La capacité portuaire du Maroc passe à 260 millions de tonnes par an

Après l'inauguration de Tanger Med II, le Maroc passe à 260 millions de tonnes de capacité portuaire annuelle et espère atteindre 300 millions de tonnes à l'horizon 2030. Médias24 fait le point sur les différents projets qui permettront d'atteindre cet objectif.

La capacité portuaire du Maroc passe à 260 millions de tonnes par an Tanger Med II

Le 02 juillet 2019 à 18:41

Modifié le 04 juillet 2019 à 11:11

L’inauguration de Tanger Med II est un événement important dans l’histoire portuaire marocaine. Avec cette tranche, le complexe Tanger Med est désormais doté d’une capacité totale de 9 millions de conteneurs EVP (équivalent vingt pieds) et aura mobilisé au total 88 milliards de DH d'investissements, dont 53 milliards de DH par le privé.

Après la mise en exploitation de Tanger Med II, le Maroc dispose actuellement d’une capacité globale de 260 millions de tonnes dispatchée sur 13 ports ouverts au commerce extérieur, nous explique Lahcen Ait Brahim, directeur des Ports et du Domaine public maritime au ministère de l’Equipement, du transport, de la logistique et de l’eau.

"La capacité installée est de 260 millions de tonnes contre un trafic enregistré à fin 2018 d’environ 138 millions de tonnes. Nous avons encore une marge de 120 millions en termes de capacité à exploiter", nous explique Lahcen Ait Brahim. Toutefois, la répartition du trafic de marchandises traité est une contrainte qu'il faut gérer dans l'immédiat.

83% du trafic concentré sur trois ports

En effet, les ports marocains ont traité au cours de l’année 2018 un trafic global de 137,5 millions de tonnes, contre 134,9 millions de tonnes en 2017, soit une hausse de 1,9%.

Cette hausse s’explique par l’augmentation aussi bien du volume des importations (+2,62%) que du transbordement (+3,8%).

L’analyse par port montre que 83% du trafic national (114,3 millions de tonnes) est traité par trois ports à savoir Tanger Med, Jorf Lasfar et Casablanca.

"Le port de Tanger Med se positionne en tête de liste, grâce à son activité principale de transbordement des conteneurs. Il assure 38% du trafic global portuaire. Quant au port de Jorf Lasfar, il a réalisé la plus forte progression de l’année, avec un trafic de 32 millions de tonnes, et a devancé pour la première fois le port de Casablanca, devenant ainsi le premier port import-export du Royaume en termes de volume de marchandises traitées", est-il expliqué par le ministère.

Par type d’activité, le trafic des conteneurs est sur une tendance haussière avec un rythme de croissance de l’ordre de 10%, en moyenne, sur les dix dernières années. "Le volume global traité en 2018 (4,717 millions d’EVP contre 4,502 millions d’EVP en 2017), représente le triple du niveau de cette activité il y a dix ans", analyse-t-on auprès du ministère.

Le volume des hydrocarbures traités en 2018 a atteint, quant à lui, 14,630 millions de tonnes, marquant ainsi une baisse importante de 14,37% par rapport à l’année dernière. Pour sa part, le trafic des céréales a atteint la même année, 6,688 millions de tonnes concentrés autour des ports de Casablanca (62,8%) et de Jorf Lasfar (21,1%). 

Par ailleurs, le trafic du phosphate brute et produits liés a atteint, au cours de l’année 2018, un tonnage global de 32,808 millions de tonnes.

La stratégie en marche

Ce trafic est appelé à croître. Il a déjà cru d’une façon importante en huit ans, passant de 92 millions de tonnes en 2009 à 138 millions en 2018 avec une perspective de croissance importante de la demande portuaire estimée à plus de 300 millions de tonnes en 2030.

"En 2010, on a fait les prévisions d’évolution du trafic jusqu’en 2030 en tenant compte de l’évolution de l’économie nationale, des différentes stratégies sectorielles lancées par le pays qui ont et vont générer du trafic sur les ports nationaux et en tenant également compte de l’évolution de l’activité portuaire mondiale et de la possibilité pour le Maroc de capter une partie du trafic international qui passe dans le détroit de Gibraltar ou dans l’Atlantique", nous explique le directeur des Ports.

Partant de là, une stratégie portuaire ambitieuse à l’horizon 2030 a été mise en place avec deux programmes centraux. Des projets d’extension des ports existants et la construction de nouveaux ports.

Médias 24 a fait le point projet par projet avec le directeur des Ports et du Domaine public maritime au ministère de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau.

