Le salaire moyen dans la fonction publique passe à 8.000 DH en 2019

Il a augmenté de 32% en dix ans et de 6% par rapport à 2018, notamment suite à la revalorisation des salaires après l’accord du dialogue social. Les fonctionnaires captent 44% des recettes de l’Etat et près de 10% du PIB.

Le salaire moyen dans la fonction publique passe à 8.000 DH en 2019

Le 21 octobre 2019 à 12:41

Modifié le 21 octobre 2019 à 18:32

En 2019, l’Etat compte 564.549 fonctionnaires civils, en baisse de 3,6% par rapport à 2015, année de rupture de la tendance à la hausse de l’effectif. C’est ce que précise le dernier rapport sur les ressources humaines accompagnant le projet de loi de finances 2020.

La baisse est due à l’augmentation des départs à la retraite et au recours au recrutement régional dans le secteur de l’éducation. Et ce, malgré la création de plus de 94.000 postes, hormis les 70.000 créés par les académies régionales d’éducation.

Le Maroc compte ainsi 16 fonctionnaires civils pour 1.000 habitants, un niveau comparable aux autres pays. Les fonctionnaires représentent moins de 5% de la population active.

Et pourtant, malgré la baisse de leur nombre, les fonctionnaires coûtent de plus en plus cher à la collectivité. La masse salariale de l’Etat s’élève en 2019 à 112,16 milliards de DH, en hausse de 9% par rapport à 2015.

C’est l’équivalent de 9,7% du PIB, 31,5% du budget général de l’Etat et 44,3% de ses recettes ordinaires.

"Cet indicateur demeure élevé comparativement à celui enregistré dans la région Mena et également dans les pays de l’OCDE", note le rapport dont les rédacteurs estiment que ce niveau bride la capacité d'investissement de l'Etat.

Et encore, les 112 milliards de DH de masse salariale en 2019 sont une prévision de la loi de Finances. Cette prévision n’inclut pas l’impact de la revalorisation salariale appliquée suite à l’accord du dialogue social d’avril dernier et dont le coût relatif à cette année s’élève à 6 milliards de DH. De plus, cette masse n’inclut pas la charge patronale de cotisation à la retraite et à l’assurance maladie.

Salaires supérieurs aux moyens du pays pour une productivité limitée

Cette situation s’explique par un seul facteur : la multiplication des promotions et avancements mais surtout des révisions salariales dans le cadre du dialogue social.

D’ailleurs, suite au dernier accord d’avril 2019, le salaire mensuel net moyen dans la fonction publique est passé à 8 000 DH, en hausse de 6% par rapport à 2018. Et il devrait continuer à augmenter vu que l'application de l'accord du dialogue social est étalée jusqu'en 2021.

En dix ans, ce salaire moyen a donc augmenté de 32,2%, soit 2,8% en moyenne annuelle. C’est beaucoup plus que l’inflation. C’est aussi 3 fois le PIB par habitant et 5 fois et demie le montant moyen des dépenses de consommation des Marocains.

Le salaire minimum dans la fonction publique est passé à 3 041 DH en 2019. Mais il faut savoir que 62% des fonctionnaires perçoivent plus de 6 000 DH par mois.

Les fonctionnaires des échelles 10 et plus ont un salaire moyen de 9 571 DH, ceux des échelles 7 à 9, un salaire de 5 501 DH et ceux des échelles 6 et moins, 4 647 DH.

Le salaire moyen le plus élevé est dans le département de la Justice (11 710 DH), suivi de celui de la Santé (10 045 DH), l’éducation nationale (9 421 DH), l’économie et les finances (7 829 DH) et l’Intérieur (6 873 DH).

Les rémunérations dans la fonction publique sont ainsi largement supérieures à celles dans le secteur privé et aux performances économiques du pays. Surtout, l’amélioration de l’efficacité de l’administration dont dépend cette performance économique ne suit pas.

Le tiers des fonctionnaires est proche de la retraite

Pour rappel, près de 50% des fonctionnaires civils travaillent dans le département de l’Education nationale, 23% dans le ministère de l’Intérieur et 9,5% dans celui de la Santé.

65% sont des cadres (échelles 10 et plus) contre 50% il y a dix ans suite aux avancements de grade et au recrutement de plus en plus de cadres.

Le tiers a plus de 50 ans, d’où l’augmentation des départs à la retraite qui vont se poursuivre: 70.000 personnes entre 2019 et 2024, dont une grande partie d’enseignants (40.000).

La répartition spatiale des fonctionnaires montre de grandes disparités entre les régions: 70% se concentrent au niveau de Rabat-Salé Kénitra, Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Marrakech-Safi et Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

De même, la masse salariale est concentrée à 78% dans ces régions en plus du Souss-Massa. Et la corrélation est faible entre niveau de dépenses du personnel et création de richesse : Casablanca qui génère 32% du PIB ne concentre que 16% de la masse salariale de l’Etat.

