Les pratiques médiatiques préférées des jeunes au Maroc (Unicef)

Une étude de l’Unicef a révélé l’insuffisance des contenus médiatiques proposés au jeune public. La télévision et la presse digitale arrivent en tête des pratiques préférées des jeunes au Maroc.

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Médias: voici les préférences des jeunes au Maroc, selon l'Unicef

Le 28 février 2019 à 16:17

Modifié le 28 février 2019 à 16:41

Intitulée "Analyse de la situation: les enfants, les jeunes et les médias au Maroc", l'étude de l'Unicef, présentée ce jeudi 28 février à Casablanca, a permis de brosser un tableau général sur la situation de l'enfance dans les médias au Royaume.

Selon un sondage présenté dans le cadre de cette étude, la télévision (83%) et la presse digitale (82%) arrivent loin en tête comme les pratiques préférées des jeunes au Maroc.

Le sondage révèle également que la presse écrite continue de résister à la transition vers le numérique. "De manière surprenante", la radio n'a pas beaucoup les faveurs des jeunes interrogés, seuls 46% affirment écouter ce média.

L’analyse montre, en outre, que le millenium type au Maroc (homme ou femme) consacre 30 minutes par jour pour regarder la télévision, surtout en soirée, après 19h dans son domicile. Le millenium préfère de loin les productions médiatiques étrangères, occidentales ou arabes, (51%) par rapport aux productions audiovisuelles nationales (24%). Ce choix est justifié, selon les auteurs de l’enquête, notamment par la qualité de ces contenus (artistique et technique).

Le millenium au Maroc n'a pas un contact régulier avec la radio. Comme plus de la moitié des jeunes (54%), ce média n'a pas sa préférence. Lorsqu'il l'écoute, il le fait en majorité dans la matinée, via son mobile.

Il a aussi un contact moyen avec la presse écrite papier. Ses pairs sont 58% à déclarer la lire et 36% à lui consacrer moins d'une heure par jour.

Le millenium marocain se connecte en majorité à internet depuis son mobile. Le temps consacré à internet dans la journée est important: 66% des jeunes se connectent pour une durée de plus d'une heure par jour. Le moment d'accès est majoritairement dans la soirée, après 19h.

Le premier usage d'internet chez les jeunes est la connexion sur les réseaux sociaux (29%). Globalement "les activités d'échange", chat et messagerie, totalisent 47% des pratiques. Les "activités d'informations" (recherche d'infos, aller sur des sites et publier sur un blog) arrivent en 2e position avec 34% des réponses. 

Le millenium marocain lit la presse digitale. 72% des jeunes déclarent lire régulièrement ce média. 54% de cette population consacre moins d'une heure par jour à cette pratique médiatique.

Une enfance "vulnérable"

Selon cette étude, à l’insuffisance des contenus médiatiques, s'ajoute l'''insatisfaction généralisée'' exprimée vis-à-vis des contenus proposés par les médias aux enfants ou sur les enfants.

Elle note également la faible implication des enfants spécialement dans la presse écrite. Les grilles des programmes de la télévision indiquent un faible volume de productions destinées aux enfants et un déséquilibre entre les missions de divertissement et d'éducation, avec la domination des programmes de bandes dessinées étrangères par rapport aux émissions éducatives.

Il ressort aussi des conclusions de cette étude que la presse écrite se fait l'écho d'une enfance marocaine en situation de vulnérabilité et contribue à l'information sur des sujets sensibles.

Du côté de la presse papier, ces thèmes totalisent 45% des contenus, alors que dans la presse numérique, ce taux progresse de 10% pour atteindre 55% de l'ensemble des contenus réalisés.

Sur les médias web prédomine l'information instantanée (99% des contenus sont de type informatif) au détriment de l'analyse ou le journalisme de terrain.

Sur la presse écrite numérique, la figure de l'enfant dans les contenus analysés est dominée par l'enfant "victime" ou "bénéficiaire" et de facto invisible dans 97% des contenus.

Reformuler les usages des médias

D’après les auteurs de l’étude, l'absence d'une implication des enfants dans les contenus s'explique par la nature des formats qui sont majoritairement informatifs. L'enfant "source" est majoritairement présent dans les contenus autoproduits (User-content). Ce type de contenus est souvent filmé par les parents sous forme amatrice et repris par les médias, précise-t-on.

L'étude estime, en outre, que le système médiatique tel qu'il opère aujourd'hui ''donne difficilement une place au jeune public''. Pour pallier à ces difficultés, les expériences des meilleurs pratiques internationales en matière d'éducation aux médias et d'engagement des médias pour les droits de l'enfant sont à encourager au Maroc comme moyen de sensibilisation de la population et des professionnels des médias.

Les usages et les rôles des médias sont ''à reformuler'' en prenant cette nouvelle donne, où le numérique joue un rôle déstabilisateur pour le moment, poursuit l'étude.

