L'industrie pharmaceutique appelée à développer la recherche scientifique

Abdelmounim Belalia, professeur de management stratégique, appelle cette industrie à développer la recherche scientifique et les activités basées sur la biotechnologie, afin de pallier les lacunes de la chaîne logistique nationale.

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L'industrie pharmaceutique appelée à développer la recherche scientifique

Le 03 juin 2020 à 12:30

Modifié le 03 juin 2020 à 15:42

Quels effets la pandémie de Covid-19 a-t-elle eus sur l’industrie pharmaceutique marocaine? Sous quelles perspectives peut-elle envisager l’après Covid-19? Deux questions à propos desquelles Abdelmounim Belalia, professeur de management stratégique, propose une analyse pour l’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS), dans une note diffusée lundi 1er juin.

''En termes de taille, le marché national est le deuxième en Afrique avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 14,5 milliards de Dh. Il compte une cinquantaine d’unités et répond à environ 60% de la demande intérieure'', rappelle Abdelmounim Belalia dans un premier temps. "40% de la demande est donc couverte par le biais de l’importation alors que seulement 10% de la production est destinée à l’export, vers les pays d’Afrique subsaharienne, la région Mena, l’Europe et l’Asie'', ajoute-t-il.

Autres données: en 2018, l’industrie pharmaceutique marocaine a produit environ 430 millions d’unités, dont 337.7 millions pour le marché privé. La consommation moyenne interne en médicaments est de l’ordre de 430 DH par an par habitant, ''ce qui reste très faible par rapport à des pays voisins'', souligne Abdelmounim Belalia.

Une industrie pharmaceutique dépendante des matières premières

En dépit d’un climat d’affaires favorable, cette industrie se heurte à plusieurs lacunes, notamment ''la faiblesse de la Recherche et Développement (R&D) qui ne permet pas une augmentation conséquente de la valeur ajoutée créée par le secteur''. Les quelques 300 millions de DH par an réservés à l’investissement dans le secteur sont en effet consacrés principalement à la modernisation de l’outil industriel et en moindre mesure à la formation. 

''L’industrie pharmaceutique reste aussi très dépendante de l’importation des matières premières (principes actifs, excipients aromatisants, conservateurs…), ce qui la rend vulnérable aux fluctuations et mutations des marchés internationaux. Cette vulnérabilité augmente dans les périodes particulières de pénurie ou de crise sanitaire'', souligne encore l’enseignant.

La crise sanitaire du Covid-19 a mis en évidence les limites de l’interdépendance des chaînes de valeurs dans le cadre de la mondialisation. ''La fermeture des frontières et l’arrêt de la production dans les usines a eu des effets dommageables pour les canaux mondiaux d’approvisionnement'', explique Abdelmounim Belalia.

''L’industrie pharmaceutique a aussi remis au premier plan le repli nationaliste dans un contexte de crise mondialisée. Nous avons vu comment dans les quatre coins du monde les pays ont utilisé leurs stocks de médicaments supposés être utilisés comme remède au virus. L’Inde par exemple a restreint l’exportation de plusieurs ingrédients pharmaceutiques et a arrêté de fournir à ses partenaires l’hydroxychloroquine quand les tests ont commencé aux Etats-Unis pour étudier l’efficacité du médicament. Le Maroc a aussi pris la décision d’acheter le stock de la filiale de Sanofi-Aventis lorsque la chloroquine a été validée par le comité médical ad hoc dans le cadre du protocole thérapeutique de lutte contre le coronavirus.''

Développer la recherche scientifique

Abdelmounim Belalia préconise une amélioration du droit du travail et du cadre juridique qui permet aux entreprises ''d’assurer une production continue et dans des conditions de sécurité optimales pour le salarié et l’entreprise. Ces conditions auront plus d’importance dans les mois à venir tenant compte des contaminations de groupes de salariés enregistrées dans les usines et unités industrielles au Maroc et dans d’autres pays du monde.''

Il plaide également pour l’adoption de mesures afin de rehausser la productivité dans les entreprises marocaines, ''ce qui constitue le talon d’Achille de toutes les politiques industrielles du Royaume depuis des années'', et pour le développement de la recherche scientifique et des activités basées sur la biotechnologie. ''A ce titre, améliorer le système de formation et de recherche scientifique constitue un impératif important surtout dans des domaines pointus comme la chimie et la biotechnologie'', suggère-t-il enfin.

