Masque réutilisable : Interrogations des acteurs sur des exigences de la tutelle

La montée en charge de la production des masques en tissu tissé se poursuit. Cependant, la commercialisation et les possibilité à l'export suscitent quelques interrogations chez les professionnels du textile. 

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Masque réutilisable : Interrogations des acteurs sur des exigences de la tutelle LE MASQUE EN TISSU CERTIFIÉ DE LA SOCIÉTÉ MUSTANG.

Le 11 mai 2020 à 11:37

Modifié le 11 mai 2020 à 13:49

Alors que la production des masques de protection en tissu non tissé a atteint sa vitesse de croisière, celle des masques en tissu tissé lui emboîte le pas. 

"Les textiliens ont répondu massivement et efficacement à l'appel que le Ministère de l'Industrie a lancé à notre secteur début avril pour combler le besoin national en masques de protection en tissu. Preuve en est que nous comptons aujourd'hui 65 entreprises certifiées par IMANOR pour la fabrication des masques en tissus, et que de nombreuses autres sont en cours de certification", nous confie une source professionnelle qui cite des échanges internes au sein de la fédération. 

Sur le site d'Imanor, ce lundi 11 mai, la liste comprend plus de 80 entreprises certifiées dont des sites de production appartenant à la Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion. 

Selon notre source au sein de la profession, "cette mobilisation massive a permis de produire plusieurs millions de masques dont plus de 15 millions toujours en stock". 

La phase de la commercialisation est également en cours de mise en place. "Des discussions sont actuellement en cours avec des distributeurs et des grandes surfaces pour discuter de l'achat des stocks de masques accumulés", avance notre source. 

Débat sur le tissu en polyester et sur le packaging 

Cela dit, les professionnels ont quelques interrogations relatives à des exigences de la tutelle concernant le tissu utilisé et le packaging.

En ce qui concerne l'exigence de composition des masques, nous apprenons que le ministère a informé la profession qu'il est interdit d'utiliser un tissu 100% polyester dans la fabrication des masques de protection. 

"Quel est le rationnel scientifique justifiant l'interdiction d'utiliser ce tissu? Quid des stocks produits et de ceux à venir dont les entreprises ont obtenu la certification de l'IMANOR pour une durée d'un mois ?", rapporte notre source.

Certains industriel ont "produit ou acquis des stocks de tissus 100% polyester après validation de la conformité de ces tissus/masques par l'IMANOR". 

Notre source au sein de la profession nous explique que le ministère a tranché la question des stocks produits. "Sur ce point, nous venons d'être informés par le Ministère que les stocks actuels de masques en tissus 100% polyester peuvent être commercialisés, néanmoins les prochaines productions devront être en mélange", nous confie cet industriel.

"Nous attendons donc toujours des clarifications concernant le devenir des stocks de tissus acquis/produits en 100% polyester sur la base de la certification de ces matières par l'IMANOR", ajoute notre source. 

Par ailleurs, le ministère a demandé aux textiliens de conditionner les nouveaux masques avec des biais en couleur par boite de 7. "La décision de standardiser les masques de protection implique-t-elle que le Ministère a décidé de n'avoir qu'un seul modèle de masque pour tout le pays? Le biais de couleur demandé nécessitera des tests chimiques spécifiques pour chaque couleur, et donc une procédure de certification différente par masque", s'interrogent les professionnels.

"Si la logique de la boîte de 7 avec des biais de couleurs différentes est d'avoir un masque par jour de la semaine, pour rappel, la norme actuelle impose que la mention : «Réutilisable .A ne pas porter plus de 4 Heures à l’état neuf et après lavage et séchage en cas de réutilisation» soit mentionnée sur l'étiquette. Ce qui veut dire que le masque, même lavable et réutilisable, doit être changé toutes les 4 heures, et non tous les jours", rapporte notre source. 

