PAM : "La survie du parti dépendra du nom de son futur leader"

Premier parti de l’opposition, le PAM est en proie à des dissensions internes qui ne se dissipent pas. Selon deux dirigeants, si aucune rupture en termes de leadership n'est réalisée lors du 4ème congrès national prévu en octobre prochain, cette formation pourrait continuer sa traversée du désert, voire disparaître du champ politique avec un RNI prêt à récupérer son électorat.

PAM : Renouvellement du secrétaire général du PAM

Le 19 mars 2019 à 18:02

Modifié le 20 mars 2019 à 14:38

« Il n’y a aucune crise au sein de notre parti. Juste des discussions internes sur des sujets d’actualité comme la santé ou l'éducation nationale dans le cadre de la tournée régionale entreprise par nos instances pour préparer notre 4ème congrès national.

« L’objectif étant de mobiliser notre base avant ce congrès dont la date sera déterminée en avril prochain par le Conseil national », nous déclare Abdellatif Ouahbi, ex-chef du groupe parlementaire du PAM, qui nie et refuse d’évoquer des "prétendues" batailles autour du leadership.

"Sans rupture, le PAM continuera sa traversée du désert"

S'il confirme ces propos, Mehdi Bensaïd, ancien président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants, reconnaît cependant que tous les courants du parti sont concentrés sur la préparation de ce rendez-vous qui sera, selon lui, déterminant pour l’avenir du PAM et même du champ politique.

« Il n’y a pas de guerre mais plutôt des groupes de personnes qui pensent différemment. Certains veulent laisser le leadership aux fondateurs et d’autres désirent voir émerger une nouvelle élite. 

 « A titre personnel, je soutiendrai la candidature d’une femme ou d’un jeune pour incarner un vrai changement. Cette rupture sera essentielle pour surmonter les divisions actuelles et surtout pour éviter de se replonger dans notre ancienne vision électoraliste qui avait été autodestructrice.

« Pour l’instant, personne ne s’est encore porté candidat et, d’ailleurs, on ne sait pas si l’actuel secrétaire général compte se représenter lors du prochain congrès.

 « Faute de rupture, nous risquons de nous retrouver dans la position de l’USFP qui a été confrontée aux mêmes problèmes en 2010 avec Mohamed El Yazghi et qui a perdu une bonne partie de son électorat.

« Si on rate le coche, le PAM ne disparaîtra pas mais il n’incarnera plus l’espoir d’une vraie alternance avec un projet de société différent de notre coalition gouvernementale complètement hétérogène », conclut Bensaïd qui laisse toutefois la porte ouverte à une alliance avec le RNI après le scrutin de 2021.

"Le maintien de Benchamach pourrait entraîner la fin du PAM"

Moins optimiste, une autre personnalité du parti, désirant rester anonyme pour ne pas se voir accuser de briguer le leadership, avance que le PAM jouera son existence et même sa survie lors du futur congrès qui devra renouveler toutes ses instances en octobre prochain

« L’heure est grave car à chaque réunion du bureau politique, et malgré la tentative de réconciliation du 5 janvier dernier, il y a des affrontements.

« Benchamach prétend que c’est un signe de vitalité démocratique mais cela montre simplement qu’il ne sait pas rassembler et que nous avons perdu presque deux ans en le désignant comme leader.

 « Tout porte à croire qu’il désire se maintenir à son poste au prochain congrès dont la date exacte sera fixée lors de la prochaine session du Conseil national toujours présidé par Fatima-Zahra Mansouri qui n’assiste plus à aucune réunion et qui pourrait même finir par jeter l’éponge.

 « Il faut être lucide car tout comme Ilyas El Omari, Benchamach n’est pas aimé par les électeurs et risque donc de nous faire perdre beaucoup de voix lors des élections de 2021. Quoi qu’on pense de son prédécesseur, il a obtenu 107 députés et ce sera un miracle si on arrive à en avoir 70 avec lui.

« Sans retrait de sa part et sans un candidat de rupture capable de rassembler, le PAM pourrait disparaître de la scène politique pour le plus grand bonheur du RNI qui se positionne de plus en plus comme l’alternance au PJD et qui a donc besoin de nos électeurs », conclut, pessimiste, notre source.

