La construction d'une route traversant la palmeraie de Figuig fortement dénoncée

Les Figuigis sont en colère. Ils dénoncent la construction d’une route touristique sur 3,63 km traversant la palmeraie, au pied de la falaise, et appellent à la suspension immédiate des travaux. Réaction ambigüe de la commune.

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La construction d'une route traversant la palmeraie de Figuig fortement dénoncée Source: Twitter

Le 25 juin 2020 à 17:25

Modifié le 25 juin 2020 à 17:30

L’appel d’offres pour la réalisation de ce projet a été lancé début mars par la région de l'Oriental. Après son attribution à la société "BABA", les travaux ont démarré en juin selon une source proche du dossier. Le chantier devrait être achevé dans 6 mois.

Une route qui traverse la palmeraie au pied et le long de la falaise

Il s’agit, concrètement, d’une route d’une largeur de 4 mètres en plus de deux trottoirs de 1 m chacun, ce qui fait 6 m de largeur au total, sur 3,63 km de longueur.

"Le tracé de cette route n’est pas entièrement connu à ce jour", lit-on dans un courrier dénonçant le projet, adressé par un ensemble d'associations de Figuig en France, aux acteurs concernés, notamment le département des Eaux et Forêts au ministère de l'Agriculture. 

"Cette route partirait de la localité de Tachroumt à la localité d'Azrou. Elle traverserait donc les Ksours de Laâbidat, Loudaghir, Ouled Slimane et dans une moindre mesure, Zenaga", estiment-elles.

En effet, aucune indication n’a été donnée concernant le tracé sur les documents de l'appel d’offres du projet, consulté par nos soins.

Tracé réalisé par des Figuigis et relayé sur les réseaux sociaux.

La route devrait être construite sur la ligne bleue.

Un danger pour l'environnement

Selon notre source, "ce projet n'était pas programmé, comme le prétendent les membres de la Commune de Figuig. Il ne figure pas dans le plan d'aménagement de la ville, réalisé en 2015", ajoutant que "les responsables ont profité de la période du confinement pour le lancer, sans demander l'avis des habitants ni des experts". 

"Le panneau d'affichage du chantier a été installé le jour du déconfinement de la région, il y a 10 à 15 jours". 

"Cette route représente un réel danger pour la ville. Elle passera sous la falaise, qui a toujours été respectée et protégée par nos ancêtres, et traversera la palmeraie le long de la falaise. Des milliers de Figuiguis, tout le long de l'histoire, ont payé de leur vie pour les protéger".

"La falaise va se détériorer avec les vibrations suite au passage fréquent des voitures. De plus, près de 500 palmiers seront arrachés, outre la pollution de l'air et sonore. Cette route sera un désastre écologique et économique", ajoute notre interlocuteur.   

Les habitants s'opposent au projet en l'état. Les ruelles de Figuig sont étroites, et la construction d'une route goudronnée très large leur enlèvera leur charme. Ils proposent ainsi l'aménagement d'un passage pour les piétons et les bicyclettes uniquement, en adéquation avec le style de la ville. 

"Ils parlent d'une route touristique, alors que c'est le charme de Figuig qui attire les étrangers. Si les touristes se retrouvent devant des routes goudronnées, ils vont fuir la ville". 

Des appels à suspendre le projet

Plusieurs associations de Figuig en France se sont réunies le 21 juin pour discuter du projet, exprimer leurs inquiétudes et proposer un plan d’action.

"Tout d’abord, nous dénonçons l’opacité dans laquelle ce projet a été préparé. Aucune consultation publique n’a été faite pour un projet qui touche pourtant l’ensemble des Figuiguis et en particulier des propriétaires de terrains qui ont découvert des bornes de marquage sur leurs propriétés. De plus, les raisons d’un tel projet restent obscures, ce qui ouvre la voie à toutes sortes de spéculations sur des intérêts privés qui seraient en jeu", soulignent-elles dans une note adressée au gouvernement.

"Les habitants de Figuig est sa diaspora ont pris connaissance de la réalisation de ce projet en constatant les engins de chantier et les bornes de traçage de cette route, la semaine du 15 juin 2020". 

Selon elles, aucune étude n’a été réalisée pour évaluer l’impact environnemental de cette route, alors que le cahier des charges de ce marché exige du titulaire la réalisation d’une note qui décrit la manière dont il compte prendre en compte les contraintes environnementales et les mesures qu’il compte appliquer pour la protection de l’environnement tout au long du chantier.

