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L'Algérie s'achemine vers une impasse constitutionnelle (Photo AFP)

L'Algérie s'achemine vers une impasse constitutionnelle

Le 29 mars 2019 à 14:55

Modifié le 30 mars 2019 à 09:06

Une foule énorme réclamait vendredi à Alger, pour la 6e semaine consécutive, le départ du "système" au pouvoir, quelques jours après la proposition du chef d'état-major de l'armée d'écarter le président Abdelaziz Bouteflika du pouvoir, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Difficile à évaluer précisément, la mobilisation apparaissait très forte, peu de temps après le démarrage du cortège en début d'après-midi, semblant indiquer que l'offre du chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, n'a pas calmé la contestation. Selon la police d'Alger, citée par des chaînes de télévision internationales, 1 million de personnes ont défilé dans les rues de la capitale.

"Bouteflika tu partiras, emmène Gaïd Salah avec toi", scandent les manifestants, ou "FLN dégage", en référence au Front de libération nationale, parti au pouvoir du président Bouteflika.

Le cortège, où dominent comme chaque vendredi les couleurs du drapeau national - vert et blanc, frappé de l'étoile et du croissant rouges -, reprend également en choeur le refrain de la chanson "La liberté", du rappeur algérien Soolking, dédiée au mouvement populaire, ou l'hymne national.

Mardi, le général Gaïd Salah, personnage-clé du pouvoir, avait proposé la mise en oeuvre de mécanismes constitutionnels pour écarter le chef de l'Etat du pouvoir, dernière tentative en date du régime d'apaiser la contestation qui refuse de faiblir.

L'essentiel de ceux qui étaient jusqu'ici les plus zélés prosélytes de M. Bouteflika ont rallié la proposition de l'armée, et le président, âgé de 82 ans et au pouvoir depuis 20 ans, apparaissait vendredi très isolé, même s'il est toujours en fonctions.

Les manifestants interrogés par l'AFP ont rappelé qu'ils souhaitent quoi qu'il en soit le départ de l'ensemble du régime et pas seulement celui du chef de l'Etat.

Plusieurs soutiens de la contestation, comme l'avocat Mustapha Bouchachi ou la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH), s'opposent déjà à la mise en oeuvre, proposée par l'armée, de l'article 102 de la Constitution, permettant la mise à l'écart du chef de l'Etat, au profit du lancement d'un processus de transition vers un nouveau régime.

Incertitude et attentisme

La situation politique en Algérie est quelque part irréelle. Le Chef de l’Etat n’est plus en mesure d’exercer ses prérogatives. L’armée, qui est l’acteur le plus puissant du pays, lui a retiré publiquement son soutien. De même que le RND et une partie du FLN, les deux formations auxquelles le gouvernement doit sa majorité parlementaire. Des millions d’Algériens manifestent chaque vendredi dans tout le pays pour réclamer son départ et celui de tout le système.

Le 27 avril à minuit, son mandat prendra fin sans qu’aucune visibilité ne soit donnée sur ce qui se passera le lendemain et qui dirigera le pays.

Le gouvernement lui-même a démissionné le 11 mars et le nouveau premier ministre n’a toujours pas formé de nouveau gouvernement. L’ancien gouvernement, démissionnaire, continue à gérer les affaires courantes.

Que se passera-t-il le 28 avril ?

La Constitution ne présente que deux options : démission - vacance du pouvoir ; ou état d’urgence-de siège-d’exception.

Dans le premier cas :

-le conseil constitutionnel constate par tous moyens de preuve, l’incapacité temporaire ou définitive du président à assumer ses fonctions, ou sa démission. Le parlement se réunit et le président du conseil de la nation assure l’intérim. Des élections présidentielles sont organisées dans un délai de 90 jours dès qu’une vacance définitive est constatée.

-ces événements peuvent intervenir d’ici le 27 avril. Comme ils peuvent intervenir dès le 28 avril et dans ce cas, de plein droit devant la vacance évidente à la tête de l’Etat.

Dans le second cas, l’état d’urgence, de siège ou d’exception doit être décrété par le Chef de l’Etat lui-même, en cas de danger imminent menaçant le pays. C’est un scénario improbable pour le moment, car il suppose un président jouissant de toutes ses capacités et exerçant pleinement son mandat.

Mardi 26 septembre, le chef d’état-major, le général Gaïd Salah a préconisé une “sortie de crise constitutionnelle, pour préserver la stabilité de l’Algérie“ et qui consisterait à mettre en œuvre l’article 102, et donc la vacance de pouvoir pour incapacité physique du chef de l’Etat. Selon différentes sources citées par des agences de presse étrangères, l’entourage de Bouteflika a laissé entendre son opposition à cette proposition-décision de l’armée.

L’Algérie reste donc dans l’incertitude.

