Nouvelle stratégie industrielle: avis de Karim Tazi et Hakim Marrakchi

Le Maroc reconsidère sa stratégie industrielle à la lumière de l'expérience vécue pendant la crise sanitaire. Le gouvernement évoque de plus en plus l'importance de l'industrie nationale, du produit marocain, du made in Morocco. Médias24 a interrogé deux industriels sur cette orientation affichée du gouvernement, Karim Tazi, patron de Richbond, et Hakim Marrakchi, patron de Maghreb Industrie. Voici leurs analyses.

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Nouvelle stratégie industrielle : Avis de Karim Tazi et Hakim Marrakchi

Le 22 juin 2020 à 21:10

Modifié le 23 juin 2020 à 17:10

La crise sanitaire due au Covid-19 a remis au-devant de la scène l'importance de l'industrie locale. Nombre de pays reconsidèrent leur stratégie industrielle à la lumière de l'expérience éprouvante de ces derniers mois.

Le Maroc en fait partie. Depuis quelques semaines, le gouvernement évoque de plus en plus l'importance de l'industrie nationale, du produit marocain, du made in Morocco.

Le ministre de l'Industrie Moulay Hafid Elalamy a même annoncé la mise en place d'une stratégie pour pousser le capital marocain à réinvestir dans des segments qui ont totalement été abandonnés à l'import. 

Que pensent les industriels de cette orientation affichée du gouvernement ? Médias24 a interrogé deux opérateurs. Voici ce qu'ils en pensent. 

Le manque de compétitivité, grand mal de notre industrie

"Les intentions annoncées sont excellentes. Mais l'industrie implique des processus qui doivent être pris par le bon bout et dans lesquels on met les bons ingrédients, sinon nous n’arriverons jamais au résultat escompté", nous déclare Hakim Marrakchi, industriel et président de la commission Fiscalité et Douane de la CGEM.

"Je pense que depuis la signature des premiers accords de libre-échange, on ne s'est jamais vraiment intéressé aux problèmes réels de l'industrie, qui se résument avant tout en un problème de compétitivité. Et la compétitivité se construit, elle nécessite des mises au point, de l'adaptation, des réformes... "

"Nous avons des problématiques liées à la structure des coûts du travail et de son environnement, des problématiques liées à l'énergie, des problèmes liés à l'organisation spatiale du Maroc, des problèmes liés à la réglementation, des problèmes d'image,... Chacun de ces problèmes mérite un chapitre à lui seul. Mais si l'on veut présenter les choses d'une façon simple : quand on dit s'attaquer à un problème de compétitivité, le résultat attendu est de rendre l'industrie un métier attractif, pour cela il faut que les industriels puissent gagner de l'argent."

"La compétitivité se mesure à la capacité qu'a une entreprise à dégager des marges. Aujourd'hui dans l'industrie ouverte à la concurrence mondiale, cette capacité est faible et les marges dégagées sont faibles". 

"Baisser le coût du travail"

Hakim Marrakchi analyse plus en détail la question de la compétitivité, exemple à l'appui. Pour ce dernier, les deux principaux ingrédients de la compétitivité sont le coût du travail et le coût de l'énergie. "Sur ces deux éléments, le Maroc est clairement moins bon que d'autres pays concurrents comme la Tunisie ou l'Egypte."

"J’avais une entreprise concurrente basée au Maârif à Casablanca. Elle s'est délocalisée à Alexandrie (Egypte). Par le simple fait de cette délocalisation, ses charges d'exploitation courantes ont énormément baissé. Et elle a économisée l’équivalent de plus 10% de chiffre d'affaires", témoigne-t-il. Autant de marge qu’elle peut désormais utiliser à conquérir davantage de marchés.

Pour notre interlocuteur, "pour qu’on puisse devenir compétitif, il faut baisser les charges sur le travail". "Il faut parler d'une réalité qui a été révélée par cette crise : l’ampleur de l’informel dans le travail. Le travail informel touche 75 à 80% des personnes actives au Maroc. Cela veut dire que nous avons un système social qui est clairement défaillant et gravement déficient."

