Pourquoi l’ONHYM est le seul organisme public pouvant gérer les citernes SAMIR

Après avoir été autorisé par le juge-commissaire Abderrafii Bouhamria à louer les bacs de stockage de la SAMIR, l’Etat marocain a désigné l’OHNYM pour gérer cette opération. Selon une ancienne source ministérielle, l’Office national des hydrocarbures et des mines est le seul organisme public capable de gérer ces citernes sachant qu’il l’a déjà fait dans le passé à travers son ancienne filiale qui s’appelait la Société chérifienne des pétroles (SCP) en charge, il y a plusieurs décennies, de la raffinerie de Sidi Kacem, aujourd’hui fermée.

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Pourquoi l’ONHYM est le seul organisme public pouvant gérer les citernes SAMIR

Le 16 juin 2020 à 19:33

Modifié le 17 juin 2020 à 11:37

L’annonce du ministre de l’énergie et des mines, Aziz Rebbah de confier la gestion des cuves de la SAMIR à L’ONHYM, a interpellé le milieu pétrolier du Maroc sachant que cet office qui a pour vocations principales l’exploration pétrolière et l’extraction minière ne s’est jamais, depuis sa création, occupé de raffinage et encore moins de stockage de produits pétroliers.

C’est la raison pour laquelle il nous a semblé utile de solliciter le témoignage  d'un ancien ministre qui, sous couvert d’anonymat,nous a expliqués les ressorts historiques de cette délégation de tâche inédite pour l’ONHYM.

L’ancêtre de l’ONHYM avait une filiale qui exploitait une raffinerie à Sidi Kacem

Notre interlocuteur a commencé par rappeler que  l’ONHYM est le fruit de la fusion en 2005 de deux organismes, aujourd’hui disparu, à savoir le Bureau de recherches et de participations minières (BRPM) et l’Office national de recherches et d’exploitation pétrolière (ONAREP).

"A l’indépendance, le BRPM, qui avait été créé pendant le protectorat, était l’actionnaire principal d’une filiale appelée la Société chérifienne des pétroles (SCP) chargée des questions d’hydrocarbures et dont le président était d’ailleurs en même temps le directeur général du BRPM.

"A cette époque, la SCP avait à Sidi Kacem une raffinerie de pétrole d’une capacité de stockage de 190.000 mètres-cube qui a été la première du pays après à avoir été construite par les Français.

La construction de la SAMIR programmée dès 1958

"A l'indépendance, le gouvernement de Abdallah Ibrahim a décidé avec son ministre des Finances, Abderrahim Bouabid, d'industrialiser le pays en lançant plusieurs unités de sidérurgie, métallurgie, cimenteries ...

"Pour des raisons stratégiques et économiques, ils ont donc choisi de doter le Royaume d’une deuxième raffinerie.

"Pour cela, ils ont négocié puis signé en 1958 le premier contrat pétrolier du Maroc indépendant avec la société nationale italienne des hydrocarbures dont le nom d'origine était l'Ente Nazionale Idrocarburi plus connu dans le milieu sous le sigle ENI.

"Ce contrat avait deux volets: Le premier était de faire de l'exploration minière et pétrolière via la SNH dans la province de Tarfaya et le second  prévoyait la construction d’une nouvelle raffinerie avec des capacités de stockage bien plus importantes que celle de Sidi Kacem.

"Treize ans après (1971) le projet de la SAMIR s'est enfin concrétisé avec des capitaux de départ 50 % marocains et 50% italiens (ENI+AGIP).

"Il faut préciser que cette entité a eu un quasi-monopole de la vente des produits raffinés au Maroc jusqu’en 2002, date à laquelle des opérateurs locaux se sont mis à la concurrencer en important des produits finis (essence, diesel, fioul ...).

Al Amoudi rachète la raffinerie de Sidi Kacem pour la fermer

"En 1997, quand la SAMIR puis la SCP ont été privatisées et rachetées par le groupe Corral de Mohammed El Amoudi, ce dernier a décidé qu'il n’avait plus besoin de la raffinerie de Sidi Kacem jugée obsolète.

"Après avoir déclaré que les capacités de stockage (2 millions de mètres-cubes) disséminés sur 3 sites de la SAMIR étaient largement suffisantes à couvrir les besoins du Maroc, il a décidé de la fermer.

"S’il est utile de faire ce rappel, c’est pour montrer que l’histoire du raffinage ne date pas de la SAMIR.

