Coronavirus: Le récit d'étudiants marocains, en quarantaine à Meknès

Toujours en quarantaine, des étudiants rapatriés de Chine témoignent de leur situation actuelle à l'hôpital Sidi Saïdi à Meknès. Soulagés d'être rentrés au Maroc, ils nous racontent les difficultés qu'ils avaient rencontrées à Wuhan.  

Coronavirus: Le récit d'étudiants marocains, en quarantaine à Meknès

Le 13 février 2020 à 15:21

Modifié le 15 février 2020 à 12:09

Dimanche 2 février, 167 Marocains ont été rapatriés de Chine sur décision du Roi Mohammed VI. Placés en quarantaine dès leur arrivée au Maroc, 90 d’entre eux sont aujourd'hui à l’hôpital Sidi Saïdi à Meknès, les autres se trouvent à l’hôpital militaire Mohammed V à Rabat.

Une semaine et demie après leur rapatriement, Médias24 a contacté quelques étudiants, qui se trouvent actuellement à l’hôpital Sidi Saïdi à Meknès:

Zouhir, 27 ans, originaire de Rabat, doctorant en chimie analytique à Huazhong University of science and technology, une université à Wuhan, nous raconte sa situation actuelle en quarantaine: "Tout va bien, nous sommes bien nourris, logés et traités. Nous avons une salle de jeux à notre disposition et nous sommes suivis par des médecins. On peut sortir marcher ou faire du sport dans les espaces verts de l’hôpital. On s’ennuie un peu, certes, mais je suppose que c’est normal, nous sommes en quarantaine après tout." Pour l'instant, il poursuit ses études à distance.

"Nous portons tout le temps des masques, et on vérifie notre température deux fois par jour: une fois le matin et une autre le soir. On passe beaucoup de temps avec les autres rapatriés, personne n'a l'air d'aller mal ou d'être malade. Par ailleurs, nous ne sommes pas tous étudiants ici, il y a des familles marocaines aussi. Toutefois, nous ne pouvons pas recevoir de visite de notre famille à l'hôpital. Nous pouvons les contacter par téléphone et une connexion Wi-fi est à notre disposition au sein de l'hôpital" a ajouté la même source.

Pour sa part, Hatim, 21 ans, également originaire de Rabat et étudiant en 2e année en management et commerce international dans une université à Wuhan, nous affirme que des psychologues sont à leur disposition toute la journée, pour les soutenir moralement.

"Je me suis retrouvé avec des amis à l’hôpital, on nous traite comme il se doit" a-t-il affirmé

Mais, concernant ses études, Hatim explique qu'il est toujours en train de négocier une solution avec son université, car sa formation nécessite un présentiel. Il pourrait donc effectuer ses études, durant les vacances d'été ou les reporter à l'année prochaine. En attendent toujours une réponse, Hatim nous révèle que plusieurs étudiants de la même université, également en quarantaine, se retrouvent dans la même situation.

 "Je suis content d’être rentré, le vrai calvaire c'était à Wuhan" 

Hatim habitait à 25 minutes de bus du centre de Wuhan. Tous les commerces de son quartier étaient fermés, il n'y avait aucun moyen de transport. La ville était déserte. "A un moment donné, nous avions beaucoup plus peur de mourir de faim que du coronavirus. Nous étions  vraiment coincés," raconte le jeune étudiant.

"Nous avions créé un groupe sur Facebook rassemblant la communauté marocaine de Chine et spécialement à Wuhan. Grâce à ce groupe, on restait en contact, on s’entraidait, on essayait de trouver des solutions au problème de manque de nourriture, tout en cherchant un moyen de rentrer chez nous, au Maroc" nous explique-t-il. "Un étudiant, qui est actuellement avec nous à l’hôpital de Meknès, avait publié une vidéo sur Youtube pour exprimer nos difficultés à Wuhan, cette vidéo a largement été partagée sur les réseaux sociaux."

Après les instructions du Roi Mohammed VI, des Marocains de Wuhan ont été contactés par l’ambassade du Maroc à Beijing, en Chine. Ceux qui voulaient rentrer ont été rapatriés au Maroc." Des Marocains ont choisi de rester en Chine, la majorité d'entre eux ne vivent pas à Wuhan", a ajouté Hatim.

"Durant le vol, les gendarmes et les responsables qui nous avaient accompagnés, essayaient de nous rassurer et nous ont apporté énormément de support moral. A notre arrivée à Benslimane, nous avons été aléatoirement divisés en deux groupes. Le premier a été dirigé vers l’hôpital militaire de Rabat, le second vers l'hôpital où nous nous retrouvons actuellement. A notre arrivée à l’hôpital Sidi Saïdi, un dispositif était mis en place pour contrôler notre état de santé, dont des analyses. Nous attendons toujours les résultats de ces dernières."

Contacté par Médias24, Mehdi Bellouti, directeur régional du ministère de la Santé de la région de Fès-Meknès, explique que l’interdiction des visites des parents et des proches est une précaution médicale, pour éviter tout risque. Concernant les analyses, il explique qu'"il y a eu un retard au niveau du laboratoire, mais les résultats seront communiqués dans les prochains jours."

Selon la même source, la quarantaine est toujours maintenue à 20 jours. Les rapatriés devraient donc quitter les hôpitaux le 22 février.

D’autres Marocains seront-ils rapatriés ? Mehdi Bellouti nous explique que la majorité des 167 rapatriés étaient dans la ville de Wuhan, la principale zone dangereuse en Chine. "Nous n'avons aucune information concernant un second rapatriement", a confirmé la même source. 

