Le PAM risque la scission en deux partis à cause de sa crise interne

En attendant la décision de justice qui devra entériner ou annuler l’élection de Samir Goudar à la tête de la commission préparatoire du 4ème congrès du PAM, les pro et anti Benchamach continuent de se livrer une guerre intestine. Appelés à commenter la crise actuelle qui pourrait déboucher sur la division du parti en deux entités distinctes, une personnalité de chacun des deux clans nous explique les ressorts de leur démarche que certains n’hésitent pas à qualifier de suicidaire.

Le PAM risque la scission en deux partis à cause de sa crise interne Deux directions pour un seul parti

Le 31 juillet 2019 à 16:29

Modifié le 31 juillet 2019 à 19:44

"Appel de l’Avenir" contre "Courant de la légalité", tel pourrait être le titre du feuilleton qui se joue actuellement au PAM et dont le dernier épisode pourrait bien se finir par la mort du parti.

S’il faudra attendre le verdict des législatives de 2021 pour connaître son futur poids politique et in fine savoir s’il survivra à ses divisions, l’intention de chacun des deux clans d’organiser un congrès pour renouveler ses instances pose aussi la question de savoir laquelle des 2 directions sera légitime ?

Risque d’explosion ou pas, le congrès des détracteurs aura bien lieu

Sollicité à ce propos par Médias24, Abdellatif Ouahbi, membre du bureau politique et un des chefs de file des détracteurs du secrétaire général Hakim Benchamach, ne semble pas du tout inquiet par la situation actuelle.

"En attendant la décision du tribunal d’annuler ou pas l’élection du président de la commission préparatoire du congrès, Samir Goudar, les signataires de l’appel de l’avenir restent déterminés à organiser le 4ème congrès ordinaire du PAM du 27 au 29 septembre prochain.

"Sachant qu’il ne rendra son verdict qu’en septembre et que notre courant majoritaire au sein du parti est persuadé du bien-fondé de sa démarche et d’un verdict en sa faveur, la commission préparatoire multiplie les réunions pour que ce congrès se tienne à ces dates", déclare Ouahbi qui est avocat de profession.

Sur l’éventualité, de plus en plus probable, qu’un autre congrès soit organisé presqu'en même temps par le clan de l’actuel secrétaire général et que le parti se scinde en deux entités distinctes, notre interlocuteur ne semble pas y avoir réfléchi et ne nous apporte aucune réponse claire ou réaction à cette éventualité.

"Quoi qu’il arrive, notre congrès aura lieu et s’il doit y en avoir deux, je ne sais pas encore quelle sera notre réponse", temporise Ouahbi en ajoutant ne pas savoir si le PAM implosera à cette occasion.

A la question de savoir si cela occasionnerait une perte d’électeurs au moment des législatives de 2021, l’avocat s’énerve en affirmant que ce sont des supputations de journalistes.

"Au final, quelle que soit la décision de justice, nous irons au congrès. Et si elle doit nous donner tort, nous aviserons à ce moment mais pour l’instant, notre priorité est d’organiser ce rendez-vous pour élire une nouvelle direction à même de nous mener à la victoire en 2021", conclut Me Ouahbi.

En d’autres termes, la probabilité d’une réconciliation pour organiser un seul congrès ne semble pas du tout d’actualité et la scission du PAM en deux directions distinctes n’est pas du tout à exclure.

Malgré notre insistance, le secrétaire général M. Benchamach n’a pas souhaité réagir à un tel scénario mais un de ses proches a accepté, sous couvert d’anonymat, de revenir sur une crise jugée nécessaire même si elle doit faire perdre du temps et minorer les chances de gagner le scrutin de 2021 qui n’est pas une fin en soi.

Une épuration indispensable pour redevenir crédibles

"Le deuxième congrès annoncé à grand renfort de publicité n’aura pas lieu pour la simple et bonne raison qu’il ne peut pas être organisé avant que la décision du tribunal ne soit prise. D’ici là, seul le courant légaliste et légitime incarné par l’actuelle direction est en mesure d’organiser ce rendez-vous

"A cet effet, c’est Ahmed Touhami qui a été désigné, dimanche 28 juillet, président de la commission préparatoire du congrès. Contrairement à la pseudo-élection de Samir Goudar, sa désignation s’est faite dans la légalité avec la présence d’un huissier qui a validé les résultats du vote.

"D’un côté, il y a une direction élue avec des instances reconnues par tous et de l’autre, des gens qui ont usurpé lors d’une réunion la présidence de la commission préparatoire avant de se faire exclure des rangs du parti.

