporting mensuel détaillé et précis sur le nombre de demandes reçues, les délais de traitement des dossiers, les montants débloqués, le nombre des refus, les raisons du rejet des dossiers,...

Pour l’heure, la remontée d’informations relève plus de l’appréciation qui, d’ailleurs, varie d’une banque à une autre en fonction de la taille de chacune, son positionnement global et son historique sur le segment de la TPE.

"Nous avons eu beaucoup de demandes et ce, dès le 1er jour. Des demandes qui ont été traitées et même déjà servies pour beaucoup", nous assure une source d’une des banques de la place. "Nous avons reçu des demandes d’informations sur le programme, mais ce n’est pas non plus un flux important", nous rapporte une source auprès d’une banque qui opère essentiellement sur le segment particulier.

Le secteur bancaire n’est pas le seul qui a été approché après le lancement du programme. Des sources nous confient que les CRI ont également été fortement sollicités. "Même l’ANAPEC a reçu des personnes en quête d’informations", nous confie une source bien informé. 

Les CRI  également sollicités

"Un flux assez important a été constaté au niveau des CRI. Des personnes qui viennent spécifiquement pour se renseigner sur le programme ou demander le financement", nous confie notre source qui précise que le degré de maturité des profils et leur connaissance du programme n’est pas au même niveau.

"Certains s’adressent au CRI avec des demandes précises, ils savent ce dont ils ont besoin, ce sont généralement des profils qui ont entamé le processus de création ou alors leurs entreprises existent déjà et ont entre un et deux ans d’existence", explique notre interlocuteur. Ceux-là sont généralement réorientés par le CRI vers le secteur bancaire.

Une deuxième catégorie s’adresse aux CRI avec des demandes en déconnexion avec le programme. "Certains pensent qu’ils peuvent convertir d’anciens crédits à ce nouveau pour bénéficier d’un taux plus faible, ou qu’il s’applique au crédit immobilier,…", nous confie-t-on. 

Une minorité pensent que parce que le programme a été mis en place pour une durée de trois ans, il faut s’inscrire au CRI dans une sorte de liste pour pouvoir bénéficier des prêts dans une logique de "premier venu, premier servi". "C’est une catégorie qui représente une infime partie des personnes reçues, mais elle existe", nous explique-t-on.

Entre ces deux extrêmes, "il y a ceux qui savent qu’il y a un programme de financement offrant un taux avantageux, ont une idée mais ne savent pas par où commencer pour passer au stade du projet", ajoute notre source. Cette catégorie a besoin d’un accompagnement que doit leur offrir le CRI qui est d’ailleurs associé au programme Intelaka à cette fin justement. Un rôle que le CRI doit jouer de façon globale et plus particulièrement dans le cadre de Intelaka.

Or, le lancement du programme s’est opéré alors que l’implémentation de la réforme au niveau des centres d’investissement n’est pas encore terminée. La restructuration engagée après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les CRI exige une refonte importante des structures existantes. La nomination des DG qui a été opérée il y a quelques mois a enclenché ce processus de réforme qui n'est pas achevé. La mise en place des organes internes, le renforcement des équipes, la définition des stratégies… sont toujours en cours.

Cela n’a pas empêché les centres d’investissement d’entamer la réflexion aussi pour le programme Intelaka. "Certains CRI ont déjà effectué des réunions spécifiques à ce programme, afin de définir le processus à mettre en place. D’autres le feront dans les jours à venir", confie une source bien informée.

Mettre l’accent sur l’information

Par ailleurs, si l’engouement pour le programme est avéré, nos différentes sources insistent sur le fait qu’il faut mettre l’accent davantage sur l’information, la vulgarisation du programme, "notamment pratique". Sur les réseaux sociaux, le sujet peut devenir rapidement viral, tant les gens ont soif d’information.

Hamza Aboulfeth, un entrepreneur porteur d’un projet sur le segment de la restauration a décidé de partager son expérience avec son banquier sur les réseaux sociaux. Sa publication a enregistré une forte interaction. "Le post en question a été vu plus de 100.000 fois et a suscité plus de 1.000 réactions", nous explique-t-il. Pour quelles raisons ? Elle apporte des informations pratiques et concrètes.

