Loi sur la profession de prothésiste: les dentistes font pression

Le projet de loi, actuellement en discussion à la Chambre des conseillers, vient réglementer l'exercice des professions de préparateur et de manipulateur des produits de santé, dont les prothésistes dentaires et les techniciens de laboratoires.

Loi sur la profession de prothésiste: les dentistes font pression

Le 02 juillet 2019 à 12:52

Modifié le 02 juillet 2019 à 15:44

Validé par la Chambre des représentants, le projet de loi n°25-14 relative à l'exercice des professions de préparateur et de manipulateur des produits de santé est actuellement en discussion à la deuxième Chambre.

Très contesté par certains "praticiens illégaux d'actes dentaires sans formation professionnelle", ce projet de loi vient réglementer, entre autres, la profession de prothésiste dentaire.

Sanctions pour pratique illégale

Ce texte prévoit des sanctions contre toute personne "non munie d’un titre ou diplôme permettant l’exercice des actes de la profession de prothésiste dentaire". L’exercice illégal est ainsi puni d’une peine allant de 3 mois à 2 ans de prison et d’une amende de 5.000 DH à 20.000 DH.

Selon l'article 5 de ce projet de loi, "le prothésiste dentaire confectionne des prothèses dentaires sur demande d'un médecin-dentiste ou d'un médecin stomatologue et sous son contrôle. Le colportage de prothèses dentaires est interdit". 

Pour l’Ordre national des médecins dentistes (ONMD), le projet de loi n°25-14 est une "solution concrète qui annoncerait le début de la fin de l’exercice illégal de la médecine dentaire au Maroc".

"C'est la solution idoine pour écarter les charlatans qui, en se cachant derrière les professions de "dentistes", mécaniciens dentaires, ingénieurs dentistes, techniciens dentistes, denturologues, arracheurs de dents, fabricants de dents", exercent illégalement la médecine dentaire au Maroc", lit-on dans un communiqué de l'ONMD.

Toutefois, les dentistes craignent une pression de la part des "praticiens illégaux" pour faire amender le texte de loi. "Usant de titres fallacieux et d’enseignes trompeuses, ils risquent aujourd’hui de continuer ce massacre si le projet de loi n°25-14 venait à être modifié durant de son passage par la Chambre des conseillers", souligne le communiqué.

"Voyant le projet de loi n°25-14, déjà adopté par la Chambre des représentants, venir stopper leurs dangereux agissements, ces charlatans de la santé ont entrepris une campagne de désinformation. A travers des sorties médiatiques et des rencontres, ils veulent créer la confusion et fournir de fausses données aux membres de la commission de la Chambre des conseillers, qui doivent statuer sur ledit projet de loi. Ils tentent ainsi de les pousser à l’amender", souligne le président de l’ONMD, Mohamed Sdira, cité dans le communiqué.

Ils seraient plus de 3.300 faux médecins dentistes, qui mettent la santé des citoyens en danger, selon l'ONMD, qui tire la sonnette d’alarme afin de prévenir un quelconque changement qui donnerait à certains préparateurs et manipulateurs des produits de santé le droit de réaliser des "actes exclusivement réservés aux médecins dentistes diplômés". "Ce sont ces dépassements qui entrainent des maladies infectieuses et contagieuses ayant causé des handicaps et dans certains cas la mort", ajoute la même source.

"Il est inadmissible qu’un autre professionnel que le médecin dentiste puisse définir le modèle de prothèse nécessaire à tel ou tel cas, et que ce ne soit pas lui qui l’installe dans la bouche d’un patient", ajoute l'ONMD dans son communiqué. 

Quid des prothésistes?

Du côté de l'Association nationale des prothésistes dentaires, c'est la déception. "Nous regrettons l'exclusion des prothésistes dentaires dans l'élaboration du projet de loi", nous déclare Ahmed Ibrahimi, président de l'Association qui représente quelque 17.600 prothésistes.

Suite à la dernière réunion avec le ministère de la Santé, l'Association a présenté une proposition portant sur la formation continue des prothésistes. Un projet qui nécessiterait 34 millions de DH, estime notre source. Une réunion était prévue avec la commission technique chargée du dossier, sans suite.

"Ce secteur concerne trois intervenants: le dentiste, le laboratoire et le prothésiste. Notre profession est caractérisée par des spécificités: nous pouvons recevoir nos "clients" de façon indépendante", explique M. Ibrahimi.

