Mécontents, les syndicats exigent la création d'un "Comité de veille sociale"

Très attendue, la réunion tripartite tenue mercredi 24 juin entre gouvernement, patronat et syndicats a fait pschitt. Les questions de fond n’ont pas été discutées, les syndicats ayant refusé la méthodologie du dialogue et exigé la création d’une instance dédiée à l'examen de l'impact post-Covid. Une sorte de nouveau CVE, qui sera dédié exclusivement aux questions sociales. Le gouvernement a promis une réponse dans deux jours, selon nos sources. 

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Mécontents, les syndicats exigent la création d'un

Le 25 juin 2020 à 12:11

Modifié le 25 juin 2020 à 12:35

La réunion tripartite gouvernement-syndicats-patronat s‘est tenue mercredi 24 juin au ministère du Travail. Présidé par Mohamed Amekraz, elle devait porter sur des sujets chauds et décisifs. Comme les conditions sanitaires du redémarrage des activités économiques, la vague de licenciements massifs qui se prépare dans le secteur privé, le report du relèvement du SMIG demandé par la CGEM ou encore la question du prolongement de l'indemnité pour le chômage partiel qu'exigent les syndicats pour éviter une hécatombe parmi les salariés des milliers d'entreprises affaiblis par la crise.. 

Une sorte de réunion préparatoire, comme nous l'expliquait il y a deux jours Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT, où ces divers sujets devaient être discutés pour être soumis au Chef du gouvernement. Saadeddine El Othmani allait ensuite prendre le relais pour poursuivre le dialogue entre patrons et représentants des salariés du privé.

Les négociations bloquées avant même de commencer

Mais selon nos informations, tous ces sujets de fond qui concernent la santé et le devenir de millions de salariés du privé n’ont pas été traités.  En cause : les syndicats ont refusé la “forme” de ce dialogue et exigé la création d’une plateforme dédiée pour discuter de l’impact social post-Covid. 

“Nous ne sommes pas rentrés dans le fond du sujet puisque les syndicats ont remis en cause la méthodologie et ont exigé que les négociations se déroulent dans le cadre d’un comité de veille sociale”, nous confie Hicham Zouanat, président de la commission sociale de la CGEM, et représentant du patronat à cette réunion.

Concrètement, les syndicats veulent la création d’un “CVS”, un comité où gouvernement, patrons et syndicalistes seront représentés et qui sera dédié exclusivement aux négociations sur les impacts socio-économiques du Covid. Une manière, selon Hicham Zouanat, de “protester contre leur absence du Comité de veille économique (CVE)”. Un comité qui pilote la gestion de la crise économique depuis son éclatement et où les syndicats estiment que la CGEM est sur-représentée quand la voix des travailleurs est totalement absente. 

“C’est dommage qu’on s'attarde sur des questions de forme comme celle-là. Car entre temps, les entreprises et les emplois vont subir la loi du marché”, déplore le représentant du patronat, Hicham Zouanat. Une loi qui prévaut déjà, car plusieurs entreprises se préparent d'ores et déjà à lancer des méga plans sociaux visant le dégraissage de leurs effectifs. 

Devant ce blocage des négociations, le jeune ministre du Travail a proposé de soumettre cette revendication des syndicats au Chef du gouvernement, avec la promesse d’un retour rapide, dans deux jours, nous affirme le représentant du patronat. 

Les exigences des syndicats selon la CDT

Nous avons essayé de joindre les représentants des syndicats pour avoir des explications sur ce “blocage” qui ne dit pas son nom et sur cette revendication de création du CVS, mais nos demandes sont restées jusque-là sans réponses. 

Dans un communiqué diffusé en fin de matinée, la CDT confirme toutefois la version donnée par le représentant du patronat et cette revendication de création d’un CVS. Revendication qui a été soutenue par l'ensemble des syndicats représentés dans la réunion, selon la CDT.

Dans son communiqué, la CDT explique le refus de négocier dans la plateforme classique du dialogue social par “la situation exceptionnelle que traverse le pays”. Et qui nécessite selon la centrale syndicale “un dialogue exceptionnel qui suit de manière proactive les impacts sociaux de la crise”. 

La centrale déplore par ailleurs l’exclusion des représentants des travailleurs du CVE, “malgré toutes les demandes faites en ce sens”. D’où la revendication de créer un comité de veille sociale, un CVS, qui devra selon la CDT trancher sur les différentes questions qui touchent aux travailleurs et l'impact de la crise.

Ce comité doit selon le communiqué de la CDT prendre les décisions suivantes : 

-Le retour de tous les salariés en arrêt temporaire à leur poste de travail

-Le maintien de l'emploi au sein des entreprises. Autrement dit, le refus de toute vague de licenciements. 

