L'Algérie dans l'attente de la réunion du Conseil constitutionnel

L'armée s'affirme comme principale et ultime force politique du pays. La position exprimée par Gaïd Salah a sonné comme une destitution. Il reste à respecter le formalisme constitutionnel. La réunion du Conseil constitutionnel ne saurait tarder.

L'Algérie dans l'attente de la réunion du Conseil constitutionnel

Le 27 mars 2019 à 07:38

Modifié le 28 mars 2019 à 21:35

Il est 15H57 ce mardi 26 mars en Algérie, lorsque le général de corps d’armée prend la parole. Il s’exprime devant un parterre de militaires, dans la 4ème région militaire, à Ouargla, pas loin des champs pétroliers de Hassi Messaoud.

Celui que le site du ministère de la Défense appelle avec déférence “Monsieur le général de corps d’armée“, effectue une tournée de toutes les régions militaires à raison d’une par semaine. L’occasion à chaque fois, de distiller un petit message.

Gaïd Salah assiste à un exercice tactique avec tir de munitions réelles. Ensuite, devant une partie du personnel de la région militaire, il prend la parole. Son allocution a un seul public officiel, l’armée. Elle est relayée par visio-conférence auprès du personnel militaire de toute la 4e région.

Le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense évoque les manifestations pacifiques, salue la grandeur du peuple algérien et insiste sur l’importance de la stabilité. Pour préserver cette stabilité, ajoute-t-il, il faut trouver une solution de sortie de crise. “Une solution qui s'inscrit exclusivement dans le cadre constitutionnel, qui constitue l'unique garantie pour la préservation d'une situation politique stable (…). Une solution à même d'aboutir à un consensus de l'ensemble des visions, et faire l'unanimité de toutes les parties, à savoir la solution stipulée par la Constitution, dans son article 102“.

Gaïd Salah a parlé, les dés sont jetés

Le chef d’état-major n’est pas censé avoir un rôle politique. Mais sa prise de position prend l’allure d’une décision. Elle fait la Une de l’agence officielle, des médias écrits, des radios, des chaînes tv et des réseaux sociaux.

Tout ceci montre que l’armée reste la première force politique du pays.

 Aucune date n’a été annoncée pour une réunion du Conseil constitutionnel, mais celle-ci est la première étape du processus de destitution de Bouteflika. Le Conseil constitutionnel déclare l’inaptitude du chef de l’Etat. Une réunion du Conseil de la nation est alors convoquée pour valider cet avis, à une majorité des deux tiers. L’ensemble du processus, jusqu’aux nouvelles élections présidentielles prendra donc 5 mois au maximum (jusqu’à fin août), sauf consensus contraire. Le président intérimaire est chargé de plein droit (président du Conseil de la nation) pendant 45 jours, puis une seconde période de 90 jours au cours de laquelle les présidentielles doivent se tenir. Les Algériens voteront en principe en été, si l'on se conforme à ce schéma constitutionnel.

La réunion du Conseil constitutionnel et celle du Parlement ne sauraient tarder. Car depuis que le chef d’état-major a parlé, Bouteflika n’est plus qu’un président de pure forme. Plus il restera en place, et plus la situation sera incongrue, voire dangereuse pour la stabilité du pays.

Plusieurs questions restent en suspens :

-Comment réagira la rue ? Car ce sont bien les manifestations massives qui ont fait chuter Bouteflika.

-Quid de la transition telle qu’elle était annoncée le 11 mars : conférence nationale et réforme de la Constitution?

-Qui sera le candidat de l’armée aux présidentielles ?

L'Algérie dans l'attente de la réunion du Conseil constitutionnel

Le 27 mars 2019 à11:01

Modifié le 28 mars 2019 à 21:35

L'armée s'affirme comme principale et ultime force politique du pays. La position exprimée par Gaïd Salah a sonné comme une destitution. Il reste à respecter le formalisme constitutionnel. La réunion du Conseil constitutionnel ne saurait tarder.

Il est 15H57 ce mardi 26 mars en Algérie, lorsque le général de corps d’armée prend la parole. Il s’exprime devant un parterre de militaires, dans la 4ème région militaire, à Ouargla, pas loin des champs pétroliers de Hassi Messaoud.

Celui que le site du ministère de la Défense appelle avec déférence “Monsieur le général de corps d’armée“, effectue une tournée de toutes les régions militaires à raison d’une par semaine. L’occasion à chaque fois, de distiller un petit message.

Gaïd Salah assiste à un exercice tactique avec tir de munitions réelles. Ensuite, devant une partie du personnel de la région militaire, il prend la parole. Son allocution a un seul public officiel, l’armée. Elle est relayée par visio-conférence auprès du personnel militaire de toute la 4e région.

Le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense évoque les manifestations pacifiques, salue la grandeur du peuple algérien et insiste sur l’importance de la stabilité. Pour préserver cette stabilité, ajoute-t-il, il faut trouver une solution de sortie de crise. “Une solution qui s'inscrit exclusivement dans le cadre constitutionnel, qui constitue l'unique garantie pour la préservation d'une situation politique stable (…). Une solution à même d'aboutir à un consensus de l'ensemble des visions, et faire l'unanimité de toutes les parties, à savoir la solution stipulée par la Constitution, dans son article 102“.

Gaïd Salah a parlé, les dés sont jetés

Le chef d’état-major n’est pas censé avoir un rôle politique. Mais sa prise de position prend l’allure d’une décision. Elle fait la Une de l’agence officielle, des médias écrits, des radios, des chaînes tv et des réseaux sociaux.

Tout ceci montre que l’armée reste la première force politique du pays.

 Aucune date n’a été annoncée pour une réunion du Conseil constitutionnel, mais celle-ci est la première étape du processus de destitution de Bouteflika. Le Conseil constitutionnel déclare l’inaptitude du chef de l’Etat. Une réunion du Conseil de la nation est alors convoquée pour valider cet avis, à une majorité des deux tiers. L’ensemble du processus, jusqu’aux nouvelles élections présidentielles prendra donc 5 mois au maximum (jusqu’à fin août), sauf consensus contraire. Le président intérimaire est chargé de plein droit (président du Conseil de la nation) pendant 45 jours, puis une seconde période de 90 jours au cours de laquelle les présidentielles doivent se tenir. Les Algériens voteront en principe en été, si l'on se conforme à ce schéma constitutionnel.

La réunion du Conseil constitutionnel et celle du Parlement ne sauraient tarder. Car depuis que le chef d’état-major a parlé, Bouteflika n’est plus qu’un président de pure forme. Plus il restera en place, et plus la situation sera incongrue, voire dangereuse pour la stabilité du pays.

Plusieurs questions restent en suspens :

-Comment réagira la rue ? Car ce sont bien les manifestations massives qui ont fait chuter Bouteflika.

-Quid de la transition telle qu’elle était annoncée le 11 mars : conférence nationale et réforme de la Constitution?

-Qui sera le candidat de l’armée aux présidentielles ?

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