Les pharmaciens appellent à accélérer la légalisation du droit de substitution

La prise en charge de nombreux patients par les pharmaciens est devenue plus compliquée durant la période de confinement, en raison de la rupture de certains médicaments. Les pharmaciens appellent à accélérer la légalisation du droit de substitution.

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Les pharmaciens appellent à accélérer la légalisation du droit de substitution Source photo: pxhere

Le 05 juin 2020 à 14:40

Modifié le 05 juin 2020 à 23:26

Dans un communiqué, publié le 3 juin, la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc réclame le droit de substitution pour faire face à la rupture de certains médicaments à laquelle elle est confrontée depuis le début de l'état d'urgence sanitaire.

"Le droit de substitution a toujours été une revendication de la CSPM", souligne Mohamed Lahbabi, président de la Confédération, joint par Médias24. "C’est un point qui figure au niveau du dossier revendicatif des pharmaciens".

"Pendant le confinement, nous avons envoyé une lettre au ministre de la Santé lui demandant de donner le droit de substitution aux pharmaciens pour pouvoir régler la problématique de rupture des médicaments qu’il y a eu pendant cette période, vu la difficulté d’approvisionnement", nous explique M. Lahbabi.

Qu'est-ce que le droit de substitution

"Certains médecins s’opposent à ce droit, et supposent qu’il consiste à changer le traitement prescrit. Il faut rectifier ces allégations, et pour ce, il faut définir le droit de substitution et le médicament générique".

"Tout d’abord, le médicament générique est un médicament qui a le même principe actif, le même dosage et la même forme galénique du médicament princeps. Il est bioéquivalent et offre donc la même efficacité que le princeps. La différence réside au niveau du prix, puisque les médicaments génériques sont moins chers".

Notons que pour que la Direction du médicament et de la pharmacie autorise la mise sur le marché d’un médicament générique, ce dernier doit faire l’objet d’une étude de bioéquivalence.

"Le droit de substitution consiste pour sa part à substituer un médicament par son générique. C’est donc substituer un nom commercial par un autre, avec le même principe actif, le même dosage et la même forme galénique".

Toutefois, ce droit a aussi des limites, d'après M. Lahbabi. "Quand il s’agit d’un médicament de marge thérapeutique étroite (un médicament pour lequel la différence entre dose efficace et dose toxique est faible, NDLR), le pharmacien n’a pas le droit de substituer."

Un moyen pour mieux gérer les stocks

"Le droit de substitution existe dans plusieurs pays, notamment en Tunisie, en Algérie, en France et en Belgique…".

"On tient à sa légalisation au Maroc pour plusieurs raisons, dont la principale est d'éviter aux patients d’arrêter leur traitement, lorsque les médicaments prescrits par les médecins ne sont pas disponibles en pharmacie. Dans ce cas on est confronté à un grand problème, qui est l’observance clinique (incapacité à prendre correctement un traitement tel qu’il a été prescrit, NDLR), alors que dans nos pharmacies, on dispose de médicaments génériques", ajoute le président de la CSPM. 

"D’autre part, ce droit permettrait aux pharmaciens d'optimiser la gestion des stocks de médicaments. En termes de marge, nous sommes perdants parce que les médicaments génériques sont moins chers".

"On ne voit absolument pas pourquoi certains médecins s’y opposent, mais à mon avis, c’est parce qu’ils risquent de perdre quelques avantages avec des laboratoires", poursuit notre source. 

Par ailleurs, dans son communiqué, la CSPM précise que le droit de substitution ne doit pas dépendre de la disponibilité des médicaments chez les distributeurs.

"En effet, c’est durant les gardes, le soir ou le week-end, que le pharmacien a besoin de substituer. Et à ce moment-là, les distributeurs, bien qu'ils disposent du médicament en question, sont fermés", conclut M. Lahbabi.

Rappelons qu'une proposition de loi visant à légaliser ce droit a été déposée début mai à la Chambre des représentants par le parti de l’Istiqlal. Le texte présenté entend modifier l’article 29 de la loi 17-04, portant code du médicament et de la pharmacie. Il dispose qu’en cas "d’indisponibilité, dans les pharmacies et les distributeurs d’un médicament prescrit sur ordonnance, le pharmacien peut le remplacer par un autre contenant les mêmes composantes et les mêmes doses. Le prix du médicament de substitution ne doit toutefois pas dépasser celui du médicament prescrit".   

