La Samir: le Front National propose la nationalisation de la raffinerie

Le Front National pour la Sauvegarde de la Samir a tenu, le jeudi 31 octobre, une assemblée générale dans laquelle le Secrétariat du Front a dressé un diagnostic de la situation actuelle du marché des hydrocarbures, et a présenté ses principales recommandations pour sortir la Samir de son impasse. Le Secrétariat a notamment proposé la nationalisation totale ou partielle de la raffinerie et l’encadrement du prix des carburants.

La Samir : le Front National propose la nationalisation de la raffinerie

Le 04 novembre 2019 à 16:40

Modifié le 04 novembre 2019 à 20:50

Pour le Front, le Gouvernement est le principal responsable des irrégularités que connaît le marché des hydrocarbures au Maroc. Outre la hausse des prix, sa politique a favorisé la baisse des réserves nationales en carburant. Aujourd'hui, les capacités de réserve ne dépassent pas 1,5 million de tonnes chez les entreprises de distribution, "et ce malgré les différentes facilités et subventions offertes par le Gouvernement à celles-ci".

Cette situation ne peut être dépassée, selon le Front, qu’avec la mise en place d’un cadre juridique qui favorise une concurrence saine entre les différents opérateurs, et qui fixe des gardes-fous de protection de la production nationale. Le blocage que connaît la Samir semble aussi, selon le Front, créer un déséquilibre au niveau du marché qui nuit au pouvoir d’achat. Le retour de la Samir à son fonctionnement normal est donc une nécessité pour garantir la sécurité énergétique du Royaume et protéger les droits des consommateurs.

Nationaliser la Samir 

Le Secrétariat du Front imagine la nationalisation comme une issue pour sortir la Samir de la crise actuelle. L'achat de cette dernière par Corral Morocco Holding en 1997 a eu des effets catastrophiques sur les finances de la raffinerie. Corral n’avait en effet pas tenu sa promesse d’investir 400 millions de dollars entre 1997 et 2002 pour adapter la production de la Samir aux nouvelles normes pétrolières. Au contraire explique le Secrétariat, Corral a puisé dans le capital de la Samir et a eu recours à un endettement “massif” auprès des banques marocaines pour financer les activités de la raffinerie, ce qui a conduit à l’arrêt de la production en été 2015.

Sur cette base, le Secrétariat du Front appelle à l'élaboration d’une proposition de loi sur la nationalisation totale ou partielle de la Samir en vue de la soumettre aux deux Chambres du Parlement. L’intervention de la puissance publique semble être une nécessité pour ce front, surtout que l’Etat détient actuellement 60% de la dette de la Samir sous forme entre autres de taxes et d’impôts. Le Secrétariat précise également que la reprise de la production permettrait à la Samir de répondre à 65% des besoins énergétiques du marché marocain.

Encadrer les prix à la pompe

La remise en question de la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence semble aujourd’hui être une urgence pour le Secrétariat. Ce dernier appelle à l’adoption du plafonnement des prix afin de mieux encadrer les marges bénéficiaires des opérateurs de distribution.

La loi 104-12 a, selon le Front, créé un champ vide que les entreprises de distribution ont utilisé à leur avantage pour “manipuler” les prix. Le rapport de la commission d’enquête parlementaire avait d’ailleurs indiqué que les bénéfices nets des distributeurs de carburant avaient fortement augmenté après la libéralisation.

Le front attribue ces irrégularités à une entente sur les prix entre les différentes entreprises de distribution. En septembre dernier, 3 grands opérateurs de distribution, soupçonnés d’entente sur les prix, avaient opté pour la procédure de non-contestation face aux griefs qui leur étaient adressés par le Conseil de la concurrence.

LIRE EGALEMENT: QUELS ETAIENT LES PRIX A LA LIBERALISATION EN 2015

La Samir: le Front National propose la nationalisation de la raffinerie

Le 04 novembre 2019 à20:34

Modifié le 04 novembre 2019 à 20:50

Le Front National pour la Sauvegarde de la Samir a tenu, le jeudi 31 octobre, une assemblée générale dans laquelle le Secrétariat du Front a dressé un diagnostic de la situation actuelle du marché des hydrocarbures, et a présenté ses principales recommandations pour sortir la Samir de son impasse. Le Secrétariat a notamment proposé la nationalisation totale ou partielle de la raffinerie et l’encadrement du prix des carburants.

Pour le Front, le Gouvernement est le principal responsable des irrégularités que connaît le marché des hydrocarbures au Maroc. Outre la hausse des prix, sa politique a favorisé la baisse des réserves nationales en carburant. Aujourd'hui, les capacités de réserve ne dépassent pas 1,5 million de tonnes chez les entreprises de distribution, "et ce malgré les différentes facilités et subventions offertes par le Gouvernement à celles-ci".

Cette situation ne peut être dépassée, selon le Front, qu’avec la mise en place d’un cadre juridique qui favorise une concurrence saine entre les différents opérateurs, et qui fixe des gardes-fous de protection de la production nationale. Le blocage que connaît la Samir semble aussi, selon le Front, créer un déséquilibre au niveau du marché qui nuit au pouvoir d’achat. Le retour de la Samir à son fonctionnement normal est donc une nécessité pour garantir la sécurité énergétique du Royaume et protéger les droits des consommateurs.

Nationaliser la Samir 

Le Secrétariat du Front imagine la nationalisation comme une issue pour sortir la Samir de la crise actuelle. L'achat de cette dernière par Corral Morocco Holding en 1997 a eu des effets catastrophiques sur les finances de la raffinerie. Corral n’avait en effet pas tenu sa promesse d’investir 400 millions de dollars entre 1997 et 2002 pour adapter la production de la Samir aux nouvelles normes pétrolières. Au contraire explique le Secrétariat, Corral a puisé dans le capital de la Samir et a eu recours à un endettement “massif” auprès des banques marocaines pour financer les activités de la raffinerie, ce qui a conduit à l’arrêt de la production en été 2015.

Sur cette base, le Secrétariat du Front appelle à l'élaboration d’une proposition de loi sur la nationalisation totale ou partielle de la Samir en vue de la soumettre aux deux Chambres du Parlement. L’intervention de la puissance publique semble être une nécessité pour ce front, surtout que l’Etat détient actuellement 60% de la dette de la Samir sous forme entre autres de taxes et d’impôts. Le Secrétariat précise également que la reprise de la production permettrait à la Samir de répondre à 65% des besoins énergétiques du marché marocain.

Encadrer les prix à la pompe

La remise en question de la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence semble aujourd’hui être une urgence pour le Secrétariat. Ce dernier appelle à l’adoption du plafonnement des prix afin de mieux encadrer les marges bénéficiaires des opérateurs de distribution.

La loi 104-12 a, selon le Front, créé un champ vide que les entreprises de distribution ont utilisé à leur avantage pour “manipuler” les prix. Le rapport de la commission d’enquête parlementaire avait d’ailleurs indiqué que les bénéfices nets des distributeurs de carburant avaient fortement augmenté après la libéralisation.

Le front attribue ces irrégularités à une entente sur les prix entre les différentes entreprises de distribution. En septembre dernier, 3 grands opérateurs de distribution, soupçonnés d’entente sur les prix, avaient opté pour la procédure de non-contestation face aux griefs qui leur étaient adressés par le Conseil de la concurrence.

LIRE EGALEMENT: QUELS ETAIENT LES PRIX A LA LIBERALISATION EN 2015

A lire aussi


Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.