"Certains pensent que cette situation signe la fin du PAM mais ils se trompent car, selon moi, ce clivage et l’épuration qui s’en est suivie est nécessaire voire primordial pour l’avenir du parti.

"Nous faisons face à des personnes qui utilisent la vie politique à des fins personnelles et d’autres qui veulent continuer à construire ce parti qui n’est certes pas parfait mais qui est sur la bonne voie.

"Cela ne pourra se faire qu’à travers le respect des institutions et la responsabilité couplée à la reddition des comptes", explique notre source qui exclut donc toute explosion du parti.

"Les gens qui ont été exclus récemment du parti sont disqualifiés pour parler en son nom ce qui en d’autres termes veut dire qu’ils n’ont donc aucune légitimité pour organiser un congrès.

"C’est notamment le cas de M. Akhchichine dont la participation au PAM vient d’être gelée", cite notre interlocuteur qui réfute tout caractère opportuniste de cette mesure de gel.

Le scrutin de 2021 n’est pas une fin en soi

"A mon sens, la foire d’empoigne qui se déroule actuellement au sein de nos rangs et les soubresauts internes qui s’éternisent sont normaux voire même indispensables à notre survie.

"Tous les partis devraient passer par cette étape pour repartir d’un bon pied et j’espère que la situation interne du PAM sera à l’origine d’une dynamique transversale pour tout le champ politique.

"J’en veux pour preuve le fait que l’ensemble des Marocains ne croient plus aux partis politiques y compris et surtout ceux qui prétendent que tout va pour le mieux.

"Le scrutin de 2021 n’est ni une fatalité ni une fin en soi. Il faut espérer que le PAM aura réglé tous ses problèmes d’ici-là mais sur l’essentiel, on ne peut plus tergiverser et un grand ménage s’impose.

"Soit on achève la moralisation et l’épuration en cours ou alors ce n’est vraiment pas la peine d’avoir le culot de se présenter devant les électeurs la bouche en cœur", conclut le dirigeant en insistant sur le fait que c’est le moment ou jamais d’exclure les gens qui trainent des casseroles du parti.

Le prochain épisode devrait donc avoir lieu lorsque la décision finale de la justice sera prononcée au courant du mois de septembre prochain, selon nos sources.

Tags : Pam
Deux directions pour un seul parti

Le PAM risque la scission en deux partis à cause de sa crise interne

Le 31 juillet 2019 à16:29

Modifié le 31 juillet 2019 à 19:44

En attendant la décision de justice qui devra entériner ou annuler l’élection de Samir Goudar à la tête de la commission préparatoire du 4ème congrès du PAM, les pro et anti Benchamach continuent de se livrer une guerre intestine. Appelés à commenter la crise actuelle qui pourrait déboucher sur la division du parti en deux entités distinctes, une personnalité de chacun des deux clans nous explique les ressorts de leur démarche que certains n’hésitent pas à qualifier de suicidaire.

"Appel de l’Avenir" contre "Courant de la légalité", tel pourrait être le titre du feuilleton qui se joue actuellement au PAM et dont le dernier épisode pourrait bien se finir par la mort du parti.

S’il faudra attendre le verdict des législatives de 2021 pour connaître son futur poids politique et in fine savoir s’il survivra à ses divisions, l’intention de chacun des deux clans d’organiser un congrès pour renouveler ses instances pose aussi la question de savoir laquelle des 2 directions sera légitime ?

Risque d’explosion ou pas, le congrès des détracteurs aura bien lieu

Sollicité à ce propos par Médias24, Abdellatif Ouahbi, membre du bureau politique et un des chefs de file des détracteurs du secrétaire général Hakim Benchamach, ne semble pas du tout inquiet par la situation actuelle.

"En attendant la décision du tribunal d’annuler ou pas l’élection du président de la commission préparatoire du congrès, Samir Goudar, les signataires de l’appel de l’avenir restent déterminés à organiser le 4ème congrès ordinaire du PAM du 27 au 29 septembre prochain.

"Sachant qu’il ne rendra son verdict qu’en septembre et que notre courant majoritaire au sein du parti est persuadé du bien-fondé de sa démarche et d’un verdict en sa faveur, la commission préparatoire multiplie les réunions pour que ce congrès se tienne à ces dates", déclare Ouahbi qui est avocat de profession.

Sur l’éventualité, de plus en plus probable, qu’un autre congrès soit organisé presqu'en même temps par le clan de l’actuel secrétaire général et que le parti se scinde en deux entités distinctes, notre interlocuteur ne semble pas y avoir réfléchi et ne nous apporte aucune réponse claire ou réaction à cette éventualité.