"Quand on dit qu'il faut augmenter le SMIG de 5%, cela ne concerne finalement qu’une infime partie des employés. Et on creuse davantage le fossé entre le formel et l’informel. Si on ne baisse pas les charges sociales qui sont liées à la production, on ne fera qu’inciter au développement de l’informel et donc grever la compétitivité du pays".

"Les charges sur les bas salaires doivent être revues à la baisse. Et le financement de la solidarité nationale doit se faire autrement. La solidarité doit être davantage financée par la consommation que par le travail. Cela demande une réforme fiscale qui doit certainement être en cours dans le cadre de la réflexion initiée par les assises de la fiscalité. A la CGEM, nous préparons des propositions dans ce sens".

Ces problèmes de compétitivité évoqués par Marrakchi sont partagés par l'industriel Karim Tazi.

Pour le patron de Richbond et membre de la commission spéciale pour le modèle de développement (CSMD, mais il s'exprime à titre privé), "au quotidien, nous nous heurtons à des problèmes de ressources humaines, de financement, de foncier, d'autorisations administratives, de cadre légal et juridique inadapté, de concurrence déloyale, etc. Trop souvent, il nous arrive de perdre un temps précieux à aller d'un ministère à l'autre ou d'une administration à l'autre, telle une balle de flipper pour résoudre des problèmes qui n'auraient jamais dû se poser si la pléthore de lois, de règlements, de circulaires parfois contradictoires avaient été simplifiés. Bien entendu, ces administrations refusent de se parler entre elles et très souvent il n'y a aucun recours face au refus ou à l'obstruction de certains responsables".

L'industriel victime de considérations exogènes

"Les difficultés dans lesquelles se débat l’industrie ne peuvent pas être résolues par un seul ministère. Elles doivent faire l’objet d’une action concertée de l’ensemble du gouvernement car ces problèmes sont transversaux", ajoute Karim Tazi. 

"Il faut que l’opinion publique et les décideurs prennent conscience qu’avec l’ouverture de l’économie marocaine, la compétition sur le marché local est devenue aussi féroce que sur le marché international. La distinction entre les deux est devenue caduque. Les Marocains ont des handicaps que leurs concurrents n'ont pas. Certains de nos concurrents bénéficient d’un accompagnement massif de leur gouvernement pour attaquer les marchés export. D'autres, s’ils ne bénéficient pas d’aides directes, ils ne se débattent pas dans des problèmes de bureaucratie et d’hostilité de l’administration, de foncier industriel hors de prix, de cadre juridique et légal complètement inadapté, d’un code du travail complètement dépassé et dont les failles sont exploitées par le système judiciaire...", énumère Tazi. 

Pour ce dernier, "quand l’industriel se plaint de la concurrence déloyale des exportations de certains pays ayant conclu un ALE avec le Maroc, on lui répond qu’il y a des considérations géopolitiques comme c'est le cas de l'ALE avec les Émirats arabes unis".

"Quand l'industriel se plaint de la concurrence de l’informel, on lui répond qu’il y a des considérations sociales qui empêchent d'agir frontalement contre les entreprises opérant dans l'illégalité".

"Il y a encore seulement un an, quand il se plaignait de la contrebande notamment à Guerguerat, on lui répondait qu'il y a des considérations politiques. Aujourd'hui, la simple fermeté dont a commencé à faire preuve la Douane a grandement réduit ce problème mais a démontré du même coup que quand l'Etat veut, il peut", insiste-t-il.

"Et l’industriel marocain dans tout cela, qui le défend ?", s'interroge-t-il. "Le sort de l'industrie nationale ne peut pas continuer d'être la variable d'ajustement de toutes les questions considérées comme stratégiques pour le pays. La décision des gens qui avaient le choix et qui ont abandonné l’industrie devient finalement une décision économiquement rationnelle", conclut-il. 

Pour une stratégie d'Etat globale et cohérente 

La solution passe selon nos deux intervenants par la mise en place d'une stratégie globale cohérente qui lève l'ensemble des entraves.

