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Logistique. 35.000 compétences à former entre 2020 et 2024

L’AMDL a élaboré un plan de formation basé sur les tendances de l’emploi dans le secteur à l’horizon 2020-2024. 35.000 personnes doivent ainsi être formées en 5 ans aux métiers de la logistique, dont 86% issues de la formation professionnelle. Pour les professionnels du secteur, la qualité des compétences est un facteur déterminant pour se développer.  

Logistique. 35.000 compétences à former entre 2020 et 2024

Le 07 avril 2019 à 18:22

Modifié le 09 avril 2019 à 11:08

Le développement des compétences est un axe prioritaire de la stratégie nationale de la logistique lancée en 2010. Pour accélérer sa mise en place, l’AMDL a réalisé une étude sectorielle qui a débouché sur l’élaboration d’un plan de formation nationale (2020-2024).

“Le plan de formation vise aussi bien l’enseignement supérieur que la formation professionnelle. Le chiffre qu’on a produit dans le plan de formation est de 35.000 personnes à former, dont 86% qui émanent de la formation professionnelle. Nous avons également identifié les métiers logistiques par rapport au contexte marocain ; il s’agit de 21 métiers logistiques regroupés en 9 fonctions de travail et répartis sur l’ensemble des niveaux de qualification allant de la conception à l’exécution, en passant par le pilotage des flux. Nous avons, également, défini les références emplois/métiers et emplois/compétences“, explique Abdelkebir Chajai, à la tête de la direction des opérateurs et chaînes logistiques à l’AMDL.

Créé en 2015, le Board national de coordination de la formation en logistique, qui réunit les acteurs de la formation, veillera au suivi de ce plan de formation ainsi qu’à l’amélioration de l’adéquation entre la formation et les besoins en matière d’emploi.

“D’autres actions ont été également amorcées, notamment en matière de conception et de mise en place d’un système de labellisation de la formation logistique au Maroc. L’objectif est de valoriser des formations de qualité mais aussi d’orienter les élèves et les chercheurs d’emploi vers des formations de qualité sur le marché“, souligne Abdelkebir Chajai.

Les effectifs en formation ont triplé

Selon le dernier bilan logistique publié par l’AMDL en 2016, la formation en logistique a presque triplé entre 2010 et 2015, passant de 2.500 à plus de 7.300 sièges pédagogiques.

En 2015, près de 120 établissements (53 publics et 67 privés) dispensaient des formations en logistique avec 220 branches couvrant l’enseignement supérieur (150 filières) et la formation professionnelle (70 filières).

Selon un professionnel du secteur, “on dispose aujourd’hui, au Maroc, de plusieurs écoles qui forment de très bons profils en logistique. Il s’agit par exemple de l’ISTL (Institut Supérieur de Transport et Logistique) ou encore de l’ESITH (École nationale supérieure des industries du textile et de l'habillement). Ces deux établissements forment des profils que nous recrutons dans le cadre de nos activités“.

Plusieurs centres d’excellence spécialisés en logistique et supply chain ont été également créés, comme le centre Tamayuz Supply Chain et le Centre d’Excellence Logistique (CELOG), développés respectivement par la SNTL et l’ESITH. La contribution du secteur privé en termes d’effectifs formés est estimée à près de 40%. Cette offre reste, cependant, concentrée sur deux principales régions : Casablanca Settat et Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Le manque de ressources freine le développement

Pour Hicham Mellakh, président de la commission logistique à la CGEM et DG de la société spécialisée dans le transport et la logistique, Transmel, “les compétences spécialisées dans le secteur de la logistique sont un point déterminant. Il y a des mesures et des plans, mais ceux-ci tardent à sortir. Le manque de ressources freine le développement et handicape la qualité des prestations“.

Pour un autre professionnel du secteur, le frein n’est pas seulement quantitatif, il est aussi qualitatif : “Il existe aujourd’hui sur le marché plusieurs masters en logistique avec des diplômes non reconnus, voire certains dont le contenu n’a rien avoir avec la logistique. On doit d’abord unifier le langage. Quand on parle de licence en Retail, cela doit être la même chose dans le public comme dans le privé. Les modules à enseigner doivent être clairs. On doit savoir tout ce qu’il y a dans un master en logistique industrielle, urbaine ou de production. Chaque master doit être clair et défini dans son contenu pour tous les organismes d’enseignement“.

A partir de l’année prochaine, une enquête menée par l’Observatoire marocain de la compétitivité logistique (OMCL) sera lancée annuellement afin d’identifier les besoins et mettre à jour le plan de formation. Cette enquête produira une carte prévisionnelle de formation par région.

La formation en cours d’emploi a connu, pour sa part, une progression avec l’installation de plusieurs opérateurs de formation privés. C’est ainsi que le “Giac Translog“, association gérée par la profession pour le développement de la formation en cours d’emploi, a financé depuis sa création en décembre 2005 l’équivalent de 10 millions de DH d’études d’ingénierie et d’analyses stratégiques.

Plus de 300 entreprises adhérentes, réparties sur toutes les branches d’activités du transport et de la logistique, ont bénéficié de subventions financières du “Giac Translog“ en matière de formations. Malgré cette évolution continue de l’offre de formation, une partie d’entre elles reste en déphasage avec les besoins des employeurs.

Besoin de compétences dans tout l’écosystème

“Les ressources humaines dans le secteur de la logistique sont un élément clé. Nous avons besoin de compétences pas seulement en logistique mais dans tous les métiers de l’écosystème. Cela va du cariste aux chauffeurs de machines et semi-remorques, aux vendeurs ou aux merchandisers. Au niveau du management, nous sommes confrontés au même problème de voir les meilleurs partir en Europe et dernièrement au Moyen-Orient“, estime Moncef Belkhayat, PDG de du groupe Dislog.

