Naufrage Grimaldi: des importateurs marocains ont perdu leurs marchandises

Le navire italien appartenant à Grimaldi, qui a coulé le 12 mars dernier au large des côtes françaises, transportait des marchandises à destination du Maroc. Plusieurs secteurs ont été touchés dont la distribution automobile, l'électroménager ou l’habillement…

Naufrage Grimaldi: Des importateurs marocains ont perdu leurs marchandises SOURCE: MARINE NATIONALE FRANCE

Le 19 mars 2019 à 19:40

Modifié le 20 mars 2019 à 13:20

Le 12 mars dernier, l’armateur italien Grimaldi annonçait le naufrage de son porte-conteneurs Grande America au large des côtes françaises à cause d’un important incendie. Ce navire partait du port de Hambourg en Allemagne à destination de Casablanca.

L’information est reprise par quelques médias mais ne suscite pas grand intérêt. L’incident s’est passé en dehors des eaux marocaines.

En fait, cet incident a un impact sur nombre d’opérateurs économiques marocains car le navire en question transportait des marchandises destinées au marché national.

Selon le communiqué de Grimaldi publié le 14 mars dernier, « au moment de l’incident, le Grande America avait à son bord un fret composé d’unités roulantes, de conteneurs et de marchandises diverses, chargé à Anvers (Belgique) et à Hambourg (Allemagne) avec pour destination Casablanca (Maroc), Dakar (Sénégal), Conakry (Guinée), les ports brésiliens de Suape, Vitoria, Rio de Janeiro, Santos et Paranagua, Zarate (Argentine) et Montevideo (Uruguay) ».

Le porte-conteneurs « transportait 2.210 véhicules dont 1.298 neufs provenant des principaux constructeurs automobiles », ajoute le communiqué.

Ford, Volvo et Volkswagen concernés

Selon nos informations, près de la moitié des quantités des véhicules neufs, quelque 600 véhicules, avait pour destination le Maroc.

Après investigations, au moins trois concessionnaires marocains sont concernés. Il s’agit du groupe Auto Hall, distributeur de la marque Ford, de Volvo Cars Maroc et de la Centrale Automobile Chérifienne (CAC), distributeur des marques Volkswagen, Skoda, Audi…

Contactés, Auto Hall et Volvo ont confirmé avoir perdu de la marchandise sur ce navire sans donner plus de précisions. A l’heure où nous mettons en ligne, nous n’avons pas eu de retour de la part de CAC.

En plus des véhicules légers, il y avait également une centaine d’engins BTP à destination du Maroc. Nous savons de sources concordantes, « que certains concessionnaires ont été plus touchés que d’autres ».

D’autres marques sont concernées par l’incident, mais les véhicules perdus avaient pour destination d’autres pays africains.

D’autres secteurs touchés

En plus des véhicules, le Grande America transportait également 365 conteneurs de diverses marchandises dont des marchandises dangereuses classées IMO placées dans 45 conteneurs.

Sur l’ensemble des ces conteneurs, environ 80 avaient pour destination finale Casablanca. Le reste devait être acheminé vers l’Amérique du Sud. 

Pour l’heure, il est impossible de connaître avec précision la nature de la marchandise marocaine ou bien si une partie ou la totalité de la cargaison dangereuse devait être livrée à Casablanca.

Des sources du marché ont indiqué à Médias24 que plusieurs secteurs sont concernés comme l’habillement, l'électroménager, l’alimentaire…

Un conteneur de 20 ou 40 pieds peut contenir entre 25 et 28 tonnes. Donc les importateurs marocains ont perdu au bas mot, 2 000 tonnes de marchandises dans ce naufrage.

Contacté, l’agent de Grimaldi au Maroc n’a pas voulu communiquer sur le sujet. « Ce sont des informations commerciales que seul l’armateur a le droit de communiquer », nous avance-t-on.

Impossible également de donner avec précision la valeur de toute la marchandise perdue. Le chiffre d’une centaine de millions de dirhams entre véhicules et autres produits est avancé.

Que faire ?