"Du fait de sa grande complexité, pour survivre et se développer, l'industrie a besoin du soutien et de l'accompagnement de l'ensemble de l'appareil de l'Etat et non pas seulement de politiques sectorielles promues par un seul département ministériel. Tant pour résoudre ces problèmes que pour mettre en place des mesures incitatives globales, les gouvernements doivent agir de façon concertée, or leur fonctionnement en silos et en chapelles, jalousement protégés ne le permet pas", résume Karim Tazi. 

Pour illustrer ce propos, Hakim Marrakchi donne l'exemple de la stratégie du "consommer marocain" envisagée par le gouvernement. "Quand on dit il faut "consommer marocain", cela ne peut pas être un simple slogan ou un argument dans une campagne de communication ou de sensibilisation. Il faut des actions concrètes".

"Par exemple, il faut mettre en place un label "Consommer Marocain" qui va de la production au consommateur final en passant par la distribution et la commercialisation". 

"En adhérant à ce label, l'acteur bénéficie d'un encouragement de l'Etat en contrepartie d'un cahier des charges à respecter. Ce cahier des charges doit être réaliste, son respect mesurable et donc contrôlable. Et cela doit être fait sur toute la chaîne de valeur jusqu'au consommateur. Ainsi on pourra avoir un ensemble cohérent qui amènera la substitution de l’import par la production locale".

"L'autre facette du déficit de compétitivité du Maroc est l'absence ou l'insuffisance de normes. Pour protéger notre marché, il faut établir des normes. Ces normes permettront à la fois de protéger notre marché et d’aller conquérir des marchés à l’extérieur".

"Je donne un exemple de l’une des barrières qui sont en train d’être érigées à l’entrée dans différents pays, c’est l’empreinte carbone. Elle sera décisive pour l’accès aux marchés européen et américain demain".

"Le Maroc devrait à la fois inciter la production et le transport à bas carbone au Maroc. Il faut avoir une approche durable globale de façon à avoir une empreinte carbone faible et que notre image pays soit affiliée à cela. Et en même temps, cela protégera la production locale par rapport à des pays qui n’ont pas fait cet effort, notamment nos principaux concurrents". 

Nouvelle stratégie industrielle: avis de Karim Tazi et Hakim Marrakchi

Le 22 juin 2020 à21:10

Modifié le 23 juin 2020 à 17:10

Le Maroc reconsidère sa stratégie industrielle à la lumière de l'expérience vécue pendant la crise sanitaire. Le gouvernement évoque de plus en plus l'importance de l'industrie nationale, du produit marocain, du made in Morocco. Médias24 a interrogé deux industriels sur cette orientation affichée du gouvernement, Karim Tazi, patron de Richbond, et Hakim Marrakchi, patron de Maghreb Industrie. Voici leurs analyses.

La crise sanitaire due au Covid-19 a remis au-devant de la scène l'importance de l'industrie locale. Nombre de pays reconsidèrent leur stratégie industrielle à la lumière de l'expérience éprouvante de ces derniers mois.

Le Maroc en fait partie. Depuis quelques semaines, le gouvernement évoque de plus en plus l'importance de l'industrie nationale, du produit marocain, du made in Morocco.

Le ministre de l'Industrie Moulay Hafid Elalamy a même annoncé la mise en place d'une stratégie pour pousser le capital marocain à réinvestir dans des segments qui ont totalement été abandonnés à l'import. 

Que pensent les industriels de cette orientation affichée du gouvernement ? Médias24 a interrogé deux opérateurs. Voici ce qu'ils en pensent. 

Le manque de compétitivité, grand mal de notre industrie

"Les intentions annoncées sont excellentes. Mais l'industrie implique des processus qui doivent être pris par le bon bout et dans lesquels on met les bons ingrédients, sinon nous n’arriverons jamais au résultat escompté", nous déclare Hakim Marrakchi, industriel et président de la commission Fiscalité et Douane de la CGEM.

