Le Maroc devient moins performant à l’export en Afrique

Les exportations marocaines vers l’Afrique ont baissé pour la deuxième année consécutive en 2018. En face, les importations depuis le continent sont en forte augmentation. Le Maroc risque de perdre son seul solde commercial continental positif.

Le Maroc devient moins performant à l’export en Afrique

Le 05 juillet 2019 à 13:18

Modifié le 05 juillet 2019 à 14:44

Selon les dernières données de l’Office des changes, le Maroc a exporté vers l’Afrique pour 21,57 milliards de DH de marchandises en 2018. Un chiffre en baisse de 2,4% par rapport à 2017 et de 4% par rapport à 2016. Autant dire qu’il y a une tendance baissière qui risque de s’installer.

L’Afrique ne représente plus que 7,8% des exportations marocaines qui ont, pour rappel, progressé de 10,6% en 2018 pour atteindre 275,2 milliards de DH.

En face, les importations marocaines depuis l’Afrique ont fortement augmenté : +24,7%, à 18,9 milliards de DH.

Le continent représente désormais 3,9% des importations marocaines qui ont progressé de 9,8% pour atteindre 481 milliards de DH.

A l’origine de ces évolutions, une baisse des exportations des engrais et dans une moindre mesure du sucre raffiné et des lubrifiants ; et une hausse des importations de gaz et de pétrole, de dattes, de cobalt, de café et d’appareils audiovisuels.

Par pays, la baisse des exportations est plus prononcée avec l’Algérie, le Nigéria et le Ghana. Et la hausse des importations est plus prononcée depuis l’Algérie, l’Egypte, la Tunisie, le Congo et la Libye.

Un excédent commercial qui a chuté de 60% en 2 ans

Sur le plan du commerce international, le Maroc est déficitaire avec tous les continents sauf l’Afrique qui affiche un excédent de 2,64 milliards de DH. Cet excédent a fortement baissé puisqu’il s’élevait à 6,67 milliards de DH en 2016. Si la tendance des importations et des exportations africaines se poursuit, le Maroc risque de devenir déficitaire avec toutes les régions du monde.

Comment se fait-il que le Maroc soit devenu moins performant à l’export alors que l’Afrique a enregistré une croissance économique de 3,5% en 2018 ? Qui plus est, plusieurs pays africains partenaires affichent les meilleures croissances du continent comme l’Ethiopie et le Kenya (engrais), le Sénégal et la Côte d’Ivoire…

Certes, la nature des produits importés et exportés peut expliquer ces variations. Le Maroc est dépendant énergétiquement et ses importations de gaz et de pétrole peuvent augmenter sensiblement en cas de hausse des cours. De même, la demande d’engrais peut se montrer volatile en fonction des aléas climatiques.

Par ailleurs, de grosses quantités de marchandises sont acheminées vers le continent peuvent échapper aux radars des autorités.

Le Maroc est appelé à bien se positionner

Il n’empêche que l’Afrique a d’énormes besoins en termes de produits de consommation et d’équipement et de demi-produits. Le Maroc doit bien se positionner pour en combler une bonne partie.

Des acteurs comme l’OCP ont pris les devants en lançant la construction d’usines dans des pays africains qui traiteront les phosphates marocains et en menant un travail de sensibilisation et d’assistance des agriculteurs pour encourager l’utilisation des engrais. Mais cet effort doit être porté par tous les acteurs publics et privés.

Le Maroc compte certes sur la mise en place de la zone de libre-échange continentale africaine pour booster son commerce avec le continent. La ratification de l’accord de création de cette zone par le Maroc vient d’ailleurs d’être publiée au Bulletin officiel.