(Avec AFP)

Tags : Algérie
(Photo AFP)

L'Algérie s'achemine vers une impasse constitutionnelle

Le 30 mars 2019 à09:06

Modifié le 30 mars 2019 à 09:06

Une foule énorme réclamait vendredi à Alger, pour la 6e semaine consécutive, le départ du "système" au pouvoir, quelques jours après la proposition du chef d'état-major de l'armée d'écarter le président Abdelaziz Bouteflika du pouvoir, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Difficile à évaluer précisément, la mobilisation apparaissait très forte, peu de temps après le démarrage du cortège en début d'après-midi, semblant indiquer que l'offre du chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, n'a pas calmé la contestation. Selon la police d'Alger, citée par des chaînes de télévision internationales, 1 million de personnes ont défilé dans les rues de la capitale.

"Bouteflika tu partiras, emmène Gaïd Salah avec toi", scandent les manifestants, ou "FLN dégage", en référence au Front de libération nationale, parti au pouvoir du président Bouteflika.

Le cortège, où dominent comme chaque vendredi les couleurs du drapeau national - vert et blanc, frappé de l'étoile et du croissant rouges -, reprend également en choeur le refrain de la chanson "La liberté", du rappeur algérien Soolking, dédiée au mouvement populaire, ou l'hymne national.

Mardi, le général Gaïd Salah, personnage-clé du pouvoir, avait proposé la mise en oeuvre de mécanismes constitutionnels pour écarter le chef de l'Etat du pouvoir, dernière tentative en date du régime d'apaiser la contestation qui refuse de faiblir.

L'essentiel de ceux qui étaient jusqu'ici les plus zélés prosélytes de M. Bouteflika ont rallié la proposition de l'armée, et le président, âgé de 82 ans et au pouvoir depuis 20 ans, apparaissait vendredi très isolé, même s'il est toujours en fonctions.

Les manifestants interrogés par l'AFP ont rappelé qu'ils souhaitent quoi qu'il en soit le départ de l'ensemble du régime et pas seulement celui du chef de l'Etat.

Plusieurs soutiens de la contestation, comme l'avocat Mustapha Bouchachi ou la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH), s'opposent déjà à la mise en oeuvre, proposée par l'armée, de l'article 102 de la Constitution, permettant la mise à l'écart du chef de l'Etat, au profit du lancement d'un processus de transition vers un nouveau régime.

Incertitude et attentisme

La situation politique en Algérie est quelque part irréelle. Le Chef de l’Etat n’est plus en mesure d’exercer ses prérogatives. L’armée, qui est l’acteur le plus puissant du pays, lui a retiré publiquement son soutien. De même que le RND et une partie du FLN, les deux formations auxquelles le gouvernement doit sa majorité parlementaire. Des millions d’Algériens manifestent chaque vendredi dans tout le pays pour réclamer son départ et celui de tout le système.

Le 27 avril à minuit, son mandat prendra fin sans qu’aucune visibilité ne soit donnée sur ce qui se passera le lendemain et qui dirigera le pays.

Le gouvernement lui-même a démissionné le 11 mars et le nouveau premier ministre n’a toujours pas formé de nouveau gouvernement. L’ancien gouvernement, démissionnaire, continue à gérer les affaires courantes.

Que se passera-t-il le 28 avril ?

La Constitution ne présente que deux options : démission - vacance du pouvoir ; ou état d’urgence-de siège-d’exception.

Dans le premier cas :

-le conseil constitutionnel constate par tous moyens de preuve, l’incapacité temporaire ou définitive du président à assumer ses fonctions, ou sa démission. Le parlement se réunit et le président du conseil de la nation assure l’intérim. Des élections présidentielles sont organisées dans un délai de 90 jours dès qu’une vacance définitive est constatée.

-ces événements peuvent intervenir d’ici le 27 avril. Comme ils peuvent intervenir dès le 28 avril et dans ce cas, de plein droit devant la vacance évidente à la tête de l’Etat.

Dans le second cas, l’état d’urgence, de siège ou d’exception doit être décrété par le Chef de l’Etat lui-même, en cas de danger imminent menaçant le pays. C’est un scénario improbable pour le moment, car il suppose un président jouissant de toutes ses capacités et exerçant pleinement son mandat.

Mardi 26 septembre, le chef d’état-major, le général Gaïd Salah a préconisé une “sortie de crise constitutionnelle, pour préserver la stabilité de l’Algérie“ et qui consisterait à mettre en œuvre l’article 102, et donc la vacance de pouvoir pour incapacité physique du chef de l’Etat. Selon différentes sources citées par des agences de presse étrangères, l’entourage de Bouteflika a laissé entendre son opposition à cette proposition-décision de l’armée.

L’Algérie reste donc dans l’incertitude.

(Avec AFP)

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