"Je pense que depuis la signature des premiers accords de libre-échange, on ne s'est jamais vraiment intéressé aux problèmes réels de l'industrie, qui se résument avant tout en un problème de compétitivité. Et la compétitivité se construit, elle nécessite des mises au point, de l'adaptation, des réformes... "

"Nous avons des problématiques liées à la structure des coûts du travail et de son environnement, des problématiques liées à l'énergie, des problèmes liés à l'organisation spatiale du Maroc, des problèmes liés à la réglementation, des problèmes d'image,... Chacun de ces problèmes mérite un chapitre à lui seul. Mais si l'on veut présenter les choses d'une façon simple : quand on dit s'attaquer à un problème de compétitivité, le résultat attendu est de rendre l'industrie un métier attractif, pour cela il faut que les industriels puissent gagner de l'argent."

"La compétitivité se mesure à la capacité qu'a une entreprise à dégager des marges. Aujourd'hui dans l'industrie ouverte à la concurrence mondiale, cette capacité est faible et les marges dégagées sont faibles". 

"Baisser le coût du travail"

Hakim Marrakchi analyse plus en détail la question de la compétitivité, exemple à l'appui. Pour ce dernier, les deux principaux ingrédients de la compétitivité sont le coût du travail et le coût de l'énergie. "Sur ces deux éléments, le Maroc est clairement moins bon que d'autres pays concurrents comme la Tunisie ou l'Egypte."

"J’avais une entreprise concurrente basée au Maârif à Casablanca. Elle s'est délocalisée à Alexandrie (Egypte). Par le simple fait de cette délocalisation, ses charges d'exploitation courantes ont énormément baissé. Et elle a économisée l’équivalent de plus 10% de chiffre d'affaires", témoigne-t-il. Autant de marge qu’elle peut désormais utiliser à conquérir davantage de marchés.

Pour notre interlocuteur, "pour qu’on puisse devenir compétitif, il faut baisser les charges sur le travail". "Il faut parler d'une réalité qui a été révélée par cette crise : l’ampleur de l’informel dans le travail. Le travail informel touche 75 à 80% des personnes actives au Maroc. Cela veut dire que nous avons un système social qui est clairement défaillant et gravement déficient."

"Quand on dit qu'il faut augmenter le SMIG de 5%, cela ne concerne finalement qu’une infime partie des employés. Et on creuse davantage le fossé entre le formel et l’informel. Si on ne baisse pas les charges sociales qui sont liées à la production, on ne fera qu’inciter au développement de l’informel et donc grever la compétitivité du pays".

"Les charges sur les bas salaires doivent être revues à la baisse. Et le financement de la solidarité nationale doit se faire autrement. La solidarité doit être davantage financée par la consommation que par le travail. Cela demande une réforme fiscale qui doit certainement être en cours dans le cadre de la réflexion initiée par les assises de la fiscalité. A la CGEM, nous préparons des propositions dans ce sens".

Ces problèmes de compétitivité évoqués par Marrakchi sont partagés par l'industriel Karim Tazi.

Pour le patron de Richbond et membre de la commission spéciale pour le modèle de développement (CSMD, mais il s'exprime à titre privé), "au quotidien, nous nous heurtons à des problèmes de ressources humaines, de financement, de foncier, d'autorisations administratives, de cadre légal et juridique inadapté, de concurrence déloyale, etc. Trop souvent, il nous arrive de perdre un temps précieux à aller d'un ministère à l'autre ou d'une administration à l'autre, telle une balle de flipper pour résoudre des problèmes qui n'auraient jamais dû se poser si la pléthore de lois, de règlements, de circulaires parfois contradictoires avaient été simplifiés. Bien entendu, ces administrations refusent de se parler entre elles et très souvent il n'y a aucun recours face au refus ou à l'obstruction de certains responsables".

L'industriel victime de considérations exogènes

"Les difficultés dans lesquelles se débat l’industrie ne peuvent pas être résolues par un seul ministère. Elles doivent faire l’objet d’une action concertée de l’ensemble du gouvernement car ces problèmes sont transversaux", ajoute Karim Tazi. 

