Les transporteurs vont-ils de nouveau paralyser l'activité économique?

Quatorze syndicats représentant plusieurs segments du secteur du transport annoncent une grève de 48 heures à partir du lundi 14 octobre. C'est une grève générale qui impactera également Tanger Med, le port de Casablanca et le poste frontalier de Guergarate. 

Les transporteurs vont-ils de nouveau paralyser l'activité économique ? Réunion de Abdelkader Amara avec les représentants du secteur du transport le 21 septembre 2019.

Le 08 octobre 2019 à 16:38

Modifié le 09 octobre 2019 à 11:16

Le 5 octobre dernier, 14 syndicats ont annoncé la tenue d'une grève de 48h à partir du lundi 14 octobre prochain. Selon le communiqué de l'annonce, cette grève peut être prolongée.

"Il s'agit d'une grève générale qui touchera toutes les villes du pays mais aussi des points sensibles comme les ports de Tanger Med et de Casablanca ou le poste frontalier de Guergarate", nous explique Abderrahim Harchaoui, secrétaire général du Syndicat Démocratique du Transport (STD). 

Selon ce dernier, le mouvement de grève est motivé par le retard enregistré dans la mise en oeuvre des engagements du ministère de tutelle vis-à-vis des professionnels du transport. Ces engagements ont été notifiés dans un PV signé en octobre 2018. Ils concernent trois points essentiels à savoir le gasoil professionnel, le tonnage et la gratuité de la carte du conducteur professionnel.

L'annonce de cette grève se fait quelques jours seulement après la tenue d'une rencontre au siège du ministère qui a réuni les responsables du département de tutelle avec les représentants du secteur. Cette réunion avait justement pour objectif "la présentation du bilan des actions menées par le ministère dans la perspective de l'organisation de réunions d'évaluation avec les représentants du secteur du transport routier en octobre", peut-on lire sur la page officielle de Abdelkader Amara.

Selon cette même publication, plusieurs thématiques ont été abordées lors de cette rencontre dont entre autres : 

- La carte professionnelle. 

- La mise en oeuvre des nouveaux dispositifs relatifs à la formation du conducteur professionnel et la mise en application de la gratuité à travers la mobilisation de 70 MDH pour le lancement de cette opération.

- La charge des camions (tonnage).

- Le renouvellement du parc. Le coût financier des dossiers déposés a atteint à ce jour 250 MDH.

- Les attributions des Régions dans le secteur du transport.

- Les demandes des professionnels concernant le volet fiscal, notamment le gasoil professionnel et la taxe à l’essieu.

- La situation sociale du chauffeur professionnel en l’occurrence la couverture médicale et la retraite.

Quel impact ?

Même si ce sont plusieurs syndicats qui signent l'avis de grève, ils ne représentent pas l'ensemble du secteur. C'est ce que nous assure Mustapha Chaoune, secrétaire général de l'Organisation démocratique des professionnels du transport (ODPT) dont le syndicat ne participe pas à la grève.

"Ces syndicats représentent entre 6% et 7% de la flotte nationale du transport de marchandises. L'essentiel étant assuré par des petits transporteurs ayant deux à trois camions et qui travaillent généralement dans l'informel. L'impact sera limité pour le marché local mais sera plus lourd sur les activités import-export", avance-t-il.

Pourquoi alors des syndicats adhèrent et d'autres non à cette grève dont l'objectif est de faire bouger les choses pour tous les opérateurs du secteur? "Sincèrement, nous ne comprenons pas cet appel à la grève qui intervient alors que les canaux de dialogue sont maintenus avec le ministère. Nous avons eu une rencontre le 21 septembre durant laquelle le ministère s'est engagé à discuter avec nous des différents points durant le mois d'octobre. Suite à cela, nous venons de recevoir, la veille de l'appel à la grève, une invitation à des réunions tout au long du mois d'octobre pour parler justement des engagements du 8 octobre", nous révèle Chaoune. 

Selon cette invitation, le ministère a programmé trois dates pour discuter trois thèmes : 

- Le 14 octobre : une réunion relative à la formation des conducteurs professionnels.

- Le 17 octobre : une réunion relative à la charge des camions (PTAC) et au renouvellement du parc.

- Le 28 octobre : une réunion relative au gasoil professionnel. 

Une coïncidence ?  "Nous avons également reçu cette invitation que nous estimons être un piège. Il faut savoir qu'après la réunion du 21 septembre, nous avons eu une nouvelle rencontre avec le SG du ministère sans qu'il y ait du nouveau et nous lui avons annoncé notre volonté de faire grève. Nous nous demandons pour quelles raisons allons-nous tenir de nouvelles discussions alors que les points sont clairs et notifiés dans un PV. La seule réponse que nous attendons, c'est le déploiement des mesures", avance Harchaoui qui affirme que pour les grévistes, "cette grève est un moyen et non une fin en soi et qu'ils aimeraient bien avoir des signaux positifs avant le 14 octobre". 

Pour Chaoune, le timing est mal choisi pour faire cette grève. Selon lui, nous sommes à la veille d'un remaniement ministériel et d'un projet de loi des finances tout en sachant que les canaux de discussions sont ouvert avec la tutelle. Sans oublier que la majorité des engagements du ministère du transport ont une incidence financière et donc l'implication d'un autre ministère. 

