Kettani: Il faut la confiance pour relancer les investissements

Pour Mohamed El Kettani, PDG d’Attijariwafa bank, la seule voie possible pour créer de la richesse et des emplois est la relance de l’investissement qui nécessite un environnement des affaires extrêmement favorable pour conforter la confiance.

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Kettani: Il faut la confiance pour relancer les investissements Mohamed El Kettani, PDG d'Attijariwafa bank, lors de la présentation des résultats 2018 du groupe.

Le 21 mars 2019 à 09:52

Modifié le 21 mars 2019 à 21:15

Le patron de la plus grande banque marocaine s’exprimait lors de la conférence de présentation des résultats annuels du groupe, tenue mercredi 20 mars.
 
Si Attijariwafa bank a dégagé en 2018 des indicateurs en bonne progression, grâce à ses avantages intrinsèques, à sa présence en Afrique et à l’opération exceptionnelle de financement par affacturage du crédit TVA détenu par les entreprises sur l’Etat, il n’en demeure pas moins qu’elle a évolué l’année dernière dans un contexte d’atonie du crédit et de la conjoncture économique au Maroc.
 
Le crédit bancaire au Maroc n’a en effet crû que de 3,2% en 2018, hors opérations d’affacturage du crédit TVA (+6% en intégrant ces opérations). Et encore, la croissance de 3,2% est dopée par les opérations "d’embellissement" de fin d’année entre les banques et leurs filiales financières. Le crédit aux entreprises a, lui, fait du surplace.
 
Lors du point de presse de Bank Al-Maghrib, tenu mardi 19 mars à l’issue du premier conseil de politique monétaire de l’année, Abdellatif Jouahri a annoncé que la réunion tripartite entre la CGEM, le groupement des banques et BAM est programmée pour le 18 avril après avoir été repoussée à plusieurs reprises.
 
Selon Jouahri, cette réunion permettra entre autres d’évaluer l’intégration par le secteur privé du démarrage de la réforme du régime de change (flexibilité du dirham). Mais surtout, la rencontre aura comme principal objectif la relance du débat sur le ralentissement du crédit qui persiste malgré les engagements pris par les banques et la CGEM en janvier 2016 et l’envoi d’un mémorandum au gouvernement quelques mois plus tard.

Les banques préparent leurs propositions

Interpellé sur cette réunion lors de la conférence de présentation des résultats d’Attijariwafa bank, Mohamed El Kettani, également vice-président exécutif du groupement des banques (GPBM), a confirmé que le secteur bancaire est en train de préparer la tenue de cette rencontre.
 
"La création de la commission tripartite est une initiative de la Banque centrale qui, face à l’atonie du crédit, avait demandé il y a un peu plus de 2 ans à ce que le secteur bancaire et la CGEM à travers l’ensemble de ses fédérations, engagent un dialogue transparent.
 
"Ce travail a été fait, c’était constructif, et ça a donné lieu à la production d’un mémorandum qui a été communiqué au gouvernement.
 
"Dans ce mémorandum, chaque partie reconnaît un certain nombre de faiblesses, de dysfonctionnements et prend un engagement fort d’intervenir sur les leviers qui ont été identifiés, que ce soit du côté de l’entreprise ou du secteur bancaire. Des demandes ont également été faites au gouvernement", rappelle le patron d’Attijariwafa.
 
Sauf que selon lui, le mémorandum est resté lettre morte, le gouvernement n’a pas donné de suite.

>>Lire aussi: Bensalah s'étonne de ne pas avoir de réponse au mémorandum CGEM-BAM-GPBM

"Il y a quelques mois, BAM a demandé la relance du débat et l’actualisation de ce travail. Nous avons applaudi cette initiative qui permettra de reprendre le mémorandum, voir ce qui a été fait, ce qui ne l’a pas été et pourquoi, et ce que les secteurs privé et bancaire vont demander au gouvernement comme leviers d’amélioration, notamment en ce qui concerne l’environnement des affaires.
 
"L’enjeu capital pour notre pays, c’est de relancer l’investissement. C’est la seule voie possible pour créer de l’emploi et de la richesse. Et relancer l’investissement ne se décrète pas, il faut un environnement extrêmement favorable qui conforte la confiance avec un engagement de part et d’autre : secteur privé, gouvernement et partenaires sociaux, parce que nous sommes embarqués dans le même bateau", conclut El Kettani qui précise que les banques sont en train de préparer leurs propositions et que la commission tripartite annoncera les résultats du dialogue après la tenue de la réunion le 18 avril.
 
On le voit, tout comme le wali de Bank Al-Maghrib, le patron d’Attijariwafa bank insiste sur l’importance de la confiance comme facteur déterminant de la relance économique.

Des réformes mais pas de vision

Il faut noter que malgré l’absence de réaction du gouvernement suite à l’envoi du mémorandum, plusieurs chantiers ont été lancés, allant dans le sens de l’amélioration du climat des affaires, comme le remboursement des arriérés de TVA, la réduction des délais de paiement de l’Etat, la réforme des CRI, le lancement du processus de déconcentration administrative…
 
Toutefois, d’autres chantiers stratégiques n’ont pas enregistré d’avancées : délais de paiement inter-entreprises, accès des TPME aux marchés publics, l’aide aux entreprises en difficulté…
 
Surtout, au-delà des mesures spécifiques, l’amélioration du climat des affaires ne consiste pas à gagner des places dans le classement Doing Business. Les investisseurs ont besoin de sentir le changement sur le terrain, d’une administration réellement mobilisée pour la dynamisation de la vie économique, de responsables politiques qui tracent la voie et qui donnent de la visibilité
 

(Intervention à partir de 1h12 min)

Mohamed El Kettani, PDG d'Attijariwafa bank, lors de la présentation des résultats 2018 du groupe.

