Médias. Les tentatives de censurer Mohamed Ammora ont échoué

C'est l'histoire d'une émission de la radio nationale qui a frontalement attaqué les médecins véreux. Le ton a été jugé véhément et stigmatisant par la profession médicale. Le ministre de la santé a demandé à la Haca une interdiction de l'émission. Il n'a pas obtenu gain de cause.

Médias. Les tentatives de censurer Mohamed Ammora ont échoué (Photo Pixabay)

Le 02 septembre 2019 à 19:09

Modifié le 03 septembre 2019 à 10:20

Déclinant toute demande d’information relative à la réception ou au traitement des plaintes concernant l’émission de Ammora, une source interne nous a toutefois rappelé que "la HACA n’est pas un censeur, mais un régulateur".

Une lettre du ministre de la Santé demandant l'interdiction de l'émission a fuité dans les réseaux sociaux. Selon nos sources, le ministre Anas Doukkali a effectivement adressé à la Haute autorité de l’audiovisuel une demande visant à interdire l’émission de la radio nationale - consacrée à la chirurgie esthétique.

La démarche de M. Doukkali ne cible pas le sujet –chirurgie esthétique- mais le journaliste Mohamed Ammora et son émission de protection du consommateur “Hdi Rassek“ [Fais gaffe !].

L'affaire commence le samedi 24 août 2019. Ce jour-là, une première émission a été diffusée sous le titre “La trahison des médecins“ (vidéo ci-dessous). A quatre reprises, le journaliste Mohamed Ammora avait prévenu les auditeurs : les propos critiques ne concernent que les médecins peu sérieux, voire véreux.

Le ton toutefois fut stigmatisant ou jugé comme tel par de nombreux médecins et des instances qui les représentent.

Ici, nous sommes classiquement dans une émission clivante. Une certaine médecine, mercantile ou sans conscience, n’a plus très bonne image au sein de l’opinion. Les médecins honnêtes et compétents s’estimeront éclaboussés par cette émission où malgré les dénégations du journaliste, des généralisations ont parfois été faites et un ton véhément employé. Les médecins véreux, vraie cible de l’émission, se cacheront derrière l’indignation de leurs confrères honnêtes pour accabler l'émission.

Bref, nous sommes dans une émission qui s’affirme depuis 4 ans dans la défense des consommateurs et qui entend faire entendre leurs voix. Le verdict final ne peut venir que des auditeurs. Au pire, en cas de dépassement réel, du Conseil national de la presse et de son code de déontologie publié le 29 juillet 2019 au B.O.

Des organisations syndicales telles que le conseil de l’ordre ont déposé plainte auprès de la Haca. De telles plaintes sont recevables.

Par contre, un ministre ne peut déposer plainte. Et seul le Chef du gouvernement a le droit de saisir la Haca ce qui protège justement les opérateurs contre les tentations de censure de la part de l’Exécutif. Benkirane l’avait d’ailleurs appris à ses dépens.

Les tentatives de bâillonner le journaliste ont donc échoué et c’est tant mieux pour la liberté d’expression. Interdire une émission au préalable, avant même sa diffusion, aurait été un précédent dangereux.

Samedi 31 aout 2019, Ammora a diffusé un nouvel épisode de son émission qui ne portait pas sur la chirurgie esthétique mais sur un autre thème. La chirurgie esthétique n'ayant pas été programmée pour ce samedi, contrairement aux dires du ministre de la Santé. Il s'agissait uniquement d'une promesse de traiter ce thème.

Il est probable que la Haca va répondre aux plaintes déposées par les syndicats de médecins après instruction du dossier et réunion de son Conseil. Mais ce qu'il faut retenir, c'est que le Conseil national de la presse aura à l'avenir un rôle à jouer en matière d'éthique et de déontologie.

(Photo Pixabay)

Médias. Les tentatives de censurer Mohamed Ammora ont échoué

Le 03 septembre 2019 à10:20

Modifié le 03 septembre 2019 à 10:20

C'est l'histoire d'une émission de la radio nationale qui a frontalement attaqué les médecins véreux. Le ton a été jugé véhément et stigmatisant par la profession médicale. Le ministre de la santé a demandé à la Haca une interdiction de l'émission. Il n'a pas obtenu gain de cause.

Déclinant toute demande d’information relative à la réception ou au traitement des plaintes concernant l’émission de Ammora, une source interne nous a toutefois rappelé que "la HACA n’est pas un censeur, mais un régulateur".

Une lettre du ministre de la Santé demandant l'interdiction de l'émission a fuité dans les réseaux sociaux. Selon nos sources, le ministre Anas Doukkali a effectivement adressé à la Haute autorité de l’audiovisuel une demande visant à interdire l’émission de la radio nationale - consacrée à la chirurgie esthétique.

La démarche de M. Doukkali ne cible pas le sujet –chirurgie esthétique- mais le journaliste Mohamed Ammora et son émission de protection du consommateur “Hdi Rassek“ [Fais gaffe !].

L'affaire commence le samedi 24 août 2019. Ce jour-là, une première émission a été diffusée sous le titre “La trahison des médecins“ (vidéo ci-dessous). A quatre reprises, le journaliste Mohamed Ammora avait prévenu les auditeurs : les propos critiques ne concernent que les médecins peu sérieux, voire véreux.

Le ton toutefois fut stigmatisant ou jugé comme tel par de nombreux médecins et des instances qui les représentent.

Ici, nous sommes classiquement dans une émission clivante. Une certaine médecine, mercantile ou sans conscience, n’a plus très bonne image au sein de l’opinion. Les médecins honnêtes et compétents s’estimeront éclaboussés par cette émission où malgré les dénégations du journaliste, des généralisations ont parfois été faites et un ton véhément employé. Les médecins véreux, vraie cible de l’émission, se cacheront derrière l’indignation de leurs confrères honnêtes pour accabler l'émission.

Bref, nous sommes dans une émission qui s’affirme depuis 4 ans dans la défense des consommateurs et qui entend faire entendre leurs voix. Le verdict final ne peut venir que des auditeurs. Au pire, en cas de dépassement réel, du Conseil national de la presse et de son code de déontologie publié le 29 juillet 2019 au B.O.

Des organisations syndicales telles que le conseil de l’ordre ont déposé plainte auprès de la Haca. De telles plaintes sont recevables.

Par contre, un ministre ne peut déposer plainte. Et seul le Chef du gouvernement a le droit de saisir la Haca ce qui protège justement les opérateurs contre les tentations de censure de la part de l’Exécutif. Benkirane l’avait d’ailleurs appris à ses dépens.

Les tentatives de bâillonner le journaliste ont donc échoué et c’est tant mieux pour la liberté d’expression. Interdire une émission au préalable, avant même sa diffusion, aurait été un précédent dangereux.

Samedi 31 aout 2019, Ammora a diffusé un nouvel épisode de son émission qui ne portait pas sur la chirurgie esthétique mais sur un autre thème. La chirurgie esthétique n'ayant pas été programmée pour ce samedi, contrairement aux dires du ministre de la Santé. Il s'agissait uniquement d'une promesse de traiter ce thème.

Il est probable que la Haca va répondre aux plaintes déposées par les syndicats de médecins après instruction du dossier et réunion de son Conseil. Mais ce qu'il faut retenir, c'est que le Conseil national de la presse aura à l'avenir un rôle à jouer en matière d'éthique et de déontologie.

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