L'industrie pharmaceutique appelée à développer la recherche scientifique

Le 03 juin 2020 à15:42

Modifié le 03 juin 2020 à 15:42

Abdelmounim Belalia, professeur de management stratégique, appelle cette industrie à développer la recherche scientifique et les activités basées sur la biotechnologie, afin de pallier les lacunes de la chaîne logistique nationale.

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Quels effets la pandémie de Covid-19 a-t-elle eus sur l’industrie pharmaceutique marocaine? Sous quelles perspectives peut-elle envisager l’après Covid-19? Deux questions à propos desquelles Abdelmounim Belalia, professeur de management stratégique, propose une analyse pour l’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS), dans une note diffusée lundi 1er juin.

''En termes de taille, le marché national est le deuxième en Afrique avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 14,5 milliards de Dh. Il compte une cinquantaine d’unités et répond à environ 60% de la demande intérieure'', rappelle Abdelmounim Belalia dans un premier temps. "40% de la demande est donc couverte par le biais de l’importation alors que seulement 10% de la production est destinée à l’export, vers les pays d’Afrique subsaharienne, la région Mena, l’Europe et l’Asie'', ajoute-t-il.

Autres données: en 2018, l’industrie pharmaceutique marocaine a produit environ 430 millions d’unités, dont 337.7 millions pour le marché privé. La consommation moyenne interne en médicaments est de l’ordre de 430 DH par an par habitant, ''ce qui reste très faible par rapport à des pays voisins'', souligne Abdelmounim Belalia.

Une industrie pharmaceutique dépendante des matières premières

En dépit d’un climat d’affaires favorable, cette industrie se heurte à plusieurs lacunes, notamment ''la faiblesse de la Recherche et Développement (R&D) qui ne permet pas une augmentation conséquente de la valeur ajoutée créée par le secteur''. Les quelques 300 millions de DH par an réservés à l’investissement dans le secteur sont en effet consacrés principalement à la modernisation de l’outil industriel et en moindre mesure à la formation. 

''L’industrie pharmaceutique reste aussi très dépendante de l’importation des matières premières (principes actifs, excipients aromatisants, conservateurs…), ce qui la rend vulnérable aux fluctuations et mutations des marchés internationaux. Cette vulnérabilité augmente dans les périodes particulières de pénurie ou de crise sanitaire'', souligne encore l’enseignant.

La crise sanitaire du Covid-19 a mis en évidence les limites de l’interdépendance des chaînes de valeurs dans le cadre de la mondialisation. ''La fermeture des frontières et l’arrêt de la production dans les usines a eu des effets dommageables pour les canaux mondiaux d’approvisionnement'', explique Abdelmounim Belalia.

''L’industrie pharmaceutique a aussi remis au premier plan le repli nationaliste dans un contexte de crise mondialisée. Nous avons vu comment dans les quatre coins du monde les pays ont utilisé leurs stocks de médicaments supposés être utilisés comme remède au virus. L’Inde par exemple a restreint l’exportation de plusieurs ingrédients pharmaceutiques et a arrêté de fournir à ses partenaires l’hydroxychloroquine quand les tests ont commencé aux Etats-Unis pour étudier l’efficacité du médicament. Le Maroc a aussi pris la décision d’acheter le stock de la filiale de Sanofi-Aventis lorsque la chloroquine a été validée par le comité médical ad hoc dans le cadre du protocole thérapeutique de lutte contre le coronavirus.''

Développer la recherche scientifique

Abdelmounim Belalia préconise une amélioration du droit du travail et du cadre juridique qui permet aux entreprises ''d’assurer une production continue et dans des conditions de sécurité optimales pour le salarié et l’entreprise. Ces conditions auront plus d’importance dans les mois à venir tenant compte des contaminations de groupes de salariés enregistrées dans les usines et unités industrielles au Maroc et dans d’autres pays du monde.''

Il plaide également pour l’adoption de mesures afin de rehausser la productivité dans les entreprises marocaines, ''ce qui constitue le talon d’Achille de toutes les politiques industrielles du Royaume depuis des années'', et pour le développement de la recherche scientifique et des activités basées sur la biotechnologie. ''A ce titre, améliorer le système de formation et de recherche scientifique constitue un impératif important surtout dans des domaines pointus comme la chimie et la biotechnologie'', suggère-t-il enfin.

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