Lévothyrox : La panique des patients aggrave la crise d'indisponibilité du médicament

Le marché a été approvisionné en Lévothyrox mais malgré cela, des patients ont du mal à se le procurer. En cause, la panique qui les pousse à acheter le médicament en quantité pour constituer un stock de sécurité. 

Lévothyrox : La panique des patients aggrave la crise d'indisponibilité du médicament

Le 23 août 2019 à 16:56

Modifié le 24 août 2019 à 10:22

La polémique autour du Lévothyrox, médicament pris à vie par des patients atteints de troubles de la thyroïde, se poursuit.

Des patients ou leurs proches qui ont du mal à se procurer le médicament lancent des appels sur les réseaux sociaux pour trouver des officines qui en disposent, alors que le ministère de la Santé et le fabricant assurent avoir mis sur le marché des quantités suffisantes.

Le 16 juillet, le ministère de la Santé avait publié un communiqué affirmant qu’en coordination avec le distributeur et le producteur du Lévothyrox, un stock disponible de ce produit vital a été injecté sur le marché.

Dans une déclaration à Médias24 en juillet dernier, le fabricant allemand Merck nous assurait qu’un "réapprovisionnement graduel commencerait à partir de la fin de ce mois (juillet, ndlr) et visera une reconstitution optimale des stocks au courant de l’année 2019".

Le Laboratoire ajoutait qu’afin "d’assurer une disponibilité équitable pour tous les patients, nous recommandons que la dispensation du médicament se fasse uniquement pour l’équivalent d’un mois de traitement pour les semaines à venir".

L'achat massif derrière l'actuelle crise

Plus d’un mois plus tard, la situation ne s’est toujours pas rétablie. Quelle en est la cause ? Médias24 a contacté le président du conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP).

"Un stock a bien été mis sur le marché. Néanmoins, le produit arrive en pharmacie au compte-gouttes", nous déclare Hamza Guedira. Mais selon ce dernier, ce n’est pas cela qui crée le problème à présent.

"Devant la frustration de la rupture, les malades ont perdu confiance et ont cédé à la panique. Le produit n’étant pas cher (son prix varie entre 6 et 23 DH), les patients n’hésitent pas à faire le tour des pharmacies pour acheter de grandes quantités et constituer ainsi leur stock. Le marché s’est rapidement asséché…", nous explique-t-il.

N’étant pas rassurés sur le rétablissement de la situation sur le marché et sachant que c’est un médicament pris à vie, les patients se ruent sur les stocks mis sur le marché.

L’alternative de s’approvisionner à l’étranger, pour ceux qui le peuvent, est écartée en raison de la polémique autour des effets secondaires de la nouvelle formule commercialisée dans certains pays européens notamment en France.

Les patients préfèrent donc acheter le produit commercialisé au Maroc qui n’a pas subi de modification, ce qui créé une pression supplémentaire sur le marché marocain.

"En temps normal, nous consommons 300.000 boîtes par mois. Nous avons, selon des données que j’ai eues de sources proches du dossier, écoulé près de 600.000 boîtes au cours du dernier mois", assure le président du CNOP. En d’autres termes, plus du double de la quantité consommée hors période de la rupture.

"Même la distribution du produit ne se fait pas d’une manière optimale", ajoute notre interlocuteur.

Le ministère rappelle à l'ordre les pharmaciens

À en croire la situation du marché, la recommandation du fabricant selon laquelle il faut dispenser uniquement pour l’équivalent d’un mois de traitement n’a pas été respectée.

C’est la raison pour laquelle, Jamal Taoufik, directeur du médicament et de la pharmacie a adressé une lettre au président du CNOP avec pour objet la "distribution et la dispensation du Lévothyrox".

Dans cette lettre, le directeur du médicament rappelle que "l’établissement Cooper Pharma a approvisionné les grossistes du Lévothyrox selon le besoin national et assure un planning prévisionnel d’approvisionnement du marché avec des quantités suffisantes pour couvrir les prochains mois".

Jamal Taoufik demande au CNOP d’intervenir auprès des pharmaciens responsables des établissements pharmaceutiques grossistes répartiteurs ainsi que des pharmacies d’officine afin de veiller à l’application des deux exigences suivantes :

- Assurer une distribution équitable des pharmacies d’officine en médicament Lévothyrox selon les besoins habituels sur tout le territoire national

- Assurer la dispensation aux patients d’une quantité équivalente à un mois de traitement uniquement.

Le président du CNOP nous assure que « la situation va se réguler en peu de temps et le marché sera inondé de ce médicament d’ici fin septembre ».

