Légère baisse des prix des volailles, retour à une situation normale mi-novembre

Après une flambée en septembre, les prix du poulet de chair et de la dinde commencent à baisser. Un retour à des prix de crise est attendu vers la fin du mois de décembre. La production des poussins, elle, reprend face une hausse de la demande. 

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Légère baisse des prix des volailles, retour à une situation normale mi-novembre

Le 28 octobre 2020 à 11:25

Modifié le 28 octobre 2020 à 11:32

Après un pic exceptionnel, le prix du poulet de chair commence à baisser, apprend Médias 24 auprès de Abderrahmane Ryadi, secrétaire général de l'Association des producteurs de volailles (APV).

"Actuellement, le prix du poulet vif, sortie ferme, varie entre 14 DH/kg et 14,5 DH/kg. Il est encore un peu élevé pour le consommateur, mais la tendance est à la baisse. Nous prévoyons un retour à des prix normaux vers la mi-novembre. Ceux-ci s'établiront entre 11 ou 12 DH/kg, un niveau que nous estimons équitable tant pour le consommateur que pour le producteur".

Pour ce qui est de la dinde, "le prix, sortie ferme, varie entre 17,5 DH/kg et 18 DH/kg, son prix de revient étant plus élevé que celui du poulet de chair".

Notons que chez les Riachat, le consommateur final débourse entre 2 à 4 DH de plus, une marge qui leur permet de couvrir leurs charges (eau, électricité, loyer....).

Notre source prévoit "un retour à des prix de crise, en dessous des prix de revient, vers la fin du mois de décembre/ début janvier pour le poulet de chair et la dinde. Le schéma qu'on avait annoncé est donc en train de s'exécuter".

En effet, dans un article précédent, M. Ryadi nous avait confié que la flambée des prix qu'ont connu les viandes de volailles en septembre est temporaire. Celle-ci est due à l’énorme baisse des prix enregistrée entre mars et août. 

Importation de poussins : les précisions

Il y a quelques jours, l’ANCP, association nationale des producteurs de poulet de chair, a appelé à revoir à la baisse les droits de douane appliqués sur le poussin chair importé de l’étranger, prétextant que la récente hausse des prix du poulet de chair est en partie due au fait que ces frais soient très élevés. L'information a été reprise par certains journaux arabophones, suscitant l'indignation de certains éleveurs et consommateurs. 

Réagissant à ce sujet, Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa), n'a pas caché sa colère. "Il est inconcevable de demander des choses qu’on a obtenues depuis 2010" a-t-il martelé.

"La Fisa et ses associations membres sont régies par les dispositions de la loi 03-12, relative aux interprofessions agricoles et halieutiques. La Fisa est donc reconnue comme étant une interprofession agricole. Cela veut dire que pour nos différents services, production de poulet de chair, production d’œufs, aliment, et abattoirs... nous avons un minimum de représentativité, et nous sommes contrôlés par le gouvernement".

"Par exemple, environ 70% des éleveurs du poulet de chair au Maroc adhèrent à l'APV, membre de la Fisa. Sur l’aliment et les abattoirs, nous sommes à 90%. Pour qu'une association prenne la parole, elle doit donc être représentative, et la seule association reconnue représentative des éleveurs c'est l'APV", a-t-il ajouté 

"Donc, d'un côté, cette association (ANCP, NDLR) n’est pas membre de la Fisa, et d'un autre, il n'y a pas de droits de douane sur l'importation des poussins. Chaque éleveur est libre d’importer des poussins de l’étranger, s’il estime qu'ils sont de meilleure qualité, moins chers ou autres, avec 0% de droits de douane, comme il peut s’en procurer localement".   

Rappelons que la capacité de production au Maroc est d’environ 11 millions de poussins par semaine. La production a baissé de moitié durant les mois précédents, face à une demande en baisse de plus 40% (fermeture des hôtels, des restaurants, des réfectoires et cantines, et des salles de fêtes, ainsi qu'à l'arrêt des événements), "mais elle commence à reprendre", souligne le président de l'APV.

