Pénible reprise pour le transport en autocars, à deux semaines de l’Aid Al Adha

Certains petits transporteurs ont timidement redémarré leurs activités malgré les conditions imposées par le cahier des charges du ministère du Transport. Les professionnels du secteur se disent très sceptiques sur la hausse à 75% des capacités des autocars, récemment promise par le ministre du Transport.

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Pénible reprise pour le transport en autocars, à deux semaines de l’Aid Al Adha

Le 15 juillet 2020 à 17:53

Modifié le 15 juillet 2020 à 18:17

La reprise du transport par autocars ne se fait pas sans encombre. Chez les petits transporteurs, dont certains reprennent timidement, l’heure est au mécontentement en raison des conditions imposées dans un cahier des charges défini par le ministère du Transport et de l’équipement, qui oblige les transporteurs, grands et petits, à respecter un taux de remplissage des autocars de 50% maximum.

''La plupart des petits transporteurs n’ont pas repris leurs activités depuis le déconfinement. Ils sont en grève à l’appel de leurs syndicats et demandent à travailler à hauteur de 100% des capacités de transport, ou bien d’augmenter les tarifs, chose que l’Etat ne peut pas se permettre de faire vis-à-vis des citoyens au vu de la situation actuelle'', indique une source professionnelle du secteur du transport interurbain, contactée par Médias24.

Certains petits transporteurs ont cependant commencé à travailler de nouveau, précise cette source, qui dit observer un ''essoufflement du mouvement''. Ceux qui sont donc à nouveau sur les routes ont-ils augmenté leurs tarifs dans le but de pallier ces limitations, à défaut que l’Etat s’en charge, et de surcroît à deux semaines de l’Aid Al Adha, période de pic d’activité pour les autocars ? Des témoignages recueillis par Médias24 font en effet état de tickets d’autocars dont les prix ont doublé. Un constat balayé par notre source : ''C’est faux. Les petits transporteurs n’ont pas doublé leurs tarifs. Le transport interurbain est la seule branche du transport routier de voyageurs qui est encore administrée par l’Etat, notamment en termes de régulation et de tarification obligatoire. Les tarifs sont administrés par l’Etat ; les transporteurs ne peuvent donc pas les modifier.''

Les professionnels très sceptiques sur la hausse à 75% des capacités des autocars

Pour justifier ses propos, ce professionnel du secteur donne un exemple : ''Le prix d’un trajet Casablanca-Agadir est fixé à 100 DH maximum. Cela signifie que les prix appliqués peuvent être de 60, 70 ou 85 DH, par exemple. Pendant les périodes de fête – et uniquement pendant ces périodes, génératrices d’une forte mobilité pour les autocars –, les transporteurs peuvent appliquer un tarif de 100 DH pour un trajet Casablanca-Agadir, même si les usagers avaient l’habitude de payer leur ticket 60, 70 ou 85 DH… Les chauffeurs sont dans leur droit tant qu’ils ne vont pas au-delà des prix maxima définis par la réglementation.'' La fête de l’Aid Al Adha va donc provoquer une hausse des prix des billets, et la réduction du taux de remplissage des autocars de 50% ne va rien arranger.

D’autres transporteurs en revanche refusent toujours de reprendre leurs activités, tant que les prix n’auront pas été augmentés ou que les capacités de transport n’auront pas été revues à la hausse. Dans un récent communiqué, le ministère de l’Équipement, du transport et de la logistique a indiqué que 58 gares routières ont rouvert (sur un total de 68) et que 113 sociétés de transport de voyageurs ont relancé leurs activités entre le 26 juin et le 4 juillet. Ces sociétés de transport ont réalisé plus de 470 départs, a également indiqué le ministère.

De plus, le ministre du Transport Abdelkader Amara a lui-même souligné, mardi à Rabat, que son département s’achemine vers l’augmentation à 75% de la capacité des autocars de transport dans les prochains jours. Mais les professionnels n’y croient pas : ''C’est impossible ; le transport est devenu un important vecteur de contamination. Un espace clos est forcément vecteur de contamination'', réagit notre source.

Joint par Médias24, le ministère assure au contraire que cette mesure est applicable, notamment en obligeant les usagers à porter le masque et en plaçant ''les passagers qui vivent sous le même toit les uns à côté des autres, sans les séparer, tout en respectant la distanciation sociale avec les autres familles''.

