Le dirham entame dans la stabilité la deuxième phase de la flexibilité

L’évolution de la valeur du dirham est exclusivement liée à la variation de la parité euro/dollar. Aucun impact lié à l’offre et à la demande de devises suite à l’élargissement de la bande de fluctuation. Les fondamentaux sont jugés stables.

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Le dirham entame dans la stabilité la deuxième phase de la flexibilité

Le 10 mars 2020 à 16:40

Modifié le 11 mars 2020 à 12:30

Lundi 9 mars, le Maroc a élargi la bande de fluctuation du dirham, de ± 2,5% à ± 5%, comme annoncé par le ministère des Finances et Bank Al-Maghrib vendredi dernier.

Comment s’est comportée la monnaie nationale durant cette première journée d’élargissement ? Médias24 a posé la question au directeur de la salle des marchés d’une banque de la place. Il affirme que la journée du 9 mars a été calme, normale, caractérisée par la stabilité du dirham.

« Le ministre des Finances a déclaré il y a quelques mois que le Maroc se prépare à passer à la deuxième phase de la flexibilité. Les opérateurs ont donc eu le temps de bien digérer l’information et de se préparer au passage. Le timing de l’annonce, à savoir vendredi 6 mars en début de soirée, pour un passage le lundi 9 mars a également contribué à ce que les choses se déroulent paisiblement », explique-t-il.

Selon les données de Bank Al-Maghrib, le cours de référence du dirham était de 9,4735 dollars, vendredi 6 mars. Il est passé à 9,4275 dollars lundi 9 mars, puis à 9,4638 dollars, ce mardi.

« Il n’y a eu aucun impact de l’offre et de la demande de devises ni sur la valeur du dirham ni sur la liquidité du marché interbancaire de devises. Il n’y a pas eu de volatilité. L’évolution de la valeur du dirham est strictement liée à celle de la parité euro/dollar, autrement dit à l’effet panier », précise le professionnel.

Il ajoute que des clients se sont informés auprès de leurs banques sur l’élargissement et son impact potentiel sur la valeur du dirham, mais que globalement, l’annonce du ministère des Finances a été accueillie dans la sérénité.

« Les éléments qui favoriseraient un changement dans la liquidité du marché ou la valeur du dirham (NDLR, flambée des importations, chute drastique des recettes en devises) ne sont pas là et ne se profilent pas à l’horizon. Les fondamentaux du Maroc restent stables », explique-t-il.

En effet, même si la position de change des banques est légèrement déficitaire, celles-ci sont devenues autonomes et gèrent leurs liquidités sur le marché interbancaire national ou international sans aucune intervention de Bank Al-Maghrib. La dernière intervention de la Banque centrale remonte à il y a 2 ans.

Attijari juge bon le timing du passage à la deuxième phase

Dans un rapport dédié à l’élargissement de la banque de fluctuation du dirham, publié ce lundi 9 mars, Attijari Global Research confirme plusieurs de ces constats :

- Le timing du passage à la deuxième phase est approprié : annonce le 6 mars et passage le 9 mars ; les fondamentaux sont en bonne posture et l’économie dispose d’une bonne capacité de résistance, bien que le Maroc aspire à une croissance plus soutenue.

- Le marché des changes a gagné en maturité : niveau d’activité croissant permettant de faire ressortir un prix référentiel, absence de recours à BAM, les opérateurs comblent mutuellement leurs besoins.

Les analystes d’Attijari précisent toutefois que les enjeux deviennent également plus importants :

- Une volatilité potentielle du dirham au cas où la demande de devises dépasse l’offre.

- Espérance d’un plus grand bénéfice économique : soutien aux exportateurs, constitution d’un mécanisme d’ajustement de la devise pour résorber tout choc externe.

L'évolution actuelle de la parité euro/dollar globalement favorable au Maroc

En tous les cas, pour l’instant le dirham évolue toujours au gré de la parité euro/dollar. Il se trouve que cette parité a fortement évolué depuis le 20 février, suite à la décision de la Réserve Fédérale américaine d’abaisser d’un demi-point ses taux directeurs pour faire face à la crise liée au Coronavirus.

L’euro s’est renchéri face au dollar de 6,6% jusqu’au 9 mars, à 1,149 euro pour un dollar, avant que la tendance ne s’inverse légèrement le 10 mars. Dans 2 jours, une nouvelle réunion de la Fed pourrait aboutir à de nouvelles mesures qui pourraient peser davantage sur le dollar.

Cette situation a fait que le cours virement-fixing du dirham s’est apprécié de 3,21% par rapport au dollar, entre le 20 février et le 9 mars, et s’est déprécié de 2,43% face à l’euro.

Quel impact auront ces évolutions sur les échanges extérieurs du Maroc ? « La parité euro/dollar n’a pas atteint des niveaux exceptionnels. Cela dit, l’impact, positif ou négatif, dépend de chaque secteur et de chaque opérateur », précise le directeur de la salle des marchés.

Mais globalement, on peut dire que la baisse du dirham face à l’euro est favorable pour l’export, réalisé à près des deux tiers en cette devise de facturation, ainsi que pour les recettes touristiques et les transferts des MRE ; et que la hausse du dirham face au dollar est favorable pour les importations, facturées à hauteur de 42% en dollars, notamment celles des produits pétroliers.

Une conjoncture internationale globalement favorable donc, en attendant de voir l’évolution de la valeur du dirham en fonction de l’offre et de la demande de devises au Maroc. Certains économistes tablent sur une appréciation...