Lire aussi: PLF 2020: voici le détail du budget général de l'Etat

Le salaire moyen dans la fonction publique passe à 8.000 DH en 2019

Le 21 octobre 2019 à12:41

Modifié le 21 octobre 2019 à 18:32

Il a augmenté de 32% en dix ans et de 6% par rapport à 2018, notamment suite à la revalorisation des salaires après l’accord du dialogue social. Les fonctionnaires captent 44% des recettes de l’Etat et près de 10% du PIB.

En 2019, l’Etat compte 564.549 fonctionnaires civils, en baisse de 3,6% par rapport à 2015, année de rupture de la tendance à la hausse de l’effectif. C’est ce que précise le dernier rapport sur les ressources humaines accompagnant le projet de loi de finances 2020.

La baisse est due à l’augmentation des départs à la retraite et au recours au recrutement régional dans le secteur de l’éducation. Et ce, malgré la création de plus de 94.000 postes, hormis les 70.000 créés par les académies régionales d’éducation.

Le Maroc compte ainsi 16 fonctionnaires civils pour 1.000 habitants, un niveau comparable aux autres pays. Les fonctionnaires représentent moins de 5% de la population active.

Et pourtant, malgré la baisse de leur nombre, les fonctionnaires coûtent de plus en plus cher à la collectivité. La masse salariale de l’Etat s’élève en 2019 à 112,16 milliards de DH, en hausse de 9% par rapport à 2015.

C’est l’équivalent de 9,7% du PIB, 31,5% du budget général de l’Etat et 44,3% de ses recettes ordinaires.

"Cet indicateur demeure élevé comparativement à celui enregistré dans la région Mena et également dans les pays de l’OCDE", note le rapport dont les rédacteurs estiment que ce niveau bride la capacité d'investissement de l'Etat.

Et encore, les 112 milliards de DH de masse salariale en 2019 sont une prévision de la loi de Finances. Cette prévision n’inclut pas l’impact de la revalorisation salariale appliquée suite à l’accord du dialogue social d’avril dernier et dont le coût relatif à cette année s’élève à 6 milliards de DH. De plus, cette masse n’inclut pas la charge patronale de cotisation à la retraite et à l’assurance maladie.

Salaires supérieurs aux moyens du pays pour une productivité limitée

Cette situation s’explique par un seul facteur : la multiplication des promotions et avancements mais surtout des révisions salariales dans le cadre du dialogue social.

D’ailleurs, suite au dernier accord d’avril 2019, le salaire mensuel net moyen dans la fonction publique est passé à 8 000 DH, en hausse de 6% par rapport à 2018. Et il devrait continuer à augmenter vu que l'application de l'accord du dialogue social est étalée jusqu'en 2021.

En dix ans, ce salaire moyen a donc augmenté de 32,2%, soit 2,8% en moyenne annuelle. C’est beaucoup plus que l’inflation. C’est aussi 3 fois le PIB par habitant et 5 fois et demie le montant moyen des dépenses de consommation des Marocains.

Le salaire minimum dans la fonction publique est passé à 3 041 DH en 2019. Mais il faut savoir que 62% des fonctionnaires perçoivent plus de 6 000 DH par mois.

Les fonctionnaires des échelles 10 et plus ont un salaire moyen de 9 571 DH, ceux des échelles 7 à 9, un salaire de 5 501 DH et ceux des échelles 6 et moins, 4 647 DH.

Le salaire moyen le plus élevé est dans le département de la Justice (11 710 DH), suivi de celui de la Santé (10 045 DH), l’éducation nationale (9 421 DH), l’économie et les finances (7 829 DH) et l’Intérieur (6 873 DH).

Les rémunérations dans la fonction publique sont ainsi largement supérieures à celles dans le secteur privé et aux performances économiques du pays. Surtout, l’amélioration de l’efficacité de l’administration dont dépend cette performance économique ne suit pas.

Le tiers des fonctionnaires est proche de la retraite

Pour rappel, près de 50% des fonctionnaires civils travaillent dans le département de l’Education nationale, 23% dans le ministère de l’Intérieur et 9,5% dans celui de la Santé.

65% sont des cadres (échelles 10 et plus) contre 50% il y a dix ans suite aux avancements de grade et au recrutement de plus en plus de cadres.

Le tiers a plus de 50 ans, d’où l’augmentation des départs à la retraite qui vont se poursuivre: 70.000 personnes entre 2019 et 2024, dont une grande partie d’enseignants (40.000).

La répartition spatiale des fonctionnaires montre de grandes disparités entre les régions: 70% se concentrent au niveau de Rabat-Salé Kénitra, Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Marrakech-Safi et Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

De même, la masse salariale est concentrée à 78% dans ces régions en plus du Souss-Massa. Et la corrélation est faible entre niveau de dépenses du personnel et création de richesse : Casablanca qui génère 32% du PIB ne concentre que 16% de la masse salariale de l’Etat.

Lire aussi: PLF 2020: voici le détail du budget général de l'Etat

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