"Aucune étude d’impact environnemental n’a été faite. Nous rappelons que l’Article 2 de la loi 12-03 relative aux études d'impact sur l'environnement précise que ‘Tous les projets mentionnés dans la liste annexée à la présente loi, entrepris par toute personne physique ou morale, privée ou publique, qui en raison de leur nature, de leur dimension ou de leur lieu d'implantation risquent de produire des impacts négatifs sur le milieu biophysique et humain, font l'objet d'une étude d'impact sur l'environnement'", ajoute le document.

"En l’état, ce projet présente de graves impacts environnementaux irréversibles, à commencer par l’arrachage de nombreux arbres fruitiers et de palmiers dattiers, la pollution des sources d’eau par les huiles moteurs des véhicules collectées par une telle route carrossable et le sectionnement des circuits d’irrigation traditionnels, sans compter les nuisances liées à la pollution de l’air et à la pollution sonore".

Les associations de Figuig en France refusent la réalisation du projet, et exigent :

- La suspension immédiate des travaux ;

 - Le lancement d’une consultation publique pour réorienter ce projet et imputer le budget à la réalisation d’un réseau de vrais sentiers touristiques au travers de la palmeraie, interdits aux véhicules légers, valorisant le patrimoine de l'oasis et respectueux de l’environnement ;

- La mise en place d’un réseau de communication entre les autorités locales, incluant la municipalité, et les associations de Figuig au Maroc et à l’étranger, afin que la société civile soit systématiquement consultée sur les projets à fort impact. "

"Dans le cas où l’arrêt total des travaux n’est pas constaté dans les plus brefs délais, les associations se réservent le droit de recourir à tous les moyens légaux à disposition et d’intenter une action en justice pour préserver le droit des propriétaires et pour protéger le patrimoine environnemental de la zone", conclut le document.

Les précisions de la Commune

Malgré nos nombreuses tentatives, le président de la région de l'Oriental et le président de la Commune de Figuig sont restés injoignables. 

Toutefois, dans un débat organisé en live, mercredi 24 juin, par le journal Aljassour, le vice-président de la commune s'est dit prêt à proposer une réorientation du projet, si les habitants le souhaitent, "mais nous aurons un problème de délai. Pour réétudier le projet, relancer l'appel d'offres et l'attribuer, il nous faudra plusieurs mois", alors que la route devrait être prête dans 6 mois.

"Les gens nous accusent d'avoir lancé le projet sans consultations, alors que nous avons eu des discussions avec les élus locaux, et les autorités, et nous disposons des PV qui peuvent le prouver. Nous ne pouvons pas prendre l'avis de tous les habitants", a-t-il souligné. 

Le vice-président a également expliqué le choix de la construction d'une route goudronnée: "une durée de vie d'au moins 8 ans sera garantie si l'on procède de cette manière". "Si on utilise des produits locaux, nous serons amenés à réaménager la route après chaque période d'hiver, et la commune ne dispose pas du budget nécessaire".  

"Ce projet nous a couté plus de 7 millions de DH et c’est énorme. En temps normal, 1 km nous coûte 1 MDH. Sur cette route, chaque kilomètre nous coûtera plus de 2 MDH, vu la difficulté du terrain". 

Figuig, un patrimoine historique

Outre l'impact environnemental, "nous sommes également inquiets quant à l'avenir de la ville. La Commune pourrait envisager d'autoriser la construction de bâtiments dans l'avenir, ce qui enlèvera son charme à Figuig", nous confie un habitant de la ville.  

"Des dossiers pour l'inscription de Figuig au patrimoine mondial de l'Unesco ont été déposés à trois reprises, et un autre vient d'être déposé. Si l'Unesco, prend connaissance de ce projet, le dossier sera automatiquement refusé".  

Sur son site web, l'Unesco décrit la ville comme étant "un patrimoine historique, architectural et archéologique à forte valeur culturelle".

"Figuig est une oasis dans la ponte sud orientale, à environ 400 km au sud de la Méditerannée et à 7 km de la ville algérienne de Beni Ounif, qui a conservé de son histoire des vestiges exceptionnels qui représentent aujourd'hui, des richesses patrimoniales matérielles, architecturales et archéologiques importantes: grandes murailles, remparts, tours de guets, mosquées, mausolées, canaux d'irrigations... sans oublier les gravures rupestres. Ce patrimoine est également agro-environnemental, en témoignent les sources d'eau, qui sont à l'origine de l'établissement des ksour, des jardins étagés associés à la palmeraie et de son système d'irrigation", ajoute l'Organisation. 

L'Unesco recommande la protection de différents éléments à Figuig, notamment la palmeraie en jardin étagé. "C'est l'un des derniers exemples de jardin étagé oasien encore fonctionnel, c'est-à-dire produisant une variété d'aliments et de produits d'échange (dattes notamment) et s'appuyant sur des savoir faire et des pratiques traditionnelles de gestion de l'eau".