Les importateurs marocains sont face à un précédent. « Ce n’est pas tous les jours que des bateaux coulent avec des véhicules et de la marchandise dedans », nous avance un opérateur sondé. 

« A ma connaissance, c’est une première pour les acteurs marocains au moins sur les 10 à 20 dernières années », nous lance un acteur du secteur maritime.

Les importateurs marocains sont-ils couverts par des assurances ? Que faire face à une telle situation ? 

Une source du secteur maritime tente de nous expliquer la procédure, bien qu’elle soit assez complexe dans les faits.

« Les acteurs économiques ont normalement leurs assurances. En cas d’incident, ils préparent un dossier juridique comportant les documents du transport, factures, valeurs de la marchandise… qu’ils présentent à leurs assureurs. Ces derniers prennent contact avec le ou les assureurs du transporteur maritime pour des négociations sur la base des causes de l’incident. Ils se mettent d’accord sur les taux de remboursement en fonction des contrats », avance notre source.  

Il s’agit d’une procédure, décrite de façon simplifiée, qu’un opérateur touché par ce sinistre nous confirme avoir enclenchée en ces termes. « Nous avons préparé notre dossier et avons mis notre assureur sur le coup et c'est lui qui a pris le relai sur ce dossier en contactant l'assureur du transporteur », nous confie une source au sein d’un opérateur touché qui semble assez serein. « Quoi qu’il en soit, nous serons remboursés », nous dit-il.

Cela dit, ce n’est pas aussi simple. Il y a plusieurs autres facteurs qui entrent en jeu : Si l’importateur est assuré ou pas, la nature du contrat d’assurance contracté, les conclusions de l’enquête sur le naufrage du Grande America …

« Il y a plusieurs pratiques selon chaque dossier, selon la nature du sinistre et son origine », nous avance une source du secteur des assurances. « Pour le cas du navire de Grimaldi, nous attendons de connaître l’origine de l’incendie qui a mené le navire au naufrage avant de pouvoir se prononcer et savoir où placer ce genre d’affaires », ajoute notre source. 

Les annonces futures sur cette affaire seront décisives pour plusieurs opérateurs marocains. 

SOURCE: MARINE NATIONALE FRANCE

Naufrage Grimaldi: des importateurs marocains ont perdu leurs marchandises

Le 19 mars 2019 à19:45

Modifié le 20 mars 2019 à 13:20

Le navire italien appartenant à Grimaldi, qui a coulé le 12 mars dernier au large des côtes françaises, transportait des marchandises à destination du Maroc. Plusieurs secteurs ont été touchés dont la distribution automobile, l'électroménager ou l’habillement…

Le 12 mars dernier, l’armateur italien Grimaldi annonçait le naufrage de son porte-conteneurs Grande America au large des côtes françaises à cause d’un important incendie. Ce navire partait du port de Hambourg en Allemagne à destination de Casablanca.

L’information est reprise par quelques médias mais ne suscite pas grand intérêt. L’incident s’est passé en dehors des eaux marocaines.

En fait, cet incident a un impact sur nombre d’opérateurs économiques marocains car le navire en question transportait des marchandises destinées au marché national.

Selon le communiqué de Grimaldi publié le 14 mars dernier, « au moment de l’incident, le Grande America avait à son bord un fret composé d’unités roulantes, de conteneurs et de marchandises diverses, chargé à Anvers (Belgique) et à Hambourg (Allemagne) avec pour destination Casablanca (Maroc), Dakar (Sénégal), Conakry (Guinée), les ports brésiliens de Suape, Vitoria, Rio de Janeiro, Santos et Paranagua, Zarate (Argentine) et Montevideo (Uruguay) ».

Le porte-conteneurs « transportait 2.210 véhicules dont 1.298 neufs provenant des principaux constructeurs automobiles », ajoute le communiqué.

Ford, Volvo et Volkswagen concernés

Selon nos informations, près de la moitié des quantités des véhicules neufs, quelque 600 véhicules, avait pour destination le Maroc.

