Les grandes lignes de l’école marocaine du futur, selon la fondation Tamkine

Abdelilah Kadili, président de la fondation Tamkine pour l’excellence et la créativité, plaide pour un renforcement des capacités et des réflexes acquis par les enseignants pendant cette période de confinement. Il propose également des solutions aux niveaux logistique et matériel afin qu’aucun élève ne soit écarté du circuit pédagogique et éducatif. 

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Les grandes lignes de l’école marocaine du futur, selon la fondation Tamkine

Le 25 juin 2020 à 17:39

Modifié le 25 juin 2020 à 18:00

''Il n’y a pas meilleur projet que celui dont le moment est arrivé.'' Pour Abdelilah Kadili, président de la fondation Tamkine pour l’excellence et la créativité, le confinement n’a fait qu’accélérer la digitalisation de l’enseignement, que le Maroc aurait nécessairement dû adopter tôt ou tard.

''Les enjeux de l’école de demain sont ceux d’une école qui doit se renouveler, capitaliser sur ce qu’elle a réalisé pendant ce confinement, notamment la mobilisation des enseignants, de la société civile, de l’administration, du ministère de l’Éducation nationale'', estime Abdelilah Kadili, contacté par Médias24. Ses propos font écho à ceux tenus par le ministre de l’Éducation nationale lui-même, le 22 juin dans un entretien à Médias24 : ''L’avenir est encore incertain par rapport à cette pandémie. Nous sommes peut-être condamnés à cohabiter encore avec ce virus ou avec d’autres virus émergents. Il faut qu’on tire suffisamment de leçons à partir de cette expérience ; capitaliser sur ce qu’on a fait.''

Consolider les nouveaux réflexes

Capitaliser, pour Abdelilah Kadili, c’est mettre à profit les ''nouveaux réflexes'' impulsés par ce confinement dans le domaine éducatif, qui sont autant d’''investissements'' dans l’école marocaine du futur. ''Ce que les écoles maîtrisent aujourd’hui, elles le maîtriseront davantage demain'', croit savoir ce responsable associatif.

Car pour que tous les acteurs de l’enseignement à distance, aussi bien les enseignants que les élèves, voire les parents d’élèves, atteignent des niveaux de maîtrise suffisants des outils informatiques et des nouveaux modes de communication qu’ils imposent, encore faut-il renforcer les réflexes acquis pendant ces trois derniers mois. ''Les établissements doivent avoir les meilleurs équipements possibles, assurer et accompagner cette digitalisation. C’est la première étape de la virtualisation de l’enseignement'', soutient Abdelilah Kadili.

Dans ses déclarations, deux mots se font souvent côte à côte : digitalisation et virtualisation. Mais quelle différence entre les deux ? ''Quand vous filmez un enseignant en train de donner son cours, cet enregistrement devient ensuite un produit qui peut être visionné plusieurs fois, téléchargé… C’est ce qu’on appelle la digitalisation. La virtualisation, elle, désigne la création des classes virtuelles ; la mise en relation de plusieurs personnes qui peuvent se voir, s’écouter, échanger entre elles grâce à une caméra et à un micro. Elles sont virtuellement ensemble. Les élèves interviennent après avoir consulté les capsules préalablement digitalisées ; ils posent des questions, interagissent avec l’enseignant. La digitalisation et la numérisation sont complémentaires ; elles ne fonctionnent pas l’une sans l’autre'', explique Abdelilah Kadili.

Des bornes de réseau

La consolidation de ces réflexes fraîchement acquis passe aussi par l’approche pédagogique des enseignants : ''Ils doivent être encadrés, formés, perfectionnés au niveau de la maîtrise des nouvelles technologies. Il faut s’engager dans une sorte de plan Marshall pour renforcer leurs compétences. Au fur et à mesure du confinement, les enseignants se sont mis à utiliser les technologies mises à leur disposition, notamment les plateformes de cours en ligne. Ils ont acquis quelques rudiments, pour la plupart. Maintenant, il faut structurer et renforcer ces acquis ; il faut qu’ils soient orientés vers l’encadrement des apprenants.''

