Médicament: les usines marocaines risquent-elles de manquer de matière première

La propagation du coronavirus en Chine menace la production de médicaments partout dans le monde y compris au Maroc. Les industriels marocains continuent de produire en puisant dans leurs stocks. La reprise partielle de l'activité en Chine les rassure sur l'avenir. Analyse.

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Médicament: Les usines marocaines risquent-elles de manquer de matière première

Le 11 mars 2020 à 16:17

Modifié le 12 mars 2020 à 13:30

Y-a-t-il une menace sur la production de médicaments au Maroc ? 80% des substances pharmaceutiques actives utilisées comme matières premières dans la fabrication des médicaments émanent essentiellement de Chine et d'Inde.

Le risque de rupture de l'approvisionnement en matières premières s'est posé pour les industriels pharmaceutiques du monde entier dès que les usines chinoises se sont arrêtées de tourner et les chaines logistiques et d'approvisionnement ont été perturbées. 

Le Maroc est également concerné. Comme le reste du monde, la Chine et l'Inde sont les principaux fournisseurs de matières premières pour ses usines de fabrication de médicaments. Sur les 20% restants, 5% sont produits localement et le reste vient d'Europe qui est aussi actuellement fortement touchée par l'épidémie du coronavirus. Faut-il s'inquiéter?

"Il n'y a aucune inquiétude à avoir pour le marché marocain. Nous ne manquons pas de matières premières", répond avec assurance Layla Sentissi, directrice exécutive de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (Amip).

Cette dernière assure que le marché marocain est protégé par le stock disponible. "La réglementation marocaine exige un stock de sécurité de trois mois de matières premières ou de produits finis pour les établissements pharmaceutiques industriels et d'un mois de produits finis pour les grossistes répartiteurs", explique notre interlocutrice. 

"Dans la réalité, les industriels disposent généralement de stocks de matières premières qui dépassent largement les trois mois réglementaires. Ils ont des stocks pour 6 mois et plus, car nous achetons les matières premières en tonnes pour réaliser des économies d'échelle", poursuit Layla Sentissi.

"De plus, la situation en Chine commence à se résorber. Des usines ont même repris leur activité. Ce qui est rassurant. L'inquiétude serait de mise si la situation de crise en Chine devait durer encore plusieurs mois, ce qui semble peu probable", ajoute-t-elle. 

Les ministères de la Santé et de l'Industrie font le suivi

La directrice exécutive de l'AMIP assure que la production se poursuit normalement, pour l'instant. Pour autant, le risque est avéré. Raison pour laquelle le ministère de la Santé fait un "suivi rigoureux et pointilleux" de la situation. 

Selon notre source, le ministère de la Santé a demandé aux industriels de:

- fournir la situation précise des stocks de médicaments,

- remonter instantanément les cas de stocks critiques,

- chercher des sources d'approvisionnement alternatives pour les homologuer selon la réglementation en vigueur. 

De son côté, le ministère du Commerce et de l'Industrie a également mis en place des cellules de suivi sectorielles pour accompagner, assister et aider les entreprises à faire face à tout problème lié à l'épidémie. 

Layla Sentissi insiste. "Les aires thérapeutiques les plus consommées par les patients marocains sont disponibles en quantités suffisantes du fait de la réglementation? mais aussi parce que nous avons plusieurs fabricants (producteurs et génériqueurs) pour une même molécule".

Médicament: les usines marocaines risquent-elles de manquer de matière première

Le 11 mars 2020 à16:21

Modifié le 12 mars 2020 à 13:30

La propagation du coronavirus en Chine menace la production de médicaments partout dans le monde y compris au Maroc. Les industriels marocains continuent de produire en puisant dans leurs stocks. La reprise partielle de l'activité en Chine les rassure sur l'avenir. Analyse.

Y-a-t-il une menace sur la production de médicaments au Maroc ? 80% des substances pharmaceutiques actives utilisées comme matières premières dans la fabrication des médicaments émanent essentiellement de Chine et d'Inde.

Le risque de rupture de l'approvisionnement en matières premières s'est posé pour les industriels pharmaceutiques du monde entier dès que les usines chinoises se sont arrêtées de tourner et les chaines logistiques et d'approvisionnement ont été perturbées. 

Le Maroc est également concerné. Comme le reste du monde, la Chine et l'Inde sont les principaux fournisseurs de matières premières pour ses usines de fabrication de médicaments. Sur les 20% restants, 5% sont produits localement et le reste vient d'Europe qui est aussi actuellement fortement touchée par l'épidémie du coronavirus. Faut-il s'inquiéter?

"Il n'y a aucune inquiétude à avoir pour le marché marocain. Nous ne manquons pas de matières premières", répond avec assurance Layla Sentissi, directrice exécutive de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (Amip).

Cette dernière assure que le marché marocain est protégé par le stock disponible. "La réglementation marocaine exige un stock de sécurité de trois mois de matières premières ou de produits finis pour les établissements pharmaceutiques industriels et d'un mois de produits finis pour les grossistes répartiteurs", explique notre interlocutrice. 

"Dans la réalité, les industriels disposent généralement de stocks de matières premières qui dépassent largement les trois mois réglementaires. Ils ont des stocks pour 6 mois et plus, car nous achetons les matières premières en tonnes pour réaliser des économies d'échelle", poursuit Layla Sentissi.

"De plus, la situation en Chine commence à se résorber. Des usines ont même repris leur activité. Ce qui est rassurant. L'inquiétude serait de mise si la situation de crise en Chine devait durer encore plusieurs mois, ce qui semble peu probable", ajoute-t-elle. 

Les ministères de la Santé et de l'Industrie font le suivi

La directrice exécutive de l'AMIP assure que la production se poursuit normalement, pour l'instant. Pour autant, le risque est avéré. Raison pour laquelle le ministère de la Santé fait un "suivi rigoureux et pointilleux" de la situation. 

Selon notre source, le ministère de la Santé a demandé aux industriels de:

- fournir la situation précise des stocks de médicaments,

- remonter instantanément les cas de stocks critiques,

- chercher des sources d'approvisionnement alternatives pour les homologuer selon la réglementation en vigueur. 

De son côté, le ministère du Commerce et de l'Industrie a également mis en place des cellules de suivi sectorielles pour accompagner, assister et aider les entreprises à faire face à tout problème lié à l'épidémie. 

Layla Sentissi insiste. "Les aires thérapeutiques les plus consommées par les patients marocains sont disponibles en quantités suffisantes du fait de la réglementation? mais aussi parce que nous avons plusieurs fabricants (producteurs et génériqueurs) pour une même molécule".

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