Les grands projets du secteur encore à la traine

Dans un communiqué précédent, la Fédération avait expliqué que la fluctuation des prix dans le secteur va perdurer tant que les mesures prévues pour la mise à niveau des circuits de commercialisation et de distribution des volailles n'ont pas été mises en oeuvre. Il s'agit notamment de la construction du nouveau marché de gros de volailles de Casablanca, et de la réhabilitation des tueries traditionnelles (Riachat). Deux grands projets qui sont à la traîne, d'après M. Alaoui, qui se dit déçu.

"Au Maroc il y a 15.000 Riachat. Nous avons déjà signé une convention avec les ministères de l'Agriculture, de l'Industrie et de l'Intérieur, pour la mise à niveau d'un premier groupe de 2.300 points de vente (réparties sur l'ensemble du territoire, NLDR), avec une subvention de 30.000 DH", pour chacune des Riachat.

"Tout est prêt, mais la commission chargée de désigner ces 2.300 points de vente ne s'est toujours pas réunie, ce qui retarde énormément le projet". 

Rappelons que les modalités de réhabilitation de ces Riahat ont été assouplies par une circulaire conjointe publiée le 3 mai 2019 par les ministères de l'Agriculture et de l'intérieur. Celle-ci intervient après une première circulaire qui date de 2007, dont les modalités étaient jugés contraignantes par les professionnels du secteur, pour faciliter la mise en place de points de vente de qualité. 

Pour ce qui est du nouveau marché de gros, le président de la Fisa nous confie que "tout est prêt pour le démarrage des travaux de construction. Une convention a été signée avec le ministère de l'Agriculture, qui a également attribué le terrain à Ain Jemaâ, et les financements ont été mis en place (10 MDH). Il faut passer à l'oeuvre. On ne peut pas maintenir le marché actuel à Roches Noires. C'est une catastrophe, et tout le monde s'en plaint, notamment les riverains. Les autorités de Casablanca doivent assumer leurs responsabilités et nous laisser travailler. On nous fait perdre du temps, et on nous rend moins compétitif", conclut-il.  

Notons que l’objectif de ce nouveau marché est, entre autres, de séparer la zone d’abattage de celle de la commercialisation. L’actuel équipement sert à la vente au gros et au détail ainsi qu’à l’abattage.

Légère baisse des prix des volailles, retour à une situation normale mi-novembre

Le 28 octobre 2020 à11:32

Modifié le 28 octobre 2020 à 11:32

Après une flambée en septembre, les prix du poulet de chair et de la dinde commencent à baisser. Un retour à des prix de crise est attendu vers la fin du mois de décembre. La production des poussins, elle, reprend face une hausse de la demande. 

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Après un pic exceptionnel, le prix du poulet de chair commence à baisser, apprend Médias 24 auprès de Abderrahmane Ryadi, secrétaire général de l'Association des producteurs de volailles (APV).

"Actuellement, le prix du poulet vif, sortie ferme, varie entre 14 DH/kg et 14,5 DH/kg. Il est encore un peu élevé pour le consommateur, mais la tendance est à la baisse. Nous prévoyons un retour à des prix normaux vers la mi-novembre. Ceux-ci s'établiront entre 11 ou 12 DH/kg, un niveau que nous estimons équitable tant pour le consommateur que pour le producteur".

Pour ce qui est de la dinde, "le prix, sortie ferme, varie entre 17,5 DH/kg et 18 DH/kg, son prix de revient étant plus élevé que celui du poulet de chair".

Notons que chez les Riachat, le consommateur final débourse entre 2 à 4 DH de plus, une marge qui leur permet de couvrir leurs charges (eau, électricité, loyer....).

Notre source prévoit "un retour à des prix de crise, en dessous des prix de revient, vers la fin du mois de décembre/ début janvier pour le poulet de chair et la dinde. Le schéma qu'on avait annoncé est donc en train de s'exécuter".

En effet, dans un article précédent, M. Ryadi nous avait confié que la flambée des prix qu'ont connu les viandes de volailles en septembre est temporaire. Celle-ci est due à l’énorme baisse des prix enregistrée entre mars et août. 

