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Impôts: Tensions entre médecins privés et Zouhair Chorfi

Lors des Assises de la fiscalité, médecins et cliniques privés ont tenté à leur manière de défendre leur profession. Zouhair Chorfi, Secrétaire général du ministère des Finances a eu une réaction qui a énormément buzzé sur la Toile. Médias24 a reconstitué toute la séquence en vidéo (ci-dessus).

Le 07 mai 2019 à 16:20

Modifié le 08 mai 2019 à 22:04

Interrogé sur les dispositions à prendre pour une meilleure contribution des professions libérales dans l'impôt sur le revenu, Hassan Afilal, vice-président de l'Association nationale des cliniques privées a déclaré: 

"Nous ne pouvons pas comparer toutes les professions et tous les métiers. Je vais parler des professions libérales sous le prisme de la médecine. Nous ne sommes pas des commerçants. Nous avons un rôle social, avec une mission publique".

"Au Maroc, nous sommes 22.000 médecins tous secteurs confondus. La moitié est dans le privé et l’autre moitié est dans le public. L’OMS recommande d'avoir 66.000 médecins. Chaque médecin fait donc le travail de 3 médecins. Nous avons 7.000 médecins à l’étranger et nous avons 1.200 médecins qui sont en partance, un fléau auquel il faut mettre fin."

"L’IR professionnel est contre-productif, contre la création de l’emploi et contre les investissements", a-t-il poursuivi.

M. Afilal s'est ensuite félicité des mesures retenues en marge des Assises, notamment celle qui assure la neutralité de la TVA, avant de continuer: "Nous avons beaucoup de pauvres au Maroc, et nous traitons beaucoup de personnes gratuitement. Parmi les mesures de ces Assises, nous voulons que les personnes qu'on traite gratuitement soient nettes d'impôts. Le fisc ne peut pas nous imposer sur des gens qu’on traite gratuitement."

Quant à l'équité fiscale, "pourquoi un revenu de 300.000 DH est imposé à 10% pour les sociétés et à 38% pour les médecins et le secteur libéral ? Nous proposons un impôt forfaitaire. Cela rend inutile le contrôle, et il y aura davantage d’investisseurs".

"Les cliniques assurent 65% des soins au Maroc, et 90% des assurés sociaux vont dans les cliniques. Concernant le grand bénéfice que tout le monde imagine dans ce secteur, le seul investisseur privé non-médecin qui s’est impliqué est vite reparti. Nous devons suivre la technologie, et plus on s’équipe, plus notre marge diminue", conclut-il en demandant de ne pas stigmatiser une profession ni de généraliser les accusations.

La contre-attaque de Chorfi

Le secrétaire général du ministère de l'Economie et des Finances, qui s'est dit choqué de ces déclarations, a réagi comme suit:

"Le moment est venu de nous dire les choses avec responsabilité, d’arrêter de dire une chose et de faire son contraire, et de commencer à avoir un peu d’humilité et une dose d’autocritique. J’ai entendu une intervention ce matin qui m’a choquée. Je ne veux pas attaquer une profession. Mais aujourd’hui les données sont connues, profession par profession. Nous ne sommes pas dans des minorations de valeurs de 10% ou de 20%. Que les gens minorent leurs déclarations de 20% ne me pose pas de problème, mais qu’on les minore de 90%, ça me pose un problème."

"Nous ne sommes pas là pour demander une réforme fiscale et changer les lois. Nous sommes ici pour changer de posture et de comportement, c’est notre comportement au quotidien qui doit changer. Quand je vais dans une clinique, et qu’on me dit qu'on n’accepte pas les chèques, qu’est-ce que cela veut dire ? Ca suffit ! Il est temps d’arrêter la corruption. Le noir ça suffit !"

"A quoi sert un ordre ? A quoi sert une association ? C'est de leur devoir de rappeler à l'ordre, les cliniques qui refusent les chèques".

La mise au point du président de l'ANCP

Cette réaction a fortement déplu aux médecins et cliniques privés qui affirment vouloir riposter officiellement. Pour M. Afilal, il ne faut pas généraliser. Pour Badreddine Dassouli du syndicat des médecins privés, ces derniers sont de bons payeurs d'impôts.

Contacté par Médias 24, Redouane Semlali, président de l'ANCP nie que les déclarations soient minorées par les médecins.

"Ce qu'a dit M. Chorfi est contradictoire avec les chiffres de l'Administration fiscale. Selon lui, les cliniques privées cachent 90% de leur activité. Nous avons travaillé sur notre redressement, et le fisc a reconnu 1,7% d'écart".

"Concernant les encaissements par chèque, 80 à 90% des transactions se font par chèque dans les cliniques privées. Il ne faut pas confondre les encaissements cash et le noir".

Ci-dessus, une vidéo montrant la totalité des échanges sur cette question.