L’ONAREP prend le relais du BRPM pour les questions pétrolières

"Par la suite, avec les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 où les prix ont flambé, le défunt Roi Hassan II a décidé de créer en 1981 l’ONAREP afin de renforcer l'exploration pétrolière.

"C’est à ce moment qu’il y a eu le partage des attributions entre le BRPM qui ne s'occupait plus que de l'exploration minière et entre l’ONAREP dont la vocation était de trouver du pétrole au Maroc.

"Logiquement, la SCP a rejoint le giron de l’ONAREP mais la SOMAS (société marocaine de stockage) qui exploitait des gisements de sel à Mohammedia est restée dans celui du BRPM qui l'avait créé en 1971.

"Si j’évoque la SOMAS, c’est parce qu’elle a fabriqué de très grandes cavités dans les épaisses couches de mines de sel pour pouvoir stocker du gaz sous terre.

"Concrètement, elle a d’abord fait un forage dans une couche de sel d’environ 400 mètres puis dissous le sel avant de fabriquer ce qu'on appelle des bouteilles de stockage de gaz dans un espace vide haut de 80 à 100 mètres et large de 30 à 50 mètres.

L’ONHYM, seul organisme public habilité à gérer les cuves de la SAMIR

"Quelques années plus tard, le BRPM et l’ONAREP ont fini par fusionner en 2005 pour devenir l’ONHYM qui a récupéré les attributions des deux organismes..

"Sachant qu'il a récupéré l'essentiel des statuts de ces deux entités, l’ONHYM est donc tout à fait habilité à s’occuper de raffinage, fde stockage et de gestion de produits pétroliers.

"Selon moi, si le ministère de l'Energie a décidé de lui confier la gestion des cuves de la Samir, c'est simplement parce que c'est le seul organisme étatique qui a la capacité de le faire statutairement.

"Sachant que juridiquement, il n'y a aucun autre organisme public marocain qui puisse s'acquitter techniquement de cette tâche, l’ONHYM est donc le seul recours national", conclut notre source


Notons qu'à ce jour et selon nos sources, le contrat liant l'ONHYM à la Samir pour la location des capacités de stockage n'a toujours pas été signé.

Plus il tardera et plus il sera difficile de tenir ce pari car les prix internationaux présenteront moins d'intérêt.

Tags : La Samir

Pourquoi l’ONHYM est le seul organisme public pouvant gérer les citernes SAMIR

Le 16 juin 2020 à19:33

Modifié le 17 juin 2020 à 11:37

Après avoir été autorisé par le juge-commissaire Abderrafii Bouhamria à louer les bacs de stockage de la SAMIR, l’Etat marocain a désigné l’OHNYM pour gérer cette opération. Selon une ancienne source ministérielle, l’Office national des hydrocarbures et des mines est le seul organisme public capable de gérer ces citernes sachant qu’il l’a déjà fait dans le passé à travers son ancienne filiale qui s’appelait la Société chérifienne des pétroles (SCP) en charge, il y a plusieurs décennies, de la raffinerie de Sidi Kacem, aujourd’hui fermée.

L’annonce du ministre de l’énergie et des mines, Aziz Rebbah de confier la gestion des cuves de la SAMIR à L’ONHYM, a interpellé le milieu pétrolier du Maroc sachant que cet office qui a pour vocations principales l’exploration pétrolière et l’extraction minière ne s’est jamais, depuis sa création, occupé de raffinage et encore moins de stockage de produits pétroliers.

C’est la raison pour laquelle il nous a semblé utile de solliciter le témoignage  d'un ancien ministre qui, sous couvert d’anonymat,nous a expliqués les ressorts historiques de cette délégation de tâche inédite pour l’ONHYM.

L’ancêtre de l’ONHYM avait une filiale qui exploitait une raffinerie à Sidi Kacem

Notre interlocuteur a commencé par rappeler que  l’ONHYM est le fruit de la fusion en 2005 de deux organismes, aujourd’hui disparu, à savoir le Bureau de recherches et de participations minières (BRPM) et l’Office national de recherches et d’exploitation pétrolière (ONAREP).

"A l’indépendance, le BRPM, qui avait été créé pendant le protectorat, était l’actionnaire principal d’une filiale appelée la Société chérifienne des pétroles (SCP) chargée des questions d’hydrocarbures et dont le président était d’ailleurs en même temps le directeur général du BRPM.

