Le risque de grande guerre dans le Golfe prend de l'ampleur

Le risque de grande guerre dans le Golfe prend de l'ampleur

Le 13 mai 2019 à 19:09

Modifié le 14 mai 2019 à 13:07

L'escalade de la tension se poursuit dans la région du Golfe avec un risque de plus en plus élevé de guerre qui pourrait aller jusqu'à embraser tout le Moyen-Orient. Une grande guerre est possible, risquant de plonger cette région dans le plus grand chaos. Le cours du pétrole monte.

Mystérieux actes de sabotage contre 3 tankers et un cargo

Quatre navires ont été la cible de mystérieux "actes de sabotage" au large des Emirats, selon Riyad et Abou Dhabi, provoquant une montée des tensions dans le Golfe au moment où le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo discutait de l'Iran à Bruxelles.

Tôt, lundi 13 mai, les autorités d'Arabie saoudite ont rapporté des "actes de sabotage" ayant endommagé, la veille, deux navires saoudiens au large des Emirats. Il s'agit dans les deux cas de pays proches des Etats-Unis, qui viennent de renforcer leur présence militaire dans le Golfe dans le contexte du dossier iranien.

"Deux pétroliers saoudiens ont fait l'objet d'actes de sabotage dans la zone économique exclusive (ZEE) des Emirats arabes unis, au large des côtes de l'émirat de Fujairah, alors qu'ils étaient sur le point de pénétrer dans le Golfe d'Arabie", a dit le ministre de l'Energie Khalid Al-Falih.

Dimanche, après avoir démenti un incident dans un port, les Emirats ont finalement fait état d'"actes de sabotage" contre quatre navires commerciaux de différentes nationalités à l'est de l'émirat de Fujairah, sans identifier les auteurs mais en évoquant un événement "grave".

Un responsable gouvernemental émirati a précisé, lundi, que les bateaux en question étaient deux tankers saoudiens, Al Marzoqah et Amjad, un norvégien, Andrea Victory, et un cargo émirati, A. Michel.

Une photo, fournie par le gouvernement émirati, a montré la coque endommagée de l’Andrea Victory.

Inquiétudes de l'ONU et de l'UE

A New York, l'ONU a fait part de son inquiétude face "aux tensions accrues dans la région". "Nous appelons toutes les parties concernées à faire preuve de retenue dans l'intérêt de la paix régionale, notamment en veillant à la sécurité maritime", a indiqué son porte-parole adjoint, Farhan Haq.

"Je lui ai dit de manière claire que nous sommes préoccupés par les tensions dans la région et que nous ne voulons pas d'une escalade", a déclaré lundi le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, après sa rencontre avec M. Pompeo, relayant des propos similaires tenus plus tôt dans la journée par son homologue britannique Jeremy Hunt.

Toutes les places boursières du Golfe ont baissé lundi.

A l'inverse, les cours du pétrole montaient. Vers 14H00 GMT, le baril de Brent pour livraison en juillet valait 72,15 dollars à Londres, en hausse de 1,53 dollar par rapport à la clôture, vendredi.

Spectaculaire déploiement militaire américain

Vendredi 10 mai, le Pentagone a annoncé l'envoi dans la région d'un navire de guerre transportant des véhicules, notamment amphibies, et d'une batterie de missiles Patriot, s'ajoutant au déploiement d'un porte-avions et de bombardiers B-52.

L'analyste Karen Young, de l'American Enterprise Institute, a invité à la prudence face à "l'engrenage des provocations" accompagnées de possibles "mauvaises interprétations".

De son côté, Neil Partrick, expert du Golfe cité par l'AFP, a estimé que s'il y avait "vraiment eu une tentative délibérée d'endommager ces tankers, alors, ce pourrait être un avertissement de l'Iran sur les conséquences d'une quelconque action militaire contre des cibles iraniennes (...) dans la région".

Les alliés de Riyad et d'Abou Dhabi, notamment l'Egypte et Bahreïn, se sont empressés de condamner les "actes de sabotage".

Une guerre par accident ?

Depuis quelques mois, on constate aux Etats-Unis, en Israël et dans plusieurs pays du Proche-Orient, la production d'un discours qui légitime à l'avance une guerre contre l'Iran.

L'Iran de son côté est dans une stratégie de tension et d'escalade, tout en évitant toute guerre ouverte. La stratégie iranienne est en effet basée sur trois éléments:

-la guerre par procuration, domaine dans laquelle ce pays a développé une longue expertise. C'est ce qu'il a fait au Yémen, en Syrie, au Liban et ce qu'il tente de faire actuellement en Irak.

-la production et le développement de missiles balistiques, allant des simples roquettes à longue portée jusqu'aux missiles balistiques. Des milliers d'engins sont ainsi implantés au Liban, en Syrie et au Yémen.

-le programme nucléaire militaire.

La guerre peut éclater à tout moment et dans n'importe lequel des théâtres mentionnés: Liban, Syrie, Irak, Yémen ou détroit d'Ormuz. Elle commencera par des incidents isolés, puis des combats limités et probablement par procuration, avant de devenir une guerre ouverte.