Les textiliens s'inquiètent aussi du prix. "Le nouveau packaging demandé nécessite des emballages en carton très fins qui seront difficiles à trouver et augmenteront le prix de revient des masques. Le prix public de vente de 42 DH par boite de 7 ne sera-t-il pas dissuasif pour une partie de la population aux moyens financiers limités ?". 

L'export ouvert pour tous sous conditions

Au-delà du marché local, les producteurs des maques de protection lorgnent l'export. Nous savons de sources autorisées au ministère de l'industrie, que l'export est désormais autorisé pour les masques en tissus non tissé et en tissu tissé, sous réserves de remplir un certains nombre de conditions que les opérateurs accueillent favorablement. Des conditions qu'ils estiment "plus souples". Ayant atteint l'autosuffisance sur le marché local, la tutelle peut envisager l'export plus sereinement. Néanmoins, "une des conditions importantes est que les producteurs réorientent la production au marché local en cas de besoin", nous confie-t-on. 

Pour les masques en tissu marocain (tissé ou non tissé), l'export est conditionné par l’obtention du certificat de conformité du masque aux normes du pays de destination. L'Amith encourage les entreprises souhaitant exporter à entamer ces démarches de certification au plus vite. D'ailleurs, deux entreprises marocaines qui fabriquent le masque en tissu non tissé à 0,80 DH selon la norme marocaine, ont obtenu la certification de l'armée française en vue d'une certification avant de soumissionner dans de futurs marchés.

"En parallèle, l'Amith travaille conjointement avec le Ministère pour tenter d'obtenir la reconnaissance de la norme IMANOR dans différents pays d'export", nous confie notre source dans la profession. 

Concernant les exportations à partir de tissus importés en admission Temporaire, "le Ministère annonce que l’export sera conditionné par la mise sur le marché national de l’équivalent, en tissu marocain, de la quantité exportée". 

"Toute entreprise intéressée devra déposer sa demande de licence d’export qui ne sera validée par les services compétents du Ministère qu’après la constatation de l’équivalent en tissu marocain au niveau de la société par les représentants de ses Délégations Régionales", rapporte notre source. 

LE MASQUE EN TISSU CERTIFIÉ DE LA SOCIÉTÉ MUSTANG.

Masque réutilisable : Interrogations des acteurs sur des exigences de la tutelle

Le 11 mai 2020 à13:09

Modifié le 11 mai 2020 à 13:49

La montée en charge de la production des masques en tissu tissé se poursuit. Cependant, la commercialisation et les possibilité à l'export suscitent quelques interrogations chez les professionnels du textile. 

Alors que la production des masques de protection en tissu non tissé a atteint sa vitesse de croisière, celle des masques en tissu tissé lui emboîte le pas. 

"Les textiliens ont répondu massivement et efficacement à l'appel que le Ministère de l'Industrie a lancé à notre secteur début avril pour combler le besoin national en masques de protection en tissu. Preuve en est que nous comptons aujourd'hui 65 entreprises certifiées par IMANOR pour la fabrication des masques en tissus, et que de nombreuses autres sont en cours de certification", nous confie une source professionnelle qui cite des échanges internes au sein de la fédération. 

Sur le site d'Imanor, ce lundi 11 mai, la liste comprend plus de 80 entreprises certifiées dont des sites de production appartenant à la Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion. 

Selon notre source au sein de la profession, "cette mobilisation massive a permis de produire plusieurs millions de masques dont plus de 15 millions toujours en stock". 

La phase de la commercialisation est également en cours de mise en place. "Des discussions sont actuellement en cours avec des distributeurs et des grandes surfaces pour discuter de l'achat des stocks de masques accumulés", avance notre source. 

Débat sur le tissu en polyester et sur le packaging 

Cela dit, les professionnels ont quelques interrogations relatives à des exigences de la tutelle concernant le tissu utilisé et le packaging.

En ce qui concerne l'exigence de composition des masques, nous apprenons que le ministère a informé la profession qu'il est interdit d'utiliser un tissu 100% polyester dans la fabrication des masques de protection. 

