Pendant le confinement, des femmes surexposées aux violences conjugales

Isolées avec leurs conjoints violents, à cause du confinement, des femmes sont actuellement surexposées à la violence conjugale. Les associations féministes s’activent pour accompagner les victimes à distance.

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Pendant le confinement, des femmes surexposées aux violences conjugales

Le 02 avril 2020 à 17:00

Modifié le 02 avril 2020 à 17:35

Confinées, les femmes victimes de violences conjugales sont bloquées avec leurs conjoints violents. Une situation qui appelle à la vigilance et qui nécessite l’intervention des associations luttant contre les violences faites aux femmes.

Contactée par Médias24, Stéphanie William Bordat, co-fondatrice de l’association "Mobilising for Rights Associates" ou "MRA", partage son inquiétude: "L’isolement crée une pression qui, en plus des tensions économiques actuelles, augmente la vulnérabilité des femmes. Celles-ci sont privées de la possibilité de fuir. Nous nous attendons à une hausse des violences faites aux femmes".

Depuis le lundi 30 mars, MRA effectue des sondages auprès d’autres intervenants associatifs afin de recueillir les premières impressions, déterminer les chiffres mais aussi connaître les défis à relever face à la situation actuelle. Les résultats de ces enquêtes et entretiens seront bientôt dévoilés.

Pour agir, l’association MRA a mis en place des numéros à contacter par téléphone ou via Whatsapp.

La priorité pour les acteurs associatifs est de faire savoir aux femmes violentées par leurs conjoints que le confinement n’est pas synonyme de silence. D’où la mise en place de cellules d’écoute qui leur sont dédiées.

Les témoins de violences peuvent également contacter ces numéros afin de dénoncer de tels comportements.

L’Etat doit-il intervenir ?

A l’instar de pays étrangers, tels la France, dont le ministère de l’intérieur a lancé un dispositif d’alerte dans les pharmacies, les associations marocaines travaillent en réseau afin de mettre en place un système d’alerte permettant aux femmes victimes de violence d’appeler à l’aide.

Il s’agit d’une alternative présentée à celles qui ne peuvent pas se servir d’un téléphone pour alerter.

Pour assurer la sécurité des victimes, Stéphanie William Bordat nous confie que l’intervention de l’Etat est sollicitée, notamment pour que :

-la police soit habilitée à se déplacer au domicile d’une victime en cas de plainte, sans attendre une menace de mort imminente ;

-l’émission ou la prolongation d’injonctions restrictives de manière à couvrir toute la durée du confinement ;

-la fuite du domicile en raison de violences conjugales ne doit pas être considérée comme une violation de l’état d’urgence sanitaire. Il faudrait plutôt l’inclure comme motif de déplacement impérieux.

En parallèle, notre source assure que les associations agissent en coordination avec les autorités locales, les procureurs, hôpitaux, agents de police etc. pour servir au mieux les intérêts des femmes victimes de violences conjugales.

Si certaines associations ont pu suspendre leurs activités physiques et mettre en place un système de communication en ligne, d’autres, notamment en milieu rural et dans les petites villes du Royaume, restent ouvertes, en s’adaptant aux consignes de précaution (personnel en quarantaine, renforcement des mesures d’hygiène dans les locaux etc.)

Pendant le confinement, des femmes surexposées aux violences conjugales

Le 02 avril 2020 à17:08

Modifié le 02 avril 2020 à 17:35

Isolées avec leurs conjoints violents, à cause du confinement, des femmes sont actuellement surexposées à la violence conjugale. Les associations féministes s’activent pour accompagner les victimes à distance.

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Confinées, les femmes victimes de violences conjugales sont bloquées avec leurs conjoints violents. Une situation qui appelle à la vigilance et qui nécessite l’intervention des associations luttant contre les violences faites aux femmes.

Contactée par Médias24, Stéphanie William Bordat, co-fondatrice de l’association "Mobilising for Rights Associates" ou "MRA", partage son inquiétude: "L’isolement crée une pression qui, en plus des tensions économiques actuelles, augmente la vulnérabilité des femmes. Celles-ci sont privées de la possibilité de fuir. Nous nous attendons à une hausse des violences faites aux femmes".

Depuis le lundi 30 mars, MRA effectue des sondages auprès d’autres intervenants associatifs afin de recueillir les premières impressions, déterminer les chiffres mais aussi connaître les défis à relever face à la situation actuelle. Les résultats de ces enquêtes et entretiens seront bientôt dévoilés.

Pour agir, l’association MRA a mis en place des numéros à contacter par téléphone ou via Whatsapp.

La priorité pour les acteurs associatifs est de faire savoir aux femmes violentées par leurs conjoints que le confinement n’est pas synonyme de silence. D’où la mise en place de cellules d’écoute qui leur sont dédiées.

Les témoins de violences peuvent également contacter ces numéros afin de dénoncer de tels comportements.

L’Etat doit-il intervenir ?

A l’instar de pays étrangers, tels la France, dont le ministère de l’intérieur a lancé un dispositif d’alerte dans les pharmacies, les associations marocaines travaillent en réseau afin de mettre en place un système d’alerte permettant aux femmes victimes de violence d’appeler à l’aide.

Il s’agit d’une alternative présentée à celles qui ne peuvent pas se servir d’un téléphone pour alerter.

Pour assurer la sécurité des victimes, Stéphanie William Bordat nous confie que l’intervention de l’Etat est sollicitée, notamment pour que :

-la police soit habilitée à se déplacer au domicile d’une victime en cas de plainte, sans attendre une menace de mort imminente ;

-l’émission ou la prolongation d’injonctions restrictives de manière à couvrir toute la durée du confinement ;

-la fuite du domicile en raison de violences conjugales ne doit pas être considérée comme une violation de l’état d’urgence sanitaire. Il faudrait plutôt l’inclure comme motif de déplacement impérieux.

En parallèle, notre source assure que les associations agissent en coordination avec les autorités locales, les procureurs, hôpitaux, agents de police etc. pour servir au mieux les intérêts des femmes victimes de violences conjugales.

Si certaines associations ont pu suspendre leurs activités physiques et mettre en place un système de communication en ligne, d’autres, notamment en milieu rural et dans les petites villes du Royaume, restent ouvertes, en s’adaptant aux consignes de précaution (personnel en quarantaine, renforcement des mesures d’hygiène dans les locaux etc.)

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