Mais il reste un long processus à mener pour que la zone devienne une réalité. En plus de la ratification par au moins 22 pays, les négociations sur les produits à exclure du démantèlement tarifaire et les produits dont les barrières douanières seront levées progressivement doivent continuer à être menées et aboutir…

>>Lire aussi: Le Maroc peine à réduire son déficit commercial

Le Maroc devient moins performant à l’export en Afrique

Le 05 juillet 2019 à13:22

Modifié le 05 juillet 2019 à 14:44

Les exportations marocaines vers l’Afrique ont baissé pour la deuxième année consécutive en 2018. En face, les importations depuis le continent sont en forte augmentation. Le Maroc risque de perdre son seul solde commercial continental positif.

Selon les dernières données de l’Office des changes, le Maroc a exporté vers l’Afrique pour 21,57 milliards de DH de marchandises en 2018. Un chiffre en baisse de 2,4% par rapport à 2017 et de 4% par rapport à 2016. Autant dire qu’il y a une tendance baissière qui risque de s’installer.

L’Afrique ne représente plus que 7,8% des exportations marocaines qui ont, pour rappel, progressé de 10,6% en 2018 pour atteindre 275,2 milliards de DH.

En face, les importations marocaines depuis l’Afrique ont fortement augmenté : +24,7%, à 18,9 milliards de DH.

Le continent représente désormais 3,9% des importations marocaines qui ont progressé de 9,8% pour atteindre 481 milliards de DH.

A l’origine de ces évolutions, une baisse des exportations des engrais et dans une moindre mesure du sucre raffiné et des lubrifiants ; et une hausse des importations de gaz et de pétrole, de dattes, de cobalt, de café et d’appareils audiovisuels.

Par pays, la baisse des exportations est plus prononcée avec l’Algérie, le Nigéria et le Ghana. Et la hausse des importations est plus prononcée depuis l’Algérie, l’Egypte, la Tunisie, le Congo et la Libye.

Un excédent commercial qui a chuté de 60% en 2 ans

Sur le plan du commerce international, le Maroc est déficitaire avec tous les continents sauf l’Afrique qui affiche un excédent de 2,64 milliards de DH. Cet excédent a fortement baissé puisqu’il s’élevait à 6,67 milliards de DH en 2016. Si la tendance des importations et des exportations africaines se poursuit, le Maroc risque de devenir déficitaire avec toutes les régions du monde.

Comment se fait-il que le Maroc soit devenu moins performant à l’export alors que l’Afrique a enregistré une croissance économique de 3,5% en 2018 ? Qui plus est, plusieurs pays africains partenaires affichent les meilleures croissances du continent comme l’Ethiopie et le Kenya (engrais), le Sénégal et la Côte d’Ivoire…

Certes, la nature des produits importés et exportés peut expliquer ces variations. Le Maroc est dépendant énergétiquement et ses importations de gaz et de pétrole peuvent augmenter sensiblement en cas de hausse des cours. De même, la demande d’engrais peut se montrer volatile en fonction des aléas climatiques.

Par ailleurs, de grosses quantités de marchandises sont acheminées vers le continent peuvent échapper aux radars des autorités.

Le Maroc est appelé à bien se positionner

Il n’empêche que l’Afrique a d’énormes besoins en termes de produits de consommation et d’équipement et de demi-produits. Le Maroc doit bien se positionner pour en combler une bonne partie.

Des acteurs comme l’OCP ont pris les devants en lançant la construction d’usines dans des pays africains qui traiteront les phosphates marocains et en menant un travail de sensibilisation et d’assistance des agriculteurs pour encourager l’utilisation des engrais. Mais cet effort doit être porté par tous les acteurs publics et privés.

Le Maroc compte certes sur la mise en place de la zone de libre-échange continentale africaine pour booster son commerce avec le continent. La ratification de l’accord de création de cette zone par le Maroc vient d’ailleurs d’être publiée au Bulletin officiel.

Mais il reste un long processus à mener pour que la zone devienne une réalité. En plus de la ratification par au moins 22 pays, les négociations sur les produits à exclure du démantèlement tarifaire et les produits dont les barrières douanières seront levées progressivement doivent continuer à être menées et aboutir…

>>Lire aussi: Le Maroc peine à réduire son déficit commercial

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