Le flou persiste sur le report ou l'application de la hausse du SMIG

Le flou entoure la seconde hausse du SMIG prévue pour juillet 2020. Sera-t-elle ou non appliquée par les entreprises? La CGEM a demandé il y a plus d'un mois son report à cause de la situation économique. Mais aucune décision n'a été prise ni annoncée jusqu'à aujourd'hui. 

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Le flou persiste sur le report ou l'application de la hausse du SMIG Le chef du gouvernement en compagnie des différents représentants des syndicats et de la CGEM lors d'une rencontre en 2018.

Le 30 juin 2020 à 20:54

Modifié le 01 juillet 2020 à 07:42

Ce 1er juillet est la date prévue pour l'entrée en vigueur de la seconde tranche de la hausse du SMIG (5%), décidée dans l'accord signé dans le cadre du dialogue social en 2019. Et le flou persiste sur l'application ou non de cette hausse par les entreprises.

La CGEM a demandé au cours du mois de mai 2020 le report de cette hausse. Elle a adressé un courrier dans ce sens au chef du gouvernement. Le patronat justifie cette demande par "la crise sans précédent" que vit le secteur privé et par le fait que les entreprises sont "actuellement dans une logique de préservation des emplois et des entreprises". Une demande qui a été mal accueillie notamment par les syndicats. 

Aucune réponse du gouvernement

Qu'en est-il actuellement ? Médias24 a sondé des sources clés dans le dossier. Il en ressort qu'à ce jour, aucune décision n'a été prise. Deux sources du patronat nous expliquent que la CGEM n'a obtenu aucune réponse du gouvernement, notamment du chef du gouvernement Saadeddine Elotmani qui a été saisi par la CGEM sur cette question.

Une source proche de la primature nous explique pour sa part que le chef du gouvernement ne peut pas se prononcer sur cette question. "Les relations entre la CGEM et le gouvernement sont institutionnalisées à travers deux outils. Le premier est la plateforme CGEM-gouvernement et le second est le Dialogue social tripartite. La hausse du SMIG est une mesure qui a été actée dans le cadre du dialogue social. Toute modification devra passer par le même cadre", nous répond-on. Entendez, ce n'est pas au chef du gouvernement de prendre la décision de reporter la hausse du SMIG. 

Blocage du dialogue social 

Justement, une réunion tripartite gouvernement-syndicats-patronat s‘est tenue mercredi 24 juin au ministère du Travail, présidée par Mohamed Amekraz. Elle avait pour objectif de discuter de plusieurs sujets dont la demande de report du relèvement du SMIG lancée par la CGEM. 

Aucun des sujets n'a au final été discuté car les syndicats se sont opposés à la forme et ont demandé que les discussions reprennent dans le cadre "d'un Comité de veille sociale" à créer.  Une instance similaire au Comité de veille économique. Les questions de fond n'ont finalement pas été abordées et encore moins la question du SMIG. 

Face à ce blocage, aucune décision ne pourra être prise dans l'immédiat. Que feront alors les entreprises ? Appliqueront-elles la hausse comme prévu ou s'abstiendront-elles ?

"Aucune idée. Chaque entreprise prendra la décision en fonction de sa situation", nous répond une source du patronat. 

Néanmoins, il y a bien des secteurs qui affirment ne pas pouvoir appliquer cette hausse. C'est le cas du secteur touristique. "Nous n'avons eu aucun retour de la part du gouvernement. Les opérateurs touristiques rejettent catégoriquement cette hausse du SMIG", affirme à Médias24 un membre de la Confédération nationale du tourisme (CNT).

"Nous sommes en arrêt total depuis mars. Nous nous préparons à peine à reprendre l'activité. Ce n'est pas que nous ne voulons pas appliquer la hausse, nous ne le pouvons pas. Nous n'avons même pas de quoi payer les salaires, donc parler de hausse du SMIG est hors sujet", poursuit notre source.

"Les opérateurs touristiques ne seront pas en mesure d'appliquer la hausse. Nous demandons le report de cette mesure jusqu'à juillet 2021", ajoute ce membre de la CNT. 

Un report uniquement pour les secteurs sinistrés ou les entreprises gravement touchées par la crise est envisagé ou à l'étude ? "Il faut que le dialogue soit ouvert d'abord pour commencer à parler de ce sujet", conclut un membre du patronat. 

