L'UE cherche à rallier plus de pays pour l'accueil des migrants sauvés en mer

L'UE veut rallier plus de pays pour l'accueil des migrants sauvés en mer

Le 06 octobre 2019 à 12:06

Modifié le 06 octobre 2019 à 12:26

France, Allemagne, Italie et Malte vont tenter mardi 8 octobre de rallier leurs partenaires européens à un mécanisme temporaire de répartition des migrants sauvés en mer, une entreprise qui s'annonce ardue dans une Union européenne très divisée sur la question.

Six ans après le naufrage de Lampedusa qui a coûté la vie à plus de 360 migrants, les ONG de défense des droits de l'homme ont appelé cette semaine les gouvernements de l'Union européenne à "apporter des améliorations" puis à "adhérer" à cette déclaration de Malte, qualifiée d'"avancée positive" vers un partage plus large des responsabilités.

Le mécanisme temporaire (6 mois) pouvant être prolongés, sur lequel se sont entendus Paris, Berlin, Rome et La Valette le 23 septembre et qui sera débattu mardi par les ministres de l'Intérieur de l'UE à Luxembourg, porte sur les sauvetages en Méditerranée centrale, qui concernent Malte et l'Italie.

Or d'autres pays en première ligne réclament aussi davantage de solidarité.

Depuis le début de l'année, la Grèce a enregistré près de 40.000 arrivées de migrants sur ses côtes, l'Espagne quelque 18.700, l'Italie et Malte en cumulent 10.700.

"Ce qui est proposé pour les opérations de sauvetage en mer devrait concerner les trois routes migratoires", estime une source diplomatique européenne.

La Grèce, confrontée à sa plus grande vague migratoire depuis 2016, va d'ailleurs présenter mardi aux ministres de l'UE, conjointement avec Chypre et la Bulgarie, une initiative tripartite réclamant "le partage du fardeau" à travers des "relocalisations" des migrants vers d'autres pays de l'UE.

Le partage du fardeau 

L'accord transitoire trouvé à Malte "doit être un pas vers une solution de plus grande envergure", fait valoir un responsable européen.

"Mais nous savons à quel point il est difficile d'avoir un quelconque accord entre les Etats membres" sur ces questions, reconnaît-il, en référence au projet de réforme européenne de l'asile actuellement dans l'impasse.

Un chantier que s'est engagée à relancer la prochaine présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui doit prendre ses fonctions le 1er novembre.

 "Long chemin"

La déclaration de Malte est intervenue peu après le changement de gouvernement à Rome et la réouverture des ports italiens aux navire de sauvetage.

La fermeture des ports décidée par l'ex-ministre de l'Intérieur d'extrême droite Matteo Salvini avait entraîné le blocage en mer pendant des semaines de ces bateaux chargés de migrants, jusqu'à ce que des accords soient conclus au cas par cas pour les accueillir par une poignée de pays.

La "base d'accord" trouvée à Malte, qui ne comporte pas de quotas, prévoit que les demandeurs d'asile soient relocalisés dans des pays volontaires pour les accueillir "rapidement, dans les quatre semaines" suivant leur arrivée.

Elle reste floue en revanche sur certains points comme les procédures ou la question de savoir si la population concernée se limite aux personnes éligibles à l'asile.

Si la présidence finlandaise de l'UE espérait en septembre élargir le mécanisme à 20 pays, la prudence est aujourd'hui de mise du côté des promoteurs de l'initiative.

La réunion de mardi "est une étape sur un chemin qui est long", indique une source européenne.

Outre les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) hostiles à l'accueil de migrants, des Etats font valoir qu'ils sont confrontés à une pression migratoire supérieure à celle de l'Italie, tandis que d'autres adoptent une position attentiste.

De leur côté, les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont appelé les ministres de l'UE à modifier ou préciser certains points de la déclaration.

Elles leur demandent notamment de s'assurer que les personnes secourues débarquent en Europe et non en Libye, dénonçant les violations des droits humains dans ce pays avec lequel l'UE a conclu un accord contesté. Les ONG les exhortent aussi à déployer un "nombre suffisant de navires".

