Chômage: l'OCDE appelle à une action "urgente" pour éviter une crise sociale

L'Organisation internationale de coopération et développement économiques (OCDE) a appelé à une action urgente afin d'éviter que la crise de l'emploi consécutive à la pandémie du nouveau coronavirus ne se transforme en une "crise sociale généralisée".

0-https://www.medias24.com//photos_articles/big/07-07-2020/chomage3.jpg-oui
Chômage : l'OCDE appelle à une action

Le 07 juillet 2020 à 12:55

Modifié le 07 juillet 2020 à 13:23

La pandémie du Covid-19 provoque une crise de l’emploi bien plus grave que celle qui avait suivi la crise de 2008, touchant plus durement les femmes, les jeunes et les travailleurs à faible revenu, avertit l'OCDE dans un nouveau rapport sur les statistiques du chômage.

"En s’appuyant sur les mesures rapides et décisives qui ont été initialement prises face à la crise du Covid-19, les pays doivent maintenant faire tout leur possible pour éviter que cette crise de l’emploi ne se transforme en une crise sociale généralisée", a déclaré mardi 7 juillet le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría en amont d’une table ronde ministérielle spéciale de l’OCDE sur les politiques d’inclusion et d’emploi au service de la reprise.

Selon lui, les politiques macroéconomiques doivent rester favorables à l’activité économique tout au long de la crise afin de minimiser le risque d’une récession prolongée et d’une génération perdue de jeunes dont les perspectives d’emploi sont durablement compromises.

Pendant ce temps, reconstruire un marché du travail meilleur et plus résilient constitue un investissement "essentiel pour l’avenir des prochaines générations, estime le secrétaire général de l’organisation internationale.

Dans la zone OCDE, le taux de chômage est revenu à 8.4% en mai 2020, après avoir enregistré en avril une hausse sans précédent de 3.0 points de pourcentage, jusqu’à atteindre 8.5%, soit le taux de chômage le plus élevé depuis 10 ans, contre 5.2% en février dernier, selon l'OCDE.

Tous les pics enregistrés depuis la Grande dépression dépassés

Le nombre de demandeurs d’emploi dans la zone OCDE a atteint 54.5 millions en mai. L’absence de variation entre avril et mai est le résultat de tendances contrastées.

L’édition 2020 des "Perspectives de l'emploi de l'OCDE" montre que, même dans le scénario le plus optimiste d’évolution de la pandémie, le taux de chômage dans l’ensemble des pays de l’OCDE pourrait atteindre 9.4% au quatrième trimestre 2020, dépassant tous les pics enregistrés depuis la Grande dépression.

En 2020, le taux d’emploi moyen devrait être inférieur de 4.1 % à 5 % à celui de 2019, tandis que le pourcentage des actifs occupés devrait rester inférieur à son niveau d’avant la crise, même à la fin de 2021, note l’OCDE.

Les premières mesures de soutien public ont été d’une ampleur et d’une portée sans précédent, notamment sous la forme d’un élargissement des dispositifs de maintien dans l’emploi permettant aux employeurs de réduire le temps de travail normal de leurs salariés tout en recevant une aide financière pour ces heures non travaillées, souligne-t-on de même source.

Le nombre total d’heures travaillées s’est effondré, diminuant 10 fois plus vite au cours des trois premiers mois de la crise actuelle qu’au cours des trois premiers mois de la crise financière mondiale de 2008 dans les pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles.


Les "Perspectives de l'OCDE" proposent une série de recommandations dans les domaines sur lesquels les pays devraient concentrer leurs efforts afin d’aider les individus et les entreprises à traverser la crise et à en réduire l’impact à long terme.

Les recommandations 

A court terme, le maintien des aides à certains secteurs encore affectés par les effets du confinement demeure essentiel pour protéger l’emploi et le bien-être. Mais il importe de cibler ces aides en direction des entreprises qui en ont le plus besoin, tout en renforçant les incitations à reprendre en toute sécurité le travail pour ceux qui le peuvent et en aidant les entreprises qui embauchent de nouveaux travailleurs. Cela est indispensable pour éviter les effets délétères d’un chômage et d’une inactivité prolongés. 

Dans la mesure où les perspectives de retrouver rapidement un emploi resteront médiocres pour beaucoup, certains pays devraient allonger la durée d’indemnisation du chômage pour empêcher les demandeurs d’emploi de glisser trop rapidement vers des allocations de revenu minimum beaucoup moins généreuses. Les aides d’urgence en faveur des travailleurs indépendants devraient également être réévaluées afin d’améliorer le ciblage, de rétablir les incitations et de garantir l’équité.

A moyen terme, les pays devraient combler les lacunes structurelles des dispositifs de protection sociale que la crise a mises en évidence. Il s’agira notamment de renforcer l’aide au revenu pour tous les travailleurs, y compris les travailleurs indépendants, les travailleurs à temps partiel et les autres travailleurs atypiques. Les entreprises doivent également se montrer dignes de la confiance que les pouvoirs publics leur ont accordée pendant la phase d’urgence de la crise du Covid-19 en préservant les emplois dans toute la mesure du possible et en investissant dans les compétences de leurs salariés. Pour veiller à ne laisser personne de côté à l’heure de la reprise, il est essentiel d’élargir le soutien au système d’enseignement et de formation professionnels, mais aussi de tirer parti du dialogue social et des négociations collectives pour renforcer la résilience du marché du travail.