Lire aussi: Le Maroc active les procédures spéciales dans le système de santé

Coronavirus: Le récit d'étudiants marocains, en quarantaine à Meknès

Le 13 février 2020 à17:20

Modifié le 15 février 2020 à 12:09

Toujours en quarantaine, des étudiants rapatriés de Chine témoignent de leur situation actuelle à l'hôpital Sidi Saïdi à Meknès. Soulagés d'être rentrés au Maroc, ils nous racontent les difficultés qu'ils avaient rencontrées à Wuhan.  

Dimanche 2 février, 167 Marocains ont été rapatriés de Chine sur décision du Roi Mohammed VI. Placés en quarantaine dès leur arrivée au Maroc, 90 d’entre eux sont aujourd'hui à l’hôpital Sidi Saïdi à Meknès, les autres se trouvent à l’hôpital militaire Mohammed V à Rabat.

Une semaine et demie après leur rapatriement, Médias24 a contacté quelques étudiants, qui se trouvent actuellement à l’hôpital Sidi Saïdi à Meknès:

Zouhir, 27 ans, originaire de Rabat, doctorant en chimie analytique à Huazhong University of science and technology, une université à Wuhan, nous raconte sa situation actuelle en quarantaine: "Tout va bien, nous sommes bien nourris, logés et traités. Nous avons une salle de jeux à notre disposition et nous sommes suivis par des médecins. On peut sortir marcher ou faire du sport dans les espaces verts de l’hôpital. On s’ennuie un peu, certes, mais je suppose que c’est normal, nous sommes en quarantaine après tout." Pour l'instant, il poursuit ses études à distance.

"Nous portons tout le temps des masques, et on vérifie notre température deux fois par jour: une fois le matin et une autre le soir. On passe beaucoup de temps avec les autres rapatriés, personne n'a l'air d'aller mal ou d'être malade. Par ailleurs, nous ne sommes pas tous étudiants ici, il y a des familles marocaines aussi. Toutefois, nous ne pouvons pas recevoir de visite de notre famille à l'hôpital. Nous pouvons les contacter par téléphone et une connexion Wi-fi est à notre disposition au sein de l'hôpital" a ajouté la même source.

Pour sa part, Hatim, 21 ans, également originaire de Rabat et étudiant en 2e année en management et commerce international dans une université à Wuhan, nous affirme que des psychologues sont à leur disposition toute la journée, pour les soutenir moralement.

"Je me suis retrouvé avec des amis à l’hôpital, on nous traite comme il se doit" a-t-il affirmé

Mais, concernant ses études, Hatim explique qu'il est toujours en train de négocier une solution avec son université, car sa formation nécessite un présentiel. Il pourrait donc effectuer ses études, durant les vacances d'été ou les reporter à l'année prochaine. En attendent toujours une réponse, Hatim nous révèle que plusieurs étudiants de la même université, également en quarantaine, se retrouvent dans la même situation.

 "Je suis content d’être rentré, le vrai calvaire c'était à Wuhan" 

Hatim habitait à 25 minutes de bus du centre de Wuhan. Tous les commerces de son quartier étaient fermés, il n'y avait aucun moyen de transport. La ville était déserte. "A un moment donné, nous avions beaucoup plus peur de mourir de faim que du coronavirus. Nous étions  vraiment coincés," raconte le jeune étudiant.

"Nous avions créé un groupe sur Facebook rassemblant la communauté marocaine de Chine et spécialement à Wuhan. Grâce à ce groupe, on restait en contact, on s’entraidait, on essayait de trouver des solutions au problème de manque de nourriture, tout en cherchant un moyen de rentrer chez nous, au Maroc" nous explique-t-il. "Un étudiant, qui est actuellement avec nous à l’hôpital de Meknès, avait publié une vidéo sur Youtube pour exprimer nos difficultés à Wuhan, cette vidéo a largement été partagée sur les réseaux sociaux."

Après les instructions du Roi Mohammed VI, des Marocains de Wuhan ont été contactés par l’ambassade du Maroc à Beijing, en Chine. Ceux qui voulaient rentrer ont été rapatriés au Maroc." Des Marocains ont choisi de rester en Chine, la majorité d'entre eux ne vivent pas à Wuhan", a ajouté Hatim.

"Durant le vol, les gendarmes et les responsables qui nous avaient accompagnés, essayaient de nous rassurer et nous ont apporté énormément de support moral. A notre arrivée à Benslimane, nous avons été aléatoirement divisés en deux groupes. Le premier a été dirigé vers l’hôpital militaire de Rabat, le second vers l'hôpital où nous nous retrouvons actuellement. A notre arrivée à l’hôpital Sidi Saïdi, un dispositif était mis en place pour contrôler notre état de santé, dont des analyses. Nous attendons toujours les résultats de ces dernières."

Contacté par Médias24, Mehdi Bellouti, directeur régional du ministère de la Santé de la région de Fès-Meknès, explique que l’interdiction des visites des parents et des proches est une précaution médicale, pour éviter tout risque. Concernant les analyses, il explique qu'"il y a eu un retard au niveau du laboratoire, mais les résultats seront communiqués dans les prochains jours."

Selon la même source, la quarantaine est toujours maintenue à 20 jours. Les rapatriés devraient donc quitter les hôpitaux le 22 février.

D’autres Marocains seront-ils rapatriés ? Mehdi Bellouti nous explique que la majorité des 167 rapatriés étaient dans la ville de Wuhan, la principale zone dangereuse en Chine. "Nous n'avons aucune information concernant un second rapatriement", a confirmé la même source. 

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