Après investigations, au moins trois concessionnaires marocains sont concernés. Il s’agit du groupe Auto Hall, distributeur de la marque Ford, de Volvo Cars Maroc et de la Centrale Automobile Chérifienne (CAC), distributeur des marques Volkswagen, Skoda, Audi…

Contactés, Auto Hall et Volvo ont confirmé avoir perdu de la marchandise sur ce navire sans donner plus de précisions. A l’heure où nous mettons en ligne, nous n’avons pas eu de retour de la part de CAC.

En plus des véhicules légers, il y avait également une centaine d’engins BTP à destination du Maroc. Nous savons de sources concordantes, « que certains concessionnaires ont été plus touchés que d’autres ».

D’autres marques sont concernées par l’incident, mais les véhicules perdus avaient pour destination d’autres pays africains.

D’autres secteurs touchés

En plus des véhicules, le Grande America transportait également 365 conteneurs de diverses marchandises dont des marchandises dangereuses classées IMO placées dans 45 conteneurs.

Sur l’ensemble des ces conteneurs, environ 80 avaient pour destination finale Casablanca. Le reste devait être acheminé vers l’Amérique du Sud. 

Pour l’heure, il est impossible de connaître avec précision la nature de la marchandise marocaine ou bien si une partie ou la totalité de la cargaison dangereuse devait être livrée à Casablanca.

Des sources du marché ont indiqué à Médias24 que plusieurs secteurs sont concernés comme l’habillement, l'électroménager, l’alimentaire…

Un conteneur de 20 ou 40 pieds peut contenir entre 25 et 28 tonnes. Donc les importateurs marocains ont perdu au bas mot, 2 000 tonnes de marchandises dans ce naufrage.

Contacté, l’agent de Grimaldi au Maroc n’a pas voulu communiquer sur le sujet. « Ce sont des informations commerciales que seul l’armateur a le droit de communiquer », nous avance-t-on.

Impossible également de donner avec précision la valeur de toute la marchandise perdue. Le chiffre d’une centaine de millions de dirhams entre véhicules et autres produits est avancé.

Que faire ?

Les importateurs marocains sont face à un précédent. « Ce n’est pas tous les jours que des bateaux coulent avec des véhicules et de la marchandise dedans », nous avance un opérateur sondé. 

« A ma connaissance, c’est une première pour les acteurs marocains au moins sur les 10 à 20 dernières années », nous lance un acteur du secteur maritime.

Les importateurs marocains sont-ils couverts par des assurances ? Que faire face à une telle situation ? 

Une source du secteur maritime tente de nous expliquer la procédure, bien qu’elle soit assez complexe dans les faits.

« Les acteurs économiques ont normalement leurs assurances. En cas d’incident, ils préparent un dossier juridique comportant les documents du transport, factures, valeurs de la marchandise… qu’ils présentent à leurs assureurs. Ces derniers prennent contact avec le ou les assureurs du transporteur maritime pour des négociations sur la base des causes de l’incident. Ils se mettent d’accord sur les taux de remboursement en fonction des contrats », avance notre source.  

Il s’agit d’une procédure, décrite de façon simplifiée, qu’un opérateur touché par ce sinistre nous confirme avoir enclenchée en ces termes. « Nous avons préparé notre dossier et avons mis notre assureur sur le coup et c'est lui qui a pris le relai sur ce dossier en contactant l'assureur du transporteur », nous confie une source au sein d’un opérateur touché qui semble assez serein. « Quoi qu’il en soit, nous serons remboursés », nous dit-il.

Cela dit, ce n’est pas aussi simple. Il y a plusieurs autres facteurs qui entrent en jeu : Si l’importateur est assuré ou pas, la nature du contrat d’assurance contracté, les conclusions de l’enquête sur le naufrage du Grande America …

« Il y a plusieurs pratiques selon chaque dossier, selon la nature du sinistre et son origine », nous avance une source du secteur des assurances. « Pour le cas du navire de Grimaldi, nous attendons de connaître l’origine de l’incendie qui a mené le navire au naufrage avant de pouvoir se prononcer et savoir où placer ce genre d’affaires », ajoute notre source. 

Les annonces futures sur cette affaire seront décisives pour plusieurs opérateurs marocains. 

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