Légère détente sur le front du chômage au Maroc en 2019

Baisse du taux de chômage national et urbain, légère baisse du nombre de chômeurs et du taux d’activité, légère hausse du chômage des jeunes dans les villes. Telles sont les principales conclusions des statistiques du chômage et d’emploi à fin 2019, par rapport à l’année précédente.

Légère détente sur le front du chômage au Maroc en 2019

Le 05 février 2020 à 16:15

Modifié le 14 février 2020 à 11:28

En 2019, l’économie marocaine a créé en net 165.000 postes d’emploi (+1,5%). En fait, les statistiques sont pénalisées par la mauvaise année agricole. Car les créations d’emploi ont rarement été aussi nombreuses : 250.000 emplois nets en milieu urbain en 2019, contre 111.000 emplois en 2018.

Parallèlement, 85.000 postes nets ont été perdus en milieu rural, au cours de la même période.

Voici comment se décomposent ces chiffres par secteur :

- Le secteur des services a créé 267.000 emplois.

- Les BTP ont créé 24.000 emplois.

- L’industrie (y compris l’artisanat) a créé 17.000 emplois.

- Le secteur de l’"agriculture, forêt et pêche" a perdu 143.000 emplois.

Le nombre global de chômeurs a baissé de 30.000 personnes au niveau national, s’établissant à 1.107.000 chômeurs.

Entre 2018 et 2019, le nombre de chômeurs est en effet passé de 1.137.000 à 1.107.000 personnes. Il a connu une baisse de 30.000 personnes (-2,6%).

Le taux de chômage est ainsi passé :

- de 9,5% à 9,2% au niveau national ;

- de 13,8% à 12,9% en milieu urbain

- et de 3,6% à 3,7% en milieu rural.

En milieu urbain, le taux de chômage des jeunes de 15-24 ans a légèrement baissé, passant de 41,8% à 39,2%, pour la première fois depuis plusieurs années. Celui des jeunes urbains de 25-34 ans a également reculé, passant de 20,9% à 20,4%.

La baisse du chômage ou son maintien à des niveaux en apparence modérés se fait moyennant :

- un fort taux d’emploi précaire,

- un fort taux de sous-emploi,

- une baisse régulière du taux d’activité, en particulier chez les femmes.

La population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a atteint 385.000 personnes au niveau national, avec un taux de 3,5%. La population en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est de 616.000 personnes (5,7%). 

Au total, 1.001.000 personnes souffrent de sous-emploi aux normes du BIT. Le taux global de sous-emploi est ainsi passé de 9,3% à 9,2%, au niveau national, de 8,4% à 8,3% en milieu urbain et de 10,6% à 10,4% en milieu rural.

Baisse des taux d’activité et d’emploi

En 2019, la situation du marché de travail a été marquée par la persistance de la baisse des taux d'activité et d'emploi.

La population en âge d'activité (15 ans et plus) s'est accrue, par rapport à 2018, à un rythme plus important (+1,6%) que celui de la population active (+1,1%).

Le taux d'emploi a baissé de 41,7% à 41,6% (-0,1 point).

Persistance d’un chômage élevé parmi les jeunes, les femmes et les diplômés

Les taux de chômage les plus élevés sont relevés, en particulier, parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (24,9% contre 7,0% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus), les détenteurs d’un diplôme (15,7% contre 3,1% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme) et les femmes (13,5% contre 7,8% parmi les hommes).

Le taux de chômage des détenteurs d'un diplôme de formation professionnelle est de 22,0%. 

Un chômage de longue durée et de première insertion

Près de 6 chômeurs sur 10 (57,2%) sont à la recherche de leur premier emploi (50,9% parmi les hommes et 69,0% parmi les femmes).

Plus de 2 chômeurs sur 3 (68,2%) sont à la recherche d’un emploi depuis une année ou plus (63,8% parmi les hommes et 76,3% parmi les femmes).

D’un autre côté, 36,2% des chômeurs se sont retrouvés dans cette situation suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur. 

Baisse relative du sous-emploi

Conformément aux recommandations du BIT, le sous-emploi est constitué, selon l’approche de l’Enquête nationale sur l’emploi, de deux composantes, la première liée au nombre d’heures travaillées et la deuxième à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé.

S’agissant de la première composante, la population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a atteint 385.000 personnes au niveau national, avec un taux de 3,5%. La population en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est de 616.000 personnes (5,7%). Au total, le volume du sous-emploi, dans ses deux composantes, est de 1.001.000 personnes au lieu de 1.010.000 personnes, une année auparavant, au niveau national.

