MHE: "l'économie marocaine relève la tête, la sinistrose s'estompe"

Avec un rien d’exagération et plein de métaphores, MHE ne recule devant rien pour convaincre son auditoire : le PLF 2020 est une bonne affaire pour les opérateurs économiques ; l’économie marocaine est sur une tendance positive.

Le 11 novembre 2019 à 14:23

Modifié le 12 novembre 2019 à 12:14

Ce vendredi 8 novembre 2019, le ministre du Commerce et de l’Industrie, a endossé sa casquette de chef syndical. Il s’exprime comme le ferait un opérateur économique. Il porte les préoccupations des entreprises. Rappelle qu’il a été à la CGEM. Expression vague pour rappeler qu’il a dirigé la confédération patronale et qu’il sait de quoi il parle. “Nous sommes des vôtres“, dit-il à une assistance souvent conquise par sa verve. “Nous“, à la première personne du pluriel, désignant également Mohamed Benchaâboun.

Et comme si ce pluriel à deux n’était pas suffisant, il y ajoute Abdelouafi Laftit. Le lundi précédent, 4 novembre, à l’invitation de la CGEM, le ministre de l’Intérieur semblait totalement converti à la promotion de l’investissement productif. Ce que MHE confirme d’ailleurs : Laftit connaît et endosse les préoccupations d’un opérateur économique. Il était venu annoncer le prochain lancement des nouveaux CRI. Il s’était exprimé sans langue de bois et avait fait forte impression.

Laftit, rappelle MHE, avait également annoncé que le foncier de l’Etat situé autour des grandes agglomérations, sera dédié en priorité à l’investissement productif.

VERBATIM (MHE)

“Enfin, vous avez quelques ministres du gouvernement qui sont alignés sur des sujets d'importance nationale. On parle du ministre de l'Intérieur, du ministre d'Economie et des Finances et votre humble serviteur, considérant ensemble que l'outil productif est essentiel pour l'évolution de l'économie marocaine.

“(…) Vous avez entendu le ministre de l'Intérieur dire que la recommandation forte était que les terrains de l'Etat soient d'abord mis au service des investissements productifs. (…)

“Productifs pour l’Etat veut dire créateur d'emplois, créateur de richesse, de résultat net, de dividende et accessoirement, si Benchaâboun, de fiscalité“.

 Laftit, un bon avant-centre

Selon les informations de Médias24, Abdelouafi Laftit est désormais et dans les faits, le grand défenseur de la production nationale. Lundi 4 novembre, un opérateur économique l’avait interpellé au sujet de la prochaine acquisition de bus de l’étranger par la société Alsa à Casablanca. Laftit l’avait dit et s’y tiendra : il va tenter d’imposer des bus fabriqués, en partie, au Maroc. Le ministre de l’Intérieur veut également une réforme du décret des marchés publics pour qu’à prestation égale, les sociétés marocaines soient prioritaires.

Un membre du gouvernement nous confirme : Laftit est clair et stable dans ses engagements. “Avec lui, l’économie marocaine a recruté un bon avant-centre“. Selon notre source, les services qui relèvent de Laftit, dont l’agence urbaine de Casablanca et les walis, sont plus sensibilisés à l’investissement et les autorisations sont délivrées bien plus vite qu’avant.

Après la réforme des CRI, on attend maintenant la régionalisation avancée avec ses plans de développement ; la charte de la déconcentration (seules 20% des décisions resteront à Rabat, selon MHE) ; la charte de l’investissement, la loi cadre de la fiscalité

VERBATIM MHE

“Que l'on dise qu'il y a une préoccupation de l'Etat vis-à-vis de l'investissement productif et de son accompagnement, ce n'est pas une nouveauté… mais ça a été un oubli depuis quelques années.“

Fait-il allusion au gouvernement 2012-2016 ? Il n’en dira pas davantage.

“Il y a eu un temps lointain où il y avait une vraie préoccupation et ce temps, il est lointain. Aujourd'hui, ce que je vous dis c'est qu’il y a une vraie convergence entre les gens que vous avez en face de vous pour accompagner l'outil productif et ce ne sont pas des phrases commerciales. Ce n'est pas parce qu'on vous aime. Je corrige : ce n'est pas uniquement parce qu'on vous aime. On vous aime mais ce n'est pas suffisant. C'est parce que vous êtes utiles au pays, parce que vous créez des emplois… et un peu de fiscalité“

La première fois en 20 ans que je vois les gens de l'AMITH avec le sourire

Pour l’export, MHE cite l’automobile, l’aéronautique et le textile. “Le textile était mourant, il reprend des couleurs“.

Mi-octobre à Marrakech, l’AMITH organisait ses deux salons Maroc in Mode et Maroc sourcing. MHE : “J’y étais. Je connais bien l’AMITH. C’est la première fois en 20 ans, que je vois les gens de l’AMITH avec le sourire. Je n’ai pas entendu un seul commentaire négatif.