Réunion de Abdelkader Amara avec les représentants du secteur du transport le 21 septembre 2019.

Les transporteurs vont-ils de nouveau paralyser l'activité économique?

Le 08 octobre 2019 à18:32

Modifié le 09 octobre 2019 à 11:16

Quatorze syndicats représentant plusieurs segments du secteur du transport annoncent une grève de 48 heures à partir du lundi 14 octobre. C'est une grève générale qui impactera également Tanger Med, le port de Casablanca et le poste frontalier de Guergarate. 

Le 5 octobre dernier, 14 syndicats ont annoncé la tenue d'une grève de 48h à partir du lundi 14 octobre prochain. Selon le communiqué de l'annonce, cette grève peut être prolongée.

"Il s'agit d'une grève générale qui touchera toutes les villes du pays mais aussi des points sensibles comme les ports de Tanger Med et de Casablanca ou le poste frontalier de Guergarate", nous explique Abderrahim Harchaoui, secrétaire général du Syndicat Démocratique du Transport (STD). 

Selon ce dernier, le mouvement de grève est motivé par le retard enregistré dans la mise en oeuvre des engagements du ministère de tutelle vis-à-vis des professionnels du transport. Ces engagements ont été notifiés dans un PV signé en octobre 2018. Ils concernent trois points essentiels à savoir le gasoil professionnel, le tonnage et la gratuité de la carte du conducteur professionnel.

L'annonce de cette grève se fait quelques jours seulement après la tenue d'une rencontre au siège du ministère qui a réuni les responsables du département de tutelle avec les représentants du secteur. Cette réunion avait justement pour objectif "la présentation du bilan des actions menées par le ministère dans la perspective de l'organisation de réunions d'évaluation avec les représentants du secteur du transport routier en octobre", peut-on lire sur la page officielle de Abdelkader Amara.

Selon cette même publication, plusieurs thématiques ont été abordées lors de cette rencontre dont entre autres : 

- La carte professionnelle. 

- La mise en oeuvre des nouveaux dispositifs relatifs à la formation du conducteur professionnel et la mise en application de la gratuité à travers la mobilisation de 70 MDH pour le lancement de cette opération.

- La charge des camions (tonnage).

- Le renouvellement du parc. Le coût financier des dossiers déposés a atteint à ce jour 250 MDH.

- Les attributions des Régions dans le secteur du transport.

- Les demandes des professionnels concernant le volet fiscal, notamment le gasoil professionnel et la taxe à l’essieu.

- La situation sociale du chauffeur professionnel en l’occurrence la couverture médicale et la retraite.

Quel impact ?

Même si ce sont plusieurs syndicats qui signent l'avis de grève, ils ne représentent pas l'ensemble du secteur. C'est ce que nous assure Mustapha Chaoune, secrétaire général de l'Organisation démocratique des professionnels du transport (ODPT) dont le syndicat ne participe pas à la grève.

"Ces syndicats représentent entre 6% et 7% de la flotte nationale du transport de marchandises. L'essentiel étant assuré par des petits transporteurs ayant deux à trois camions et qui travaillent généralement dans l'informel. L'impact sera limité pour le marché local mais sera plus lourd sur les activités import-export", avance-t-il.

Pourquoi alors des syndicats adhèrent et d'autres non à cette grève dont l'objectif est de faire bouger les choses pour tous les opérateurs du secteur? "Sincèrement, nous ne comprenons pas cet appel à la grève qui intervient alors que les canaux de dialogue sont maintenus avec le ministère. Nous avons eu une rencontre le 21 septembre durant laquelle le ministère s'est engagé à discuter avec nous des différents points durant le mois d'octobre. Suite à cela, nous venons de recevoir, la veille de l'appel à la grève, une invitation à des réunions tout au long du mois d'octobre pour parler justement des engagements du 8 octobre", nous révèle Chaoune. 

Selon cette invitation, le ministère a programmé trois dates pour discuter trois thèmes : 

- Le 14 octobre : une réunion relative à la formation des conducteurs professionnels.

- Le 17 octobre : une réunion relative à la charge des camions (PTAC) et au renouvellement du parc.

- Le 28 octobre : une réunion relative au gasoil professionnel. 

Une coïncidence ?  "Nous avons également reçu cette invitation que nous estimons être un piège. Il faut savoir qu'après la réunion du 21 septembre, nous avons eu une nouvelle rencontre avec le SG du ministère sans qu'il y ait du nouveau et nous lui avons annoncé notre volonté de faire grève. Nous nous demandons pour quelles raisons allons-nous tenir de nouvelles discussions alors que les points sont clairs et notifiés dans un PV. La seule réponse que nous attendons, c'est le déploiement des mesures", avance Harchaoui qui affirme que pour les grévistes, "cette grève est un moyen et non une fin en soi et qu'ils aimeraient bien avoir des signaux positifs avant le 14 octobre". 

Pour Chaoune, le timing est mal choisi pour faire cette grève. Selon lui, nous sommes à la veille d'un remaniement ministériel et d'un projet de loi des finances tout en sachant que les canaux de discussions sont ouvert avec la tutelle. Sans oublier que la majorité des engagements du ministère du transport ont une incidence financière et donc l'implication d'un autre ministère. 

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