Tags : Unesco
Source: Twitter

La construction d'une route traversant la palmeraie de Figuig fortement dénoncée

Le 25 juin 2020 à17:25

Modifié le 25 juin 2020 à 17:30

Les Figuigis sont en colère. Ils dénoncent la construction d’une route touristique sur 3,63 km traversant la palmeraie, au pied de la falaise, et appellent à la suspension immédiate des travaux. Réaction ambigüe de la commune.

L’appel d’offres pour la réalisation de ce projet a été lancé début mars par la région de l'Oriental. Après son attribution à la société "BABA", les travaux ont démarré en juin selon une source proche du dossier. Le chantier devrait être achevé dans 6 mois.

Une route qui traverse la palmeraie au pied et le long de la falaise

Il s’agit, concrètement, d’une route d’une largeur de 4 mètres en plus de deux trottoirs de 1 m chacun, ce qui fait 6 m de largeur au total, sur 3,63 km de longueur.

"Le tracé de cette route n’est pas entièrement connu à ce jour", lit-on dans un courrier dénonçant le projet, adressé par un ensemble d'associations de Figuig en France, aux acteurs concernés, notamment le département des Eaux et Forêts au ministère de l'Agriculture. 

"Cette route partirait de la localité de Tachroumt à la localité d'Azrou. Elle traverserait donc les Ksours de Laâbidat, Loudaghir, Ouled Slimane et dans une moindre mesure, Zenaga", estiment-elles.

En effet, aucune indication n’a été donnée concernant le tracé sur les documents de l'appel d’offres du projet, consulté par nos soins.

Tracé réalisé par des Figuigis et relayé sur les réseaux sociaux.

La route devrait être construite sur la ligne bleue.

Un danger pour l'environnement

Selon notre source, "ce projet n'était pas programmé, comme le prétendent les membres de la Commune de Figuig. Il ne figure pas dans le plan d'aménagement de la ville, réalisé en 2015", ajoutant que "les responsables ont profité de la période du confinement pour le lancer, sans demander l'avis des habitants ni des experts". 

"Le panneau d'affichage du chantier a été installé le jour du déconfinement de la région, il y a 10 à 15 jours". 

"Cette route représente un réel danger pour la ville. Elle passera sous la falaise, qui a toujours été respectée et protégée par nos ancêtres, et traversera la palmeraie le long de la falaise. Des milliers de Figuiguis, tout le long de l'histoire, ont payé de leur vie pour les protéger".

"La falaise va se détériorer avec les vibrations suite au passage fréquent des voitures. De plus, près de 500 palmiers seront arrachés, outre la pollution de l'air et sonore. Cette route sera un désastre écologique et économique", ajoute notre interlocuteur.   

Les habitants s'opposent au projet en l'état. Les ruelles de Figuig sont étroites, et la construction d'une route goudronnée très large leur enlèvera leur charme. Ils proposent ainsi l'aménagement d'un passage pour les piétons et les bicyclettes uniquement, en adéquation avec le style de la ville. 

"Ils parlent d'une route touristique, alors que c'est le charme de Figuig qui attire les étrangers. Si les touristes se retrouvent devant des routes goudronnées, ils vont fuir la ville". 

Des appels à suspendre le projet

Plusieurs associations de Figuig en France se sont réunies le 21 juin pour discuter du projet, exprimer leurs inquiétudes et proposer un plan d’action.

"Tout d’abord, nous dénonçons l’opacité dans laquelle ce projet a été préparé. Aucune consultation publique n’a été faite pour un projet qui touche pourtant l’ensemble des Figuiguis et en particulier des propriétaires de terrains qui ont découvert des bornes de marquage sur leurs propriétés. De plus, les raisons d’un tel projet restent obscures, ce qui ouvre la voie à toutes sortes de spéculations sur des intérêts privés qui seraient en jeu", soulignent-elles dans une note adressée au gouvernement.

"Les habitants de Figuig est sa diaspora ont pris connaissance de la réalisation de ce projet en constatant les engins de chantier et les bornes de traçage de cette route, la semaine du 15 juin 2020". 

Selon elles, aucune étude n’a été réalisée pour évaluer l’impact environnemental de cette route, alors que le cahier des charges de ce marché exige du titulaire la réalisation d’une note qui décrit la manière dont il compte prendre en compte les contraintes environnementales et les mesures qu’il compte appliquer pour la protection de l’environnement tout au long du chantier.