Les élèves, eux, sont au fait de ces nouvelles technologies ; ils savent les utiliser. L’enjeu n’est donc pas de leur apprendre à les manier mais de les accompagner dans cette utilisation, estime Abdelilah Kadili. Sur le front logistique, il propose de mettre en place, particulièrement dans les régions rurales qui peinent à bénéficier d’un accès à Internet, des ''bornes de réseau, à l’image des bornes d’eau qui sont installées pour les populations qui ont un accès difficile à l’eau''.

En termes d’équipements, des salles multimédias avec écran interactif, micros et haut-parleurs peuvent également être mises en place pour les élèves qui n’ont pas les moyens de se pourvoir en tablettes et ordinateurs. ''Quand un élève se connecte, il se présente comme s’il était dans sa classe. L’enseignant voit que l’élève est connecté, qu’il a activé, ou pas, sa caméra et son micro ; il peut savoir combien de temps il est resté connecté… Si l’élève a des questions, il peut les poser en activant son micro ; il peut télécharger des documents, partager son écran lorsqu’il fait une présentation... Tout est enregistré et les cours deviennent alors le patrimoine de l’ensemble des élèves et des enseignants'', explique encore Abdelilah Kadili.

Sa fondation s’apprête à franchir la barre des 2.000 salles virtuelles mises à disposition des enseignants. Pendant le confinement, elle a organisé cinq ''caravanes virtuelles'' dans les régions du sud (Bir Guendouz, à proximité d’El Guerguerate, Taroudant, Chtouka Ait Baha, Agadir Ida-Outanane et Tiznit), en partenariat avec la Fondation marocaine du préscolaire, la Fédération des associations de parents d’élèves, la Commission nationale de contrôle de protection des données à caractère personnel (CNDP), la Commission du droit d’accès à l’information (CDAI) et l’Université EuroMed de Fès. Elle en prépare actuellement dix autres, dans l’Oriental et la région de Marrakech-Safi, notamment pour préparer les lycéens aux épreuves du baccalauréat.

Les grandes lignes de l’école marocaine du futur, selon la fondation Tamkine

Le 25 juin 2020 à18:00

Modifié le 25 juin 2020 à 18:00

Abdelilah Kadili, président de la fondation Tamkine pour l’excellence et la créativité, plaide pour un renforcement des capacités et des réflexes acquis par les enseignants pendant cette période de confinement. Il propose également des solutions aux niveaux logistique et matériel afin qu’aucun élève ne soit écarté du circuit pédagogique et éducatif. 

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''Il n’y a pas meilleur projet que celui dont le moment est arrivé.'' Pour Abdelilah Kadili, président de la fondation Tamkine pour l’excellence et la créativité, le confinement n’a fait qu’accélérer la digitalisation de l’enseignement, que le Maroc aurait nécessairement dû adopter tôt ou tard.

''Les enjeux de l’école de demain sont ceux d’une école qui doit se renouveler, capitaliser sur ce qu’elle a réalisé pendant ce confinement, notamment la mobilisation des enseignants, de la société civile, de l’administration, du ministère de l’Éducation nationale'', estime Abdelilah Kadili, contacté par Médias24. Ses propos font écho à ceux tenus par le ministre de l’Éducation nationale lui-même, le 22 juin dans un entretien à Médias24 : ''L’avenir est encore incertain par rapport à cette pandémie. Nous sommes peut-être condamnés à cohabiter encore avec ce virus ou avec d’autres virus émergents. Il faut qu’on tire suffisamment de leçons à partir de cette expérience ; capitaliser sur ce qu’on a fait.''

Consolider les nouveaux réflexes

Capitaliser, pour Abdelilah Kadili, c’est mettre à profit les ''nouveaux réflexes'' impulsés par ce confinement dans le domaine éducatif, qui sont autant d’''investissements'' dans l’école marocaine du futur. ''Ce que les écoles maîtrisent aujourd’hui, elles le maîtriseront davantage demain'', croit savoir ce responsable associatif.

