Observatoire national de la criminalité: derniers préparatifs avant le lancement

Après 6 ans d’attente, l’Observatoire national de la criminalité annoncé pour « bientôt ». Une équipe pluridisciplinaire pour recenser, diagnostiquer et expliquer le phénomène criminel.

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Observatoire national de la criminalité: derniers préparatifs avant le lancement

Le 19 novembre 2019 à 15:44

Modifié le 19 novembre 2019 à 15:55

Longtemps attendu, l’Observatoire national de la criminalité entame sa dernière ligne droite. « Nous avons arrêté sa conception définitive et annoncerons bientôt son institution », a déclaré Mohammed Benabdelkader, ministre de la Justice, qui s’exprimait début novembre lors de la présentation de son rapport sectoriel à la Chambre des représentants.

L’opérationnalisation de l’Observatoire interviendra directement « après la mise en place de la nouvelle structure du ministère ». Il fera partie des services rattachés à la puissante Direction des affaires pénales et des grâces. Un projet de décret régira son fonctionnement, son organigramme et ses attributions.

Le système judiciaire s’apprête donc à accueillir un nouvel acteur de premier rang. La création de l’Observatoire figure parmi les recommandations phares de la charte de la réforme de la Justice, publiée en 2013. Ses auteurs avaient cité « l’inexistence » de ce mécanisme parmi les nombreuses « carences » de la politique pénale. D’où le délai d’urgence imparti pour sa création : 2013-2014.

Il va s’en dire que ce délai a été largement dépassé. La statistique pénale est pourtant un préalable à la compréhension du phénomène criminel, et donc à sa prévention. Depuis deux années, les rapports annuels de la Présidence du ministère public offrent une image plus ou moins détaillée sur les différentes formes de délinquance, mais ne va généralement pas plus loin que les éléments quantitatifs.  

Recenser, expliquer et prévenir la délinquance

C’est là précisément qu’intervient le rôle de l’Observatoire. Lequel ne s’arrêtera pas au recensement des infractions. Son travail consistera à les diagnostiquer, suivre leur évolution, identifier leurs causes, déterminer leurs effets et proposer les moyens de les prévenir. Une manière, pour la future entité, de participer à la « planification pénale ».

La question est de savoir si les données exploitées par le futur observatoire seront publiques. La transparence est un défi qu’a su relever la présidence du parquet. Il n’en a pas toujours été ainsi pour le ministère de la Justice.  

Ce département s’attelle aux derniers préparatifs en vue du lancement effectif de l’observatoire. Pour lui baliser le terrain, le ministère a élaboré une base de données retraçant l’évolution de la criminalité depuis 30 ans au Maroc. Une équipe d’ingénieurs statisticiens ont été rattachés au service et auront pour vocation de recueillir les statistiques concernées.

La Direction des affaires pénales dispose déjà de cadres spécialisés dans le recensement de la délinquance, mais dans le cadre l’observatoire, la collecte de ses informations nécessitera une coordination entre plusieurs intervenants judiciaires, sécuritaires, pénitentiaires et administratifs. Issues de différents services, 33 personnes ont bénéficié de formations en ce sens.

La problématique de la récidive est l’un des sujets prioritaires de la politique pénale. C’est un marronnier du système judiciaire. Mais le Maroc ne dispose pas de statistiques officielles en la matière. Pour y remédier, le ministère de la Justice a misé sur la création d’un « casier judiciaire national », plateforme électronique fournissant des chiffres détaillés selon la nature de la condamnation, l’infraction concernée, le sexe du condamné, son âge et son statut juridique (personne physique ou morale). Les données qui en découleront viendront nourrir les futurs travaux de l’Observatoire national de la criminalité.

Observatoire national de la criminalité: derniers préparatifs avant le lancement

Le 19 novembre 2019 à15:55

Modifié le 19 novembre 2019 à 15:55

Après 6 ans d’attente, l’Observatoire national de la criminalité annoncé pour « bientôt ». Une équipe pluridisciplinaire pour recenser, diagnostiquer et expliquer le phénomène criminel.

Longtemps attendu, l’Observatoire national de la criminalité entame sa dernière ligne droite. « Nous avons arrêté sa conception définitive et annoncerons bientôt son institution », a déclaré Mohammed Benabdelkader, ministre de la Justice, qui s’exprimait début novembre lors de la présentation de son rapport sectoriel à la Chambre des représentants.

L’opérationnalisation de l’Observatoire interviendra directement « après la mise en place de la nouvelle structure du ministère ». Il fera partie des services rattachés à la puissante Direction des affaires pénales et des grâces. Un projet de décret régira son fonctionnement, son organigramme et ses attributions.

Le système judiciaire s’apprête donc à accueillir un nouvel acteur de premier rang. La création de l’Observatoire figure parmi les recommandations phares de la charte de la réforme de la Justice, publiée en 2013. Ses auteurs avaient cité « l’inexistence » de ce mécanisme parmi les nombreuses « carences » de la politique pénale. D’où le délai d’urgence imparti pour sa création : 2013-2014.

Il va s’en dire que ce délai a été largement dépassé. La statistique pénale est pourtant un préalable à la compréhension du phénomène criminel, et donc à sa prévention. Depuis deux années, les rapports annuels de la Présidence du ministère public offrent une image plus ou moins détaillée sur les différentes formes de délinquance, mais ne va généralement pas plus loin que les éléments quantitatifs.  

Recenser, expliquer et prévenir la délinquance

C’est là précisément qu’intervient le rôle de l’Observatoire. Lequel ne s’arrêtera pas au recensement des infractions. Son travail consistera à les diagnostiquer, suivre leur évolution, identifier leurs causes, déterminer leurs effets et proposer les moyens de les prévenir. Une manière, pour la future entité, de participer à la « planification pénale ».

La question est de savoir si les données exploitées par le futur observatoire seront publiques. La transparence est un défi qu’a su relever la présidence du parquet. Il n’en a pas toujours été ainsi pour le ministère de la Justice.  

Ce département s’attelle aux derniers préparatifs en vue du lancement effectif de l’observatoire. Pour lui baliser le terrain, le ministère a élaboré une base de données retraçant l’évolution de la criminalité depuis 30 ans au Maroc. Une équipe d’ingénieurs statisticiens ont été rattachés au service et auront pour vocation de recueillir les statistiques concernées.

La Direction des affaires pénales dispose déjà de cadres spécialisés dans le recensement de la délinquance, mais dans le cadre l’observatoire, la collecte de ses informations nécessitera une coordination entre plusieurs intervenants judiciaires, sécuritaires, pénitentiaires et administratifs. Issues de différents services, 33 personnes ont bénéficié de formations en ce sens.

La problématique de la récidive est l’un des sujets prioritaires de la politique pénale. C’est un marronnier du système judiciaire. Mais le Maroc ne dispose pas de statistiques officielles en la matière. Pour y remédier, le ministère de la Justice a misé sur la création d’un « casier judiciaire national », plateforme électronique fournissant des chiffres détaillés selon la nature de la condamnation, l’infraction concernée, le sexe du condamné, son âge et son statut juridique (personne physique ou morale). Les données qui en découleront viendront nourrir les futurs travaux de l’Observatoire national de la criminalité.

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