"J'ai fait le tour du salon. Pour la première fois dans ma carrière, j'ai essayé de faire sortir des choses négatives ; d’habitude c’est l’inverse. Je leur disais : mais dites-moi ce qui ne va pas. Et dans tous les stands, on me répondait :  Non, ça va très bien hamdoullah. C’est une nouveauté".

"La sinistrose est derrière nous"

Voici un extrait des propos de MHE:

“Vous vous souvenez, je vous avais parlé de la sinistrose l’année dernière. Je n’en parlerai pas aujourd’hui. Il y a un vrai changement au Maroc, presque malgré nous, parce que nous poussons dans le sens inverse. La conjoncture internationale nous aide. Aujourd'hui, nous exportons déjà vers la Chine, dans certains secteurs et je vous l’avais dit en 2014, que nous le ferions et que la Chine allait nous laisser de la place. La sinistrose que nous avons vécue est en train de s’estomper. Je ne suis pas médecin mais je suis le pouls de l'économie comme je peux. Nous avons subi une forte grippe, elle est en train de passer. On va encore me dire que je suis décalé. Makain mouchkil, on verra bien“.

“Le Maroc est en train d'aller dans le bon sens économiquement mais on ne se le dit pas ensemble, on se le dit individuellement. Et bien, la prise de température que j'ai pu faire par ci par là me laisse croire qu'on a des choses positives“.

"Nous bouclons l'année en dépassant largement les 500.000 emplois du PAI"

“Quand je vois la réaction à l'international qui devient parfois violente contre l'économie marocaine, c'est un bon signe parce que quand vous ne dérangez personne, personne ne s'intéresse à vous pour vous mettre des barrages et des blocages.

“Ma conviction profonde, c'est que nous sommes sur un trend qui est bon. Je parle des tendances. Nous étions dans une tendance extrêmement mauvaise, nous sommes dans une tendance positive. Nous avons des alignements et des convergences d’approche, entre vos souhaits, l’Etat est disposé à faire des efforts colossaux, de façon à ce que l’économie marocaine fasse un saut qualitatif

"L’économie marocaine relève la tête. Dans un un an, vous direz que j'avais raison.

"De janvier à juin, l'industrie a créé 66.000 emplois. On boucle cette année en dépassant largement les 500.000 emplois créés qui étaient l'objectif du plan d’accélération industrielle, avec un an d’avance, dans une conjoncture mondiale compliquée.

"Mon job, c’est d’être en contact avec les opérateurs au quotidien, il y a un vrai frémissement. Profitons de cette vague pour en faire un tsunami positif".

MHE: "l'économie marocaine relève la tête, la sinistrose s'estompe"

Le 11 novembre 2019 à16:23

Modifié le 12 novembre 2019 à 12:14

Avec un rien d’exagération et plein de métaphores, MHE ne recule devant rien pour convaincre son auditoire : le PLF 2020 est une bonne affaire pour les opérateurs économiques ; l’économie marocaine est sur une tendance positive.

Ce vendredi 8 novembre 2019, le ministre du Commerce et de l’Industrie, a endossé sa casquette de chef syndical. Il s’exprime comme le ferait un opérateur économique. Il porte les préoccupations des entreprises. Rappelle qu’il a été à la CGEM. Expression vague pour rappeler qu’il a dirigé la confédération patronale et qu’il sait de quoi il parle. “Nous sommes des vôtres“, dit-il à une assistance souvent conquise par sa verve. “Nous“, à la première personne du pluriel, désignant également Mohamed Benchaâboun.

Et comme si ce pluriel à deux n’était pas suffisant, il y ajoute Abdelouafi Laftit. Le lundi précédent, 4 novembre, à l’invitation de la CGEM, le ministre de l’Intérieur semblait totalement converti à la promotion de l’investissement productif. Ce que MHE confirme d’ailleurs : Laftit connaît et endosse les préoccupations d’un opérateur économique. Il était venu annoncer le prochain lancement des nouveaux CRI. Il s’était exprimé sans langue de bois et avait fait forte impression.

Laftit, rappelle MHE, avait également annoncé que le foncier de l’Etat situé autour des grandes agglomérations, sera dédié en priorité à l’investissement productif.

VERBATIM (MHE)

“Enfin, vous avez quelques ministres du gouvernement qui sont alignés sur des sujets d'importance nationale. On parle du ministre de l'Intérieur, du ministre d'Economie et des Finances et votre humble serviteur, considérant ensemble que l'outil productif est essentiel pour l'évolution de l'économie marocaine.

“(…) Vous avez entendu le ministre de l'Intérieur dire que la recommandation forte était que les terrains de l'Etat soient d'abord mis au service des investissements productifs. (…)

“Productifs pour l’Etat veut dire créateur d'emplois, créateur de richesse, de résultat net, de dividende et accessoirement, si Benchaâboun, de fiscalité“.