"Il faut que l’opinion publique et les décideurs prennent conscience qu’avec l’ouverture de l’économie marocaine, la compétition sur le marché local est devenue aussi féroce que sur le marché international. La distinction entre les deux est devenue caduque. Les Marocains ont des handicaps que leurs concurrents n'ont pas. Certains de nos concurrents bénéficient d’un accompagnement massif de leur gouvernement pour attaquer les marchés export. D'autres, s’ils ne bénéficient pas d’aides directes, ils ne se débattent pas dans des problèmes de bureaucratie et d’hostilité de l’administration, de foncier industriel hors de prix, de cadre juridique et légal complètement inadapté, d’un code du travail complètement dépassé et dont les failles sont exploitées par le système judiciaire...", énumère Tazi. 

Pour ce dernier, "quand l’industriel se plaint de la concurrence déloyale des exportations de certains pays ayant conclu un ALE avec le Maroc, on lui répond qu’il y a des considérations géopolitiques comme c'est le cas de l'ALE avec les Émirats arabes unis".

"Quand l'industriel se plaint de la concurrence de l’informel, on lui répond qu’il y a des considérations sociales qui empêchent d'agir frontalement contre les entreprises opérant dans l'illégalité".

"Il y a encore seulement un an, quand il se plaignait de la contrebande notamment à Guerguerat, on lui répondait qu'il y a des considérations politiques. Aujourd'hui, la simple fermeté dont a commencé à faire preuve la Douane a grandement réduit ce problème mais a démontré du même coup que quand l'Etat veut, il peut", insiste-t-il.

"Et l’industriel marocain dans tout cela, qui le défend ?", s'interroge-t-il. "Le sort de l'industrie nationale ne peut pas continuer d'être la variable d'ajustement de toutes les questions considérées comme stratégiques pour le pays. La décision des gens qui avaient le choix et qui ont abandonné l’industrie devient finalement une décision économiquement rationnelle", conclut-il. 

Pour une stratégie d'Etat globale et cohérente 

La solution passe selon nos deux intervenants par la mise en place d'une stratégie globale cohérente qui lève l'ensemble des entraves.

"Du fait de sa grande complexité, pour survivre et se développer, l'industrie a besoin du soutien et de l'accompagnement de l'ensemble de l'appareil de l'Etat et non pas seulement de politiques sectorielles promues par un seul département ministériel. Tant pour résoudre ces problèmes que pour mettre en place des mesures incitatives globales, les gouvernements doivent agir de façon concertée, or leur fonctionnement en silos et en chapelles, jalousement protégés ne le permet pas", résume Karim Tazi. 

Pour illustrer ce propos, Hakim Marrakchi donne l'exemple de la stratégie du "consommer marocain" envisagée par le gouvernement. "Quand on dit il faut "consommer marocain", cela ne peut pas être un simple slogan ou un argument dans une campagne de communication ou de sensibilisation. Il faut des actions concrètes".

"Par exemple, il faut mettre en place un label "Consommer Marocain" qui va de la production au consommateur final en passant par la distribution et la commercialisation". 

"En adhérant à ce label, l'acteur bénéficie d'un encouragement de l'Etat en contrepartie d'un cahier des charges à respecter. Ce cahier des charges doit être réaliste, son respect mesurable et donc contrôlable. Et cela doit être fait sur toute la chaîne de valeur jusqu'au consommateur. Ainsi on pourra avoir un ensemble cohérent qui amènera la substitution de l’import par la production locale".

"L'autre facette du déficit de compétitivité du Maroc est l'absence ou l'insuffisance de normes. Pour protéger notre marché, il faut établir des normes. Ces normes permettront à la fois de protéger notre marché et d’aller conquérir des marchés à l’extérieur".

"Je donne un exemple de l’une des barrières qui sont en train d’être érigées à l’entrée dans différents pays, c’est l’empreinte carbone. Elle sera décisive pour l’accès aux marchés européen et américain demain".

"Le Maroc devrait à la fois inciter la production et le transport à bas carbone au Maroc. Il faut avoir une approche durable globale de façon à avoir une empreinte carbone faible et que notre image pays soit affiliée à cela. Et en même temps, cela protégera la production locale par rapport à des pays qui n’ont pas fait cet effort, notamment nos principaux concurrents". 

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