Importation de poussins : les précisions

Il y a quelques jours, l’ANCP, association nationale des producteurs de poulet de chair, a appelé à revoir à la baisse les droits de douane appliqués sur le poussin chair importé de l’étranger, prétextant que la récente hausse des prix du poulet de chair est en partie due au fait que ces frais soient très élevés. L'information a été reprise par certains journaux arabophones, suscitant l'indignation de certains éleveurs et consommateurs. 

Réagissant à ce sujet, Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa), n'a pas caché sa colère. "Il est inconcevable de demander des choses qu’on a obtenues depuis 2010" a-t-il martelé.

"La Fisa et ses associations membres sont régies par les dispositions de la loi 03-12, relative aux interprofessions agricoles et halieutiques. La Fisa est donc reconnue comme étant une interprofession agricole. Cela veut dire que pour nos différents services, production de poulet de chair, production d’œufs, aliment, et abattoirs... nous avons un minimum de représentativité, et nous sommes contrôlés par le gouvernement".

"Par exemple, environ 70% des éleveurs du poulet de chair au Maroc adhèrent à l'APV, membre de la Fisa. Sur l’aliment et les abattoirs, nous sommes à 90%. Pour qu'une association prenne la parole, elle doit donc être représentative, et la seule association reconnue représentative des éleveurs c'est l'APV", a-t-il ajouté 

"Donc, d'un côté, cette association (ANCP, NDLR) n’est pas membre de la Fisa, et d'un autre, il n'y a pas de droits de douane sur l'importation des poussins. Chaque éleveur est libre d’importer des poussins de l’étranger, s’il estime qu'ils sont de meilleure qualité, moins chers ou autres, avec 0% de droits de douane, comme il peut s’en procurer localement".   

Rappelons que la capacité de production au Maroc est d’environ 11 millions de poussins par semaine. La production a baissé de moitié durant les mois précédents, face à une demande en baisse de plus 40% (fermeture des hôtels, des restaurants, des réfectoires et cantines, et des salles de fêtes, ainsi qu'à l'arrêt des événements), "mais elle commence à reprendre", souligne le président de l'APV.

Les grands projets du secteur encore à la traine

Dans un communiqué précédent, la Fédération avait expliqué que la fluctuation des prix dans le secteur va perdurer tant que les mesures prévues pour la mise à niveau des circuits de commercialisation et de distribution des volailles n'ont pas été mises en oeuvre. Il s'agit notamment de la construction du nouveau marché de gros de volailles de Casablanca, et de la réhabilitation des tueries traditionnelles (Riachat). Deux grands projets qui sont à la traîne, d'après M. Alaoui, qui se dit déçu.

"Au Maroc il y a 15.000 Riachat. Nous avons déjà signé une convention avec les ministères de l'Agriculture, de l'Industrie et de l'Intérieur, pour la mise à niveau d'un premier groupe de 2.300 points de vente (réparties sur l'ensemble du territoire, NLDR), avec une subvention de 30.000 DH", pour chacune des Riachat.

"Tout est prêt, mais la commission chargée de désigner ces 2.300 points de vente ne s'est toujours pas réunie, ce qui retarde énormément le projet". 

Rappelons que les modalités de réhabilitation de ces Riahat ont été assouplies par une circulaire conjointe publiée le 3 mai 2019 par les ministères de l'Agriculture et de l'intérieur. Celle-ci intervient après une première circulaire qui date de 2007, dont les modalités étaient jugés contraignantes par les professionnels du secteur, pour faciliter la mise en place de points de vente de qualité. 

Pour ce qui est du nouveau marché de gros, le président de la Fisa nous confie que "tout est prêt pour le démarrage des travaux de construction. Une convention a été signée avec le ministère de l'Agriculture, qui a également attribué le terrain à Ain Jemaâ, et les financements ont été mis en place (10 MDH). Il faut passer à l'oeuvre. On ne peut pas maintenir le marché actuel à Roches Noires. C'est une catastrophe, et tout le monde s'en plaint, notamment les riverains. Les autorités de Casablanca doivent assumer leurs responsabilités et nous laisser travailler. On nous fait perdre du temps, et on nous rend moins compétitif", conclut-il.  

Notons que l’objectif de ce nouveau marché est, entre autres, de séparer la zone d’abattage de celle de la commercialisation. L’actuel équipement sert à la vente au gros et au détail ainsi qu’à l’abattage.

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