Loi sur la profession de prothésiste: les dentistes font pression

Le 02 juillet 2019 à13:14

Modifié le 02 juillet 2019 à 15:44

Le projet de loi, actuellement en discussion à la Chambre des conseillers, vient réglementer l'exercice des professions de préparateur et de manipulateur des produits de santé, dont les prothésistes dentaires et les techniciens de laboratoires.

Validé par la Chambre des représentants, le projet de loi n°25-14 relative à l'exercice des professions de préparateur et de manipulateur des produits de santé est actuellement en discussion à la deuxième Chambre.

Très contesté par certains "praticiens illégaux d'actes dentaires sans formation professionnelle", ce projet de loi vient réglementer, entre autres, la profession de prothésiste dentaire.

Sanctions pour pratique illégale

Ce texte prévoit des sanctions contre toute personne "non munie d’un titre ou diplôme permettant l’exercice des actes de la profession de prothésiste dentaire". L’exercice illégal est ainsi puni d’une peine allant de 3 mois à 2 ans de prison et d’une amende de 5.000 DH à 20.000 DH.

Selon l'article 5 de ce projet de loi, "le prothésiste dentaire confectionne des prothèses dentaires sur demande d'un médecin-dentiste ou d'un médecin stomatologue et sous son contrôle. Le colportage de prothèses dentaires est interdit". 

Pour l’Ordre national des médecins dentistes (ONMD), le projet de loi n°25-14 est une "solution concrète qui annoncerait le début de la fin de l’exercice illégal de la médecine dentaire au Maroc".

"C'est la solution idoine pour écarter les charlatans qui, en se cachant derrière les professions de "dentistes", mécaniciens dentaires, ingénieurs dentistes, techniciens dentistes, denturologues, arracheurs de dents, fabricants de dents", exercent illégalement la médecine dentaire au Maroc", lit-on dans un communiqué de l'ONMD.

Toutefois, les dentistes craignent une pression de la part des "praticiens illégaux" pour faire amender le texte de loi. "Usant de titres fallacieux et d’enseignes trompeuses, ils risquent aujourd’hui de continuer ce massacre si le projet de loi n°25-14 venait à être modifié durant de son passage par la Chambre des conseillers", souligne le communiqué.

"Voyant le projet de loi n°25-14, déjà adopté par la Chambre des représentants, venir stopper leurs dangereux agissements, ces charlatans de la santé ont entrepris une campagne de désinformation. A travers des sorties médiatiques et des rencontres, ils veulent créer la confusion et fournir de fausses données aux membres de la commission de la Chambre des conseillers, qui doivent statuer sur ledit projet de loi. Ils tentent ainsi de les pousser à l’amender", souligne le président de l’ONMD, Mohamed Sdira, cité dans le communiqué.

Ils seraient plus de 3.300 faux médecins dentistes, qui mettent la santé des citoyens en danger, selon l'ONMD, qui tire la sonnette d’alarme afin de prévenir un quelconque changement qui donnerait à certains préparateurs et manipulateurs des produits de santé le droit de réaliser des "actes exclusivement réservés aux médecins dentistes diplômés". "Ce sont ces dépassements qui entrainent des maladies infectieuses et contagieuses ayant causé des handicaps et dans certains cas la mort", ajoute la même source.

"Il est inadmissible qu’un autre professionnel que le médecin dentiste puisse définir le modèle de prothèse nécessaire à tel ou tel cas, et que ce ne soit pas lui qui l’installe dans la bouche d’un patient", ajoute l'ONMD dans son communiqué. 

Quid des prothésistes?

Du côté de l'Association nationale des prothésistes dentaires, c'est la déception. "Nous regrettons l'exclusion des prothésistes dentaires dans l'élaboration du projet de loi", nous déclare Ahmed Ibrahimi, président de l'Association qui représente quelque 17.600 prothésistes.

Suite à la dernière réunion avec le ministère de la Santé, l'Association a présenté une proposition portant sur la formation continue des prothésistes. Un projet qui nécessiterait 34 millions de DH, estime notre source. Une réunion était prévue avec la commission technique chargée du dossier, sans suite.

"Ce secteur concerne trois intervenants: le dentiste, le laboratoire et le prothésiste. Notre profession est caractérisée par des spécificités: nous pouvons recevoir nos "clients" de façon indépendante", explique M. Ibrahimi.

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