Les sorties de cash et la baisse des dépôts se confirment à fin septembre

Le manque de confiance qui a entraîné des sorties de cash du système bancaire et poussé le gouvernement à lancer deux opérations d’amnistie est confirmé par les derniers chiffres de Bank Al-Maghrib.

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Les sorties de cash et la baisse des dépôts se confirment à fin septembre

Le 31 octobre 2019 à 11:45

Modifié le 01 novembre 2019 à 16:11

Les statistiques monétaires à fin septembre viennent d’être publiées. Trois principaux chiffres sont à retenir :

- Le cash en circulation a atteint 249,7 milliards de DH, soit 18,6% de la masse monétaire. Ce chiffre est inférieur à celui du mois d’août (254,4 milliards), période traditionnelle d’augmentation de la circulation fiduciaire (vacances estivales, Aid Al Adha). Mais depuis le début de l’année, la masse d’argent hors système bancaire a augmenté de 16,1 milliards de DH !

- Les dépôts bancaires ont quasiment fait du surplace, à 922,3 milliards de DH. En cause, les dépôts à terme se sont vidés de 9,7 milliards de DH, et surtout les dépôts globaux des entreprises ont baissé de plus de 12 milliards de DH.

- Les crédits bancaires au secteur non financier ont augmenté de 29 milliards de DH pour atteindre 773,7 milliards. Cette manne a profité essentiellement au secteur privé, ménages et entreprises.

Les deux premiers indicateurs confirment la perte de confiance des déposants, personnes physiques et morales, entre autres à cause de la multiplication des contrôles, des redressements et des recouvrements forcés de l’impôt par l’administration.

Une perte de confiance qui a poussé le gouvernement à lancer deux opérations d’amnistie en 2020 (une pour les avoirs en cash au Maroc et une autres pour le patrimoine détenu à l’étranger), en plus d’une opération de régularisation volontaire des déclarations fiscales, ouverte aux opérateurs de tous les secteurs d’activité.

L’objectif est de rétablir la confiance et faire table rase du passé avant d’entamer une nouvelle phase, marquée la mise en œuvre des recommandations des Assises de la fiscalité (rééquilibrage des relations entre contribuables et administration, baisse de la pression fiscale, élargissement de l’assiette) ainsi que l’échange de renseignements avec l’étranger pour débusquer les personnes qui sortent illégalement des devises du pays.

La reprise du crédit risque d'être freinée

Le troisième indicateur montre qu’après une longue période de tassement du crédit bancaire, celui-ci commence à se redresser, ce qui constitue un bon signal pour l’économie. Mais l’élan de reprise risque d’être freiné par le ralentissement des dépôts et les sorties de cash.

En effet, les banques ne peuvent accorder beaucoup plus de crédits que ce qu’elles ont comme dépôts. D’ailleurs, Bank Al-Maghrib vient d’abaisser le taux de la réserve monétaire obligatoire des banques pour atténuer leur déficit de liquidités.

Surtout, le Roi a appelé les banques, dans le discours d’ouverture de l’actuelle session parlementaire, à s’impliquer davantage dans le financement des jeunes et des PME. Elles sont en train de finaliser un programme spécial de financement, avec la contribution de l’Etat, mais pour le mettre en œuvre, elles auront besoin de ressources.

Si Bank Al-Maghrib ne fait pas un effort supplémentaire d’assouplissement de sa politique monétaire et si les opérations d’amnistie ne portent pas leurs fruits, les banques auront du mal à se mobiliser suffisamment pour financer les jeunes et les PME, une clientèle risquée et consommatrice de fonds propres.

Les sorties de cash et la baisse des dépôts se confirment à fin septembre

Le 31 octobre 2019 à11:51

Modifié le 01 novembre 2019 à 16:11

Le manque de confiance qui a entraîné des sorties de cash du système bancaire et poussé le gouvernement à lancer deux opérations d’amnistie est confirmé par les derniers chiffres de Bank Al-Maghrib.

Les statistiques monétaires à fin septembre viennent d’être publiées. Trois principaux chiffres sont à retenir :

- Le cash en circulation a atteint 249,7 milliards de DH, soit 18,6% de la masse monétaire. Ce chiffre est inférieur à celui du mois d’août (254,4 milliards), période traditionnelle d’augmentation de la circulation fiduciaire (vacances estivales, Aid Al Adha). Mais depuis le début de l’année, la masse d’argent hors système bancaire a augmenté de 16,1 milliards de DH !

- Les dépôts bancaires ont quasiment fait du surplace, à 922,3 milliards de DH. En cause, les dépôts à terme se sont vidés de 9,7 milliards de DH, et surtout les dépôts globaux des entreprises ont baissé de plus de 12 milliards de DH.

- Les crédits bancaires au secteur non financier ont augmenté de 29 milliards de DH pour atteindre 773,7 milliards. Cette manne a profité essentiellement au secteur privé, ménages et entreprises.

Les deux premiers indicateurs confirment la perte de confiance des déposants, personnes physiques et morales, entre autres à cause de la multiplication des contrôles, des redressements et des recouvrements forcés de l’impôt par l’administration.

Une perte de confiance qui a poussé le gouvernement à lancer deux opérations d’amnistie en 2020 (une pour les avoirs en cash au Maroc et une autres pour le patrimoine détenu à l’étranger), en plus d’une opération de régularisation volontaire des déclarations fiscales, ouverte aux opérateurs de tous les secteurs d’activité.

L’objectif est de rétablir la confiance et faire table rase du passé avant d’entamer une nouvelle phase, marquée la mise en œuvre des recommandations des Assises de la fiscalité (rééquilibrage des relations entre contribuables et administration, baisse de la pression fiscale, élargissement de l’assiette) ainsi que l’échange de renseignements avec l’étranger pour débusquer les personnes qui sortent illégalement des devises du pays.

La reprise du crédit risque d'être freinée

Le troisième indicateur montre qu’après une longue période de tassement du crédit bancaire, celui-ci commence à se redresser, ce qui constitue un bon signal pour l’économie. Mais l’élan de reprise risque d’être freiné par le ralentissement des dépôts et les sorties de cash.

En effet, les banques ne peuvent accorder beaucoup plus de crédits que ce qu’elles ont comme dépôts. D’ailleurs, Bank Al-Maghrib vient d’abaisser le taux de la réserve monétaire obligatoire des banques pour atténuer leur déficit de liquidités.

Surtout, le Roi a appelé les banques, dans le discours d’ouverture de l’actuelle session parlementaire, à s’impliquer davantage dans le financement des jeunes et des PME. Elles sont en train de finaliser un programme spécial de financement, avec la contribution de l’Etat, mais pour le mettre en œuvre, elles auront besoin de ressources.

Si Bank Al-Maghrib ne fait pas un effort supplémentaire d’assouplissement de sa politique monétaire et si les opérations d’amnistie ne portent pas leurs fruits, les banques auront du mal à se mobiliser suffisamment pour financer les jeunes et les PME, une clientèle risquée et consommatrice de fonds propres.

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