Les projets d’extension :

-      Le port de Jorf Lasfar s’est vu doter de nouveaux ouvrages d’accostage pour permettre à de plus grands navires d’accoster. Les travaux ont été achevés il y a trois ans et mis en exploitation.

-      Le port de Casablanca a connu des travaux qui concernent essentiellement la construction d’un port de croisière dont les travaux ont été finalisés en 2018. L’ANP est en train de réaliser la gare maritime pour améliorer les conditions d’accueil. Par ailleurs, les travaux sont en cours de parachèvement sur le nouveau chantier naval. La partie commerce est restée inchangée. Il était prévu un nouveau terminal à conteneurs au nord du port de Casablanca mais ce projet n’est pas encore programmé. Il le sera quand le besoin se fera sentir, nous explique-t-on.

-      Le port de Tarfaya a également enregistré une extension avec la création d’un quai roulier pour les liaisons avec les Iles Canaries. Les travaux ont été achevés, ceux d’amélioration des conditions d’accès, notamment le dragage, sont en cours. La mise en exploitation est prévue pour fin 2019.

-      Le port d’Agadir a également fait l’objet d’une étude détaillée pour des projets d’extension. Les travaux ont démarré en 2018 pour la mise en place d’un nouveau terminal polyvalent (500 MDH) qui va permettre d’augmenter la capacité commerce au sein du port d’Agadir.

-      Tanger Med II qui vient d’être inauguré par le prince héritier.

La réalisation des nouveaux ports :

-      Safi : La première partie du nouveau port minéralier de Safi, y compris les travaux de l’exploitant, est en cours d'achèvement. Les prévisions d’achèvement sont pour fin 2019. La mise en exploitation en 2020.

-      Nador West Med : les travaux sont à 40% de réalisation. Leur achèvement est prévu pour 2021 et 2022.

-      Dakhla : Les études du nouveau port sont en cours d’achèvement. Les responsables sont en train de préparer le lancement des appels d’offres relatifs aux travaux.

-      Kénitra : Les études sont en cours d’achèvement pour le nouveau port vraquier polyvalent prévu pour soulager Casablanca et permettra également de répondre aux besoins de l’usine PSA en termes d’export.

-      Jorf Lasfar : Les études du nouveau port dédié au GNL sont en phase de réalisation.

Le lancement des appels d'offres pour Kénitra et Jorf Lasfar est prévu au-delà de 2020.

Tanger Med II

La capacité portuaire du Maroc passe à 260 millions de tonnes par an

Le 02 juillet 2019 à19:14

Modifié le 04 juillet 2019 à 11:11

Après l'inauguration de Tanger Med II, le Maroc passe à 260 millions de tonnes de capacité portuaire annuelle et espère atteindre 300 millions de tonnes à l'horizon 2030. Médias24 fait le point sur les différents projets qui permettront d'atteindre cet objectif.

L’inauguration de Tanger Med II est un événement important dans l’histoire portuaire marocaine. Avec cette tranche, le complexe Tanger Med est désormais doté d’une capacité totale de 9 millions de conteneurs EVP (équivalent vingt pieds) et aura mobilisé au total 88 milliards de DH d'investissements, dont 53 milliards de DH par le privé.

Après la mise en exploitation de Tanger Med II, le Maroc dispose actuellement d’une capacité globale de 260 millions de tonnes dispatchée sur 13 ports ouverts au commerce extérieur, nous explique Lahcen Ait Brahim, directeur des Ports et du Domaine public maritime au ministère de l’Equipement, du transport, de la logistique et de l’eau.

"La capacité installée est de 260 millions de tonnes contre un trafic enregistré à fin 2018 d’environ 138 millions de tonnes. Nous avons encore une marge de 120 millions en termes de capacité à exploiter", nous explique Lahcen Ait Brahim. Toutefois, la répartition du trafic de marchandises traité est une contrainte qu'il faut gérer dans l'immédiat.

83% du trafic concentré sur trois ports

En effet, les ports marocains ont traité au cours de l’année 2018 un trafic global de 137,5 millions de tonnes, contre 134,9 millions de tonnes en 2017, soit une hausse de 1,9%.

Cette hausse s’explique par l’augmentation aussi bien du volume des importations (+2,62%) que du transbordement (+3,8%).

L’analyse par port montre que 83% du trafic national (114,3 millions de tonnes) est traité par trois ports à savoir Tanger Med, Jorf Lasfar et Casablanca.