Le dirham entame dans la stabilité la deuxième phase de la flexibilité

Le 10 mars 2020 à16:55

Modifié le 11 mars 2020 à 12:30

L’évolution de la valeur du dirham est exclusivement liée à la variation de la parité euro/dollar. Aucun impact lié à l’offre et à la demande de devises suite à l’élargissement de la bande de fluctuation. Les fondamentaux sont jugés stables.

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Lundi 9 mars, le Maroc a élargi la bande de fluctuation du dirham, de ± 2,5% à ± 5%, comme annoncé par le ministère des Finances et Bank Al-Maghrib vendredi dernier.

Comment s’est comportée la monnaie nationale durant cette première journée d’élargissement ? Médias24 a posé la question au directeur de la salle des marchés d’une banque de la place. Il affirme que la journée du 9 mars a été calme, normale, caractérisée par la stabilité du dirham.

« Le ministre des Finances a déclaré il y a quelques mois que le Maroc se prépare à passer à la deuxième phase de la flexibilité. Les opérateurs ont donc eu le temps de bien digérer l’information et de se préparer au passage. Le timing de l’annonce, à savoir vendredi 6 mars en début de soirée, pour un passage le lundi 9 mars a également contribué à ce que les choses se déroulent paisiblement », explique-t-il.

Selon les données de Bank Al-Maghrib, le cours de référence du dirham était de 9,4735 dollars, vendredi 6 mars. Il est passé à 9,4275 dollars lundi 9 mars, puis à 9,4638 dollars, ce mardi.

« Il n’y a eu aucun impact de l’offre et de la demande de devises ni sur la valeur du dirham ni sur la liquidité du marché interbancaire de devises. Il n’y a pas eu de volatilité. L’évolution de la valeur du dirham est strictement liée à celle de la parité euro/dollar, autrement dit à l’effet panier », précise le professionnel.

Il ajoute que des clients se sont informés auprès de leurs banques sur l’élargissement et son impact potentiel sur la valeur du dirham, mais que globalement, l’annonce du ministère des Finances a été accueillie dans la sérénité.

« Les éléments qui favoriseraient un changement dans la liquidité du marché ou la valeur du dirham (NDLR, flambée des importations, chute drastique des recettes en devises) ne sont pas là et ne se profilent pas à l’horizon. Les fondamentaux du Maroc restent stables », explique-t-il.

En effet, même si la position de change des banques est légèrement déficitaire, celles-ci sont devenues autonomes et gèrent leurs liquidités sur le marché interbancaire national ou international sans aucune intervention de Bank Al-Maghrib. La dernière intervention de la Banque centrale remonte à il y a 2 ans.

Attijari juge bon le timing du passage à la deuxième phase

Dans un rapport dédié à l’élargissement de la banque de fluctuation du dirham, publié ce lundi 9 mars, Attijari Global Research confirme plusieurs de ces constats :

- Le timing du passage à la deuxième phase est approprié : annonce le 6 mars et passage le 9 mars ; les fondamentaux sont en bonne posture et l’économie dispose d’une bonne capacité de résistance, bien que le Maroc aspire à une croissance plus soutenue.

- Le marché des changes a gagné en maturité : niveau d’activité croissant permettant de faire ressortir un prix référentiel, absence de recours à BAM, les opérateurs comblent mutuellement leurs besoins.

Les analystes d’Attijari précisent toutefois que les enjeux deviennent également plus importants :

- Une volatilité potentielle du dirham au cas où la demande de devises dépasse l’offre.

- Espérance d’un plus grand bénéfice économique : soutien aux exportateurs, constitution d’un mécanisme d’ajustement de la devise pour résorber tout choc externe.

L'évolution actuelle de la parité euro/dollar globalement favorable au Maroc

En tous les cas, pour l’instant le dirham évolue toujours au gré de la parité euro/dollar. Il se trouve que cette parité a fortement évolué depuis le 20 février, suite à la décision de la Réserve Fédérale américaine d’abaisser d’un demi-point ses taux directeurs pour faire face à la crise liée au Coronavirus.

L’euro s’est renchéri face au dollar de 6,6% jusqu’au 9 mars, à 1,149 euro pour un dollar, avant que la tendance ne s’inverse légèrement le 10 mars. Dans 2 jours, une nouvelle réunion de la Fed pourrait aboutir à de nouvelles mesures qui pourraient peser davantage sur le dollar.

Cette situation a fait que le cours virement-fixing du dirham s’est apprécié de 3,21% par rapport au dollar, entre le 20 février et le 9 mars, et s’est déprécié de 2,43% face à l’euro.

Quel impact auront ces évolutions sur les échanges extérieurs du Maroc ? « La parité euro/dollar n’a pas atteint des niveaux exceptionnels. Cela dit, l’impact, positif ou négatif, dépend de chaque secteur et de chaque opérateur », précise le directeur de la salle des marchés.

Mais globalement, on peut dire que la baisse du dirham face à l’euro est favorable pour l’export, réalisé à près des deux tiers en cette devise de facturation, ainsi que pour les recettes touristiques et les transferts des MRE ; et que la hausse du dirham face au dollar est favorable pour les importations, facturées à hauteur de 42% en dollars, notamment celles des produits pétroliers.

Une conjoncture internationale globalement favorable donc, en attendant de voir l’évolution de la valeur du dirham en fonction de l’offre et de la demande de devises au Maroc. Certains économistes tablent sur une appréciation...

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