Défaillant, le système de notation des fonctionnaires sur la sellette

Le ministère de la réforme de l'administration et de la fonction publique a réalisé une étude sur le système de notation utilisé pour évaluer les fonctionnaires. Les résultats sont alarmants. Le système sera révisé.

Le système de notation des fonctionnaires sur la sellette

Le 09 avril 2019 à 16:51

Modifié le 16 avril 2019 à 15:07

D'après l'étude réalisée sur la période 2012-2016, et dont Médias 24 détient copie, les fonctionnaires marocains ont obtenu une note moyenne de 18,58 sur 20 sur la base de ce système de notation.

Les meilleurs sont employés par le département de la formation professionnelle, avec une moyenne de 19,78 et ceux du ministère chargé des MRE, avec 19,76.

Ils sont suivis par les fonctionnaires du secrétariat d'Etat chargé de la pêche maritime (19,26) et des ministères chargé des relations avec le Parlement et de la Famille, avec une moyenne de 19,24/20.

Au terme de l'évaluation, les magistrats et les médecins ont obtenu une moyenne de 20/20! Les moyennes des autres corps administratifs oscillent entre 18 et 19/20.

Des résultats aberrants et en total déphasage avec la réalité de la fonction publique au Maroc. Les méthodes d'évaluation adoptées sont ainsi remises en question.

C'est le constat tiré de l'étude, qui conclut à la nécessité de revoir le système de notation comme mode d’évaluation des fonctionnaires.

Les lacunes relevées par l'étude

Si l'on se réfère au décret 2.05.1367 (décembre 2005) fixant la procédure de notation et d'évaluation des fonctionnaires des administrations publiques, le système est fondé sur:

- la fixation de cinq éléments de notation : les tâches et les exigences professionnelles ; le rendement ; la compétence et la capacité d'organisation ; la discipline ; et les efforts déployés en matière de recherche et d'innovation.

- l'évaluation du fonctionnaire, une fois au moins tous les deux ans, et à l'occasion de la titularisation et de l'avancement de grade.

Cette évaluation, assurée par les chefs d'administration, doit être réalisée à travers un entretien et des notes chiffrées de 0 à 20 attribuées au fonctionnaire pour chaque élément de notation.

Or, dans la pratique, le système n'est pas complètement mis en œuvre. De plus, l'étude du département de Benabdelkader pointe un manque d'objectivité de la part des évaluateurs et des critères d'évaluation "flous".

En effet, les fonctionnaires approchés par les auteurs de l'étude regrettent un "manque d'objectivité" et considèrent que certains critères définis par la fiche (rendement, discipline, recherche et innovation…) restent "flous et difficiles à appliquer, en l’absence de règlement permettant le suivi individuel de chaque fonctionnaire".

Ils déplorent également un manque d’informations permettant aux chefs d'administrations de noter selon ces critères. De ce fait, l'avancement de grade est souvent accordé sans prendre en compte la compétence et le mérite.

Selon la même étude, le système de notation actuel fait l’objet de réclamations et de critiques des fonctionnaires, qui s’opposent souvent à la note accordée par leurs chefs, ce qui pousse ces derniers à leur accorder des notes avoisinant 20/20.

De plus, l'évaluation par entretien n'a pas encore été activée, en raison du manque de conditions objectives pour son application. L'étude pointe aussi l'absence de formation dédiée aux évaluateurs concernant le processus d'évaluation.

Selon le ministère de la réforme de l'Administration, ce système de notation lacunaire sera révisé dans le cadre de la vision stratégique pour un nouveau modèle de la fonction publique.

Défaillant, le système de notation des fonctionnaires sur la sellette

Le 09 avril 2019 à16:54

Modifié le 16 avril 2019 à 15:07

Le ministère de la réforme de l'administration et de la fonction publique a réalisé une étude sur le système de notation utilisé pour évaluer les fonctionnaires. Les résultats sont alarmants. Le système sera révisé.

D'après l'étude réalisée sur la période 2012-2016, et dont Médias 24 détient copie, les fonctionnaires marocains ont obtenu une note moyenne de 18,58 sur 20 sur la base de ce système de notation.

Les meilleurs sont employés par le département de la formation professionnelle, avec une moyenne de 19,78 et ceux du ministère chargé des MRE, avec 19,76.

Ils sont suivis par les fonctionnaires du secrétariat d'Etat chargé de la pêche maritime (19,26) et des ministères chargé des relations avec le Parlement et de la Famille, avec une moyenne de 19,24/20.

Au terme de l'évaluation, les magistrats et les médecins ont obtenu une moyenne de 20/20! Les moyennes des autres corps administratifs oscillent entre 18 et 19/20.

Des résultats aberrants et en total déphasage avec la réalité de la fonction publique au Maroc. Les méthodes d'évaluation adoptées sont ainsi remises en question.

C'est le constat tiré de l'étude, qui conclut à la nécessité de revoir le système de notation comme mode d’évaluation des fonctionnaires.

Les lacunes relevées par l'étude

Si l'on se réfère au décret 2.05.1367 (décembre 2005) fixant la procédure de notation et d'évaluation des fonctionnaires des administrations publiques, le système est fondé sur:

- la fixation de cinq éléments de notation : les tâches et les exigences professionnelles ; le rendement ; la compétence et la capacité d'organisation ; la discipline ; et les efforts déployés en matière de recherche et d'innovation.

- l'évaluation du fonctionnaire, une fois au moins tous les deux ans, et à l'occasion de la titularisation et de l'avancement de grade.

Cette évaluation, assurée par les chefs d'administration, doit être réalisée à travers un entretien et des notes chiffrées de 0 à 20 attribuées au fonctionnaire pour chaque élément de notation.

Or, dans la pratique, le système n'est pas complètement mis en œuvre. De plus, l'étude du département de Benabdelkader pointe un manque d'objectivité de la part des évaluateurs et des critères d'évaluation "flous".

En effet, les fonctionnaires approchés par les auteurs de l'étude regrettent un "manque d'objectivité" et considèrent que certains critères définis par la fiche (rendement, discipline, recherche et innovation…) restent "flous et difficiles à appliquer, en l’absence de règlement permettant le suivi individuel de chaque fonctionnaire".

Ils déplorent également un manque d’informations permettant aux chefs d'administrations de noter selon ces critères. De ce fait, l'avancement de grade est souvent accordé sans prendre en compte la compétence et le mérite.

Selon la même étude, le système de notation actuel fait l’objet de réclamations et de critiques des fonctionnaires, qui s’opposent souvent à la note accordée par leurs chefs, ce qui pousse ces derniers à leur accorder des notes avoisinant 20/20.

De plus, l'évaluation par entretien n'a pas encore été activée, en raison du manque de conditions objectives pour son application. L'étude pointe aussi l'absence de formation dédiée aux évaluateurs concernant le processus d'évaluation.

Selon le ministère de la réforme de l'Administration, ce système de notation lacunaire sera révisé dans le cadre de la vision stratégique pour un nouveau modèle de la fonction publique.

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