Car pour que tous les acteurs de l’enseignement à distance, aussi bien les enseignants que les élèves, voire les parents d’élèves, atteignent des niveaux de maîtrise suffisants des outils informatiques et des nouveaux modes de communication qu’ils imposent, encore faut-il renforcer les réflexes acquis pendant ces trois derniers mois. ''Les établissements doivent avoir les meilleurs équipements possibles, assurer et accompagner cette digitalisation. C’est la première étape de la virtualisation de l’enseignement'', soutient Abdelilah Kadili.

Dans ses déclarations, deux mots se font souvent côte à côte : digitalisation et virtualisation. Mais quelle différence entre les deux ? ''Quand vous filmez un enseignant en train de donner son cours, cet enregistrement devient ensuite un produit qui peut être visionné plusieurs fois, téléchargé… C’est ce qu’on appelle la digitalisation. La virtualisation, elle, désigne la création des classes virtuelles ; la mise en relation de plusieurs personnes qui peuvent se voir, s’écouter, échanger entre elles grâce à une caméra et à un micro. Elles sont virtuellement ensemble. Les élèves interviennent après avoir consulté les capsules préalablement digitalisées ; ils posent des questions, interagissent avec l’enseignant. La digitalisation et la numérisation sont complémentaires ; elles ne fonctionnent pas l’une sans l’autre'', explique Abdelilah Kadili.

Des bornes de réseau

La consolidation de ces réflexes fraîchement acquis passe aussi par l’approche pédagogique des enseignants : ''Ils doivent être encadrés, formés, perfectionnés au niveau de la maîtrise des nouvelles technologies. Il faut s’engager dans une sorte de plan Marshall pour renforcer leurs compétences. Au fur et à mesure du confinement, les enseignants se sont mis à utiliser les technologies mises à leur disposition, notamment les plateformes de cours en ligne. Ils ont acquis quelques rudiments, pour la plupart. Maintenant, il faut structurer et renforcer ces acquis ; il faut qu’ils soient orientés vers l’encadrement des apprenants.''

Les élèves, eux, sont au fait de ces nouvelles technologies ; ils savent les utiliser. L’enjeu n’est donc pas de leur apprendre à les manier mais de les accompagner dans cette utilisation, estime Abdelilah Kadili. Sur le front logistique, il propose de mettre en place, particulièrement dans les régions rurales qui peinent à bénéficier d’un accès à Internet, des ''bornes de réseau, à l’image des bornes d’eau qui sont installées pour les populations qui ont un accès difficile à l’eau''.

En termes d’équipements, des salles multimédias avec écran interactif, micros et haut-parleurs peuvent également être mises en place pour les élèves qui n’ont pas les moyens de se pourvoir en tablettes et ordinateurs. ''Quand un élève se connecte, il se présente comme s’il était dans sa classe. L’enseignant voit que l’élève est connecté, qu’il a activé, ou pas, sa caméra et son micro ; il peut savoir combien de temps il est resté connecté… Si l’élève a des questions, il peut les poser en activant son micro ; il peut télécharger des documents, partager son écran lorsqu’il fait une présentation... Tout est enregistré et les cours deviennent alors le patrimoine de l’ensemble des élèves et des enseignants'', explique encore Abdelilah Kadili.

Sa fondation s’apprête à franchir la barre des 2.000 salles virtuelles mises à disposition des enseignants. Pendant le confinement, elle a organisé cinq ''caravanes virtuelles'' dans les régions du sud (Bir Guendouz, à proximité d’El Guerguerate, Taroudant, Chtouka Ait Baha, Agadir Ida-Outanane et Tiznit), en partenariat avec la Fondation marocaine du préscolaire, la Fédération des associations de parents d’élèves, la Commission nationale de contrôle de protection des données à caractère personnel (CNDP), la Commission du droit d’accès à l’information (CDAI) et l’Université EuroMed de Fès. Elle en prépare actuellement dix autres, dans l’Oriental et la région de Marrakech-Safi, notamment pour préparer les lycéens aux épreuves du baccalauréat.

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