(Avec MAP)

Les pratiques médiatiques préférées des jeunes au Maroc (Unicef)

Le 28 février 2019 à16:28

Modifié le 28 février 2019 à 16:41

Une étude de l’Unicef a révélé l’insuffisance des contenus médiatiques proposés au jeune public. La télévision et la presse digitale arrivent en tête des pratiques préférées des jeunes au Maroc.

Intitulée "Analyse de la situation: les enfants, les jeunes et les médias au Maroc", l'étude de l'Unicef, présentée ce jeudi 28 février à Casablanca, a permis de brosser un tableau général sur la situation de l'enfance dans les médias au Royaume.

Selon un sondage présenté dans le cadre de cette étude, la télévision (83%) et la presse digitale (82%) arrivent loin en tête comme les pratiques préférées des jeunes au Maroc.

Le sondage révèle également que la presse écrite continue de résister à la transition vers le numérique. "De manière surprenante", la radio n'a pas beaucoup les faveurs des jeunes interrogés, seuls 46% affirment écouter ce média.

L’analyse montre, en outre, que le millenium type au Maroc (homme ou femme) consacre 30 minutes par jour pour regarder la télévision, surtout en soirée, après 19h dans son domicile. Le millenium préfère de loin les productions médiatiques étrangères, occidentales ou arabes, (51%) par rapport aux productions audiovisuelles nationales (24%). Ce choix est justifié, selon les auteurs de l’enquête, notamment par la qualité de ces contenus (artistique et technique).

Le millenium au Maroc n'a pas un contact régulier avec la radio. Comme plus de la moitié des jeunes (54%), ce média n'a pas sa préférence. Lorsqu'il l'écoute, il le fait en majorité dans la matinée, via son mobile.

Il a aussi un contact moyen avec la presse écrite papier. Ses pairs sont 58% à déclarer la lire et 36% à lui consacrer moins d'une heure par jour.

Le millenium marocain se connecte en majorité à internet depuis son mobile. Le temps consacré à internet dans la journée est important: 66% des jeunes se connectent pour une durée de plus d'une heure par jour. Le moment d'accès est majoritairement dans la soirée, après 19h.

Le premier usage d'internet chez les jeunes est la connexion sur les réseaux sociaux (29%). Globalement "les activités d'échange", chat et messagerie, totalisent 47% des pratiques. Les "activités d'informations" (recherche d'infos, aller sur des sites et publier sur un blog) arrivent en 2e position avec 34% des réponses. 

Le millenium marocain lit la presse digitale. 72% des jeunes déclarent lire régulièrement ce média. 54% de cette population consacre moins d'une heure par jour à cette pratique médiatique.

Une enfance "vulnérable"

Selon cette étude, à l’insuffisance des contenus médiatiques, s'ajoute l'''insatisfaction généralisée'' exprimée vis-à-vis des contenus proposés par les médias aux enfants ou sur les enfants.

Elle note également la faible implication des enfants spécialement dans la presse écrite. Les grilles des programmes de la télévision indiquent un faible volume de productions destinées aux enfants et un déséquilibre entre les missions de divertissement et d'éducation, avec la domination des programmes de bandes dessinées étrangères par rapport aux émissions éducatives.

Il ressort aussi des conclusions de cette étude que la presse écrite se fait l'écho d'une enfance marocaine en situation de vulnérabilité et contribue à l'information sur des sujets sensibles.

Du côté de la presse papier, ces thèmes totalisent 45% des contenus, alors que dans la presse numérique, ce taux progresse de 10% pour atteindre 55% de l'ensemble des contenus réalisés.

Sur les médias web prédomine l'information instantanée (99% des contenus sont de type informatif) au détriment de l'analyse ou le journalisme de terrain.

Sur la presse écrite numérique, la figure de l'enfant dans les contenus analysés est dominée par l'enfant "victime" ou "bénéficiaire" et de facto invisible dans 97% des contenus.

Reformuler les usages des médias

D’après les auteurs de l’étude, l'absence d'une implication des enfants dans les contenus s'explique par la nature des formats qui sont majoritairement informatifs. L'enfant "source" est majoritairement présent dans les contenus autoproduits (User-content). Ce type de contenus est souvent filmé par les parents sous forme amatrice et repris par les médias, précise-t-on.

L'étude estime, en outre, que le système médiatique tel qu'il opère aujourd'hui ''donne difficilement une place au jeune public''. Pour pallier à ces difficultés, les expériences des meilleurs pratiques internationales en matière d'éducation aux médias et d'engagement des médias pour les droits de l'enfant sont à encourager au Maroc comme moyen de sensibilisation de la population et des professionnels des médias.

Les usages et les rôles des médias sont ''à reformuler'' en prenant cette nouvelle donne, où le numérique joue un rôle déstabilisateur pour le moment, poursuit l'étude.

(Avec MAP)

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