(AFP)

Tags : migrants

L'UE veut rallier plus de pays pour l'accueil des migrants sauvés en mer

Le 06 octobre 2019 à12:16

Modifié le 06 octobre 2019 à 12:26

France, Allemagne, Italie et Malte vont tenter mardi 8 octobre de rallier leurs partenaires européens à un mécanisme temporaire de répartition des migrants sauvés en mer, une entreprise qui s'annonce ardue dans une Union européenne très divisée sur la question.

Six ans après le naufrage de Lampedusa qui a coûté la vie à plus de 360 migrants, les ONG de défense des droits de l'homme ont appelé cette semaine les gouvernements de l'Union européenne à "apporter des améliorations" puis à "adhérer" à cette déclaration de Malte, qualifiée d'"avancée positive" vers un partage plus large des responsabilités.

Le mécanisme temporaire (6 mois) pouvant être prolongés, sur lequel se sont entendus Paris, Berlin, Rome et La Valette le 23 septembre et qui sera débattu mardi par les ministres de l'Intérieur de l'UE à Luxembourg, porte sur les sauvetages en Méditerranée centrale, qui concernent Malte et l'Italie.

Or d'autres pays en première ligne réclament aussi davantage de solidarité.

Depuis le début de l'année, la Grèce a enregistré près de 40.000 arrivées de migrants sur ses côtes, l'Espagne quelque 18.700, l'Italie et Malte en cumulent 10.700.

"Ce qui est proposé pour les opérations de sauvetage en mer devrait concerner les trois routes migratoires", estime une source diplomatique européenne.

La Grèce, confrontée à sa plus grande vague migratoire depuis 2016, va d'ailleurs présenter mardi aux ministres de l'UE, conjointement avec Chypre et la Bulgarie, une initiative tripartite réclamant "le partage du fardeau" à travers des "relocalisations" des migrants vers d'autres pays de l'UE.

Le partage du fardeau 

L'accord transitoire trouvé à Malte "doit être un pas vers une solution de plus grande envergure", fait valoir un responsable européen.

"Mais nous savons à quel point il est difficile d'avoir un quelconque accord entre les Etats membres" sur ces questions, reconnaît-il, en référence au projet de réforme européenne de l'asile actuellement dans l'impasse.

Un chantier que s'est engagée à relancer la prochaine présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui doit prendre ses fonctions le 1er novembre.

 "Long chemin"

La déclaration de Malte est intervenue peu après le changement de gouvernement à Rome et la réouverture des ports italiens aux navire de sauvetage.

La fermeture des ports décidée par l'ex-ministre de l'Intérieur d'extrême droite Matteo Salvini avait entraîné le blocage en mer pendant des semaines de ces bateaux chargés de migrants, jusqu'à ce que des accords soient conclus au cas par cas pour les accueillir par une poignée de pays.

La "base d'accord" trouvée à Malte, qui ne comporte pas de quotas, prévoit que les demandeurs d'asile soient relocalisés dans des pays volontaires pour les accueillir "rapidement, dans les quatre semaines" suivant leur arrivée.

Elle reste floue en revanche sur certains points comme les procédures ou la question de savoir si la population concernée se limite aux personnes éligibles à l'asile.

Si la présidence finlandaise de l'UE espérait en septembre élargir le mécanisme à 20 pays, la prudence est aujourd'hui de mise du côté des promoteurs de l'initiative.

La réunion de mardi "est une étape sur un chemin qui est long", indique une source européenne.

Outre les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) hostiles à l'accueil de migrants, des Etats font valoir qu'ils sont confrontés à une pression migratoire supérieure à celle de l'Italie, tandis que d'autres adoptent une position attentiste.

De leur côté, les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont appelé les ministres de l'UE à modifier ou préciser certains points de la déclaration.

Elles leur demandent notamment de s'assurer que les personnes secourues débarquent en Europe et non en Libye, dénonçant les violations des droits humains dans ce pays avec lequel l'UE a conclu un accord contesté. Les ONG les exhortent aussi à déployer un "nombre suffisant de navires".

(AFP)

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