Kettani: Il faut la confiance pour relancer les investissements

Le 21 mars 2019 à10:12

Modifié le 21 mars 2019 à 21:15

Pour Mohamed El Kettani, PDG d’Attijariwafa bank, la seule voie possible pour créer de la richesse et des emplois est la relance de l’investissement qui nécessite un environnement des affaires extrêmement favorable pour conforter la confiance.

Le patron de la plus grande banque marocaine s’exprimait lors de la conférence de présentation des résultats annuels du groupe, tenue mercredi 20 mars.
 
Si Attijariwafa bank a dégagé en 2018 des indicateurs en bonne progression, grâce à ses avantages intrinsèques, à sa présence en Afrique et à l’opération exceptionnelle de financement par affacturage du crédit TVA détenu par les entreprises sur l’Etat, il n’en demeure pas moins qu’elle a évolué l’année dernière dans un contexte d’atonie du crédit et de la conjoncture économique au Maroc.
 
Le crédit bancaire au Maroc n’a en effet crû que de 3,2% en 2018, hors opérations d’affacturage du crédit TVA (+6% en intégrant ces opérations). Et encore, la croissance de 3,2% est dopée par les opérations "d’embellissement" de fin d’année entre les banques et leurs filiales financières. Le crédit aux entreprises a, lui, fait du surplace.
 
Lors du point de presse de Bank Al-Maghrib, tenu mardi 19 mars à l’issue du premier conseil de politique monétaire de l’année, Abdellatif Jouahri a annoncé que la réunion tripartite entre la CGEM, le groupement des banques et BAM est programmée pour le 18 avril après avoir été repoussée à plusieurs reprises.
 
Selon Jouahri, cette réunion permettra entre autres d’évaluer l’intégration par le secteur privé du démarrage de la réforme du régime de change (flexibilité du dirham). Mais surtout, la rencontre aura comme principal objectif la relance du débat sur le ralentissement du crédit qui persiste malgré les engagements pris par les banques et la CGEM en janvier 2016 et l’envoi d’un mémorandum au gouvernement quelques mois plus tard.

Les banques préparent leurs propositions

Interpellé sur cette réunion lors de la conférence de présentation des résultats d’Attijariwafa bank, Mohamed El Kettani, également vice-président exécutif du groupement des banques (GPBM), a confirmé que le secteur bancaire est en train de préparer la tenue de cette rencontre.
 
"La création de la commission tripartite est une initiative de la Banque centrale qui, face à l’atonie du crédit, avait demandé il y a un peu plus de 2 ans à ce que le secteur bancaire et la CGEM à travers l’ensemble de ses fédérations, engagent un dialogue transparent.
 
"Ce travail a été fait, c’était constructif, et ça a donné lieu à la production d’un mémorandum qui a été communiqué au gouvernement.
 
"Dans ce mémorandum, chaque partie reconnaît un certain nombre de faiblesses, de dysfonctionnements et prend un engagement fort d’intervenir sur les leviers qui ont été identifiés, que ce soit du côté de l’entreprise ou du secteur bancaire. Des demandes ont également été faites au gouvernement", rappelle le patron d’Attijariwafa.
 
Sauf que selon lui, le mémorandum est resté lettre morte, le gouvernement n’a pas donné de suite.

>>Lire aussi: Bensalah s'étonne de ne pas avoir de réponse au mémorandum CGEM-BAM-GPBM

"Il y a quelques mois, BAM a demandé la relance du débat et l’actualisation de ce travail. Nous avons applaudi cette initiative qui permettra de reprendre le mémorandum, voir ce qui a été fait, ce qui ne l’a pas été et pourquoi, et ce que les secteurs privé et bancaire vont demander au gouvernement comme leviers d’amélioration, notamment en ce qui concerne l’environnement des affaires.
 
"L’enjeu capital pour notre pays, c’est de relancer l’investissement. C’est la seule voie possible pour créer de l’emploi et de la richesse. Et relancer l’investissement ne se décrète pas, il faut un environnement extrêmement favorable qui conforte la confiance avec un engagement de part et d’autre : secteur privé, gouvernement et partenaires sociaux, parce que nous sommes embarqués dans le même bateau", conclut El Kettani qui précise que les banques sont en train de préparer leurs propositions et que la commission tripartite annoncera les résultats du dialogue après la tenue de la réunion le 18 avril.
 
On le voit, tout comme le wali de Bank Al-Maghrib, le patron d’Attijariwafa bank insiste sur l’importance de la confiance comme facteur déterminant de la relance économique.

Des réformes mais pas de vision

Il faut noter que malgré l’absence de réaction du gouvernement suite à l’envoi du mémorandum, plusieurs chantiers ont été lancés, allant dans le sens de l’amélioration du climat des affaires, comme le remboursement des arriérés de TVA, la réduction des délais de paiement de l’Etat, la réforme des CRI, le lancement du processus de déconcentration administrative…
 
Toutefois, d’autres chantiers stratégiques n’ont pas enregistré d’avancées : délais de paiement inter-entreprises, accès des TPME aux marchés publics, l’aide aux entreprises en difficulté…
 
Surtout, au-delà des mesures spécifiques, l’amélioration du climat des affaires ne consiste pas à gagner des places dans le classement Doing Business. Les investisseurs ont besoin de sentir le changement sur le terrain, d’une administration réellement mobilisée pour la dynamisation de la vie économique, de responsables politiques qui tracent la voie et qui donnent de la visibilité
 

(Intervention à partir de 1h12 min)

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