"Le port de Tanger Med se positionne en tête de liste, grâce à son activité principale de transbordement des conteneurs. Il assure 38% du trafic global portuaire. Quant au port de Jorf Lasfar, il a réalisé la plus forte progression de l’année, avec un trafic de 32 millions de tonnes, et a devancé pour la première fois le port de Casablanca, devenant ainsi le premier port import-export du Royaume en termes de volume de marchandises traitées", est-il expliqué par le ministère.

Par type d’activité, le trafic des conteneurs est sur une tendance haussière avec un rythme de croissance de l’ordre de 10%, en moyenne, sur les dix dernières années. "Le volume global traité en 2018 (4,717 millions d’EVP contre 4,502 millions d’EVP en 2017), représente le triple du niveau de cette activité il y a dix ans", analyse-t-on auprès du ministère.

Le volume des hydrocarbures traités en 2018 a atteint, quant à lui, 14,630 millions de tonnes, marquant ainsi une baisse importante de 14,37% par rapport à l’année dernière. Pour sa part, le trafic des céréales a atteint la même année, 6,688 millions de tonnes concentrés autour des ports de Casablanca (62,8%) et de Jorf Lasfar (21,1%). 

Par ailleurs, le trafic du phosphate brute et produits liés a atteint, au cours de l’année 2018, un tonnage global de 32,808 millions de tonnes.

La stratégie en marche

Ce trafic est appelé à croître. Il a déjà cru d’une façon importante en huit ans, passant de 92 millions de tonnes en 2009 à 138 millions en 2018 avec une perspective de croissance importante de la demande portuaire estimée à plus de 300 millions de tonnes en 2030.

"En 2010, on a fait les prévisions d’évolution du trafic jusqu’en 2030 en tenant compte de l’évolution de l’économie nationale, des différentes stratégies sectorielles lancées par le pays qui ont et vont générer du trafic sur les ports nationaux et en tenant également compte de l’évolution de l’activité portuaire mondiale et de la possibilité pour le Maroc de capter une partie du trafic international qui passe dans le détroit de Gibraltar ou dans l’Atlantique", nous explique le directeur des Ports.

Partant de là, une stratégie portuaire ambitieuse à l’horizon 2030 a été mise en place avec deux programmes centraux. Des projets d’extension des ports existants et la construction de nouveaux ports.

Médias 24 a fait le point projet par projet avec le directeur des Ports et du Domaine public maritime au ministère de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau.

Les projets d’extension :

-      Le port de Jorf Lasfar s’est vu doter de nouveaux ouvrages d’accostage pour permettre à de plus grands navires d’accoster. Les travaux ont été achevés il y a trois ans et mis en exploitation.

-      Le port de Casablanca a connu des travaux qui concernent essentiellement la construction d’un port de croisière dont les travaux ont été finalisés en 2018. L’ANP est en train de réaliser la gare maritime pour améliorer les conditions d’accueil. Par ailleurs, les travaux sont en cours de parachèvement sur le nouveau chantier naval. La partie commerce est restée inchangée. Il était prévu un nouveau terminal à conteneurs au nord du port de Casablanca mais ce projet n’est pas encore programmé. Il le sera quand le besoin se fera sentir, nous explique-t-on.

-      Le port de Tarfaya a également enregistré une extension avec la création d’un quai roulier pour les liaisons avec les Iles Canaries. Les travaux ont été achevés, ceux d’amélioration des conditions d’accès, notamment le dragage, sont en cours. La mise en exploitation est prévue pour fin 2019.

-      Le port d’Agadir a également fait l’objet d’une étude détaillée pour des projets d’extension. Les travaux ont démarré en 2018 pour la mise en place d’un nouveau terminal polyvalent (500 MDH) qui va permettre d’augmenter la capacité commerce au sein du port d’Agadir.

-      Tanger Med II qui vient d’être inauguré par le prince héritier.

La réalisation des nouveaux ports :

-      Safi : La première partie du nouveau port minéralier de Safi, y compris les travaux de l’exploitant, est en cours d'achèvement. Les prévisions d’achèvement sont pour fin 2019. La mise en exploitation en 2020.

-      Nador West Med : les travaux sont à 40% de réalisation. Leur achèvement est prévu pour 2021 et 2022.

-      Dakhla : Les études du nouveau port sont en cours d’achèvement. Les responsables sont en train de préparer le lancement des appels d’offres relatifs aux travaux.

-      Kénitra : Les études sont en cours d’achèvement pour le nouveau port vraquier polyvalent prévu pour soulager Casablanca et permettra également de répondre aux besoins de l’usine PSA en termes d’export.

-      Jorf Lasfar : Les études du nouveau port dédié au GNL sont en phase de réalisation.

Le lancement des appels d'offres pour Kénitra et Jorf Lasfar est prévu au-delà de 2020.

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