Ce dernier explique qu’il a contacté son banquier le 10 février et a été reçu le lendemain. "Au 1er RDV avec mon banquier, il m'a donné plus de détails par rapport à ma demande. Il s'agit donc d'un crédit amortissable, destiné au financement des besoins à court, moyen et long terme liés à l'activité professionnelle, en l'occurrence l'investissement et le financement", explique-t-il.

Son chargé d’affaires lui explique que "les entreprises de promotion immobilière et de pêche hauturière sont exclues. Quant aux documents demandés, il s’agit de:  Statuts - Certificat d'immatriculation du RC - Modèle 7 récent (moins de 3 mois) - Copies des CIN des associés - PV de l'Assemblée Générale (AG) ayant désigné les mandataires de la société ou PV de l'AG - Informations générales sur l'activité et états financiers des 3 derniers exercices - CV du gérant/associés - Extrait de compte (si l’entreprise a une 2eme banque)", détaille-t-il.

"Pour les boites nouvellement créées, elles peuvent avoir un délai de grâce jusqu'à 1 an avant de commencer à rembourser leur prêt".

Pour un prêt dans le cadre du programme, "il n’y a ni frais d’étude de dossier ni commissions de déblocage, d’engagement ou de contre-garantie. Les frais d’expertise sont à la charge du client en cas d’expertise", conclut-il.

Une expérience qui donne un aperçu plus concret et opérationnel pour les prétendants à ce programme. Attention, les expériences sont personnelles, elles changent également d'une banque à l'autre car chacune commercialise sa propre offre autour d'un tronc commun déjà bien médiatisé.

Financement: Les premiers retours sur le programme Intelaka

Le 12 février 2020 à17:20

Modifié le 13 février 2020 à 10:05

Le programme Intelaka est opérationnel depuis une dizaine de jours. S'il est tôt pour faire un bilan chiffré, les premiers retours font état d'un engouement avéré pour le programme et montrent la nécessité de communiquer davantage. 

Le programme intégré d'appui et de financement des entreprises, Intelaka, est opérationnel depuis le mardi 4 février dans le réseau bancaire.

Pour rappel, ce programme offre des conditions de financement avantageuses pour encourager l’entrepreneuriat et la création d’emploi.

Un financement qui peut aller jusqu’à 1,2 million de DH, avec un taux fixe de 2% HT pour l’urbain et 1,75% HT pour le rural, garantis par la CCG à hauteur de 80%. Les bénéficiaires sont les entrepreneurs qui veulent créer leur entreprise ou ayant une entreprise qui n’a pas plus de 5 ans et un chiffre d’affaires qui ne dépasse pas 10 MDH. 

La demande est au rendez-vous

Moins de 10 jours plus tard, ce mercredi 12 février 2020, plusieurs sources bancaires assurent à Médias24 que "l’engouement est là" et "que les flux de demandeurs a été au rendez-vous" dès le premier jour.

Il est difficile de quantifier cet engouement si tôt. Nous aurons plus de visibilité quand le programme bouclera son premier mois, étant donné que les banques sont tenues de produire un reporting mensuel détaillé et précis sur le nombre de demandes reçues, les délais de traitement des dossiers, les montants débloqués, le nombre des refus, les raisons du rejet des dossiers,...

Pour l’heure, la remontée d’informations relève plus de l’appréciation qui, d’ailleurs, varie d’une banque à une autre en fonction de la taille de chacune, son positionnement global et son historique sur le segment de la TPE.

"Nous avons eu beaucoup de demandes et ce, dès le 1er jour. Des demandes qui ont été traitées et même déjà servies pour beaucoup", nous assure une source d’une des banques de la place. "Nous avons reçu des demandes d’informations sur le programme, mais ce n’est pas non plus un flux important", nous rapporte une source auprès d’une banque qui opère essentiellement sur le segment particulier.

Le secteur bancaire n’est pas le seul qui a été approché après le lancement du programme. Des sources nous confient que les CRI ont également été fortement sollicités. "Même l’ANAPEC a reçu des personnes en quête d’informations", nous confie une source bien informé. 

Les CRI  également sollicités

"Un flux assez important a été constaté au niveau des CRI. Des personnes qui viennent spécifiquement pour se renseigner sur le programme ou demander le financement", nous confie notre source qui précise que le degré de maturité des profils et leur connaissance du programme n’est pas au même niveau.