 Laftit, un bon avant-centre

Selon les informations de Médias24, Abdelouafi Laftit est désormais et dans les faits, le grand défenseur de la production nationale. Lundi 4 novembre, un opérateur économique l’avait interpellé au sujet de la prochaine acquisition de bus de l’étranger par la société Alsa à Casablanca. Laftit l’avait dit et s’y tiendra : il va tenter d’imposer des bus fabriqués, en partie, au Maroc. Le ministre de l’Intérieur veut également une réforme du décret des marchés publics pour qu’à prestation égale, les sociétés marocaines soient prioritaires.

Un membre du gouvernement nous confirme : Laftit est clair et stable dans ses engagements. “Avec lui, l’économie marocaine a recruté un bon avant-centre“. Selon notre source, les services qui relèvent de Laftit, dont l’agence urbaine de Casablanca et les walis, sont plus sensibilisés à l’investissement et les autorisations sont délivrées bien plus vite qu’avant.

Après la réforme des CRI, on attend maintenant la régionalisation avancée avec ses plans de développement ; la charte de la déconcentration (seules 20% des décisions resteront à Rabat, selon MHE) ; la charte de l’investissement, la loi cadre de la fiscalité

VERBATIM MHE

“Que l'on dise qu'il y a une préoccupation de l'Etat vis-à-vis de l'investissement productif et de son accompagnement, ce n'est pas une nouveauté… mais ça a été un oubli depuis quelques années.“

Fait-il allusion au gouvernement 2012-2016 ? Il n’en dira pas davantage.

“Il y a eu un temps lointain où il y avait une vraie préoccupation et ce temps, il est lointain. Aujourd'hui, ce que je vous dis c'est qu’il y a une vraie convergence entre les gens que vous avez en face de vous pour accompagner l'outil productif et ce ne sont pas des phrases commerciales. Ce n'est pas parce qu'on vous aime. Je corrige : ce n'est pas uniquement parce qu'on vous aime. On vous aime mais ce n'est pas suffisant. C'est parce que vous êtes utiles au pays, parce que vous créez des emplois… et un peu de fiscalité“

La première fois en 20 ans que je vois les gens de l'AMITH avec le sourire

Pour l’export, MHE cite l’automobile, l’aéronautique et le textile. “Le textile était mourant, il reprend des couleurs“.

Mi-octobre à Marrakech, l’AMITH organisait ses deux salons Maroc in Mode et Maroc sourcing. MHE : “J’y étais. Je connais bien l’AMITH. C’est la première fois en 20 ans, que je vois les gens de l’AMITH avec le sourire. Je n’ai pas entendu un seul commentaire négatif.

"J'ai fait le tour du salon. Pour la première fois dans ma carrière, j'ai essayé de faire sortir des choses négatives ; d’habitude c’est l’inverse. Je leur disais : mais dites-moi ce qui ne va pas. Et dans tous les stands, on me répondait :  Non, ça va très bien hamdoullah. C’est une nouveauté".

"La sinistrose est derrière nous"

Voici un extrait des propos de MHE:

“Vous vous souvenez, je vous avais parlé de la sinistrose l’année dernière. Je n’en parlerai pas aujourd’hui. Il y a un vrai changement au Maroc, presque malgré nous, parce que nous poussons dans le sens inverse. La conjoncture internationale nous aide. Aujourd'hui, nous exportons déjà vers la Chine, dans certains secteurs et je vous l’avais dit en 2014, que nous le ferions et que la Chine allait nous laisser de la place. La sinistrose que nous avons vécue est en train de s’estomper. Je ne suis pas médecin mais je suis le pouls de l'économie comme je peux. Nous avons subi une forte grippe, elle est en train de passer. On va encore me dire que je suis décalé. Makain mouchkil, on verra bien“.

“Le Maroc est en train d'aller dans le bon sens économiquement mais on ne se le dit pas ensemble, on se le dit individuellement. Et bien, la prise de température que j'ai pu faire par ci par là me laisse croire qu'on a des choses positives“.

"Nous bouclons l'année en dépassant largement les 500.000 emplois du PAI"

“Quand je vois la réaction à l'international qui devient parfois violente contre l'économie marocaine, c'est un bon signe parce que quand vous ne dérangez personne, personne ne s'intéresse à vous pour vous mettre des barrages et des blocages.

“Ma conviction profonde, c'est que nous sommes sur un trend qui est bon. Je parle des tendances. Nous étions dans une tendance extrêmement mauvaise, nous sommes dans une tendance positive. Nous avons des alignements et des convergences d’approche, entre vos souhaits, l’Etat est disposé à faire des efforts colossaux, de façon à ce que l’économie marocaine fasse un saut qualitatif

"L’économie marocaine relève la tête. Dans un un an, vous direz que j'avais raison.

"De janvier à juin, l'industrie a créé 66.000 emplois. On boucle cette année en dépassant largement les 500.000 emplois créés qui étaient l'objectif du plan d’accélération industrielle, avec un an d’avance, dans une conjoncture mondiale compliquée.

"Mon job, c’est d’être en contact avec les opérateurs au quotidien, il y a un vrai frémissement. Profitons de cette vague pour en faire un tsunami positif".

A lire aussi


Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.