"A cette époque, la SCP avait à Sidi Kacem une raffinerie de pétrole d’une capacité de stockage de 190.000 mètres-cube qui a été la première du pays après à avoir été construite par les Français.

La construction de la SAMIR programmée dès 1958

"A l'indépendance, le gouvernement de Abdallah Ibrahim a décidé avec son ministre des Finances, Abderrahim Bouabid, d'industrialiser le pays en lançant plusieurs unités de sidérurgie, métallurgie, cimenteries ...

"Pour des raisons stratégiques et économiques, ils ont donc choisi de doter le Royaume d’une deuxième raffinerie.

"Pour cela, ils ont négocié puis signé en 1958 le premier contrat pétrolier du Maroc indépendant avec la société nationale italienne des hydrocarbures dont le nom d'origine était l'Ente Nazionale Idrocarburi plus connu dans le milieu sous le sigle ENI.

"Ce contrat avait deux volets: Le premier était de faire de l'exploration minière et pétrolière via la SNH dans la province de Tarfaya et le second  prévoyait la construction d’une nouvelle raffinerie avec des capacités de stockage bien plus importantes que celle de Sidi Kacem.

"Treize ans après (1971) le projet de la SAMIR s'est enfin concrétisé avec des capitaux de départ 50 % marocains et 50% italiens (ENI+AGIP).

"Il faut préciser que cette entité a eu un quasi-monopole de la vente des produits raffinés au Maroc jusqu’en 2002, date à laquelle des opérateurs locaux se sont mis à la concurrencer en important des produits finis (essence, diesel, fioul ...).

Al Amoudi rachète la raffinerie de Sidi Kacem pour la fermer

"En 1997, quand la SAMIR puis la SCP ont été privatisées et rachetées par le groupe Corral de Mohammed El Amoudi, ce dernier a décidé qu'il n’avait plus besoin de la raffinerie de Sidi Kacem jugée obsolète.

"Après avoir déclaré que les capacités de stockage (2 millions de mètres-cubes) disséminés sur 3 sites de la SAMIR étaient largement suffisantes à couvrir les besoins du Maroc, il a décidé de la fermer.

"S’il est utile de faire ce rappel, c’est pour montrer que l’histoire du raffinage ne date pas de la SAMIR.

L’ONAREP prend le relais du BRPM pour les questions pétrolières

"Par la suite, avec les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 où les prix ont flambé, le défunt Roi Hassan II a décidé de créer en 1981 l’ONAREP afin de renforcer l'exploration pétrolière.

"C’est à ce moment qu’il y a eu le partage des attributions entre le BRPM qui ne s'occupait plus que de l'exploration minière et entre l’ONAREP dont la vocation était de trouver du pétrole au Maroc.

"Logiquement, la SCP a rejoint le giron de l’ONAREP mais la SOMAS (société marocaine de stockage) qui exploitait des gisements de sel à Mohammedia est restée dans celui du BRPM qui l'avait créé en 1971.

"Si j’évoque la SOMAS, c’est parce qu’elle a fabriqué de très grandes cavités dans les épaisses couches de mines de sel pour pouvoir stocker du gaz sous terre.

"Concrètement, elle a d’abord fait un forage dans une couche de sel d’environ 400 mètres puis dissous le sel avant de fabriquer ce qu'on appelle des bouteilles de stockage de gaz dans un espace vide haut de 80 à 100 mètres et large de 30 à 50 mètres.

L’ONHYM, seul organisme public habilité à gérer les cuves de la SAMIR

"Quelques années plus tard, le BRPM et l’ONAREP ont fini par fusionner en 2005 pour devenir l’ONHYM qui a récupéré les attributions des deux organismes..

"Sachant qu'il a récupéré l'essentiel des statuts de ces deux entités, l’ONHYM est donc tout à fait habilité à s’occuper de raffinage, fde stockage et de gestion de produits pétroliers.

"Selon moi, si le ministère de l'Energie a décidé de lui confier la gestion des cuves de la Samir, c'est simplement parce que c'est le seul organisme étatique qui a la capacité de le faire statutairement.

"Sachant que juridiquement, il n'y a aucun autre organisme public marocain qui puisse s'acquitter techniquement de cette tâche, l’ONHYM est donc le seul recours national", conclut notre source


Notons qu'à ce jour et selon nos sources, le contrat liant l'ONHYM à la Samir pour la location des capacités de stockage n'a toujours pas été signé.

Plus il tardera et plus il sera difficile de tenir ce pari car les prix internationaux présenteront moins d'intérêt.

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