PAM: dernières escarmouches avant un verdict déterminant

Au lendemain d’une ultime tentative de réconciliation qui a plutôt renforcé les positions des deux clans, le juge du tribunal d’instance de Rabat a reporté au vendredi 20 septembre sa décision qui validera ou pas l’élection du président de la commission préparatoire du congrès.

PAM : Dernières escarmouches avant un verdict déterminant Dernières escarmouches au PAM

Le 18 septembre 2019 à 17:34

Modifié le 19 septembre 2019 à 10:17

Optimiste, l’ancien député Mehdi Bensaid affirme que cette instance se réunira samedi 21 septembre pour annoncer la date du congrès.

Tout aussi enthousiaste, Ahmed Touhami qui préside la commission préparatoire adverse, déclare que la décision de justice, qui aura été prononcée la veille, mettra un terme définitif à leur projet de congrès dissident.

Quoi qu'il advienne, ce verdict sera soit salvateur pour repartir uni d'un bon pied aux prochains scrutins, soit destructeur avec d'éventuels départs en masse du parti. 

Depuis quelques jours, les observateurs politiques s’interrogent après l’annonce du report momentané du congrès des dissidents d’autant plus que les fidèles de Benchamach l’ont interprété et commenté comme une interdiction pure et simple prononcée par le ministère de l’Intérieur.

Report momentané ou interdiction définitive, l’éventuelle annulation de la tenue de ce rendez-vous, qui doit renouveler les instances du PAM, donne l’impression d’une victoire de la direction sortante.

Sollicité par Médias24, l’ancien président de la commission des affaires étrangères Mehdi Bensaïd s’est voulu convaincant sur la tenue du congrès dont il a tenu à préciser que le report était juste momentané.

Echec de l’ultime tentative de réconciliation

"Au sein de notre groupe, des voix se sont manifestées pour tendre la main à Ssi Hakim avec l’intention que le PAM parte uni aux futurs scrutins de 2021. La présidente du Conseil national a donc proposé une dernière tentative de conciliation avec le secrétaire général mais le communiqué du bureau politique qui a suivi leur réunion a montré que les positions étaient inconciliables.

"Au regard de l’échec de la longue conversation privée des deux dirigeants du parti, nous avons décidé de continuer la bataille auprès de notre base et bien évidemment de la justice.

Dernier report de l’audience judiciaire

"A l’issue d’une courte audience au tribunal de première instance de Rabat ce mercredi 18 septembre, le juge a décidé de reporter les débats finaux à la journée du vendredi 20 septembre. A moins d’un ultime report, il est très probable que la décision de justice pour légitimer ou pas l’élection de Samir Godar à la tête de la commission préparatoire sera prise ce même jour", avance Bensaid.

Interrogé sur les raisons du report de dernière minute du congrès, peu convaincantes, l’ex-député tient d’abord à préciser qu’il n’y a eu aucune intervention officielle ou officieuse des autorités.

"La première explication est que nous avons essayé de nous donner davantage de temps sachant que jusqu’au bout, nous avons cru en une possible réconciliation avec le secrétaire général.

"Après mûre réflexion, nous n’avons pas voulu faire coïncider le congrès avec le processus judiciaire de première instance mais en fait, la raison principale était que nous n’étions pas prêts à l’organiser.

"Sans l’aide du secrétariat général, rôdé à ces préparatifs car il monopolise toutes les informations logistiques pour la bonne organisation d’un congrès, nous avons eu des difficultés d’ordre technique.

"En effet, nous n’avons pas pu réunir les informations nécessaires pour l’organiser", regrette Bensaid qui accuse ses adversaires d’exploiter le report du congrès pour faire de la désinformation.

Désinformation ou simple report?

"L’argument d’une interdiction du ministère de l’Intérieur est ridicule. En effet, à la base, nous n’avons pas sollicité son autorisation car il n’y a aucune obligation légale à ce propos. La seule obligation d’un parti est de prévenir 48 heures à l’avance les autorités de la tenue de son congrès.

"En déformant la réalité, nos adversaires veulent simplement mettre à rude épreuve les nerfs de nos militants afin qu’ils reviennent à de meilleurs sentiments à l’égard de Benchamach", accuse Bensaid qui révèle que les membres de la commission préparatoire du congrès se réuniront samedi 21 septembre, pour discuter des détails du congrès puis pour annoncer sa date définitive.

"L’idéal serait de l’organiser avant le mois de décembre. Cela nous permettra de le préparer dans des conditions optimales après avoir lancé un appel d’offres à une agence qui s’occupera de la logistique", conclut Bensaid qui ajoute être très optimiste sachant que les militants et cadres du PAM ont répondu massivement à l’appel aux donations pour financer la tenue de ce congrès.

Pas de pardon pour les traitres

Manifestement aussi heureux que la veille, pour ne pas dire hilare, du début à la fin de notre conversation, Ahmed Touhami qui préside la commission préparatoire du congrès sous la houlette du SG, s’est dit "consterné" par l’optimisme "utopique" des adversaires de Hakim Benchamach.