"Quoi qu’il arrive, notre congrès aura lieu et s’il doit y en avoir deux, je ne sais pas encore quelle sera notre réponse", temporise Ouahbi en ajoutant ne pas savoir si le PAM implosera à cette occasion.

A la question de savoir si cela occasionnerait une perte d’électeurs au moment des législatives de 2021, l’avocat s’énerve en affirmant que ce sont des supputations de journalistes.

"Au final, quelle que soit la décision de justice, nous irons au congrès. Et si elle doit nous donner tort, nous aviserons à ce moment mais pour l’instant, notre priorité est d’organiser ce rendez-vous pour élire une nouvelle direction à même de nous mener à la victoire en 2021", conclut Me Ouahbi.

En d’autres termes, la probabilité d’une réconciliation pour organiser un seul congrès ne semble pas du tout d’actualité et la scission du PAM en deux directions distinctes n’est pas du tout à exclure.

Malgré notre insistance, le secrétaire général M. Benchamach n’a pas souhaité réagir à un tel scénario mais un de ses proches a accepté, sous couvert d’anonymat, de revenir sur une crise jugée nécessaire même si elle doit faire perdre du temps et minorer les chances de gagner le scrutin de 2021 qui n’est pas une fin en soi.

Une épuration indispensable pour redevenir crédibles

"Le deuxième congrès annoncé à grand renfort de publicité n’aura pas lieu pour la simple et bonne raison qu’il ne peut pas être organisé avant que la décision du tribunal ne soit prise. D’ici là, seul le courant légaliste et légitime incarné par l’actuelle direction est en mesure d’organiser ce rendez-vous

"A cet effet, c’est Ahmed Touhami qui a été désigné, dimanche 28 juillet, président de la commission préparatoire du congrès. Contrairement à la pseudo-élection de Samir Goudar, sa désignation s’est faite dans la légalité avec la présence d’un huissier qui a validé les résultats du vote.

"D’un côté, il y a une direction élue avec des instances reconnues par tous et de l’autre, des gens qui ont usurpé lors d’une réunion la présidence de la commission préparatoire avant de se faire exclure des rangs du parti.

"Certains pensent que cette situation signe la fin du PAM mais ils se trompent car, selon moi, ce clivage et l’épuration qui s’en est suivie est nécessaire voire primordial pour l’avenir du parti.

"Nous faisons face à des personnes qui utilisent la vie politique à des fins personnelles et d’autres qui veulent continuer à construire ce parti qui n’est certes pas parfait mais qui est sur la bonne voie.

"Cela ne pourra se faire qu’à travers le respect des institutions et la responsabilité couplée à la reddition des comptes", explique notre source qui exclut donc toute explosion du parti.

"Les gens qui ont été exclus récemment du parti sont disqualifiés pour parler en son nom ce qui en d’autres termes veut dire qu’ils n’ont donc aucune légitimité pour organiser un congrès.

"C’est notamment le cas de M. Akhchichine dont la participation au PAM vient d’être gelée", cite notre interlocuteur qui réfute tout caractère opportuniste de cette mesure de gel.

Le scrutin de 2021 n’est pas une fin en soi

"A mon sens, la foire d’empoigne qui se déroule actuellement au sein de nos rangs et les soubresauts internes qui s’éternisent sont normaux voire même indispensables à notre survie.

"Tous les partis devraient passer par cette étape pour repartir d’un bon pied et j’espère que la situation interne du PAM sera à l’origine d’une dynamique transversale pour tout le champ politique.

"J’en veux pour preuve le fait que l’ensemble des Marocains ne croient plus aux partis politiques y compris et surtout ceux qui prétendent que tout va pour le mieux.

"Le scrutin de 2021 n’est ni une fatalité ni une fin en soi. Il faut espérer que le PAM aura réglé tous ses problèmes d’ici-là mais sur l’essentiel, on ne peut plus tergiverser et un grand ménage s’impose.

"Soit on achève la moralisation et l’épuration en cours ou alors ce n’est vraiment pas la peine d’avoir le culot de se présenter devant les électeurs la bouche en cœur", conclut le dirigeant en insistant sur le fait que c’est le moment ou jamais d’exclure les gens qui trainent des casseroles du parti.

Le prochain épisode devrait donc avoir lieu lorsque la décision finale de la justice sera prononcée au courant du mois de septembre prochain, selon nos sources.

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