Le risque de grande guerre dans le Golfe prend de l'ampleur

Le 14 mai 2019 à09:10

Modifié le 14 mai 2019 à 13:07

L'escalade de la tension se poursuit dans la région du Golfe avec un risque de plus en plus élevé de guerre qui pourrait aller jusqu'à embraser tout le Moyen-Orient. Une grande guerre est possible, risquant de plonger cette région dans le plus grand chaos. Le cours du pétrole monte.

Mystérieux actes de sabotage contre 3 tankers et un cargo

Quatre navires ont été la cible de mystérieux "actes de sabotage" au large des Emirats, selon Riyad et Abou Dhabi, provoquant une montée des tensions dans le Golfe au moment où le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo discutait de l'Iran à Bruxelles.

Tôt, lundi 13 mai, les autorités d'Arabie saoudite ont rapporté des "actes de sabotage" ayant endommagé, la veille, deux navires saoudiens au large des Emirats. Il s'agit dans les deux cas de pays proches des Etats-Unis, qui viennent de renforcer leur présence militaire dans le Golfe dans le contexte du dossier iranien.

"Deux pétroliers saoudiens ont fait l'objet d'actes de sabotage dans la zone économique exclusive (ZEE) des Emirats arabes unis, au large des côtes de l'émirat de Fujairah, alors qu'ils étaient sur le point de pénétrer dans le Golfe d'Arabie", a dit le ministre de l'Energie Khalid Al-Falih.

Dimanche, après avoir démenti un incident dans un port, les Emirats ont finalement fait état d'"actes de sabotage" contre quatre navires commerciaux de différentes nationalités à l'est de l'émirat de Fujairah, sans identifier les auteurs mais en évoquant un événement "grave".

Un responsable gouvernemental émirati a précisé, lundi, que les bateaux en question étaient deux tankers saoudiens, Al Marzoqah et Amjad, un norvégien, Andrea Victory, et un cargo émirati, A. Michel.

Une photo, fournie par le gouvernement émirati, a montré la coque endommagée de l’Andrea Victory.

Inquiétudes de l'ONU et de l'UE

A New York, l'ONU a fait part de son inquiétude face "aux tensions accrues dans la région". "Nous appelons toutes les parties concernées à faire preuve de retenue dans l'intérêt de la paix régionale, notamment en veillant à la sécurité maritime", a indiqué son porte-parole adjoint, Farhan Haq.

"Je lui ai dit de manière claire que nous sommes préoccupés par les tensions dans la région et que nous ne voulons pas d'une escalade", a déclaré lundi le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, après sa rencontre avec M. Pompeo, relayant des propos similaires tenus plus tôt dans la journée par son homologue britannique Jeremy Hunt.

Toutes les places boursières du Golfe ont baissé lundi.

A l'inverse, les cours du pétrole montaient. Vers 14H00 GMT, le baril de Brent pour livraison en juillet valait 72,15 dollars à Londres, en hausse de 1,53 dollar par rapport à la clôture, vendredi.

Spectaculaire déploiement militaire américain

Vendredi 10 mai, le Pentagone a annoncé l'envoi dans la région d'un navire de guerre transportant des véhicules, notamment amphibies, et d'une batterie de missiles Patriot, s'ajoutant au déploiement d'un porte-avions et de bombardiers B-52.

L'analyste Karen Young, de l'American Enterprise Institute, a invité à la prudence face à "l'engrenage des provocations" accompagnées de possibles "mauvaises interprétations".

De son côté, Neil Partrick, expert du Golfe cité par l'AFP, a estimé que s'il y avait "vraiment eu une tentative délibérée d'endommager ces tankers, alors, ce pourrait être un avertissement de l'Iran sur les conséquences d'une quelconque action militaire contre des cibles iraniennes (...) dans la région".

Les alliés de Riyad et d'Abou Dhabi, notamment l'Egypte et Bahreïn, se sont empressés de condamner les "actes de sabotage".

Une guerre par accident ?

Depuis quelques mois, on constate aux Etats-Unis, en Israël et dans plusieurs pays du Proche-Orient, la production d'un discours qui légitime à l'avance une guerre contre l'Iran.

L'Iran de son côté est dans une stratégie de tension et d'escalade, tout en évitant toute guerre ouverte. La stratégie iranienne est en effet basée sur trois éléments:

-la guerre par procuration, domaine dans laquelle ce pays a développé une longue expertise. C'est ce qu'il a fait au Yémen, en Syrie, au Liban et ce qu'il tente de faire actuellement en Irak.

-la production et le développement de missiles balistiques, allant des simples roquettes à longue portée jusqu'aux missiles balistiques. Des milliers d'engins sont ainsi implantés au Liban, en Syrie et au Yémen.

-le programme nucléaire militaire.

La guerre peut éclater à tout moment et dans n'importe lequel des théâtres mentionnés: Liban, Syrie, Irak, Yémen ou détroit d'Ormuz. Elle commencera par des incidents isolés, puis des combats limités et probablement par procuration, avant de devenir une guerre ouverte.

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