"A l’issue de la réunion du bureau politique d’hier soir [mardi], la direction a clairement montré qu’elle refusait de se réconcilier avec des gens qui ont comploté contre le parti. En tentant de négocier, ils jouent leurs dernières cartes car ils ont senti que leur démarche judiciaire était vouée à l’échec

"Pour nous, l’affaire est close sachant que l’administration ne leur a pas délivré d’autorisation pour tenir leur congrès. C’est donc une reconnaissance explicite de leur non-légitimité.

"Ceci-dit, sachant que nous avons des dossiers en commun au tribunal, nous sommes obligés de suivre la procédure judiciaire d’autant plus que c’est nous qui l’avons intentée en portant plainte.

"Pour nos adversaires qui poursuivent et s’accrochent à la procédure, ils tentent simplement un ultime baroud d’honneur", explique Touhami.

Aucun signe de préparatifs du congrès

Devant les dénégations de ses adversaires sur les raisons du report du congrès, Touhami ironise en déclarant que "s’ils n’ont pas fait les frais d’une interdiction administrative, ils n’avaient aucune raison valable pour interrompre le processus de préparation de leur congrès.

"De plus, j’ai été moi-même au complexe de Bouznika qu’ils avaient réservé pour tenir leur congrès, et je peux vous certifier qu’il n’y avait aucun chat en rapport avec l’organisation d’un congrès alors qu’un tel événement requiert au moins deux mois de préparatifs sur place.

Verdict final au plus tard le 27 septembre

"Lors de l’audience de ce matin au tribunal de Rabat, le juge a accordé un dernier délai de 48 heures pour examiner notre argumentaire.

"Selon moi, il est très probable que la journée du vendredi 20 septembre lui permettra de trancher une fois pour toutes", avance Touhami, sûr de faire partie des gagnants.

Interrogé sur une éventuelle défaite, notre interlocuteur l’écarte fermement avant d’affirmer, après lourde insistance que le demandeur, Hakim Benchamach, ira jusqu’au bout pour faire triompher sa cause.

"Si c’est le cas, ça sera une décision de 1ère instance ce qui ouvre donc la voie à un appel puis le cas échéant à une éventuelle cassation.

"Si nous perdons, ce qui me parait quasi-impossible, il est donc évident que nous ferons appel", conclut Touhami qui n’exclut cependant pas que le juge ne prononce son verdict final qu’une semaine après, soit le 27 septembre prochain.

Dernières escarmouches au PAM

PAM: dernières escarmouches avant un verdict déterminant

Le 18 septembre 2019 à17:33

Modifié le 19 septembre 2019 à 10:17

Au lendemain d’une ultime tentative de réconciliation qui a plutôt renforcé les positions des deux clans, le juge du tribunal d’instance de Rabat a reporté au vendredi 20 septembre sa décision qui validera ou pas l’élection du président de la commission préparatoire du congrès.

Optimiste, l’ancien député Mehdi Bensaid affirme que cette instance se réunira samedi 21 septembre pour annoncer la date du congrès.

Tout aussi enthousiaste, Ahmed Touhami qui préside la commission préparatoire adverse, déclare que la décision de justice, qui aura été prononcée la veille, mettra un terme définitif à leur projet de congrès dissident.

Quoi qu'il advienne, ce verdict sera soit salvateur pour repartir uni d'un bon pied aux prochains scrutins, soit destructeur avec d'éventuels départs en masse du parti. 

Depuis quelques jours, les observateurs politiques s’interrogent après l’annonce du report momentané du congrès des dissidents d’autant plus que les fidèles de Benchamach l’ont interprété et commenté comme une interdiction pure et simple prononcée par le ministère de l’Intérieur.

Report momentané ou interdiction définitive, l’éventuelle annulation de la tenue de ce rendez-vous, qui doit renouveler les instances du PAM, donne l’impression d’une victoire de la direction sortante.

Sollicité par Médias24, l’ancien président de la commission des affaires étrangères Mehdi Bensaïd s’est voulu convaincant sur la tenue du congrès dont il a tenu à préciser que le report était juste momentané.

Echec de l’ultime tentative de réconciliation

"Au sein de notre groupe, des voix se sont manifestées pour tendre la main à Ssi Hakim avec l’intention que le PAM parte uni aux futurs scrutins de 2021. La présidente du Conseil national a donc proposé une dernière tentative de conciliation avec le secrétaire général mais le communiqué du bureau politique qui a suivi leur réunion a montré que les positions étaient inconciliables.

"Au regard de l’échec de la longue conversation privée des deux dirigeants du parti, nous avons décidé de continuer la bataille auprès de notre base et bien évidemment de la justice.

Dernier report de l’audience judiciaire

"A l’issue d’une courte audience au tribunal de première instance de Rabat ce mercredi 18 septembre, le juge a décidé de reporter les débats finaux à la journée du vendredi 20 septembre. A moins d’un ultime report, il est très probable que la décision de justice pour légitimer ou pas l’élection de Samir Godar à la tête de la commission préparatoire sera prise ce même jour", avance Bensaid.