Sachant que le congrès national du PAM n'aura lieu que deux années avant la date du scrutin législatif, le PAM aura en effet peu de temps pour convaincre des électeurs tentés d’aller voir ailleurs …

Renouvellement du secrétaire général du PAM

PAM : "La survie du parti dépendra du nom de son futur leader"

Le 19 mars 2019 à20:44

Modifié le 20 mars 2019 à 14:38

Premier parti de l’opposition, le PAM est en proie à des dissensions internes qui ne se dissipent pas. Selon deux dirigeants, si aucune rupture en termes de leadership n'est réalisée lors du 4ème congrès national prévu en octobre prochain, cette formation pourrait continuer sa traversée du désert, voire disparaître du champ politique avec un RNI prêt à récupérer son électorat.

« Il n’y a aucune crise au sein de notre parti. Juste des discussions internes sur des sujets d’actualité comme la santé ou l'éducation nationale dans le cadre de la tournée régionale entreprise par nos instances pour préparer notre 4ème congrès national.

« L’objectif étant de mobiliser notre base avant ce congrès dont la date sera déterminée en avril prochain par le Conseil national », nous déclare Abdellatif Ouahbi, ex-chef du groupe parlementaire du PAM, qui nie et refuse d’évoquer des "prétendues" batailles autour du leadership.

"Sans rupture, le PAM continuera sa traversée du désert"

S'il confirme ces propos, Mehdi Bensaïd, ancien président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants, reconnaît cependant que tous les courants du parti sont concentrés sur la préparation de ce rendez-vous qui sera, selon lui, déterminant pour l’avenir du PAM et même du champ politique.

« Il n’y a pas de guerre mais plutôt des groupes de personnes qui pensent différemment. Certains veulent laisser le leadership aux fondateurs et d’autres désirent voir émerger une nouvelle élite. 

 « A titre personnel, je soutiendrai la candidature d’une femme ou d’un jeune pour incarner un vrai changement. Cette rupture sera essentielle pour surmonter les divisions actuelles et surtout pour éviter de se replonger dans notre ancienne vision électoraliste qui avait été autodestructrice.

« Pour l’instant, personne ne s’est encore porté candidat et, d’ailleurs, on ne sait pas si l’actuel secrétaire général compte se représenter lors du prochain congrès.

 « Faute de rupture, nous risquons de nous retrouver dans la position de l’USFP qui a été confrontée aux mêmes problèmes en 2010 avec Mohamed El Yazghi et qui a perdu une bonne partie de son électorat.

« Si on rate le coche, le PAM ne disparaîtra pas mais il n’incarnera plus l’espoir d’une vraie alternance avec un projet de société différent de notre coalition gouvernementale complètement hétérogène », conclut Bensaïd qui laisse toutefois la porte ouverte à une alliance avec le RNI après le scrutin de 2021.

"Le maintien de Benchamach pourrait entraîner la fin du PAM"

Moins optimiste, une autre personnalité du parti, désirant rester anonyme pour ne pas se voir accuser de briguer le leadership, avance que le PAM jouera son existence et même sa survie lors du futur congrès qui devra renouveler toutes ses instances en octobre prochain

« L’heure est grave car à chaque réunion du bureau politique, et malgré la tentative de réconciliation du 5 janvier dernier, il y a des affrontements.

« Benchamach prétend que c’est un signe de vitalité démocratique mais cela montre simplement qu’il ne sait pas rassembler et que nous avons perdu presque deux ans en le désignant comme leader.

 « Tout porte à croire qu’il désire se maintenir à son poste au prochain congrès dont la date exacte sera fixée lors de la prochaine session du Conseil national toujours présidé par Fatima-Zahra Mansouri qui n’assiste plus à aucune réunion et qui pourrait même finir par jeter l’éponge.

 « Il faut être lucide car tout comme Ilyas El Omari, Benchamach n’est pas aimé par les électeurs et risque donc de nous faire perdre beaucoup de voix lors des élections de 2021. Quoi qu’on pense de son prédécesseur, il a obtenu 107 députés et ce sera un miracle si on arrive à en avoir 70 avec lui.

« Sans retrait de sa part et sans un candidat de rupture capable de rassembler, le PAM pourrait disparaître de la scène politique pour le plus grand bonheur du RNI qui se positionne de plus en plus comme l’alternance au PJD et qui a donc besoin de nos électeurs », conclut, pessimiste, notre source.

Sachant que le congrès national du PAM n'aura lieu que deux années avant la date du scrutin législatif, le PAM aura en effet peu de temps pour convaincre des électeurs tentés d’aller voir ailleurs …

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