Inhabituel: Les Emirats absents de la tournée de Bourita dans le Golfe

Le Maroc répond-il du tac au tac aux Emirats ? Nasser Bourita a achevé le 11 avril 2019, une tournée dans 5 pays du Golfe, porteur d'un message du Roi Mohammed VI aux Chefs d'Etat et excluant donc les Emirats.

Inhabituel: Les Emirats absents de la tournée de Bourita dans le Golfe Le 10 avril 2019, Nasser Bourita remet un message du Roi Mohammed VI au Roi Salmane.

Le 14 avril 2019 à 11:11

Modifié le 14 avril 2019 à 23:01

Le 28 mars dernier, Nasser Bourita donnait à Rabat, une conférence de presse conjointe avec son homologue jordanien. A une question concernant l'impact de la coopération maroco-jordanienne sur les relations envers les pays du Golfe, Nasser Bourita avait distillé deux messages : "La politique étrangère est une affaire de souveraineté" et "la coordination doit se faire de part et d’autre". Il a cité à cet égard le cas de la Libye.

Sur le dossier libyen, le Maroc a toujours été très actif, prenant le lead d'une volonté internationale de trouver une solution politique. La position marocaine est qu'il n'y aura pas de solution militaire et que seule une solution politique pourra restaurer durablement la stabilité du pays. Par contre, une solution militaire peut entraîner le chaos et déborder sur toute la région. Le seul accord politique sur une feuille de route de sortie de crise, parrainé par l'ONU, a été conclu à Skhirat.

Les différents pays des "révolutions" arabes ont tous fini par connaître l'intrusion des enjeux externes qui ont fini dans certains cas par prendre le dessus sur les enjeux internes. Les plus touchés ont été le Yémen, la Syrie et la Libye. Mais ces enjeux externes sont également présents en Egypte et en Tunisie.

Dans la plupart des cas, il s'est agi d'une confrontation par forces locales interposées, entre d'un côté, la Turquie et le Qatar et de l'autre, l'Arabie saoudite et les Emirats.

En Libye, le maréchal Haftar, qui conduit une armée financée par l'Arabie saoudite et les Emirats, a lancé une offensive contre la capitale Tripoli. Des combats font rage autour de la capitale libyenne depuis quelques jours. Dans le dossier libyen, il est clair que le Maroc d'un côté, et le tandem Emirats-Arabie saoudite de l'autre, ne se trouvent pas du même bord et ne partagent pas les mêmes positions.

LIRE SUR LE MEME SUJET

LES AMBASSADEURS DU MAROC A RIYAD ET A ABOU DHABI REGAGNENT LEURS POSTES

On ne sait pas si la tournée de Bourita dans les pays du Golfe est liée au dossier libyen ou pas, ou à un autre dossier important, comme la cause palestinienne. Il n'en demeure pas moins que les Emirats ont été ostensiblement snobés.

Voici par ailleurs la réponse intégrale de Bourita le 28 mars dernier au sujet des relations du Maroc avec les pays du Golfe:

1. La relation entre le Royaume du Maroc et les pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, ont toujours été des relations historiques profondes. Le Maroc a toujours tenu à les préserver et les renforcer.

2. Parfois, il peut arriver, malheureusement, qu’on ne soit pas d’accord sur certaines questions. Pour le Maroc, la politique étrangère est une affaire de souveraineté. Elle est, en outre, fondée sur des principes et des constantes.

3. Par ailleurs, la coordination devrait se faire dans les deux sens. Elle ne doit pas être à la carte. Elle doit couvrir toutes les questions importantes, au Moyen-Orient comme en Afrique du Nord, à l’instar de la crise libyenne.

4. De même, la préservation de cette relation devrait être un souci de part et d’autre. Si ce n’est pas le cas, il serait normal que toutes les alternatives soient examinées.

Le 10 avril 2019, Nasser Bourita remet un message du Roi Mohammed VI au Roi Salmane.

Inhabituel: Les Emirats absents de la tournée de Bourita dans le Golfe

Le 14 avril 2019 à11:51

Modifié le 14 avril 2019 à 23:01

Le Maroc répond-il du tac au tac aux Emirats ? Nasser Bourita a achevé le 11 avril 2019, une tournée dans 5 pays du Golfe, porteur d'un message du Roi Mohammed VI aux Chefs d'Etat et excluant donc les Emirats.

Le 28 mars dernier, Nasser Bourita donnait à Rabat, une conférence de presse conjointe avec son homologue jordanien. A une question concernant l'impact de la coopération maroco-jordanienne sur les relations envers les pays du Golfe, Nasser Bourita avait distillé deux messages : "La politique étrangère est une affaire de souveraineté" et "la coordination doit se faire de part et d’autre". Il a cité à cet égard le cas de la Libye.

Sur le dossier libyen, le Maroc a toujours été très actif, prenant le lead d'une volonté internationale de trouver une solution politique. La position marocaine est qu'il n'y aura pas de solution militaire et que seule une solution politique pourra restaurer durablement la stabilité du pays. Par contre, une solution militaire peut entraîner le chaos et déborder sur toute la région. Le seul accord politique sur une feuille de route de sortie de crise, parrainé par l'ONU, a été conclu à Skhirat.

Les différents pays des "révolutions" arabes ont tous fini par connaître l'intrusion des enjeux externes qui ont fini dans certains cas par prendre le dessus sur les enjeux internes. Les plus touchés ont été le Yémen, la Syrie et la Libye. Mais ces enjeux externes sont également présents en Egypte et en Tunisie.

Dans la plupart des cas, il s'est agi d'une confrontation par forces locales interposées, entre d'un côté, la Turquie et le Qatar et de l'autre, l'Arabie saoudite et les Emirats.

En Libye, le maréchal Haftar, qui conduit une armée financée par l'Arabie saoudite et les Emirats, a lancé une offensive contre la capitale Tripoli. Des combats font rage autour de la capitale libyenne depuis quelques jours. Dans le dossier libyen, il est clair que le Maroc d'un côté, et le tandem Emirats-Arabie saoudite de l'autre, ne se trouvent pas du même bord et ne partagent pas les mêmes positions.

LIRE SUR LE MEME SUJET

LES AMBASSADEURS DU MAROC A RIYAD ET A ABOU DHABI REGAGNENT LEURS POSTES

On ne sait pas si la tournée de Bourita dans les pays du Golfe est liée au dossier libyen ou pas, ou à un autre dossier important, comme la cause palestinienne. Il n'en demeure pas moins que les Emirats ont été ostensiblement snobés.

Voici par ailleurs la réponse intégrale de Bourita le 28 mars dernier au sujet des relations du Maroc avec les pays du Golfe:

1. La relation entre le Royaume du Maroc et les pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, ont toujours été des relations historiques profondes. Le Maroc a toujours tenu à les préserver et les renforcer.

2. Parfois, il peut arriver, malheureusement, qu’on ne soit pas d’accord sur certaines questions. Pour le Maroc, la politique étrangère est une affaire de souveraineté. Elle est, en outre, fondée sur des principes et des constantes.

3. Par ailleurs, la coordination devrait se faire dans les deux sens. Elle ne doit pas être à la carte. Elle doit couvrir toutes les questions importantes, au Moyen-Orient comme en Afrique du Nord, à l’instar de la crise libyenne.

4. De même, la préservation de cette relation devrait être un souci de part et d’autre. Si ce n’est pas le cas, il serait normal que toutes les alternatives soient examinées.

A lire aussi


Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.