Source photo: pxhere

Les pharmaciens appellent à accélérer la légalisation du droit de substitution

Le 05 juin 2020 à14:53

Modifié le 05 juin 2020 à 23:26

La prise en charge de nombreux patients par les pharmaciens est devenue plus compliquée durant la période de confinement, en raison de la rupture de certains médicaments. Les pharmaciens appellent à accélérer la légalisation du droit de substitution.

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Dans un communiqué, publié le 3 juin, la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc réclame le droit de substitution pour faire face à la rupture de certains médicaments à laquelle elle est confrontée depuis le début de l'état d'urgence sanitaire.

"Le droit de substitution a toujours été une revendication de la CSPM", souligne Mohamed Lahbabi, président de la Confédération, joint par Médias24. "C’est un point qui figure au niveau du dossier revendicatif des pharmaciens".

"Pendant le confinement, nous avons envoyé une lettre au ministre de la Santé lui demandant de donner le droit de substitution aux pharmaciens pour pouvoir régler la problématique de rupture des médicaments qu’il y a eu pendant cette période, vu la difficulté d’approvisionnement", nous explique M. Lahbabi.

Qu'est-ce que le droit de substitution

"Certains médecins s’opposent à ce droit, et supposent qu’il consiste à changer le traitement prescrit. Il faut rectifier ces allégations, et pour ce, il faut définir le droit de substitution et le médicament générique".

"Tout d’abord, le médicament générique est un médicament qui a le même principe actif, le même dosage et la même forme galénique du médicament princeps. Il est bioéquivalent et offre donc la même efficacité que le princeps. La différence réside au niveau du prix, puisque les médicaments génériques sont moins chers".

Notons que pour que la Direction du médicament et de la pharmacie autorise la mise sur le marché d’un médicament générique, ce dernier doit faire l’objet d’une étude de bioéquivalence.

"Le droit de substitution consiste pour sa part à substituer un médicament par son générique. C’est donc substituer un nom commercial par un autre, avec le même principe actif, le même dosage et la même forme galénique".

Toutefois, ce droit a aussi des limites, d'après M. Lahbabi. "Quand il s’agit d’un médicament de marge thérapeutique étroite (un médicament pour lequel la différence entre dose efficace et dose toxique est faible, NDLR), le pharmacien n’a pas le droit de substituer."

Un moyen pour mieux gérer les stocks

"Le droit de substitution existe dans plusieurs pays, notamment en Tunisie, en Algérie, en France et en Belgique…".

"On tient à sa légalisation au Maroc pour plusieurs raisons, dont la principale est d'éviter aux patients d’arrêter leur traitement, lorsque les médicaments prescrits par les médecins ne sont pas disponibles en pharmacie. Dans ce cas on est confronté à un grand problème, qui est l’observance clinique (incapacité à prendre correctement un traitement tel qu’il a été prescrit, NDLR), alors que dans nos pharmacies, on dispose de médicaments génériques", ajoute le président de la CSPM. 

"D’autre part, ce droit permettrait aux pharmaciens d'optimiser la gestion des stocks de médicaments. En termes de marge, nous sommes perdants parce que les médicaments génériques sont moins chers".

"On ne voit absolument pas pourquoi certains médecins s’y opposent, mais à mon avis, c’est parce qu’ils risquent de perdre quelques avantages avec des laboratoires", poursuit notre source. 

Par ailleurs, dans son communiqué, la CSPM précise que le droit de substitution ne doit pas dépendre de la disponibilité des médicaments chez les distributeurs.

"En effet, c’est durant les gardes, le soir ou le week-end, que le pharmacien a besoin de substituer. Et à ce moment-là, les distributeurs, bien qu'ils disposent du médicament en question, sont fermés", conclut M. Lahbabi.

Rappelons qu'une proposition de loi visant à légaliser ce droit a été déposée début mai à la Chambre des représentants par le parti de l’Istiqlal. Le texte présenté entend modifier l’article 29 de la loi 17-04, portant code du médicament et de la pharmacie. Il dispose qu’en cas "d’indisponibilité, dans les pharmacies et les distributeurs d’un médicament prescrit sur ordonnance, le pharmacien peut le remplacer par un autre contenant les mêmes composantes et les mêmes doses. Le prix du médicament de substitution ne doit toutefois pas dépasser celui du médicament prescrit".   

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