"Quel est le rationnel scientifique justifiant l'interdiction d'utiliser ce tissu? Quid des stocks produits et de ceux à venir dont les entreprises ont obtenu la certification de l'IMANOR pour une durée d'un mois ?", rapporte notre source.

Certains industriel ont "produit ou acquis des stocks de tissus 100% polyester après validation de la conformité de ces tissus/masques par l'IMANOR". 

Notre source au sein de la profession nous explique que le ministère a tranché la question des stocks produits. "Sur ce point, nous venons d'être informés par le Ministère que les stocks actuels de masques en tissus 100% polyester peuvent être commercialisés, néanmoins les prochaines productions devront être en mélange", nous confie cet industriel.

"Nous attendons donc toujours des clarifications concernant le devenir des stocks de tissus acquis/produits en 100% polyester sur la base de la certification de ces matières par l'IMANOR", ajoute notre source. 

Par ailleurs, le ministère a demandé aux textiliens de conditionner les nouveaux masques avec des biais en couleur par boite de 7. "La décision de standardiser les masques de protection implique-t-elle que le Ministère a décidé de n'avoir qu'un seul modèle de masque pour tout le pays? Le biais de couleur demandé nécessitera des tests chimiques spécifiques pour chaque couleur, et donc une procédure de certification différente par masque", s'interrogent les professionnels.

"Si la logique de la boîte de 7 avec des biais de couleurs différentes est d'avoir un masque par jour de la semaine, pour rappel, la norme actuelle impose que la mention : «Réutilisable .A ne pas porter plus de 4 Heures à l’état neuf et après lavage et séchage en cas de réutilisation» soit mentionnée sur l'étiquette. Ce qui veut dire que le masque, même lavable et réutilisable, doit être changé toutes les 4 heures, et non tous les jours", rapporte notre source. 

Les textiliens s'inquiètent aussi du prix. "Le nouveau packaging demandé nécessite des emballages en carton très fins qui seront difficiles à trouver et augmenteront le prix de revient des masques. Le prix public de vente de 42 DH par boite de 7 ne sera-t-il pas dissuasif pour une partie de la population aux moyens financiers limités ?". 

L'export ouvert pour tous sous conditions

Au-delà du marché local, les producteurs des maques de protection lorgnent l'export. Nous savons de sources autorisées au ministère de l'industrie, que l'export est désormais autorisé pour les masques en tissus non tissé et en tissu tissé, sous réserves de remplir un certains nombre de conditions que les opérateurs accueillent favorablement. Des conditions qu'ils estiment "plus souples". Ayant atteint l'autosuffisance sur le marché local, la tutelle peut envisager l'export plus sereinement. Néanmoins, "une des conditions importantes est que les producteurs réorientent la production au marché local en cas de besoin", nous confie-t-on. 

Pour les masques en tissu marocain (tissé ou non tissé), l'export est conditionné par l’obtention du certificat de conformité du masque aux normes du pays de destination. L'Amith encourage les entreprises souhaitant exporter à entamer ces démarches de certification au plus vite. D'ailleurs, deux entreprises marocaines qui fabriquent le masque en tissu non tissé à 0,80 DH selon la norme marocaine, ont obtenu la certification de l'armée française en vue d'une certification avant de soumissionner dans de futurs marchés.

"En parallèle, l'Amith travaille conjointement avec le Ministère pour tenter d'obtenir la reconnaissance de la norme IMANOR dans différents pays d'export", nous confie notre source dans la profession. 

Concernant les exportations à partir de tissus importés en admission Temporaire, "le Ministère annonce que l’export sera conditionné par la mise sur le marché national de l’équivalent, en tissu marocain, de la quantité exportée". 

"Toute entreprise intéressée devra déposer sa demande de licence d’export qui ne sera validée par les services compétents du Ministère qu’après la constatation de l’équivalent en tissu marocain au niveau de la société par les représentants de ses Délégations Régionales", rapporte notre source. 

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