>>Lire aussi:

Contrôle fiscal : La DGI et les médecins libéraux ont trouvé un compromis

Régularisation fiscale : Le détail de la grille des cliniques privées

SOMMAIRE DU DOSSIER

Impôts: Tensions entre médecins privés et Zouhair Chorfi

Le 07 mai 2019 à18:05

Modifié le 08 mai 2019 à 22:04

Lors des Assises de la fiscalité, médecins et cliniques privés ont tenté à leur manière de défendre leur profession. Zouhair Chorfi, Secrétaire général du ministère des Finances a eu une réaction qui a énormément buzzé sur la Toile. Médias24 a reconstitué toute la séquence en vidéo (ci-dessus).

Interrogé sur les dispositions à prendre pour une meilleure contribution des professions libérales dans l'impôt sur le revenu, Hassan Afilal, vice-président de l'Association nationale des cliniques privées a déclaré: 

"Nous ne pouvons pas comparer toutes les professions et tous les métiers. Je vais parler des professions libérales sous le prisme de la médecine. Nous ne sommes pas des commerçants. Nous avons un rôle social, avec une mission publique".

"Au Maroc, nous sommes 22.000 médecins tous secteurs confondus. La moitié est dans le privé et l’autre moitié est dans le public. L’OMS recommande d'avoir 66.000 médecins. Chaque médecin fait donc le travail de 3 médecins. Nous avons 7.000 médecins à l’étranger et nous avons 1.200 médecins qui sont en partance, un fléau auquel il faut mettre fin."

"L’IR professionnel est contre-productif, contre la création de l’emploi et contre les investissements", a-t-il poursuivi.

M. Afilal s'est ensuite félicité des mesures retenues en marge des Assises, notamment celle qui assure la neutralité de la TVA, avant de continuer: "Nous avons beaucoup de pauvres au Maroc, et nous traitons beaucoup de personnes gratuitement. Parmi les mesures de ces Assises, nous voulons que les personnes qu'on traite gratuitement soient nettes d'impôts. Le fisc ne peut pas nous imposer sur des gens qu’on traite gratuitement."

Quant à l'équité fiscale, "pourquoi un revenu de 300.000 DH est imposé à 10% pour les sociétés et à 38% pour les médecins et le secteur libéral ? Nous proposons un impôt forfaitaire. Cela rend inutile le contrôle, et il y aura davantage d’investisseurs".

"Les cliniques assurent 65% des soins au Maroc, et 90% des assurés sociaux vont dans les cliniques. Concernant le grand bénéfice que tout le monde imagine dans ce secteur, le seul investisseur privé non-médecin qui s’est impliqué est vite reparti. Nous devons suivre la technologie, et plus on s’équipe, plus notre marge diminue", conclut-il en demandant de ne pas stigmatiser une profession ni de généraliser les accusations.

La contre-attaque de Chorfi

Le secrétaire général du ministère de l'Economie et des Finances, qui s'est dit choqué de ces déclarations, a réagi comme suit:

"Le moment est venu de nous dire les choses avec responsabilité, d’arrêter de dire une chose et de faire son contraire, et de commencer à avoir un peu d’humilité et une dose d’autocritique. J’ai entendu une intervention ce matin qui m’a choquée. Je ne veux pas attaquer une profession. Mais aujourd’hui les données sont connues, profession par profession. Nous ne sommes pas dans des minorations de valeurs de 10% ou de 20%. Que les gens minorent leurs déclarations de 20% ne me pose pas de problème, mais qu’on les minore de 90%, ça me pose un problème."

"Nous ne sommes pas là pour demander une réforme fiscale et changer les lois. Nous sommes ici pour changer de posture et de comportement, c’est notre comportement au quotidien qui doit changer. Quand je vais dans une clinique, et qu’on me dit qu'on n’accepte pas les chèques, qu’est-ce que cela veut dire ? Ca suffit ! Il est temps d’arrêter la corruption. Le noir ça suffit !"

"A quoi sert un ordre ? A quoi sert une association ? C'est de leur devoir de rappeler à l'ordre, les cliniques qui refusent les chèques".

La mise au point du président de l'ANCP

Cette réaction a fortement déplu aux médecins et cliniques privés qui affirment vouloir riposter officiellement. Pour M. Afilal, il ne faut pas généraliser. Pour Badreddine Dassouli du syndicat des médecins privés, ces derniers sont de bons payeurs d'impôts.

Contacté par Médias 24, Redouane Semlali, président de l'ANCP nie que les déclarations soient minorées par les médecins.

"Ce qu'a dit M. Chorfi est contradictoire avec les chiffres de l'Administration fiscale. Selon lui, les cliniques privées cachent 90% de leur activité. Nous avons travaillé sur notre redressement, et le fisc a reconnu 1,7% d'écart".

"Concernant les encaissements par chèque, 80 à 90% des transactions se font par chèque dans les cliniques privées. Il ne faut pas confondre les encaissements cash et le noir".

Ci-dessus, une vidéo montrant la totalité des échanges sur cette question.

>>Lire aussi:

Contrôle fiscal : La DGI et les médecins libéraux ont trouvé un compromis

Régularisation fiscale : Le détail de la grille des cliniques privées

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