"Certains s’adressent au CRI avec des demandes précises, ils savent ce dont ils ont besoin, ce sont généralement des profils qui ont entamé le processus de création ou alors leurs entreprises existent déjà et ont entre un et deux ans d’existence", explique notre interlocuteur. Ceux-là sont généralement réorientés par le CRI vers le secteur bancaire.

Une deuxième catégorie s’adresse aux CRI avec des demandes en déconnexion avec le programme. "Certains pensent qu’ils peuvent convertir d’anciens crédits à ce nouveau pour bénéficier d’un taux plus faible, ou qu’il s’applique au crédit immobilier,…", nous confie-t-on. 

Une minorité pensent que parce que le programme a été mis en place pour une durée de trois ans, il faut s’inscrire au CRI dans une sorte de liste pour pouvoir bénéficier des prêts dans une logique de "premier venu, premier servi". "C’est une catégorie qui représente une infime partie des personnes reçues, mais elle existe", nous explique-t-on.

Entre ces deux extrêmes, "il y a ceux qui savent qu’il y a un programme de financement offrant un taux avantageux, ont une idée mais ne savent pas par où commencer pour passer au stade du projet", ajoute notre source. Cette catégorie a besoin d’un accompagnement que doit leur offrir le CRI qui est d’ailleurs associé au programme Intelaka à cette fin justement. Un rôle que le CRI doit jouer de façon globale et plus particulièrement dans le cadre de Intelaka.

Or, le lancement du programme s’est opéré alors que l’implémentation de la réforme au niveau des centres d’investissement n’est pas encore terminée. La restructuration engagée après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les CRI exige une refonte importante des structures existantes. La nomination des DG qui a été opérée il y a quelques mois a enclenché ce processus de réforme qui n'est pas achevé. La mise en place des organes internes, le renforcement des équipes, la définition des stratégies… sont toujours en cours.

Cela n’a pas empêché les centres d’investissement d’entamer la réflexion aussi pour le programme Intelaka. "Certains CRI ont déjà effectué des réunions spécifiques à ce programme, afin de définir le processus à mettre en place. D’autres le feront dans les jours à venir", confie une source bien informée.

Mettre l’accent sur l’information

Par ailleurs, si l’engouement pour le programme est avéré, nos différentes sources insistent sur le fait qu’il faut mettre l’accent davantage sur l’information, la vulgarisation du programme, "notamment pratique". Sur les réseaux sociaux, le sujet peut devenir rapidement viral, tant les gens ont soif d’information.

Hamza Aboulfeth, un entrepreneur porteur d’un projet sur le segment de la restauration a décidé de partager son expérience avec son banquier sur les réseaux sociaux. Sa publication a enregistré une forte interaction. "Le post en question a été vu plus de 100.000 fois et a suscité plus de 1.000 réactions", nous explique-t-il. Pour quelles raisons ? Elle apporte des informations pratiques et concrètes.

Ce dernier explique qu’il a contacté son banquier le 10 février et a été reçu le lendemain. "Au 1er RDV avec mon banquier, il m'a donné plus de détails par rapport à ma demande. Il s'agit donc d'un crédit amortissable, destiné au financement des besoins à court, moyen et long terme liés à l'activité professionnelle, en l'occurrence l'investissement et le financement", explique-t-il.

Son chargé d’affaires lui explique que "les entreprises de promotion immobilière et de pêche hauturière sont exclues. Quant aux documents demandés, il s’agit de:  Statuts - Certificat d'immatriculation du RC - Modèle 7 récent (moins de 3 mois) - Copies des CIN des associés - PV de l'Assemblée Générale (AG) ayant désigné les mandataires de la société ou PV de l'AG - Informations générales sur l'activité et états financiers des 3 derniers exercices - CV du gérant/associés - Extrait de compte (si l’entreprise a une 2eme banque)", détaille-t-il.

"Pour les boites nouvellement créées, elles peuvent avoir un délai de grâce jusqu'à 1 an avant de commencer à rembourser leur prêt".

Pour un prêt dans le cadre du programme, "il n’y a ni frais d’étude de dossier ni commissions de déblocage, d’engagement ou de contre-garantie. Les frais d’expertise sont à la charge du client en cas d’expertise", conclut-il.

Une expérience qui donne un aperçu plus concret et opérationnel pour les prétendants à ce programme. Attention, les expériences sont personnelles, elles changent également d'une banque à l'autre car chacune commercialise sa propre offre autour d'un tronc commun déjà bien médiatisé.

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