"Pas de prisonniers politiques au Maroc": Amina Bouayach s'explique

La déclaration de la présidente du Conseil national des droits de l’Homme avait fait polémique. Amina Bouayach vient de publier une tribune pour s'expliquer suite à ses propos concernant "l'inexistence de prisonniers politiques au Maroc".

Le 01 août 2019 à 16:29

Modifié le 02 août 2019 à 12:35

Dans un entretien accordée à l’agence de presse espagnole EFE, Amina Bouayach a affirmé qu'il "n'existe pas de prisonniers politiques au Maroc et que la torture n'est plus pratiquée dans les centres de détention et les commissariats". Une déclaration qui n'était pas du goût des défenseurs des droits de l'Homme au Maroc et qui lui a valu une salve de critiques.

"C’est avec grand intérêt que j’ai pu suivre les réactions qu’a suscitées une de mes réponses lors d’un entretien accordé le 22 juillet 2019. J’ai, de même, noté la fragmentation de mes propos et leur dé-contextualisation", écrit la présidente du CNDH, nommée en décembre 2018 par le Roi Mohammed VI.

Amina Bouayach s'arrête, d'abord, sur les différentes définitions de "prisonnier politique" notamment du point de vue d'Amnesty International et de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. "Certaines définitions ouvrent la voie à la manipulation et à l’ambigüité... et évoquent chez le public un sentiment de grande injustice perpétrée de manière arbitraire, dans un désir de vengeance contre une figure innocente ayant exercé ses droits les plus fondamentaux", peut-on lire dans la tribune intitulée "Libérez les jeunes".

Dans sa tribune, Amina Bouayach consacre une partie aux événements d'A Hoceima et de Jerada et à l'action du CNDH vis-à-vis des détenus et de leurs familles.

"Les jeunes arrêtés lors des évènements de Al Hoceima et de Jerada auraient-ils remplis les critères de détenus politiques comme nous les avons définis, le travail du CNDH en aurait été plus évident et même plus simple. La présidente du CNDH aurait appelé, sans hésitation ni équivoque aucunes, à la libération immédiate des détenus, et à leur dédommagement. Ces critères n’étant pas remplis, l’utilisation de la qualification de détenu politique par le CNDH, dans le cas présent, aurait été erronée, contre-productive et irresponsable, et aurait constitué une dérogation au niveau national et au niveau international", argue la présidente du CNDH.

"Comment qualifier alors ces jeunes détenus, s’ils ne sont pas des détenus politiques? Je les qualifierai, personnellement, de victimes d’un fonctionnement défaillant, qui peine à garantir les droits économiques et sociaux de ses citoyens; à leur assurer une vie digne et répondre à leur revendications légitimes", poursuit-elle.

"Une chose est sûre: le CNDH ne trahira jamais la confiance que les victimes, leurs familles et les marocains portent en lui", conclut Amina Bouayach.

"Pas de prisonniers politiques au Maroc": Amina Bouayach s'explique

Le 01 août 2019 à17:01

Modifié le 02 août 2019 à 12:35

La déclaration de la présidente du Conseil national des droits de l’Homme avait fait polémique. Amina Bouayach vient de publier une tribune pour s'expliquer suite à ses propos concernant "l'inexistence de prisonniers politiques au Maroc".

Dans un entretien accordée à l’agence de presse espagnole EFE, Amina Bouayach a affirmé qu'il "n'existe pas de prisonniers politiques au Maroc et que la torture n'est plus pratiquée dans les centres de détention et les commissariats". Une déclaration qui n'était pas du goût des défenseurs des droits de l'Homme au Maroc et qui lui a valu une salve de critiques.

"C’est avec grand intérêt que j’ai pu suivre les réactions qu’a suscitées une de mes réponses lors d’un entretien accordé le 22 juillet 2019. J’ai, de même, noté la fragmentation de mes propos et leur dé-contextualisation", écrit la présidente du CNDH, nommée en décembre 2018 par le Roi Mohammed VI.

Amina Bouayach s'arrête, d'abord, sur les différentes définitions de "prisonnier politique" notamment du point de vue d'Amnesty International et de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. "Certaines définitions ouvrent la voie à la manipulation et à l’ambigüité... et évoquent chez le public un sentiment de grande injustice perpétrée de manière arbitraire, dans un désir de vengeance contre une figure innocente ayant exercé ses droits les plus fondamentaux", peut-on lire dans la tribune intitulée "Libérez les jeunes".

Dans sa tribune, Amina Bouayach consacre une partie aux événements d'A Hoceima et de Jerada et à l'action du CNDH vis-à-vis des détenus et de leurs familles.

"Les jeunes arrêtés lors des évènements de Al Hoceima et de Jerada auraient-ils remplis les critères de détenus politiques comme nous les avons définis, le travail du CNDH en aurait été plus évident et même plus simple. La présidente du CNDH aurait appelé, sans hésitation ni équivoque aucunes, à la libération immédiate des détenus, et à leur dédommagement. Ces critères n’étant pas remplis, l’utilisation de la qualification de détenu politique par le CNDH, dans le cas présent, aurait été erronée, contre-productive et irresponsable, et aurait constitué une dérogation au niveau national et au niveau international", argue la présidente du CNDH.

"Comment qualifier alors ces jeunes détenus, s’ils ne sont pas des détenus politiques? Je les qualifierai, personnellement, de victimes d’un fonctionnement défaillant, qui peine à garantir les droits économiques et sociaux de ses citoyens; à leur assurer une vie digne et répondre à leur revendications légitimes", poursuit-elle.

"Une chose est sûre: le CNDH ne trahira jamais la confiance que les victimes, leurs familles et les marocains portent en lui", conclut Amina Bouayach.

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