Le chef du gouvernement en compagnie des différents représentants des syndicats et de la CGEM lors d'une rencontre en 2018.

Le flou persiste sur le report ou l'application de la hausse du SMIG

Le 30 juin 2020 à21:25

Modifié le 01 juillet 2020 à 07:42

Le flou entoure la seconde hausse du SMIG prévue pour juillet 2020. Sera-t-elle ou non appliquée par les entreprises? La CGEM a demandé il y a plus d'un mois son report à cause de la situation économique. Mais aucune décision n'a été prise ni annoncée jusqu'à aujourd'hui. 

Ce 1er juillet est la date prévue pour l'entrée en vigueur de la seconde tranche de la hausse du SMIG (5%), décidée dans l'accord signé dans le cadre du dialogue social en 2019. Et le flou persiste sur l'application ou non de cette hausse par les entreprises.

La CGEM a demandé au cours du mois de mai 2020 le report de cette hausse. Elle a adressé un courrier dans ce sens au chef du gouvernement. Le patronat justifie cette demande par "la crise sans précédent" que vit le secteur privé et par le fait que les entreprises sont "actuellement dans une logique de préservation des emplois et des entreprises". Une demande qui a été mal accueillie notamment par les syndicats. 

Aucune réponse du gouvernement

Qu'en est-il actuellement ? Médias24 a sondé des sources clés dans le dossier. Il en ressort qu'à ce jour, aucune décision n'a été prise. Deux sources du patronat nous expliquent que la CGEM n'a obtenu aucune réponse du gouvernement, notamment du chef du gouvernement Saadeddine Elotmani qui a été saisi par la CGEM sur cette question.

Une source proche de la primature nous explique pour sa part que le chef du gouvernement ne peut pas se prononcer sur cette question. "Les relations entre la CGEM et le gouvernement sont institutionnalisées à travers deux outils. Le premier est la plateforme CGEM-gouvernement et le second est le Dialogue social tripartite. La hausse du SMIG est une mesure qui a été actée dans le cadre du dialogue social. Toute modification devra passer par le même cadre", nous répond-on. Entendez, ce n'est pas au chef du gouvernement de prendre la décision de reporter la hausse du SMIG. 

Blocage du dialogue social 

Justement, une réunion tripartite gouvernement-syndicats-patronat s‘est tenue mercredi 24 juin au ministère du Travail, présidée par Mohamed Amekraz. Elle avait pour objectif de discuter de plusieurs sujets dont la demande de report du relèvement du SMIG lancée par la CGEM. 

Aucun des sujets n'a au final été discuté car les syndicats se sont opposés à la forme et ont demandé que les discussions reprennent dans le cadre "d'un Comité de veille sociale" à créer.  Une instance similaire au Comité de veille économique. Les questions de fond n'ont finalement pas été abordées et encore moins la question du SMIG. 

Face à ce blocage, aucune décision ne pourra être prise dans l'immédiat. Que feront alors les entreprises ? Appliqueront-elles la hausse comme prévu ou s'abstiendront-elles ?

"Aucune idée. Chaque entreprise prendra la décision en fonction de sa situation", nous répond une source du patronat. 

Néanmoins, il y a bien des secteurs qui affirment ne pas pouvoir appliquer cette hausse. C'est le cas du secteur touristique. "Nous n'avons eu aucun retour de la part du gouvernement. Les opérateurs touristiques rejettent catégoriquement cette hausse du SMIG", affirme à Médias24 un membre de la Confédération nationale du tourisme (CNT).

"Nous sommes en arrêt total depuis mars. Nous nous préparons à peine à reprendre l'activité. Ce n'est pas que nous ne voulons pas appliquer la hausse, nous ne le pouvons pas. Nous n'avons même pas de quoi payer les salaires, donc parler de hausse du SMIG est hors sujet", poursuit notre source.

"Les opérateurs touristiques ne seront pas en mesure d'appliquer la hausse. Nous demandons le report de cette mesure jusqu'à juillet 2021", ajoute ce membre de la CNT. 

Un report uniquement pour les secteurs sinistrés ou les entreprises gravement touchées par la crise est envisagé ou à l'étude ? "Il faut que le dialogue soit ouvert d'abord pour commencer à parler de ce sujet", conclut un membre du patronat. 

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