Le taux de sous-emploi est, quant à lui, passé de 9,3% à 9,2% au niveau national, de 8,4% à 8,3% en milieu urbain et de 10,6% à 10,4% en milieu rural. (Source: HCP)

Légère détente sur le front du chômage au Maroc en 2019

Le 05 février 2020 à17:35

Modifié le 14 février 2020 à 11:28

Baisse du taux de chômage national et urbain, légère baisse du nombre de chômeurs et du taux d’activité, légère hausse du chômage des jeunes dans les villes. Telles sont les principales conclusions des statistiques du chômage et d’emploi à fin 2019, par rapport à l’année précédente.

En 2019, l’économie marocaine a créé en net 165.000 postes d’emploi (+1,5%). En fait, les statistiques sont pénalisées par la mauvaise année agricole. Car les créations d’emploi ont rarement été aussi nombreuses : 250.000 emplois nets en milieu urbain en 2019, contre 111.000 emplois en 2018.

Parallèlement, 85.000 postes nets ont été perdus en milieu rural, au cours de la même période.

Voici comment se décomposent ces chiffres par secteur :

- Le secteur des services a créé 267.000 emplois.

- Les BTP ont créé 24.000 emplois.

- L’industrie (y compris l’artisanat) a créé 17.000 emplois.

- Le secteur de l’"agriculture, forêt et pêche" a perdu 143.000 emplois.

Le nombre global de chômeurs a baissé de 30.000 personnes au niveau national, s’établissant à 1.107.000 chômeurs.

Entre 2018 et 2019, le nombre de chômeurs est en effet passé de 1.137.000 à 1.107.000 personnes. Il a connu une baisse de 30.000 personnes (-2,6%).

Le taux de chômage est ainsi passé :

- de 9,5% à 9,2% au niveau national ;

- de 13,8% à 12,9% en milieu urbain

- et de 3,6% à 3,7% en milieu rural.

En milieu urbain, le taux de chômage des jeunes de 15-24 ans a légèrement baissé, passant de 41,8% à 39,2%, pour la première fois depuis plusieurs années. Celui des jeunes urbains de 25-34 ans a également reculé, passant de 20,9% à 20,4%.

La baisse du chômage ou son maintien à des niveaux en apparence modérés se fait moyennant :

- un fort taux d’emploi précaire,

- un fort taux de sous-emploi,

- une baisse régulière du taux d’activité, en particulier chez les femmes.

La population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a atteint 385.000 personnes au niveau national, avec un taux de 3,5%. La population en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est de 616.000 personnes (5,7%). 

Au total, 1.001.000 personnes souffrent de sous-emploi aux normes du BIT. Le taux global de sous-emploi est ainsi passé de 9,3% à 9,2%, au niveau national, de 8,4% à 8,3% en milieu urbain et de 10,6% à 10,4% en milieu rural.

Baisse des taux d’activité et d’emploi

En 2019, la situation du marché de travail a été marquée par la persistance de la baisse des taux d'activité et d'emploi.

La population en âge d'activité (15 ans et plus) s'est accrue, par rapport à 2018, à un rythme plus important (+1,6%) que celui de la population active (+1,1%).

Le taux d'emploi a baissé de 41,7% à 41,6% (-0,1 point).

Persistance d’un chômage élevé parmi les jeunes, les femmes et les diplômés

Les taux de chômage les plus élevés sont relevés, en particulier, parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (24,9% contre 7,0% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus), les détenteurs d’un diplôme (15,7% contre 3,1% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme) et les femmes (13,5% contre 7,8% parmi les hommes).

Le taux de chômage des détenteurs d'un diplôme de formation professionnelle est de 22,0%. 

Un chômage de longue durée et de première insertion

Près de 6 chômeurs sur 10 (57,2%) sont à la recherche de leur premier emploi (50,9% parmi les hommes et 69,0% parmi les femmes).

Plus de 2 chômeurs sur 3 (68,2%) sont à la recherche d’un emploi depuis une année ou plus (63,8% parmi les hommes et 76,3% parmi les femmes).

D’un autre côté, 36,2% des chômeurs se sont retrouvés dans cette situation suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur. 

Baisse relative du sous-emploi

Conformément aux recommandations du BIT, le sous-emploi est constitué, selon l’approche de l’Enquête nationale sur l’emploi, de deux composantes, la première liée au nombre d’heures travaillées et la deuxième à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé.

S’agissant de la première composante, la population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a atteint 385.000 personnes au niveau national, avec un taux de 3,5%. La population en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est de 616.000 personnes (5,7%). Au total, le volume du sous-emploi, dans ses deux composantes, est de 1.001.000 personnes au lieu de 1.010.000 personnes, une année auparavant, au niveau national.

Le taux de sous-emploi est, quant à lui, passé de 9,3% à 9,2% au niveau national, de 8,4% à 8,3% en milieu urbain et de 10,6% à 10,4% en milieu rural. (Source: HCP)

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