Interrogé sur les raisons du report de dernière minute du congrès, peu convaincantes, l’ex-député tient d’abord à préciser qu’il n’y a eu aucune intervention officielle ou officieuse des autorités.

"La première explication est que nous avons essayé de nous donner davantage de temps sachant que jusqu’au bout, nous avons cru en une possible réconciliation avec le secrétaire général.

"Après mûre réflexion, nous n’avons pas voulu faire coïncider le congrès avec le processus judiciaire de première instance mais en fait, la raison principale était que nous n’étions pas prêts à l’organiser.

"Sans l’aide du secrétariat général, rôdé à ces préparatifs car il monopolise toutes les informations logistiques pour la bonne organisation d’un congrès, nous avons eu des difficultés d’ordre technique.

"En effet, nous n’avons pas pu réunir les informations nécessaires pour l’organiser", regrette Bensaid qui accuse ses adversaires d’exploiter le report du congrès pour faire de la désinformation.

Désinformation ou simple report?

"L’argument d’une interdiction du ministère de l’Intérieur est ridicule. En effet, à la base, nous n’avons pas sollicité son autorisation car il n’y a aucune obligation légale à ce propos. La seule obligation d’un parti est de prévenir 48 heures à l’avance les autorités de la tenue de son congrès.

"En déformant la réalité, nos adversaires veulent simplement mettre à rude épreuve les nerfs de nos militants afin qu’ils reviennent à de meilleurs sentiments à l’égard de Benchamach", accuse Bensaid qui révèle que les membres de la commission préparatoire du congrès se réuniront samedi 21 septembre, pour discuter des détails du congrès puis pour annoncer sa date définitive.

"L’idéal serait de l’organiser avant le mois de décembre. Cela nous permettra de le préparer dans des conditions optimales après avoir lancé un appel d’offres à une agence qui s’occupera de la logistique", conclut Bensaid qui ajoute être très optimiste sachant que les militants et cadres du PAM ont répondu massivement à l’appel aux donations pour financer la tenue de ce congrès.

Pas de pardon pour les traitres

Manifestement aussi heureux que la veille, pour ne pas dire hilare, du début à la fin de notre conversation, Ahmed Touhami qui préside la commission préparatoire du congrès sous la houlette du SG, s’est dit "consterné" par l’optimisme "utopique" des adversaires de Hakim Benchamach.

"A l’issue de la réunion du bureau politique d’hier soir [mardi], la direction a clairement montré qu’elle refusait de se réconcilier avec des gens qui ont comploté contre le parti. En tentant de négocier, ils jouent leurs dernières cartes car ils ont senti que leur démarche judiciaire était vouée à l’échec

"Pour nous, l’affaire est close sachant que l’administration ne leur a pas délivré d’autorisation pour tenir leur congrès. C’est donc une reconnaissance explicite de leur non-légitimité.

"Ceci-dit, sachant que nous avons des dossiers en commun au tribunal, nous sommes obligés de suivre la procédure judiciaire d’autant plus que c’est nous qui l’avons intentée en portant plainte.

"Pour nos adversaires qui poursuivent et s’accrochent à la procédure, ils tentent simplement un ultime baroud d’honneur", explique Touhami.

Aucun signe de préparatifs du congrès

Devant les dénégations de ses adversaires sur les raisons du report du congrès, Touhami ironise en déclarant que "s’ils n’ont pas fait les frais d’une interdiction administrative, ils n’avaient aucune raison valable pour interrompre le processus de préparation de leur congrès.

"De plus, j’ai été moi-même au complexe de Bouznika qu’ils avaient réservé pour tenir leur congrès, et je peux vous certifier qu’il n’y avait aucun chat en rapport avec l’organisation d’un congrès alors qu’un tel événement requiert au moins deux mois de préparatifs sur place.

Verdict final au plus tard le 27 septembre

"Lors de l’audience de ce matin au tribunal de Rabat, le juge a accordé un dernier délai de 48 heures pour examiner notre argumentaire.

"Selon moi, il est très probable que la journée du vendredi 20 septembre lui permettra de trancher une fois pour toutes", avance Touhami, sûr de faire partie des gagnants.

Interrogé sur une éventuelle défaite, notre interlocuteur l’écarte fermement avant d’affirmer, après lourde insistance que le demandeur, Hakim Benchamach, ira jusqu’au bout pour faire triompher sa cause.

"Si c’est le cas, ça sera une décision de 1ère instance ce qui ouvre donc la voie à un appel puis le cas échéant à une éventuelle cassation.

"Si nous perdons, ce qui me parait quasi-impossible, il est donc évident que nous ferons appel", conclut Touhami qui n’exclut cependant pas que le juge ne prononce son verdict final qu’une semaine après, soit le 27 septembre prochain.

A lire aussi


Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.