Lévothyrox : La panique des patients aggrave la crise d'indisponibilité du médicament

Le 23 août 2019 à17:09

Modifié le 24 août 2019 à 10:22

Le marché a été approvisionné en Lévothyrox mais malgré cela, des patients ont du mal à se le procurer. En cause, la panique qui les pousse à acheter le médicament en quantité pour constituer un stock de sécurité. 

La polémique autour du Lévothyrox, médicament pris à vie par des patients atteints de troubles de la thyroïde, se poursuit.

Des patients ou leurs proches qui ont du mal à se procurer le médicament lancent des appels sur les réseaux sociaux pour trouver des officines qui en disposent, alors que le ministère de la Santé et le fabricant assurent avoir mis sur le marché des quantités suffisantes.

Le 16 juillet, le ministère de la Santé avait publié un communiqué affirmant qu’en coordination avec le distributeur et le producteur du Lévothyrox, un stock disponible de ce produit vital a été injecté sur le marché.

Dans une déclaration à Médias24 en juillet dernier, le fabricant allemand Merck nous assurait qu’un "réapprovisionnement graduel commencerait à partir de la fin de ce mois (juillet, ndlr) et visera une reconstitution optimale des stocks au courant de l’année 2019".

Le Laboratoire ajoutait qu’afin "d’assurer une disponibilité équitable pour tous les patients, nous recommandons que la dispensation du médicament se fasse uniquement pour l’équivalent d’un mois de traitement pour les semaines à venir".

L'achat massif derrière l'actuelle crise

Plus d’un mois plus tard, la situation ne s’est toujours pas rétablie. Quelle en est la cause ? Médias24 a contacté le président du conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP).

"Un stock a bien été mis sur le marché. Néanmoins, le produit arrive en pharmacie au compte-gouttes", nous déclare Hamza Guedira. Mais selon ce dernier, ce n’est pas cela qui crée le problème à présent.

"Devant la frustration de la rupture, les malades ont perdu confiance et ont cédé à la panique. Le produit n’étant pas cher (son prix varie entre 6 et 23 DH), les patients n’hésitent pas à faire le tour des pharmacies pour acheter de grandes quantités et constituer ainsi leur stock. Le marché s’est rapidement asséché…", nous explique-t-il.

N’étant pas rassurés sur le rétablissement de la situation sur le marché et sachant que c’est un médicament pris à vie, les patients se ruent sur les stocks mis sur le marché.

L’alternative de s’approvisionner à l’étranger, pour ceux qui le peuvent, est écartée en raison de la polémique autour des effets secondaires de la nouvelle formule commercialisée dans certains pays européens notamment en France.

Les patients préfèrent donc acheter le produit commercialisé au Maroc qui n’a pas subi de modification, ce qui créé une pression supplémentaire sur le marché marocain.

"En temps normal, nous consommons 300.000 boîtes par mois. Nous avons, selon des données que j’ai eues de sources proches du dossier, écoulé près de 600.000 boîtes au cours du dernier mois", assure le président du CNOP. En d’autres termes, plus du double de la quantité consommée hors période de la rupture.

"Même la distribution du produit ne se fait pas d’une manière optimale", ajoute notre interlocuteur.

Le ministère rappelle à l'ordre les pharmaciens

À en croire la situation du marché, la recommandation du fabricant selon laquelle il faut dispenser uniquement pour l’équivalent d’un mois de traitement n’a pas été respectée.

C’est la raison pour laquelle, Jamal Taoufik, directeur du médicament et de la pharmacie a adressé une lettre au président du CNOP avec pour objet la "distribution et la dispensation du Lévothyrox".

Dans cette lettre, le directeur du médicament rappelle que "l’établissement Cooper Pharma a approvisionné les grossistes du Lévothyrox selon le besoin national et assure un planning prévisionnel d’approvisionnement du marché avec des quantités suffisantes pour couvrir les prochains mois".

Jamal Taoufik demande au CNOP d’intervenir auprès des pharmaciens responsables des établissements pharmaceutiques grossistes répartiteurs ainsi que des pharmacies d’officine afin de veiller à l’application des deux exigences suivantes :

- Assurer une distribution équitable des pharmacies d’officine en médicament Lévothyrox selon les besoins habituels sur tout le territoire national

- Assurer la dispensation aux patients d’une quantité équivalente à un mois de traitement uniquement.

Le président du CNOP nous assure que « la situation va se réguler en peu de temps et le marché sera inondé de ce médicament d’ici fin septembre ».

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