Tags : Chômage

Chômage: l'OCDE appelle à une action "urgente" pour éviter une crise sociale

Le 07 juillet 2020 à13:14

Modifié le 07 juillet 2020 à 13:23

L'Organisation internationale de coopération et développement économiques (OCDE) a appelé à une action urgente afin d'éviter que la crise de l'emploi consécutive à la pandémie du nouveau coronavirus ne se transforme en une "crise sociale généralisée".

La pandémie du Covid-19 provoque une crise de l’emploi bien plus grave que celle qui avait suivi la crise de 2008, touchant plus durement les femmes, les jeunes et les travailleurs à faible revenu, avertit l'OCDE dans un nouveau rapport sur les statistiques du chômage.

"En s’appuyant sur les mesures rapides et décisives qui ont été initialement prises face à la crise du Covid-19, les pays doivent maintenant faire tout leur possible pour éviter que cette crise de l’emploi ne se transforme en une crise sociale généralisée", a déclaré mardi 7 juillet le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría en amont d’une table ronde ministérielle spéciale de l’OCDE sur les politiques d’inclusion et d’emploi au service de la reprise.

Selon lui, les politiques macroéconomiques doivent rester favorables à l’activité économique tout au long de la crise afin de minimiser le risque d’une récession prolongée et d’une génération perdue de jeunes dont les perspectives d’emploi sont durablement compromises.

Pendant ce temps, reconstruire un marché du travail meilleur et plus résilient constitue un investissement "essentiel pour l’avenir des prochaines générations, estime le secrétaire général de l’organisation internationale.

Dans la zone OCDE, le taux de chômage est revenu à 8.4% en mai 2020, après avoir enregistré en avril une hausse sans précédent de 3.0 points de pourcentage, jusqu’à atteindre 8.5%, soit le taux de chômage le plus élevé depuis 10 ans, contre 5.2% en février dernier, selon l'OCDE.

Tous les pics enregistrés depuis la Grande dépression dépassés

Le nombre de demandeurs d’emploi dans la zone OCDE a atteint 54.5 millions en mai. L’absence de variation entre avril et mai est le résultat de tendances contrastées.

L’édition 2020 des "Perspectives de l'emploi de l'OCDE" montre que, même dans le scénario le plus optimiste d’évolution de la pandémie, le taux de chômage dans l’ensemble des pays de l’OCDE pourrait atteindre 9.4% au quatrième trimestre 2020, dépassant tous les pics enregistrés depuis la Grande dépression.

En 2020, le taux d’emploi moyen devrait être inférieur de 4.1 % à 5 % à celui de 2019, tandis que le pourcentage des actifs occupés devrait rester inférieur à son niveau d’avant la crise, même à la fin de 2021, note l’OCDE.

Les premières mesures de soutien public ont été d’une ampleur et d’une portée sans précédent, notamment sous la forme d’un élargissement des dispositifs de maintien dans l’emploi permettant aux employeurs de réduire le temps de travail normal de leurs salariés tout en recevant une aide financière pour ces heures non travaillées, souligne-t-on de même source.

Le nombre total d’heures travaillées s’est effondré, diminuant 10 fois plus vite au cours des trois premiers mois de la crise actuelle qu’au cours des trois premiers mois de la crise financière mondiale de 2008 dans les pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles.


Les "Perspectives de l'OCDE" proposent une série de recommandations dans les domaines sur lesquels les pays devraient concentrer leurs efforts afin d’aider les individus et les entreprises à traverser la crise et à en réduire l’impact à long terme.

Les recommandations 

A court terme, le maintien des aides à certains secteurs encore affectés par les effets du confinement demeure essentiel pour protéger l’emploi et le bien-être. Mais il importe de cibler ces aides en direction des entreprises qui en ont le plus besoin, tout en renforçant les incitations à reprendre en toute sécurité le travail pour ceux qui le peuvent et en aidant les entreprises qui embauchent de nouveaux travailleurs. Cela est indispensable pour éviter les effets délétères d’un chômage et d’une inactivité prolongés. 

Dans la mesure où les perspectives de retrouver rapidement un emploi resteront médiocres pour beaucoup, certains pays devraient allonger la durée d’indemnisation du chômage pour empêcher les demandeurs d’emploi de glisser trop rapidement vers des allocations de revenu minimum beaucoup moins généreuses. Les aides d’urgence en faveur des travailleurs indépendants devraient également être réévaluées afin d’améliorer le ciblage, de rétablir les incitations et de garantir l’équité.

A moyen terme, les pays devraient combler les lacunes structurelles des dispositifs de protection sociale que la crise a mises en évidence. Il s’agira notamment de renforcer l’aide au revenu pour tous les travailleurs, y compris les travailleurs indépendants, les travailleurs à temps partiel et les autres travailleurs atypiques. Les entreprises doivent également se montrer dignes de la confiance que les pouvoirs publics leur ont accordée pendant la phase d’urgence de la crise du Covid-19 en préservant les emplois dans toute la mesure du possible et en investissant dans les compétences de leurs salariés. Pour veiller à ne laisser personne de côté à l’heure de la reprise, il est essentiel d’élargir le soutien au système d’enseignement et de formation professionnels, mais aussi de tirer parti du dialogue social et des négociations collectives pour renforcer la résilience du marché du travail.

A lire aussi


Communication financière

Aluminium du Maroc : Communiqué de presse suivant la réunion du Conseil d’Administration, réuni le 29 Juin 2020

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.