"Aucune étude d’impact environnemental n’a été faite. Nous rappelons que l’Article 2 de la loi 12-03 relative aux études d'impact sur l'environnement précise que ‘Tous les projets mentionnés dans la liste annexée à la présente loi, entrepris par toute personne physique ou morale, privée ou publique, qui en raison de leur nature, de leur dimension ou de leur lieu d'implantation risquent de produire des impacts négatifs sur le milieu biophysique et humain, font l'objet d'une étude d'impact sur l'environnement'", ajoute le document.

"En l’état, ce projet présente de graves impacts environnementaux irréversibles, à commencer par l’arrachage de nombreux arbres fruitiers et de palmiers dattiers, la pollution des sources d’eau par les huiles moteurs des véhicules collectées par une telle route carrossable et le sectionnement des circuits d’irrigation traditionnels, sans compter les nuisances liées à la pollution de l’air et à la pollution sonore".

Les associations de Figuig en France refusent la réalisation du projet, et exigent :

- La suspension immédiate des travaux ;

 - Le lancement d’une consultation publique pour réorienter ce projet et imputer le budget à la réalisation d’un réseau de vrais sentiers touristiques au travers de la palmeraie, interdits aux véhicules légers, valorisant le patrimoine de l'oasis et respectueux de l’environnement ;

- La mise en place d’un réseau de communication entre les autorités locales, incluant la municipalité, et les associations de Figuig au Maroc et à l’étranger, afin que la société civile soit systématiquement consultée sur les projets à fort impact. "

"Dans le cas où l’arrêt total des travaux n’est pas constaté dans les plus brefs délais, les associations se réservent le droit de recourir à tous les moyens légaux à disposition et d’intenter une action en justice pour préserver le droit des propriétaires et pour protéger le patrimoine environnemental de la zone", conclut le document.

Les précisions de la Commune

Malgré nos nombreuses tentatives, le président de la région de l'Oriental et le président de la Commune de Figuig sont restés injoignables. 

Toutefois, dans un débat organisé en live, mercredi 24 juin, par le journal Aljassour, le vice-président de la commune s'est dit prêt à proposer une réorientation du projet, si les habitants le souhaitent, "mais nous aurons un problème de délai. Pour réétudier le projet, relancer l'appel d'offres et l'attribuer, il nous faudra plusieurs mois", alors que la route devrait être prête dans 6 mois.

"Les gens nous accusent d'avoir lancé le projet sans consultations, alors que nous avons eu des discussions avec les élus locaux, et les autorités, et nous disposons des PV qui peuvent le prouver. Nous ne pouvons pas prendre l'avis de tous les habitants", a-t-il souligné. 

Le vice-président a également expliqué le choix de la construction d'une route goudronnée: "une durée de vie d'au moins 8 ans sera garantie si l'on procède de cette manière". "Si on utilise des produits locaux, nous serons amenés à réaménager la route après chaque période d'hiver, et la commune ne dispose pas du budget nécessaire".  

"Ce projet nous a couté plus de 7 millions de DH et c’est énorme. En temps normal, 1 km nous coûte 1 MDH. Sur cette route, chaque kilomètre nous coûtera plus de 2 MDH, vu la difficulté du terrain". 

Figuig, un patrimoine historique

Outre l'impact environnemental, "nous sommes également inquiets quant à l'avenir de la ville. La Commune pourrait envisager d'autoriser la construction de bâtiments dans l'avenir, ce qui enlèvera son charme à Figuig", nous confie un habitant de la ville.  

"Des dossiers pour l'inscription de Figuig au patrimoine mondial de l'Unesco ont été déposés à trois reprises, et un autre vient d'être déposé. Si l'Unesco, prend connaissance de ce projet, le dossier sera automatiquement refusé".  

Sur son site web, l'Unesco décrit la ville comme étant "un patrimoine historique, architectural et archéologique à forte valeur culturelle".

"Figuig est une oasis dans la ponte sud orientale, à environ 400 km au sud de la Méditerannée et à 7 km de la ville algérienne de Beni Ounif, qui a conservé de son histoire des vestiges exceptionnels qui représentent aujourd'hui, des richesses patrimoniales matérielles, architecturales et archéologiques importantes: grandes murailles, remparts, tours de guets, mosquées, mausolées, canaux d'irrigations... sans oublier les gravures rupestres. Ce patrimoine est également agro-environnemental, en témoignent les sources d'eau, qui sont à l'origine de l'établissement des ksour, des jardins étagés associés à la palmeraie et de son système d'irrigation", ajoute l'Organisation. 

L'Unesco recommande la protection de différents éléments à Figuig, notamment la palmeraie en jardin étagé. "C'est l'un des derniers exemples de jardin étagé oasien encore fonctionnel, c'est-à-dire produisant une variété d'aliments et de produits d'échange (dattes notamment) et s'appuyant sur des savoir faire et des pratiques traditionnelles de gestion de l'eau".

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