Peines confirmées en appel pour tous les militants du Hirak

Peines confirmées en appel pour tous les militants du Hirak

Le 06 avril 2019 à 04:16

Modifié le 06 avril 2019 à 15:12

La  prévenus du hirak ont vu toutes leurs peines confirmées en appel, vendredi soir par la cour d'appel de Casablanca.

Les proches des 42 prévenus ont accueilli par des cris de colère et des larmes le jugement de la Cour d'appel de Casablanca, prononcé après cinq heures de délibéré, au terme d'un procès ouvert en novembre.

"Vive le peuple", "Etat corrompu", "vive le Rif", a crié la foule à la sortie de la salle d'audience.

Jugé pour "complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'Etat", Nasser Zefzafi, le leader du Hirak devra donc purger une peine de 20 ans de prison ferme, comme trois autres militants du noyau dur de la contestation.

Les autres peines vont de 1 à 15 ans de réclusion.

Le journaliste Hamid el-Mahdaoui qui avait souhaité vendredi dans son ultime plaidoyer ne pas être puni pour un "crime imaginaire" a vu confirmée sa condamnation à trois ans de prison pour ne pas avoir alerté la police des appels d'un inconnu lui proposant des armes.

"C'est une injustice", a lancé à la presse son épouse en pleurs, en décrivant comme un "journaliste libre" celui qui dirigeait un site internet fermé depuis.

  "Aucun espoir"

"Il n'y a aucun espoir (...) ce procès a été une injustice depuis ses débuts et c'est ainsi qu'il s'est conclu", a déploré Souad Brahma, une avocate de la défense.

"On ne peut pas commenter une décision de justice et personne n'a le droit de le faire", a pour sa part souligné Mohamed Kerrout, un avocat qui représente l'Etat.

Nasser Zefzafi a boycotté son procès en appel, comme 37 autres prévenus en détention, après avoir dénoncé en première instance un procès "politique".

L'accusation avait requis d’alourdir en appel toutes les peines qui ne correspondaient pas au maximum prévu par le code pénal. Comme en première instance, les avocats de la défense ont refusé de plaider en réclamant un procès "équitable".

Pendant les délibérations, plusieurs dizaines de personnes - des familles, des militants du Hirak ou des droits humains - ont manifesté devant le tribunal sous une fine pluie pour demander la libération des "détenus politiques".

"C'est la politique de la peur qui est opérée depuis pas mal de temps déjà, pour dire à tous ceux qui ont des revendications qu'il vaut mieux qu'ils se taisent", a regretté après le jugement Nabila Mounib, femme politique et figure de la gauche marocaine, citée par l'AFP.

  Procès-fleuve 

Les 42 militants du Hirak avaient été condamnés en première instance à Casablanca en juin dernier, au terme d'un procès-fleuve impliquant au total 53 accusés.

Onze des condamnés de Casablanca avaient été graciés en août par le roi du Maroc Mohammed VI.

Cette semaine, un groupe de 24 eurodéputés (verts et gauche unitaire) ont appelé à la libération immédiate de tous les prisonniers du mouvement populaire" du Hirak.

En réponse aux critiques, les autorités marocaines ont toujours assuré que le processus judiciaire était en tout point conforme aux normes internationales, en soulignant que la justice était indépendante.

"Certains ont dit que les sentences étaient sévères. Sur quel critère? D'un point de vue affectif, un jour en prison c'est beaucoup. Mais pas selon la loi. Tous les pays prévoient des peines lourdes pour la mise à feu volontaire", a souligné Me Kerrout vendredi soir, faisant allusion à l'incendie d'une bâtiment hébergeant les forces de l'ordre et qui avait provoqué des dégâts humains et matériels.

"Pour le recours en cassation, cela va dépendre de la décision que vont prendre les intéressés", a indiqué Mohamed Aghennaj, un avocat de la défense.

Tags : Hirak

Peines confirmées en appel pour tous les militants du Hirak

Le 06 avril 2019 à09:17

Modifié le 06 avril 2019 à 15:12

La  prévenus du hirak ont vu toutes leurs peines confirmées en appel, vendredi soir par la cour d'appel de Casablanca.

Les proches des 42 prévenus ont accueilli par des cris de colère et des larmes le jugement de la Cour d'appel de Casablanca, prononcé après cinq heures de délibéré, au terme d'un procès ouvert en novembre.

"Vive le peuple", "Etat corrompu", "vive le Rif", a crié la foule à la sortie de la salle d'audience.

Jugé pour "complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'Etat", Nasser Zefzafi, le leader du Hirak devra donc purger une peine de 20 ans de prison ferme, comme trois autres militants du noyau dur de la contestation.

Les autres peines vont de 1 à 15 ans de réclusion.

Le journaliste Hamid el-Mahdaoui qui avait souhaité vendredi dans son ultime plaidoyer ne pas être puni pour un "crime imaginaire" a vu confirmée sa condamnation à trois ans de prison pour ne pas avoir alerté la police des appels d'un inconnu lui proposant des armes.

"C'est une injustice", a lancé à la presse son épouse en pleurs, en décrivant comme un "journaliste libre" celui qui dirigeait un site internet fermé depuis.

  "Aucun espoir"

"Il n'y a aucun espoir (...) ce procès a été une injustice depuis ses débuts et c'est ainsi qu'il s'est conclu", a déploré Souad Brahma, une avocate de la défense.

"On ne peut pas commenter une décision de justice et personne n'a le droit de le faire", a pour sa part souligné Mohamed Kerrout, un avocat qui représente l'Etat.

Nasser Zefzafi a boycotté son procès en appel, comme 37 autres prévenus en détention, après avoir dénoncé en première instance un procès "politique".

L'accusation avait requis d’alourdir en appel toutes les peines qui ne correspondaient pas au maximum prévu par le code pénal. Comme en première instance, les avocats de la défense ont refusé de plaider en réclamant un procès "équitable".

Pendant les délibérations, plusieurs dizaines de personnes - des familles, des militants du Hirak ou des droits humains - ont manifesté devant le tribunal sous une fine pluie pour demander la libération des "détenus politiques".

"C'est la politique de la peur qui est opérée depuis pas mal de temps déjà, pour dire à tous ceux qui ont des revendications qu'il vaut mieux qu'ils se taisent", a regretté après le jugement Nabila Mounib, femme politique et figure de la gauche marocaine, citée par l'AFP.

  Procès-fleuve 

Les 42 militants du Hirak avaient été condamnés en première instance à Casablanca en juin dernier, au terme d'un procès-fleuve impliquant au total 53 accusés.

Onze des condamnés de Casablanca avaient été graciés en août par le roi du Maroc Mohammed VI.

Cette semaine, un groupe de 24 eurodéputés (verts et gauche unitaire) ont appelé à la libération immédiate de tous les prisonniers du mouvement populaire" du Hirak.

En réponse aux critiques, les autorités marocaines ont toujours assuré que le processus judiciaire était en tout point conforme aux normes internationales, en soulignant que la justice était indépendante.

"Certains ont dit que les sentences étaient sévères. Sur quel critère? D'un point de vue affectif, un jour en prison c'est beaucoup. Mais pas selon la loi. Tous les pays prévoient des peines lourdes pour la mise à feu volontaire", a souligné Me Kerrout vendredi soir, faisant allusion à l'incendie d'une bâtiment hébergeant les forces de l'ordre et qui avait provoqué des dégâts humains et matériels.

"Pour le recours en cassation, cela va dépendre de la décision que vont prendre les intéressés", a indiqué Mohamed Aghennaj, un avocat de la défense.

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