-La déclaration de tous les salariés du privé à la CNSS

-Le prolongement de l'indemnité de chômage partiel (2000 DH) et des aides monétaires octroyées aux travailleurs de l'informel

-Le relèvement du SMIG et du SMAG de 5% en juillet comme le prévoyait l'accord tripartite d’avril 2019

Des revendications soutenus à l'unanimité par l'ensemble des centrales syndicales, indique le communiqué de la CDT

Mécontents, les syndicats exigent la création d'un "Comité de veille sociale"

Le 25 juin 2020 à12:11

Modifié le 25 juin 2020 à 12:35

Très attendue, la réunion tripartite tenue mercredi 24 juin entre gouvernement, patronat et syndicats a fait pschitt. Les questions de fond n’ont pas été discutées, les syndicats ayant refusé la méthodologie du dialogue et exigé la création d’une instance dédiée à l'examen de l'impact post-Covid. Une sorte de nouveau CVE, qui sera dédié exclusivement aux questions sociales. Le gouvernement a promis une réponse dans deux jours, selon nos sources. 

La réunion tripartite gouvernement-syndicats-patronat s‘est tenue mercredi 24 juin au ministère du Travail. Présidé par Mohamed Amekraz, elle devait porter sur des sujets chauds et décisifs. Comme les conditions sanitaires du redémarrage des activités économiques, la vague de licenciements massifs qui se prépare dans le secteur privé, le report du relèvement du SMIG demandé par la CGEM ou encore la question du prolongement de l'indemnité pour le chômage partiel qu'exigent les syndicats pour éviter une hécatombe parmi les salariés des milliers d'entreprises affaiblis par la crise.. 

Une sorte de réunion préparatoire, comme nous l'expliquait il y a deux jours Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT, où ces divers sujets devaient être discutés pour être soumis au Chef du gouvernement. Saadeddine El Othmani allait ensuite prendre le relais pour poursuivre le dialogue entre patrons et représentants des salariés du privé.

Les négociations bloquées avant même de commencer

Mais selon nos informations, tous ces sujets de fond qui concernent la santé et le devenir de millions de salariés du privé n’ont pas été traités.  En cause : les syndicats ont refusé la “forme” de ce dialogue et exigé la création d’une plateforme dédiée pour discuter de l’impact social post-Covid. 

“Nous ne sommes pas rentrés dans le fond du sujet puisque les syndicats ont remis en cause la méthodologie et ont exigé que les négociations se déroulent dans le cadre d’un comité de veille sociale”, nous confie Hicham Zouanat, président de la commission sociale de la CGEM, et représentant du patronat à cette réunion.

Concrètement, les syndicats veulent la création d’un “CVS”, un comité où gouvernement, patrons et syndicalistes seront représentés et qui sera dédié exclusivement aux négociations sur les impacts socio-économiques du Covid. Une manière, selon Hicham Zouanat, de “protester contre leur absence du Comité de veille économique (CVE)”. Un comité qui pilote la gestion de la crise économique depuis son éclatement et où les syndicats estiment que la CGEM est sur-représentée quand la voix des travailleurs est totalement absente. 

“C’est dommage qu’on s'attarde sur des questions de forme comme celle-là. Car entre temps, les entreprises et les emplois vont subir la loi du marché”, déplore le représentant du patronat, Hicham Zouanat. Une loi qui prévaut déjà, car plusieurs entreprises se préparent d'ores et déjà à lancer des méga plans sociaux visant le dégraissage de leurs effectifs. 

Devant ce blocage des négociations, le jeune ministre du Travail a proposé de soumettre cette revendication des syndicats au Chef du gouvernement, avec la promesse d’un retour rapide, dans deux jours, nous affirme le représentant du patronat. 

Les exigences des syndicats selon la CDT

Nous avons essayé de joindre les représentants des syndicats pour avoir des explications sur ce “blocage” qui ne dit pas son nom et sur cette revendication de création du CVS, mais nos demandes sont restées jusque-là sans réponses. 

Dans un communiqué diffusé en fin de matinée, la CDT confirme toutefois la version donnée par le représentant du patronat et cette revendication de création d’un CVS. Revendication qui a été soutenue par l'ensemble des syndicats représentés dans la réunion, selon la CDT.

Dans son communiqué, la CDT explique le refus de négocier dans la plateforme classique du dialogue social par “la situation exceptionnelle que traverse le pays”. Et qui nécessite selon la centrale syndicale “un dialogue exceptionnel qui suit de manière proactive les impacts sociaux de la crise”. 

La centrale déplore par ailleurs l’exclusion des représentants des travailleurs du CVE, “malgré toutes les demandes faites en ce sens”. D’où la revendication de créer un comité de veille sociale, un CVS, qui devra selon la CDT trancher sur les différentes questions qui touchent aux travailleurs et l'impact de la crise.

Ce comité doit selon le communiqué de la CDT prendre les décisions suivantes : 

-Le retour de tous les salariés en arrêt temporaire à leur poste de travail

-Le maintien de l'emploi au sein des entreprises. Autrement dit, le refus de toute vague de licenciements. 

-La déclaration de tous les salariés du privé à la CNSS

-Le prolongement de l'indemnité de chômage partiel (2000 DH) et des aides monétaires octroyées aux travailleurs de l'informel

-Le relèvement du SMIG et du SMAG de 5% en juillet comme le prévoyait l'accord tripartite d’avril 2019

Des revendications soutenus à l'unanimité par l'ensemble des centrales syndicales, indique le communiqué de la CDT

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