Pénible reprise pour le transport en autocars, à deux semaines de l’Aid Al Adha

Le 15 juillet 2020 à18:17

Modifié le 15 juillet 2020 à 18:17

Certains petits transporteurs ont timidement redémarré leurs activités malgré les conditions imposées par le cahier des charges du ministère du Transport. Les professionnels du secteur se disent très sceptiques sur la hausse à 75% des capacités des autocars, récemment promise par le ministre du Transport.

La reprise du transport par autocars ne se fait pas sans encombre. Chez les petits transporteurs, dont certains reprennent timidement, l’heure est au mécontentement en raison des conditions imposées dans un cahier des charges défini par le ministère du Transport et de l’équipement, qui oblige les transporteurs, grands et petits, à respecter un taux de remplissage des autocars de 50% maximum.

''La plupart des petits transporteurs n’ont pas repris leurs activités depuis le déconfinement. Ils sont en grève à l’appel de leurs syndicats et demandent à travailler à hauteur de 100% des capacités de transport, ou bien d’augmenter les tarifs, chose que l’Etat ne peut pas se permettre de faire vis-à-vis des citoyens au vu de la situation actuelle'', indique une source professionnelle du secteur du transport interurbain, contactée par Médias24.

Certains petits transporteurs ont cependant commencé à travailler de nouveau, précise cette source, qui dit observer un ''essoufflement du mouvement''. Ceux qui sont donc à nouveau sur les routes ont-ils augmenté leurs tarifs dans le but de pallier ces limitations, à défaut que l’Etat s’en charge, et de surcroît à deux semaines de l’Aid Al Adha, période de pic d’activité pour les autocars ? Des témoignages recueillis par Médias24 font en effet état de tickets d’autocars dont les prix ont doublé. Un constat balayé par notre source : ''C’est faux. Les petits transporteurs n’ont pas doublé leurs tarifs. Le transport interurbain est la seule branche du transport routier de voyageurs qui est encore administrée par l’Etat, notamment en termes de régulation et de tarification obligatoire. Les tarifs sont administrés par l’Etat ; les transporteurs ne peuvent donc pas les modifier.''

Les professionnels très sceptiques sur la hausse à 75% des capacités des autocars

Pour justifier ses propos, ce professionnel du secteur donne un exemple : ''Le prix d’un trajet Casablanca-Agadir est fixé à 100 DH maximum. Cela signifie que les prix appliqués peuvent être de 60, 70 ou 85 DH, par exemple. Pendant les périodes de fête – et uniquement pendant ces périodes, génératrices d’une forte mobilité pour les autocars –, les transporteurs peuvent appliquer un tarif de 100 DH pour un trajet Casablanca-Agadir, même si les usagers avaient l’habitude de payer leur ticket 60, 70 ou 85 DH… Les chauffeurs sont dans leur droit tant qu’ils ne vont pas au-delà des prix maxima définis par la réglementation.'' La fête de l’Aid Al Adha va donc provoquer une hausse des prix des billets, et la réduction du taux de remplissage des autocars de 50% ne va rien arranger.

D’autres transporteurs en revanche refusent toujours de reprendre leurs activités, tant que les prix n’auront pas été augmentés ou que les capacités de transport n’auront pas été revues à la hausse. Dans un récent communiqué, le ministère de l’Équipement, du transport et de la logistique a indiqué que 58 gares routières ont rouvert (sur un total de 68) et que 113 sociétés de transport de voyageurs ont relancé leurs activités entre le 26 juin et le 4 juillet. Ces sociétés de transport ont réalisé plus de 470 départs, a également indiqué le ministère.

De plus, le ministre du Transport Abdelkader Amara a lui-même souligné, mardi à Rabat, que son département s’achemine vers l’augmentation à 75% de la capacité des autocars de transport dans les prochains jours. Mais les professionnels n’y croient pas : ''C’est impossible ; le transport est devenu un important vecteur de contamination. Un espace clos est forcément vecteur de contamination'', réagit notre source.

Joint par Médias24, le ministère assure au contraire que cette mesure est applicable, notamment en obligeant les usagers à porter le masque et en plaçant ''les passagers qui vivent sous le même toit les uns à côté des autres, sans les séparer, tout en respectant la distanciation sociale avec les autres familles''.

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