Logistique. 35.000 compétences à former entre 2020 et 2024

Le 09 avril 2019 à09:11

Modifié le 09 avril 2019 à 11:08

L’AMDL a élaboré un plan de formation basé sur les tendances de l’emploi dans le secteur à l’horizon 2020-2024. 35.000 personnes doivent ainsi être formées en 5 ans aux métiers de la logistique, dont 86% issues de la formation professionnelle. Pour les professionnels du secteur, la qualité des compétences est un facteur déterminant pour se développer.  

Le développement des compétences est un axe prioritaire de la stratégie nationale de la logistique lancée en 2010. Pour accélérer sa mise en place, l’AMDL a réalisé une étude sectorielle qui a débouché sur l’élaboration d’un plan de formation nationale (2020-2024).

“Le plan de formation vise aussi bien l’enseignement supérieur que la formation professionnelle. Le chiffre qu’on a produit dans le plan de formation est de 35.000 personnes à former, dont 86% qui émanent de la formation professionnelle. Nous avons également identifié les métiers logistiques par rapport au contexte marocain ; il s’agit de 21 métiers logistiques regroupés en 9 fonctions de travail et répartis sur l’ensemble des niveaux de qualification allant de la conception à l’exécution, en passant par le pilotage des flux. Nous avons, également, défini les références emplois/métiers et emplois/compétences“, explique Abdelkebir Chajai, à la tête de la direction des opérateurs et chaînes logistiques à l’AMDL.

Créé en 2015, le Board national de coordination de la formation en logistique, qui réunit les acteurs de la formation, veillera au suivi de ce plan de formation ainsi qu’à l’amélioration de l’adéquation entre la formation et les besoins en matière d’emploi.

“D’autres actions ont été également amorcées, notamment en matière de conception et de mise en place d’un système de labellisation de la formation logistique au Maroc. L’objectif est de valoriser des formations de qualité mais aussi d’orienter les élèves et les chercheurs d’emploi vers des formations de qualité sur le marché“, souligne Abdelkebir Chajai.

Les effectifs en formation ont triplé

Selon le dernier bilan logistique publié par l’AMDL en 2016, la formation en logistique a presque triplé entre 2010 et 2015, passant de 2.500 à plus de 7.300 sièges pédagogiques.

En 2015, près de 120 établissements (53 publics et 67 privés) dispensaient des formations en logistique avec 220 branches couvrant l’enseignement supérieur (150 filières) et la formation professionnelle (70 filières).

Selon un professionnel du secteur, “on dispose aujourd’hui, au Maroc, de plusieurs écoles qui forment de très bons profils en logistique. Il s’agit par exemple de l’ISTL (Institut Supérieur de Transport et Logistique) ou encore de l’ESITH (École nationale supérieure des industries du textile et de l'habillement). Ces deux établissements forment des profils que nous recrutons dans le cadre de nos activités“.

Plusieurs centres d’excellence spécialisés en logistique et supply chain ont été également créés, comme le centre Tamayuz Supply Chain et le Centre d’Excellence Logistique (CELOG), développés respectivement par la SNTL et l’ESITH. La contribution du secteur privé en termes d’effectifs formés est estimée à près de 40%. Cette offre reste, cependant, concentrée sur deux principales régions : Casablanca Settat et Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Le manque de ressources freine le développement

Pour Hicham Mellakh, président de la commission logistique à la CGEM et DG de la société spécialisée dans le transport et la logistique, Transmel, “les compétences spécialisées dans le secteur de la logistique sont un point déterminant. Il y a des mesures et des plans, mais ceux-ci tardent à sortir. Le manque de ressources freine le développement et handicape la qualité des prestations“.

Pour un autre professionnel du secteur, le frein n’est pas seulement quantitatif, il est aussi qualitatif : “Il existe aujourd’hui sur le marché plusieurs masters en logistique avec des diplômes non reconnus, voire certains dont le contenu n’a rien avoir avec la logistique. On doit d’abord unifier le langage. Quand on parle de licence en Retail, cela doit être la même chose dans le public comme dans le privé. Les modules à enseigner doivent être clairs. On doit savoir tout ce qu’il y a dans un master en logistique industrielle, urbaine ou de production. Chaque master doit être clair et défini dans son contenu pour tous les organismes d’enseignement“.

A partir de l’année prochaine, une enquête menée par l’Observatoire marocain de la compétitivité logistique (OMCL) sera lancée annuellement afin d’identifier les besoins et mettre à jour le plan de formation. Cette enquête produira une carte prévisionnelle de formation par région.

La formation en cours d’emploi a connu, pour sa part, une progression avec l’installation de plusieurs opérateurs de formation privés. C’est ainsi que le “Giac Translog“, association gérée par la profession pour le développement de la formation en cours d’emploi, a financé depuis sa création en décembre 2005 l’équivalent de 10 millions de DH d’études d’ingénierie et d’analyses stratégiques.

Plus de 300 entreprises adhérentes, réparties sur toutes les branches d’activités du transport et de la logistique, ont bénéficié de subventions financières du “Giac Translog“ en matière de formations. Malgré cette évolution continue de l’offre de formation, une partie d’entre elles reste en déphasage avec les besoins des employeurs.

Besoin de compétences dans tout l’écosystème

“Les ressources humaines dans le secteur de la logistique sont un élément clé. Nous avons besoin de compétences pas seulement en logistique mais dans tous les métiers de l’écosystème. Cela va du cariste aux chauffeurs de machines et semi-remorques, aux vendeurs ou aux merchandisers. Au niveau du management, nous sommes confrontés au même problème de voir les meilleurs partir en Europe et dernièrement au Moyen-Orient“, estime Moncef Belkhayat, PDG de du groupe Dislog.

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